Conserver la souveraineté

Conserver la souveraineté

Avec le dépôt de l’initiative populaire fédérale «Sécurité alimentaire et production indigène», un premier pas dans la bonne direction est fait. Si nous voulons en tant que citoyens maintenir pour la Suisse notre souveraineté et notre indépendance dans le concert des nations, nous devons porter notre attention avant tout sur les domaines étatiques sensibles et observer avec grande vigilance les développements. En font partie les thèmes fondamentaux tels la défense du pays et son approvisionnement économique, l’alimentation en eau et en énergie et nos systèmes de la formation et de la santé publique. Si un Etat se rend dépendant de l’étranger, il ne peut plus agir souverainement, il est soumis au chantage et deviendra le jouet des puissants.
Avec les termes de «mondialisation», «communauté internationale», «le monde est un village», créés à la fin de la guerre froide, on nous a suggéré, qu’une nouvelle époque avait débuté, où les frontières ne jouent plus aucun rôle, où toute personne profite au même niveau de cette économie mondialisée. La preuve que cet euphémisme était en ce temps-là déjà diamétralement opposé à la réalité politique, est entre autre le fait que depuis la fin du colonialisme il n’y a plus jamais eu autant d’Etats-nations nouvellement créés que pendant la phase de la soi-disant mondialisation. Avec l’UE, on a parallèlement tenté d’empaqueter une partie de ces nouveaux Etats dans une structure supranationale et centraliste, ressentant, certainement depuis la crise financière, davantage d’opposition de la part des populations, car ce ne sont pas les petites gens qui en ont profité, mais avant tout les grandes banques et les trusts internationaux.
Alors que les Etats latino-américains et asiatiques, y compris la Russie, se souviennent de plus en plus de leur souveraineté étatique et que la coopération interétatique prend régulièrement en considération le respect de la souveraineté étatique, les puissants en Occident espèrent toujours pouvoir persuader les citoyens de l’abolition des frontières nationales en propageant l’économie mondialisée. Le «principe de TINA» – There Is no Alternative [il n’y aucune alternative] – en forme le coeur. Ce ne sont que certains trusts qui savent tirer leurs profits, là où le contrôle démocratique de l’économie a été abandonné en faveur du contrôle de l’Etat par l’économie! L’actuelle crise en Slovénie, ayant mené le pays au bord de la faillite, est une réalité amère.
La Suisse se trouve également devant ce défi. Souvent mise sous pression de l’extérieur, on tente de la dissoudre de l’intérieur. A quel point ce sont des mots vides de sens qui sont utilisés, est démontré par l’affaire des services secrets américains en Allemagne voisine. Si les alliés les plus intimes se traitent de la sorte, l’expression, souvent utilisée par des personnes de gauche au sujet de la sécurité du pays – «nous sommes entourés d’amis» – n’est, vu la réalité, que de la poudre aux yeux. Que disait jadis Henry Kissinger: «Entre les Etats il n’y a pas d’amitiés, il n’y a que des intérêts.» Certaines personnes dans notre pays ne veulent à tout prix pas le reconnaître, parce que cela va à l’encontre de leurs buts politiques.
Si, dans le cadre de la défense du pays, le Conseil fédéral parle de sécurité collective et d’interopérabilité, si, dans le cadre de l’approvisionnement économique du pays, il voit la Suisse déjà bien au chaud dans un système d’approvisionnement mondial, prenant soin de l’approvisionnement en denrées alimentaires du monde entier, déléguant l’approvisionnement en énergie de notre pays, sous prétexte de protection de la nature, à nos pays voisins etc., alors nous vendons notre indépendance, sans réaliser, du sein de notre soi-disant «temps de paix», quelles en seront les conséquences dévastatrices en temps de crise, et cela pas seulement pour notre pays et notre population. Ce que l’on veut ainsi réaliser politiquement, revient à un coup d’Etat par tranches successives.
Dans notre pays, les citoyennes et citoyens ont, grâce à la démocratie directe permettant d’influer directement, à l’aide de l’initiative populaire et du référendum, sur la politique gouvernementale, de changer de cap et de s’employer à créer un vivre-ensemble réaliste et digne des peuples dans le monde. Pouvoir mener une vie autodéterminée est aussi important pour tout individu que pour tout Etat. Le fait qu’avec cette initiative populaire, on a réalisé un premier pas dans cette direction dans le domaine de l’agriculture, donne du courage. D’autres pas dans cette direction vont suivre. C’est ainsi qu’on récupère la souveraineté étatique – et cela constitue pour nous citoyens motivation et encouragement à faire de même dans d’autres domaines.

Thomas Kaiser

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