Les négociations pour l’interdiction des armes nucléaires doivent être renforcées

Le danger d’une guerre nucléaire en Europe augmente

rt. C’est un secret de Polichinelle que le risque de l’engagement d’armes atomiques et donc d’une guerre nucléaire augmente depuis quelques années de mois en mois. Un déclencheur possible pourrait être des «événements» en Corée du Nord, en Syrie ou en Ukraine.
Depuis plusieurs mois, on peut observer des déplacements continuels d’armes, de matériaux de guerre et de soldats dans les pays limitrophes de la Russie. Régulièrement l’OTAN effectue des manœuvres à la frontière de la puissance atomique qu’est la Russie, le réarmement militaire est ostensible. Les tensions sont intensifiées sciemment. Ce développement correspond entièrement avec l’annonce récente du vice-ministre polonais de la Défense Michal Dworczyk, déclarant vouloir former militairement les élèves du pays et créer dans ce but 300 nouvelles écoles militaires. En outre, on prévoit d’augmenter massivement les forces armées et le budget de la défense (cf. dpa du 26/4/17). Des développements similaires ont lieu tant dans les Etats baltes que dans les Etats scandinaves. L’invitation du vice-président américain Mike Pence, lors de la Conférence de sécurité de Munich en février, demandant à tous les membres de l’OTAN d’augmenter leurs dépenses pour la défense était catégorique.
Une source de tension demeure dans le conflit toujours irrésolu entre l’Ukraine et la région du Donbass. Depuis son début en février 2014, ce conflit est constamment attisé de l’extérieur. Apparemment, on veut empêcher une solution politique, malgré l’intervention de OSCE et les négociations du Format Normandie. Aucun pays européen n’est intéressé à ce que la situation s’aggrave davantage.
Si l’on s’imagine une soudaine aggravation d’un conflit dans cette région ou une première frappe préventive d’une puissance nucléaire, alors l’engagement d’armes nucléaires tactiques et stratégiques est probable. Le pas vers une rétorsion nucléaire pourrait en être la conséquence. En Europe, il y a des armes atomiques prêtes à l’usage stationnées en Russie, en France, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Belgique, en Turquie et en Italie. 90% des armes atomiques du monde entier se trouvent sous commandement russe ou américain.
Les effets globaux d’un engagement de bombes nucléaires sont connus depuis longtemps: retombée radioactive sur le globe entier, hiver atomique, contamination pour plusieurs millénaires, transformations du matériel génétique et finalement destruction de toute vie humaine sur terre. Depuis 1945, l’humanité lutte, à cause de ces terribles conséquences, pour le bannissement et l’abolition des armes nucléaires.
Les effets d’une guerre nucléaire – même «locale» – frapperont tous les êtres humains partout au monde.
Face à cette situation toute personne de bonne volonté – chaque citoyen américain, chaque détenteur de titres de multinationales de l’armement, chaque collaborateur dans le domaine militaire ou chaque politicien – est appelée à avoir le courage de se servir de sa propre raison et d’en tirer les conséquences logiques.
Etant donné qu’une guerre nucléaire concerne tout être humain dans son existence, il faut trouver des solutions de toute urgence. Un conflit comme en Ukraine doit être résolu, soit par des négociations bilatérales ou multilatérales, soit par diverses mesures de rétablissement de la paix ou par l’intervention des casques bleus de l’ONU.
La Suisse peut utiliser sa neutralité, pour renforcer sa politique fort utile de médiation et de négociation et d’offrir ses bons offices. Pendant sa présidence de l’OSCE, la Suisse a agi de manière crédible et constructive dans le conflit de l’Ukraine.    •

Préparations pour un champ de bataille nucléaire en Europe?

rt. Lors du Sommet de l’OTAN de 1997 à Madrid, les Etats de l’ancien Pacte de Varsovie, dont la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie ont été invités à des négociations d’adhésion. En 1999, la Pologne, la Tchéquie et la Hongrie ont adhéré à l’OTAN.
Lors du Sommet de Prague en novembre 2002, l’OTAN a invité la Bulgarie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie à entamer des négociations d’adhésion. En 2004, ces pays ont adhéré à l’OTAN.
Lors du Sommet de Bucarest en avril 2009, l’adhésion de l’Albanie et de la Croatie fut officiellement décidée. Les candidats, auxquels on a offert des négociations d’adhésion sont entre autres la Géorgie et l’Ukraine.
En 2010, les Etats-Unis ont annoncé l’in­stallation en Pologne, en Roumanie et en Turquie d’un bouclier antimissile contre l’Iran. Malgré tous les démentis, on savait que l’in­stallation de ce bouclier ne se dirigeait guère contre l’Iran, mais qu’il sert uniquement à mettre hors fonction la dissuasion nucléaire de la Russie.
Une ligne géostratégique avec un champ de bataille potentiel en Europe se profile.

Des faits nucléaires

rt. Il y a quelques faits très simples à prendre en considération depuis 1945:
–    une guerre nucléaire ne peut être ni menée, ni gagnée,
–    la contamination radioactive s’étend dans le monde entier,
–    une partie de la radioactivité ne disparait qu’après plusieurs millénaires,
–    la radioactivité touche chacun partout – mères, enfants, pères,
–    Les Etats-Unis seront également affectés par une guerre nucléaire localement limitée,
–    l’hémisphère Sud de la terre sera également contaminé.

Retrait de toutes les armes nucléaires de l’Allemagne

rt. Un point dans l’accord de coalition pour la constitution du gouvernement allemand d’octobre 2009 (Merkel/Westerwelle) est la revendication d’un retrait des armes nucléaires de l’Allemagne:
«[…] au cours de l’élaboration d’une conception stratégique de l’OTAN, nous allons nous employer au sein de l’alliance ainsi qu’envers nos alliés américains, du retrait des armes nucléaires se trouvant encore sur territoire allemand.»
Cette promesse n’est pas encore remplie.