Réflexions concernant l’élection d’un nouveau conseiller fédéral

rt. Qu’il s’agisse d’un objectif, d’une charge, d’une tâche, d’un projet ambitieux ou d’un mélange de tout, les réponses individuelles seront toujours différentes. Pour un conseiller fédéral, il n’est pas aisé de répondre aux exigences les plus diverses. Mais, quelles pourraient être les exigences auxquelles il devra répondre?
Ignazio Cassis a certainement accumulé des expériences politiques, tant au niveau cantonal au Tessin qu’au niveau national à Berne. En tant que Tessinois, il a en outre pu faire ses propres expériences avec le fédéralisme. Nous attendons de lui, en tant que médecin, une éthique humaine, et en tant qu’acteur dans diverses fondations une certaine aptitude à coopérer. La Suisse peut espérer avoir trouvé un représentant avisé pour le Conseil fédéral.
Notre pays s’appuie sur certaines valeurs de référence, le distinguant des nombreux autres pays qui l’entourent: notamment sa démocratie directe par laquelle nous, citoyennes et citoyens, pouvons exprimer de manière libre et authentique notre volonté et nos intérêts. Cela inclut également le fédéralisme pour trouver l’équilibre entre les intérêts des différentes communes et des cantons. Parmi les valeurs de référence, il faut naturellement évoquer la neutralité de notre pays lui ayant permis de rester en dehors des nombreux conflits entre puissances étrangères.
Nous attendons donc de notre nouveau conseiller fédéral de ne pas brasser de l’air juste pour susciter de grands échos dans les revues de presse, de ne pas courtiser les puissances étrangères en considérant que le peuple est un frein pour ses propres velléités. Nous attendons de lui une bonne gestion de son département, qui ne saurait être un appareil d’experts technocrates et de fonctionnaires coûteux décidant la direction à prendre, mais un exécutif prennant au sérieux les tâches et les préoccupations exprimées par le peuple. Voilà un devoir exigeant.
Actuellement, la situation dans notre monde globalisé et largement interconnecté est complexe et dangereuse:

  • L’intégration sournoise dans l’OTAN (PpP=«Partenariat pour la Paix») qui, transformée en une alliance belliciste, met en danger notre politique de neutralité et nous rapproche de la guerre – en ces temps de conflits internationaux exacerbés.
  • Par hasard, notre pays se trouve au milieu de l’entité antidémocratique que représente l’UE. Nos interlocuteurs ne sont plus nos pays limitrophes mais une centrale bureaucratique à Bruxelles. En tant que grande puissance, elle tente de nous imposer ses intérêts et de dicter l’application de sa législation ainsi que le paiement d’énormes sommes, par exemple pour le Fonds de cohésion ou pour le système de Schengen, sans que nous ayons droit au chapitre. Même les Etats membres de l’UE ne peuvent plus participer aux décisions.
  • La politique monétaire débridée des principales banques centrales (BCE, Fed) a forcé la Banque nationale suisse d’acquérir d’énormes quantités de monnaies étrangères et de gonfler ainsi ses propres bilans. Cela expose le pays à d’énormes risques.
  • Une probable récession économique avec de graves conséquences pour la Suisse en tant que nation exportatrice avec un niveau d’autosuffisance réduit exige de bonnes relations avec ses voisins.

D’une part, c’est une situation initiale complexe et exigeante, d’autre part, la Suisse peut mettre en avant son rôle internationalement reconnu en tant que médiateur lors de conflits. Grâce à ses riches expériences dans ce domaine des règlements pacifiques de crises, la Suisse peut apporter une contribution précieuse.
Les tâches et les possibilités sont nombreuses; cela l’est davantage encore pour un représentant honnête et sincère des intérêts de notre pays.     •