«A la recherche d’une éthique universelle»

Commission internationale théologique, Rome, 2006 –2008

par Urs Knoblauch, journaliste culturel et Elisabeth Nussbaumer, docteur ès lettres

Conscient de l’urgence de préserver la survie de l’humanité face au grand nombre de guerres et de crises dans le monde représentant un danger pour l’existence, une commission internationale théologique s’est consacrée au cours des années 2006–2008 à la question de savoir, s’il y a «des valeurs morales objectives capables d’unir les hommes et de leur procurer paix et bonheur.» (alinéa 1) Avec son document la Commission s’inscrit dans le cours historique de l’humanité ayant depuis toujours tenté de se donner des règles pour une vie morale servant au bien-être équitable de tous.

Le document décrit les normes morales du christianisme comme étant des valeurs morales directement discernables par la raison pratique de l’individu, inscrites dans le cœur de tout homme. Etant donné que la nature humaine est universelle, il s’agit de reconnaître les propensions au comportement moral ancrées dans la nature humaine, pour élaborer ainsi les valeurs et les normes fondées sur le droit naturel pouvant être reconnues par les êtres humains dans toutes les cultures. La Commission encourage donc tous les représentants d’autres cultures et de traditions de sagesse à entrer en un dialogue commun pour formuler les fondements d’une étique universelle, acceptable et compréhensible pour tous les membres des cultures et des traditions de sagesse les plus diverses et pouvant ainsi former la base d’une éthique universelle. Elle invite «les experts et les porte-parole des grandes traditions religieuses, sapientielles et philosophiques» à procéder à un travail «à partir de leurs propres sources, afin d’aboutir à la reconnaissance commune de normes morales universelles fondées». (al. 116) La reconnaissance et la promotion de ces valeurs éthiques contribueront à la construction d’un monde plus humain.

Doté de raison et de conscience

L’homme est doté de raison et de conscience – voilà la certitude dont partent les rédacteurs du document. Il est donc capable de reconnaître les valeurs de la vie morale et de faire concorder sa vie avec ses inclinaisons morales naturelles. Cela est possible, si sa pensée n’est pas irritée et si son cœur n’est pas fermé par de fausses théories, modes de vie et motivations ainsi que d’objectifs erronés.
L’homme, doté ainsi de raison et capable de reconnaître la vérité, est enclin d’entrer en dialogue avec ses semblables et de nouer des relations amicales. «L’inclination à vivre en société vient d’abord du fait que l’être humain a besoin des autres pour surmonter ses limites individuelles intrinsèques et atteindre sa maturité dans différents domaines de son existence». (al. 50)

Dangers du relativisme régnant

Les auteurs du document incluent «les dimensions culturelles, politiques, économiques, morales et religieuses de notre existence sociale» (al. 2) dans leurs réflexions. Ils rendent attentifs aux dangers du relativisme régnant et donc de la défaillance alarmante de l’Etat et du droit dans nombre de ces domaines. Avec leurs explications, ils ne veulent cependant pas présenter un code de prescriptions intangibles ni de doctrine éthique élaborée; ils cherchent des principes pour une éthique universelle
«Le christianisme n’a pas le monopole de la loi naturelle.» Celle-ci, «fondée sur la raison commune à tous les hommes est la base de la coopération entre tous les hommes de bonne volonté quelles que soient leurs convictions religieuses». (al. 9)
La loi naturelle n’est donc qu’une orientation de base pour la réflexion morale. Il ne s’agit pas, pour l’individu, de se soumettre automatiquement à des règles comportementales concrètes. Plus la réflexion morale se rapporte à l’action concrète, «plus elle affronte des situations concrètes et contingentes, plus ses conclusions sont affectées d’une note de variabilité et d’incertitude». (al. 53) La mise en œuvre concrète de la loi naturelle peu prendre des formes différentes dans les différentes époques et cultures. On peut par exemple mentionner l’esclavage, le prêt à intérêt, le duel ou la peine de mort. Cette évolution peut mener à une meilleure compréhension de l’interpellation morale.
«Pour arriver à une juste évaluation des choses à faire, le sujet moral doit être doté d’un certain nombre de dispositions intérieures qui lui permettent tout à la fois d’être ouvert aux interpellations de la loi naturelle et bien informé des données de la situation concrète.» (al. 55)
Dans ce contexte les auteurs rendent attentifs à l’importance de la formation de l’homme lui permettant «d’adapter les préceptes universels de la loi naturelle aux conditions concrètes de l’existence dans des contextes culturels divers». (al. 56) «En effet, cette perspective prend acte du fait que la science morale ne peut fournir au sujet agissant une norme qui s’appliquerait de façon adéquate et comme automatique à la situation concrète: seule la conscience du sujet, le jugement de sa raison pratique, peut formuler la norme immédiate de l’action. […] La loi naturelle ne saurait donc être présentée comme un ensemble déjà constitué de règles qui s’imposent a priori au sujet moral, mais elle est une source d’inspiration objective pour sa démarche, éminemment personnelle, de prise de décision.» (al. 59)

