Un expert de l’ONU appelle à la démocratisation des médias

La démocratie et l'autodétermination sont cruciales pour la prévention des conflits nationaux, régionaux et internationaux, mais elles sont menacées par de «fausses nouvelles», des informations incomplètes et le «politiquement correct», a déclaré Alfred de Zayas, expert indépendant pour la promotion d’un ordre international démocratique et équitable dans un communiqué à l’occasion de la Journée internationale de la démocratie le 15 septembre.

«La démocratie est essentielle pour parvenir à un ordre mondial plus juste. Ce n'est qu'en réfléchissant vraiment aux intérêts des gens que les gouvernements pourront endiguer le désenchantement, l’exploitation et les conflits qui affligent le monde d'aujourd'hui.
La vraie démocratie exige de l'éducation, l'accès à des sources d'information et à des opinions multiples et fiables, une consultation de bonne foi avec toutes les personnes affectées par les décisions et un débat ouvert, hors de toute intimidation, ostracisme et contraintes du ‹politiquement correct›.
Cela signifie combiner la règle de la majorité avec le respect des opinions minoritaires et la dignité humaine de tous.
La vraie démocratie ne peut pas fonctionner correctement sans une presse libre et pluraliste, mais les ‹fausses nouvelles›, la ‹manipulation des informations› et les campagnes axées étroitement sur les questions à la mode portent à confusion et corrompent le processus démocratique.
Il ne s'agit pas seulement des gouvernements qui se livrent à la diffusion de fausses nouvelles – des informations fausses ou délibérément partisanes – mais aussi du secteur privé, des médias d'entreprise et d'autres conglomérats qui tentent de créer ce que Noam Chomsky appelait la «fabrication du consentement».
Bien que la liberté d'opinion et d'expression soient indispensables à la société démocratique, ces libertés doivent servir – non pas manipuler – la démocratie. Ce qui est nécessaire, c'est un accès libre à l’information et aux opinions pluralistes – plutôt que des services de presse homologués qui se font écho les uns aux autres et tentent d'imposer une version ‹politiquement correcte› de la réalité.
Les médias ont la responsabilité de diffuser de l'information, sans supprimer de façon sélective les faits pertinents, ou forcer les faits dans une seule interprétation possible. La démocratie a besoin de services d'information alternatifs et d'une démocratisation générale des médias.
On parle de démocratie lorsqu'il existe une corrélation directe entre la volonté des gens et les politiques qui les affectent. Cela exige plus qu'un vote périodique pour la forme, en particulier étant donné que de tels exercices démontrent un manque de choix réel en termes de candidats et entraînent rarement un changement de politique.
La démocratie directe, participative et réactive, sous toutes ses formes, est primordiale et doit être utilisée pour permettre aux individus de donner un consentement authentique, libre, préalable et éclairé avant que les gouvernements ne promulguent des décisions législatives et autres qui ont un impact sur leur vie.
Les Etats membres des Nations Unies ont affirmé en 2005 lors d'un sommet mondial sans précédent que la démocratie, le développement et le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales étaient interdépendants et se renforçaient mutuellement.
Ils ont également observé que, bien que les démocraties partagent des caractéristiques communes, il n'existe pas de modèle unique de démocratie. Tous les peuples et toutes les nations ont le droit de trouver leur propre formule de la démocratie. En effet, la démocratie est une expression de l'autodétermination.»    •
Source: www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=22074&LangID=F