Courrier des lecteurs

Pestalozzi – un pédagogue toujours actuel et moderne

Johann Friedrich Pestalozzi voua toute sa vie à l’éducation populaire. En enseignant aussi les enfants pauvres et défavorisés, il voulait les aider à mener une meilleure vie. A l’époque, c’était une idée neuve et révolutionnaire. Elle ne plut pas à tout le monde. Nombreux étaient les représentants de la classe supérieure préférant voir le peuple démuni et ignorant. Par contre, les contemporains plus progressifs et démocrates avaient beaucoup d’estime pour Pestalozzi. Il aimait discuter et échanger des idées avec beaucoup d’entre eux ce qui rajouta à son succès et à son charisme international. Préférant au début l’idée de Rousseau d’une «éducation naturelle», il comprit plus tard que pour bien apprendre, les enfants avaient besoin d’être guidés de façon systématique. La base de la pédagogie élémentaire de Pestalozzi est l’éducation du cœur et du sens de la communauté. Car il était convaincu que ce sont les liens sociaux au sein de la communauté de classe ainsi qu’avec l’enseignant qui sont la condition préalable la plus importante à l’apprentissage. En outre, l’application de méthodes d’enseignement concrètes serait décisive. Partant du concret, il est important que les enfants soient capables de se faire une idée nette et réaliste des choses, car toute intelligence est basée sur une réalité perceptible. Pestalozzi résuma l’unité de la formation morale, intellectuelle et pratique dans cette expression célèbre: il faut apprendre «avec la tête, avec le cœur et avec les mains».
La conception de l’enfant et de l’éducation selon Pestalozzi est moderne et toujours d’actualité. Elle est à l’opposé de l’idée actuelle de l’«apprentissage numérisé» où chaque enfant se trouve seul et détaché de la vie réelle devant sa tablette numérique. Ce qui profite surtout aux multinationales tels Apple, Google ou Facebook. Par contre, la formation selon la conception de Pestalozzi profite aux élèves et à la société toute entière. Apparemment, cela ne plaît pas, même de nos jours, à tout le monde. Est-ce la raison pour laquelle certains médias s’obstinent à dénigrer Pestalozzi?

Judith Barben, Wil SG