La nature sociale de la personne

Au centre de toute réflexion se trouve le fait que la nature sociale de la personne, selon laquelle l’être humain est doué de raison, d’esprit et de conscience, possède une dignité inhérente. Donc, «la personne est au centre de l’ordre politique et social parce qu’elle est une fin et non un moyen. La personne est un être social par nature, non par choix ou en vertu d’une pure convention contractuelle». (al. 84) C’est pourquoi, «la personne est donc antérieure à la société et la société n’est humanisante que si elle répond aux attentes inscrites dans la personne en tant qu’être social». (al. 86) Là, il est donc question des «inclinaisons fondamentales» de la nature humaine, motivant la personne en compagnie de ses semblables de «rechercher le bien moral». La personne humaine «se met à l’écoute de ce qu’elle est et elle prend conscience des inclinations fondamentales de sa nature» qui la relie avec les autres personnes. (al. 45) Tout homme est constamment placé devant la situation de s’engager dans l’action morale, dirigé par sa conscience ou son «intelligence émotionnelle». (al. 57)

Trois ensembles de dynamismes naturels chez la personne

Le document distingue trois ensembles de dynamismes naturels dans la personne humaine: «Le premier, qui lui est commun avec tout être substantiel, comprend essentiellement l’inclination à conserver et à développer son existence. Le deuxième, qui lui est commun avec tous les vivants, comprend l’inclination à se reproduire pour perpétuer l’espèce.» (al. 46) Les auteurs soulignent que «le dynamisme vers la procréation est intrinsèquement lié à l’inclination naturelle qui porte l’homme vers la femme et la femme vers l’homme, donnée universelle reconnue dans toutes les sociétés. Il en est de même pour l’inclination à prendre soin des enfants et à les éduquer». (al. 49) Suite à cela, la relation entre homme et femme est prévue d’être poursuivie dans la durée et implique la valeur de la fidélité mutuelle. (Pour le troisième ensemble de dynamisme, cf. ci-dessous «Inclination à vivre en société»)

Importance primordiale de la formation et de l’éducation

Dans ce contexte, l’importance primordiale de la formation et de l’éducation pour le développement de l’homme est mise en avant. L’inclination naturelle à développer un comportement moral commence dès les premiers dialogues entre la mère et l’enfant. Ainsi sont posées les bases morales pour résoudre des tâches existentielles de la vie: «Ce n’est que progressivement que la personne humaine accède à l’expérience morale et devient capable de se dire à elle-même les préceptes qui doivent guider son action. Elle y parvient dans la mesure où, dès sa naissance, elle a été insérée dans un réseau de relations humaines, à commencer par la famille, qui lui a permis de prendre peu à peu conscience d’elle-même et du réel qui l’entoure. Cela s’est fait en particulier par l’apprentissage d’une langue – la langue maternelle – qui apprend à nommer les choses et permet d’advenir comme sujet conscient de soi. Orientée par les personnes qui l’entourent, imprégnée de la culture dans laquelle elle est immergée, la personne perçoit certaines façons de se comporter et de penser comme des valeurs à poursuivre, des lois à observer, des exemples à imiter, des visions du monde à accueillir. Le contexte social et culturel joue donc un rôle décisif dans l’éducation aux valeurs morales.» (al. 38)

