Un rapporteur spécial de l’ONU exige d’en finir avec l’ingérence étrangère

Venezuela

Prise de position d’Alfred de Zayas, rapporteur spécial pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable

Alfred de Zayas, le rapporteur spécial pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable, demande aux Etats de ne pas interférer dans les affaires intérieures du Venezuela et de s’abstenir de prendre des mesures unilatérales contraignantes compliquant les choses et mettant en péril la paix dans la région.
«Par contre, il faut encourager les services consultatifs et l’assistance technique aux pays se trouvant en difficultés, dans un esprit constructif en vue de surmonter les litiges», a déclaré Alfred de Zayas. Et de continuer: «La menace ou l’adoption de sanctions est destructrice pour un ordre mondial démocratique et juste ainsi qu’incompatible avec le devoir des Etats de ne pas s’immiscer dans les affaires intérieures d’autres Etats.»
Alfred de Zayas a également rendu attentif aux principes fondamentaux du droit international tels qu’ils sont inscrits dans la Charte de l’ONU et dans d’innombrables résolutions des Nations Unies, y compris dans la déclaration de l’Assemblée générale concernant les relations amicales, la Résolution 2625, précisant notamment: «Les Etats doivent conduire leurs relations internationales dans les domaines économique, social, culturel, technique et commercial conformément aux principes de l’égalité souveraine et de la non-intervention.»
Le document définitif du Sommet mondial de 2005 souligne qu’il tient à relever une fois de plus que «la démocratie, le développement et le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales sont interdépendants et se renforcent mutuellement» et relève en outre que «quand bien même les démocraties ont des caractéristiques communes, il n’existe pas de modèle unique de démocratie». La campagne permanente menée par quelques pays pour déstabiliser un gouvernement démocratiquement élu et délégitimer le processus électoral au Venezuela est en contradiction avec les objectifs du Sommet mondial de promouvoir tant la démocratie que le développement et elle diminue l’effort de la part du peuple vénézuélien de résoudre par lui-même les différends dans un dialogue ouvert entre les parties sans ingérence étrangère. En particulier, la menace ou l’adoption de sanctions contre le Venezuela et contre des personnes spécifiques au Venezuela va à l’encontre du droit international coutumier de la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, compliquant encore plus les difficultés économiques affectant le pays; beaucoup d’entre elles sont dues aux effets des interventions étrangères.
Le rapporteur spécial revendique la prise de mesures immédiates en faveur d’une meilleure conciliation y compris une enquête sur les décès provoqués pendant la campagne électorale.  Il faut impérativement que l’Etat de droit et les droits de l’homme soient respectés par toutes les parties telles qu’elles sont ancrées dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et dans le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (ICESCR) pour rétablir la paix sociale. En vertu de l’article 21 du PIDCP, le droit de réunion pacifique pour toutes personnes doit être respecté.
En conclusion, le rapporteur spécial invite toutes les parties au Venezuela d’initier un dialogue sincère en vue de la préparation des élections présidentielles de 2018. Le rapporteur dénonce la désinformation par les médias et l’agitation. Toute ingérence étrangère ne fera qu’aggraver la situation et viole le droit des Vénézuéliens de décider librement de leur propre avenir. Les différends entre les parties ne peuvent être résolus que par le dialogue et l’établissement du consensus, tout en respectant entièrement l’Etat de droit, la souveraineté et le droit à l’autodétermination.    •

Source: http://www.ohchr.org/EN/Issues/IntOrder/Pages/Articles.aspx, du 4/8/17

(Traduction Horizons et débats)