Développer les droits démocratiques pour s’opposer à l’arbitraire en politique

Comment imposer les droits civiques au XXIe siècle

 

rt. Les grands projets se réalisent en commun. Au cours des millénaires passés, l’humanité a accompli des tâches aux dimensions de plus en plus grandes et complexes. Il y a 10 000 ans, nous savions pratiquer la culture des champs basée sur le partage du travail. Plus tard, nous avons su également les arroser. Et lors des quelques mille ans écoulés, les premières villes commencèrent à être habitées.
Si l’on considère que par la suite, il y eut 1° la réussite du développement d’un engin métallique – propulsé par un liquide explosif – volant vers la lune et pouvant retourner sur terre et 2° les calculs savants de la vitesse de vol des orbites de la terre et de la lune, afin que l’engin arrive au bon moment au bon endroit et ne se perde pas avec son équipage dans l’univers, alors il nous faut concéder que ce projet – réalisé longtemps avant l’avènement de la technologie numérique – fut une performance magistrale de l’évolution humaine et de la co-opération. Un grand nombre de personnes très différentes les unes des autres durent travailler la main dans la main de manière extrêmement précise et méticuleuse – et ceci en dépit de nos faiblesses humaines! L’exemple le démontre: cela est possible!

Résoudre les problèmes au plus haut niveau

Les grandes tâches dans le vivre-ensemble au niveau global, par exemple dans les domaines de la médecine, de l’alimentation, des transports ou du partage de travail ont toujours été résolus et se résolvent en commun. Ainsi, par exemple, au cours des années passées, on a réussi, dans le cadre des Objectifs du millénaire des Nations Unies, de baisser de manière significative la faim dans le monde, et éventuellement même de l’éliminer entièrement. Même si des échecs ou des erreurs arrivent, somme toute, on réalise des projets magnifiques.

De petits groupes d’individus décident de la vie de millions de personnes

Les accords secrets de petits cercles élitistes contrastent péniblement avec ces prestations de la collaboration humaine mentionnées ci-dessus. Dans ces décisions prises, il en va du destin de milliers, voire de millions d’êtres humains.
Au XXIe siècle, il ne convient plus d’être confronté à de tels petits cercles décidant de la préparation et du déclenchement de guerres en méprisant l’avis des populations. Il est tout aussi choquant qu’au XXIe siècle de petits groupes de personnes puissent décider de l’avenir économique de millions d’individus, en manipulant par exemple les monnaies ou en formant des cartels. De même, le fait de répandre des mensonges, de dénigrer publiquement des personnes ou des groupes de personnes ou omettre des vérités pour mieux «diriger les masses» dans une certaine direction témoigne de l’arrogance et du mépris des populations par ces cercles.

Attitudes mentales datant de l’époque du féodalisme

Au XXIe siècle, un style politique désignant les concitoyens d’«inférieurs» et s’arrogeant le droit de décider pour eux est inacceptable. Ce qu’il nous faut, ce sont des systèmes authentiquement démocratiques et non pas des particraties anti-démocratiques, des démocraties parlementaires ou d’autres formes pseudo-démocratiques avec lesquelles la petite élite impose ses propres buts au nom d’une «majorité» indéfinie. La vraie maxime nullement périmée est, toujours et encore, la devise «Liberté, Egalité et Fraternité» datant du siècle des Lumières. Tant les Constitutions de tous les Etats démocratiques que la Charte des Nations Unies sont basées sur ces préalables. S’y opposer, aujourd’hui encore, témoigne d’une façon de penser qui est liée au féodalisme ou à l’absolutisme, attitude ne respectant en rien les droits de l’homme.

Continuer la réalisation de la démocratie

La pleine réalisation des droits démocratiques sont de mise. Il est simple de montrer du doigt les Etats du Tiers monde et de les menacer avec des sanctions en feignant que les droits démocratiques sont tous bien établis dans le soi-disant Premier monde. Les protestations continuelles et les revendications arrivant de tous les coins de notre planète, exigeant «Liberté, Egalité, Fraternité», illustrent les tâches devant encore être accomplies.1 Précisément les élites des Etats intensément reliés par l’histoire à ces revendications doivent assumer leurs responsabilités en y contribuant.
L’Institut suisse de recherches sur la démocratie directe (www.fidd.ch) sous la direction de René Roca analyse, entre autres, comment les voies menant à davantage de démocratie ont été réalisées dans l’histoire. La démocratie directe est une forme de gouvernement permettant à la population d’articuler et de réaliser ses intérêts de manière très directe. Ses racines historiques et les différentes variantes dans son évolution montrent les possibilités.2 La démocratie semi-directe de la Suisse et des variantes dans d’autres pays offrent des voies pour une meilleure réalisation de la revendication pour davantage de liberté, d’égalité et de fraternité.