Inclination à vivre en société

Le troisième, ensemble de dynamismes […] est l’inclination à vivre en société. La vie en communauté est «spécifique à l’être humain comme être spirituel, doté de raison, capable de connaître la vérité, d’entrer en dialogue avec les autres et de nouer des relations d’amitié. Aussi doit-on lui attacher une importance toute particulière. L’inclination à vivre en société vient d’abord de ce que l’être humain a besoin des autres pour surmonter ses limites individuelles intrinsèques et atteindre sa maturité dans différents domaines de son existence. Mais, pour épanouir pleinement sa nature spirituelle, il a besoin de nouer avec ses semblables des relations de généreuse amitié et de développer une coopération intense pour la recherche de la vérité. L’intégralité de son bien-être est si intimement liée à la vie en communauté que c’est en vertu d’une inclination naturelle et non d’une simple convention qu’il s’organise en société politique.» (al. 50)

L’importance du droit naturel

Voilà qu’il est question de l’essentiel du droit naturel tant chrétien que laïque. Historiquement, la percée du droit naturel est atteinte avec la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948. Selon les auteurs, la Conventions des droits de l’homme «demeure l’une des expressions les plus hautes de la conscience humaine en notre temps et offre une base solide pour la promotion d’un monde plus juste», car la convention découle de la «reconnaissance de la dignité inhérente de tous les membres de la famille humaine». (al. 5) Ainsi, le relativisme du droit et la domination arbitraire du droit positif fixé par les hommes sont exclus. Le droit positif défini par l’homme doit se mesurer à l’aune de l’ordre naturel et des lois morales naturelles; ce n’est qu’ainsi qu’il peut être un droit juste.

Liberté, vérité, justice et solidarité

Cet ordre naturel de la société au service de la personne «est connoté, selon la doctrine sociale de l’Église, de quatre valeurs découlant des inclinations naturelles de l’homme, et qui dessinent les contours du bien commun que la société doit poursuivre, à savoir: la liberté, la vérité, la justice et la solidarité. Ces quatre valeurs correspondent aux exigences d’un ordre éthique conforme à la loi naturelle. (al. 87) Si l’une des valeurs manque, la Cité est en danger, elle tend vers l’anarchie ou le règne du plus fort. Sans la liberté, inhérente à la nature de l’être humain, aucun ordre social, humain et politique n’est possible. «Sans la recherche et le respect de la vérité, il n’y a pas de société, mais la dictature du plus fort.» Sans justice, il n’y a «pas de société, mais le règne de la violence. La justice est le bien le plus haut que puisse procurer la Cité.» (al. 87) C’est le signe que le bien individuel fait partie du bien commun et que le droit, l’éthique, la morale et la paix se construisent sur la nature et la dignité de l’homme.

Bases éthiques du droit et de la politique

Le droit et la justice dans le sens d’une éthique universelle sont étroitement liés au droit naturel. C’est la raison pour laquelle les spécialistes de la Commission pontificale analysent soigneusement les dangers actuels du relativisme, du pluralisme et du positivisme juridique. Depuis plusieurs décennies «la question des fondements éthiques du droit et de la politique a été comme mise entre parenthèses dans certains secteurs de la culture contemporaine. […] Sous le prétexte que toute prétention à une vérité objective et universelle serait source d’intolérance et de violence et que seul le relativisme pourrait sauvegarder le pluralisme des valeurs et la démocratie, on fait l’apologie du positivisme juridique qui refuse de se référer à un critère objectif, ontologique, de ce qui est juste. (al. 7) Selon les auteurs, le relativisme actuel ne sert «en définitive que les intérêts des plus puissants. Surtout, une tendance se manifeste à réinterpréter les droits de l’homme en les séparant de la dimension éthique et rationnelle qui constitue leur fondement et leur fin, au profit d’un pur légalisme utilitariste.» (al. 5) Les auteurs se réfèrent au pape Benoît XVI qui, en 2007, lors d’un congrès international sur les lois morales naturelles avait rendu le public attentif qu’on tentait «de faire l’apologie du positivisme juridique qui refuse de se référer à un critère objectif, ontologique, de ce qui est juste. […] Mais c’est ouvrir la voie «à l’arbitraire du pouvoir, à la dictature de la majorité arithmétique et à la manipulation idéologique, au détriment du bien commun». (al. 7)

La nécessité d’une éthique universelle

C’est pourquoi les auteurs soulignent la nécessité d’une éthique universelle dans le sens de la loi naturelle pour un ordre politique de paix, du bien individuel et de la communauté: «La société organisée en vue du bien commun de ses membres répond à une exigence de la nature sociale de la personne. La loi naturelle apparaît alors comme l’horizon normatif dans lequel est appelé à se mouvoir l’ordre politique. Elle définit l’ensemble des valeurs qui apparaissent comme humanisantes pour une société. Dès que l’on se situe dans le champ social et politique, les valeurs ne peuvent plus être de nature privée, idéologique ou confessionnelle: elles concernent tous les citoyens.» (al. 86) «La Cité doit ainsi procurer aux personnes qui la composent ce qui est nécessaire à la pleine réalisation de leur vie humaine, ce qui inclut certaines valeurs spirituelles et religieuses, ainsi que la liberté pour les citoyens de se déterminer vis-à-vis de l’Absolu et des biens suprêmes.» (al. 96) «Dès que l’on se situe dans le champ social et politique, les valeurs ne peuvent plus être de nature privée, idéologique ou confessionnelle: elles concernent tous les citoyens.» (al. 86)
Ainsi, l’aide mutuelle et la solidarité entre les hommes sont les aspects décisifs pour s’engager en faveur des intérêts justes d’autrui et de la Cité. C’est également ce qui ressort de la vie en démocratie directe et dans les coopératives. «C’est ce que l’on appelle le ‹bien commun›. […] La poursuite du bien commun permet à la Cité de mobiliser les énergies de tous ses membres.» (al. 85)

Quatre domaines d’une éthique universelle

Les auteurs du document nomment quatre domaines importants dans le contexte de la loi naturelle et d’une éthique universelle:
1)    «Face à la montée d’une culture limitant la rationalité aux sciences dures et abandonnant au relativisme la vie morale, elle insiste sur la capacité naturelle qu’ont les hommes à saisir par leur raison ‹le message éthique contenu dans l’être› et à connaître dans leurs grandes lignes les normes fondamentales d’un agir juste conforme à leur nature et à leur dignité. La loi naturelle répond ainsi à l’exigence de fonder en raison les droits de l’homme et elle rend possible un dialogue interculturel et interreligieux capable de favoriser la paix universelle et d’éviter le ‹choc des civilisations›.» (al. 35)
2)    «Face à l’individualisme relativiste qui considère chaque individu comme source de ses propres valeurs et la société comme la résultante d’un pur contrat passé entre des individus qui choisissent d’en constituer par eux-mêmes toutes les normes, elle rappelle le caractère non conventionnel mais naturel et objectif des normes fondamentales qui régissent la vie sociale et politique. En particulier, la forme démocratique de gouvernement est intrinsèquement liée à des valeurs éthiques stables ayant leur source dans les exigences de la loi naturelle et qui ne dépendent donc pas des fluctuations du consensus d’une majorité arithmétique.» (al. 35)
3)    «Face à un laïcisme agressif voulant exclure les croyants du débat public, l’Eglise fait valoir que les interventions des chrétiens dans la vie publique, sur des sujets touchant la loi naturelle (défense des droits des opprimés, justice dans les relations internationales, défense de la vie et de la famille, liberté religieuse et liberté d’éducation), ne sont pas en soi de nature confessionnelle mais relèvent du souci que chaque citoyen doit avoir pour le bien commun de la société.» (al. 35)
4)    «Face aux menaces d’abus de pouvoir, voire de totalitarisme, que recèle le positivisme juridique et que véhiculent certaines idéologies, l’Eglise rappelle que les lois civiles n’obligent pas en conscience lorsqu’elles sont en contradiction avec la loi naturelle et elle prône la reconnaissance du droit à l’objection de conscience ainsi que le devoir de désobéissance au nom de l’obéissance à une loi plus haute. La référence à la loi naturelle, loin d’engendrer le conformisme, garantit la liberté personnelle et plaide en faveur des délaissés et de ceux qu’oppriment des structures sociales oublieuses du bien commun.» (al. 35)