L’ONU, un instrument pour empêcher les guerres

Au début de ce siècle, Doug Rokke, vétéran de guerre américain, a dit, après l’utilisation d’uranium appauvri en Afghanistan, en Irak et en Serbie avec toutes ses conséquences néfastes pour les générations à venir: «War is obsolete!» – Oui, les guerres sont des violations du droit international! dans son livre «Illegale Kriege. Wie die Nato-Länder die Uno sabotieren. Eine Chronik von Kuba bis Syrien»3 [Les guerres illégales. Comment les pays de l’OTAN sabotent l’ONU. Une chronique de Cuba à la Syrie], Daniele Ganser nous rend attentif à l’existence de ces petites élites de profiteurs de guerre qui s’arrêtent devant rien pour atteindre leurs objectifs égoïstes semant, partout au monde, la mort et la terreur. Face à cela, avec l’ONU, nous disposons depuis plus de 60 ans d’un instrument pour empêcher les guerres qui, jusqu’à présent, est devenu la victime de cette élite. Les voix des millions d’individus directement concernés, mais aussi de ceux qui ne le sont pas directement, ne sont pas pris en compte quand il s’agit de décider de la guerre ou de la paix. Les guerres constituent un exemple extrême du mépris de l’autodétermination des gens. Néanmoins, Daniele Ganser, avec son Swiss Institute for Peace and Energy Research (SIPER) s’engage, en dépit de toutes les contrariétés, pour la paix de manière courageuse et conséquente (www. siper.ch).

Economie équitable

Les citoyens libres décident eux-mêmes des règles de leur vivre-ensemble. Si tous y participent – et non pas seulement un petit cercle – l’utilité au sens du bien commun augmente. On observe souvent, précisément dans le domaine économique, que des accords secrets (cartels), des manipulations des monnaies ou la corruption dans certains Etats causent de grands dégâts allant jusqu’à des crises économiques ruinant des économies nationales tout entières. L’Institut libéral (www. libinst.ch), fondé en 1979, met constamment le doigt sur ces abus et demande des améliorations redonnant au citoyen ses droits en tant que copropriétaire. Les piliers d’une vie économique libre sont des citoyens libres et égaux en droits. A l’aide du Prix Wilhelm Röpke pour la Société civile, des personnalités critiques et courageuses sont régulièrement décorées pour leur engagement.4
Précisément dans les temps où la recherche dépend, de plus en plus, de donateurs financiers privés ou de règlementations étatiques, il importe de soutenir les voix indépendantes. La Suisse, neutre et ouverte au monde, se prête en tant que place d’hébergement pour divers instituts menant des recherches indépendantes.

Résoudre les problèmes ensemble

Dans de nombreuses régions du monde et issues de conditions politiques très différentes, des revendications concrètes sont formulées, préconisant les droits démocratiques pour tous. Ces voix trouvent beaucoup de sympathies, même si elles risquent, de manière croissante, d’être discréditées ou minées par des groupes ou des individus corrompus (par exemple par la Fondation Soros ou de nombreuses autres fondations à caractère politique) cherchant à discréditer, par des manipulations politico-stratégiques malhonnêtes, leurs activités dans la vie politique de tous les jours. Des manifestations soigneusement mises en scène pour les médias – afin de présenter des images bien choisies, pour influencer les opinions de la population et finalement déstabiliser des Etats ou renverser des gouvernements – minent l’engagement démocratique honnête pour continuer à développer la démocratie.
D’autre part, les tentatives les plus récentes de réduire la liberté d’opinion dans les nouveaux médias n’ont pas pu empêcher l’intensification des échanges d’idées sur les problèmes dans et avec les pseudo-démocraties ou les systèmes autocratiques ainsi que le combat pacifique en vue du développement continuel de la véritable démocratie.    •

1    Kriele, Martin. Die demokratische Weltrevolution. Warum sich die Freiheit durchsetzen wird. München 19913. ISBN 978-3-492 104 869
2    Roca, René (Hrsg.). Katholizismus und moderne Schweiz. Beiträge zur Erforschung der Demokratie 1. Basel 2016. ISBN 978-3-7965-3498-0
     ders. (Hrsg.). Liberalismus und moderne Schweiz. Beiträge zur Erforschung der Demokratie 2. 2017. ISBN 978-3-7965-3639-7 (Commandes www.fidd.ch)
     ders. Wenn die Volkssouveränität wirklich eine Wahrheit werden soll … . Die schweizerische direkte Demokratie in Theorie und Praxis – Das Beispiel des Kantons Luzern.
     Schriften zur Demokratieforschung 6. Hrsg. durch das Zentrum für Demokratie Aarau. Zürich 2012.
3   Ganser, Daniele. Illegale Kriege. Wie die Nato-Länder die Uno sabotieren. Eine Chronik von Kuba bis Syrien. Zürich 2016.
     ders. Europa im Erdölrausch. Die Folgen einer gefährlichen Abhängigkeit. Zürich 20167. ISBN 978-3-280-05474-1
     ders. Les Armées Secrètes de l'OTAN. Réseaux Stay Behind, Opération Gladio et Terrorisme en Europe de l'Ouest, Edition Demi-Lune, 2011, ISBN-13: 978-2917112007
4   Liberales Institut. Wilhelm-Röpke-Preis für Zivilgesellschaft: http://www.libinst.ch/?i=ropke-prize--en