Les valeurs fondamentales doivent être démontrées de façon évidente

Les valeurs fondamentales dans le sens de la loi naturelle doivent être démontrées de façon évidente à tout être humain dès sa plus jeune enfance, puis enseignées à l’école et à l’université. Les connaissances psychologiques prouvent que le sens moral de l’individu est vécu au niveau émotionnel dans le processus éducatif avec le modèle parental. Puis, il est développé et renforcé dans le tissu des relations interpersonnelles. La nature de l’enfant est entièrement dirigée sur la coopération sociale avec ses éducateurs. La famille a son devoir crucial et devrait être soutenue par l’école, la religion et la société pour contribuer à une réelle démocratie vivante ainsi qu’à la paix.

Les tâches dans la famille, dans le milieu de vie et de travail, dans la communauté

La vie sur le fondement de la loi et du droit naturel est toujours liée à des devoirs. «Pour se réaliser en tant que personne, elle a besoin du tissu des relations qu’elle noue avec d’autres personnes. Elle se trouve ainsi au centre d’une toile formée de cercles concentriques: la famille, le milieu de vie et de travail, la communauté de voisinage, la nation et enfin l’humanité. La personne puise dans chacun de ces cercles des éléments nécessaires à sa croissance, en même temps qu’elle contribue à leur perfectionnement.» (al. 84) Ce n’est que dans la coopération avec la communauté humaine que l’être humain peut se développer entièrement. Autrement, il n’est pas capable d’assumer les responsabilités dans sa vie et d’apporter sa contribution à la culture. C’est sa nature qui exige cela de lui. Ainsi, le droit naturel n’est pas véritablement créé par l’homme, bien qu’au cours des siècles de vie culturelle, il ait été formulé toujours plus soigneusement. Il est mis à disposition des êtres humains et n’est pas dans leur pouvoir.
C’est pourquoi il faut stopper la guerre culturelle actuelle, la déconstruction de l’enseignement et le démontage systématique des valeurs humaines fondamentales et des Etats nations. Avec leur contribution présentée dans cet article, les professeurs et les théologiens «n’avaient pas d’autre but que d’aider à réfléchir sur cette source de la morale personnelle et collective». (al. 115)

Invitation au dialogue pour une collaboration pacifique

Les auteurs du document invitent au dialogue et à une collaboration pacifique – «par-delà les divergences de nos convictions religieuses et la diversité de nos présupposés culturels» – avec les mots suivants: «En apportant notre contribution propre à la recherche d’une éthique universelle, et en en proposant un fondement rationnellement justifiable, nous souhaitons inviter les experts et les porte-parole des grandes traditions religieuses, sapientielles et philosophiques de l’humanité à procéder à un travail analogue à partir de leurs propres sources afin d’aboutir à la reconnaissance commune de normes morales universelles fondées sur une approche rationnelle de la réalité. Ce travail est nécessaire et urgent. Nous devons parvenir à nous dire, par-delà les divergences de nos convictions religieuses et la diversité de nos présupposés culturels, quelles sont les valeurs fondamentales pour notre commune humanité, de manière à travailler ensemble à promouvoir compréhension, reconnaissance mutuelle et coopération pacifique entre toutes les composantes de la famille humaine.» (al. 116)
En guise de fin, nous vous recommandons de lire le document en entier. Sa richesse et sa profondeur, les déclarations soigneusement élaborées sont un bienfait pour toute personne pacifique.    •

Source: www.vatican.va/roman_curia/congregations/cfaith/cti_documents/rc_con_cfaith_doc_20090520_legge-naturale_fr.html