«Son héritage légué pour le bien de tous»

«Son héritage légué pour le bien de tous»

hd. Après le décès totalement inattendu d’Annemarie Buchholz-Kaiser le 21 mai de cette année, de nombreuses personnes de divers pays ont témoigné de leur reconnaissance et de l’importance, pour elles-mêmes et pour leur pays, des rencontres et des discussions qu’elles ont eu avec elle dans le cadre de la «Coopérative Zeit-Fragen» ou lors des congrès et séminaires de «Mut zur Ethik». Ainsi, nous pouvons publier un riche bouquet illustrant ses vastes activités ouvertes au monde et portant ses fruits au-delà des frontières du pays. Dans les pages de ce supplément, «Horizons et débats» publie un choix de ces prises de position, d’autres suivront ultérieurement. L’ensemble de ces témoignages représente l’héritage légué par Annemarie Buchholz-Kaiser pour le bien de tous: dans les domaines humain, historique et politique.

 

«Elle associait tête, cœur et main»

Annemarie Buchholz-Kaiser était une femme, qu’on n’oublie plus après l’avoir rencontrée. Elle avait un caractère fort et une grande volonté, un grand cœur, une intelligence stratégique et était d’une grande érudition. Ces qualités se reliaient en elle en une profonde solidarité envers son pays, sa région, la commune dont elle était originaire et où elle retourna vivre, ainsi que la nature, la culture et l’histoire. Tout un chacun ayant rencontré Mme Buchholz a pu apprendre d’elle d’une manière ou d’une autre et profiter de sa sagesse, même à travers de tous petits gestes ou dans des questions pra­tiques, relevant des domaines du ménage, du jardin ou de l’agriculture.
Son esprit engagé de chercheur l’amenait à soulever des questions extrêmement variées concernant: la guerre et la paix, les armes modernes, les méthodes de manipulation médiatique et de manipulation de l’opinion publique, l’éthique, la prévention anti-drogue, les formes étatiques et la philosophie de l’Etat, la démocratie directe, les réformes scolaires, la psychologie et l’humanisme, la famille, le SIDA et l’histoire des régimes totalitaires dans le monde. Dans sa recherche, elle s’intéressait avant tout au bien de l’individu et au bien commun; non seulement de son propre pays ou de l’Europe, mais du monde entier. Annemarie Buchholz était dotée d’une force représentative, passionnée et vivante de la souffrance d’autrui, que ce soient des individus en particuliers ou des peuples entiers. Elle portait ces douleurs en elle et essayait d’attirer l’attention d’autrui sur la souffrance de l’humanité. Elle assuma la direction d’une grande organisation et endossa la responsabilité de cette lourde tâche, avec intégrité. Lorsqu’elle écoutait parler quelqu’un, elle était présente et attentive à toute sa personne. Elle associait tête, cœur et main et a soutenu de nombreuses personnes par des actes d’amour du prochain. Avec son courage et son indépendance de jugement ainsi que son désir de résister aux manipulations des puissants à l’aide du journal Horizons et débats, elle a été confrontée à de grandes attaques, tout en gardant une attitude ferme. Restent à tous ceux qui sont fidèles à son message d’œuvrer à sa réhabilitation, face aux dénigrements et aux mensonges.
En même temps, Mme Buchholz était toujours prête à apprendre des autres et à s’enrichir de leurs connaissances. Elle a stimulé de nombreuses discussions importantes dans le cadre des conférences «Mut zur Ethik» auxquelles elle invita chaleureusement à maintes reprises également mon mari Robert Hickson. Il se souvient avec reconnaissance de l’hospitalité généreuse et chaleureuse et des échanges intenses sur les sujets mentionnés ci-dessus et d’autres encore. Il était également lié avec elle par la catholicité qu’elle promouvait avant tout à l’aide de la doctrine du droit naturel catholique mais aussi à l’aide des écrits de Josef Pieper et de Romano Guardini. Elle approuvait l’idée que le pouvoir sans grâce ne pouvait pas porter de bons fruits. C’était elle aussi qui proposa à Robert Hickson d’aller visiter un lieu de pèlerinage suisse, accompagné d’une doctorante, membre de son cercle de travail psychologique. Quelques années plus tard, ce fut le prêtre de ce lieu qui prépara le mariage de ces deux personnes. Annemarie Buchholz était enchantée de cette liaison tout à fait inattendue et considéra les deux enfants de ce couple comme une bénédiction de Dieu.
Nous lui serons pour toujours infiniment reconnaissants et nous la garderons dans nos prières et nos pensées et espérons que Dieu lui a permis, à la fin de sa vie riche et difficile de se préparer à Lui en prière, le but de notre vie terrestre.

Mon épouse et moi avons souvent prié pour Annemarie et pensé à elle – assemblé et gardé en honneur de nombreux détails vivants.
Nous gardons le souvenir en particuliers de son cœur clément et sa profonde cordialité, liée à sa passion vivante et sa clairvoyance mais aussi de sa perspicacité, de son bon sens et de sa formidable force de caractère, de sa cordialité, de sa profonde empathie, de son indulgence et de son sourire (sa vivacité, son rire et son ironie chaleureuse qu’elle savait exprimer même en anglais! Ainsi que de l’expression de sa juste indignation.)
Je viens d’écrire un article sur Brent Bozell, un homme ayant eu un grand impact sur ma vie et décédé en 1997, un an après ma rencontre avec Annemarie en 1996. Son caractère ardent (aux cheveux roux), sa vive intelligence et son éloquence – lui aussi possédait un profond cœur charitable. (Il était père de dix enfants roux). Mon long article biographique temoignant de ma reconnaissance est intitulé: «La fertilité mûrissante de son cœur charitable: L. Brent Bozell, Jr.» Le titre conviendrait également à notre chère Annemarie: «La fertilité mûrissante de son cœur charitable – même au milieu de soucis, de soucis partiellement cachés.»
Peut-être que quelqu’un désire savoir ce qu’un Américain reconnaissant pensait d’Annemarie et, toujours fidèle, quels sont ses souvenirs d’elle. Il y a encore beaucoup de choses à dire, et on les dira certainement un jour, sur sa cordialité son action polyvalente et vivante, allant «directement vers le bien – vers le bien commun». Une femme forte et déterminée à faire le bien!
Puisse-t-elle maintenant – ou bientôt – reposer en paix. Requiescat in Pace Vera.

Maike Hickson,

Front Royal, Virginia, USA

et Robert Hickson, ancien professeur à la

Joint Special Operations University

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«Son héritage légué pour le bien de tous»

Dans notre culture, c’est la personne la plus âgée qui a l’habitude de présenter ces mots d’hommage au nom de l’ensemble de la communauté de la région des Grands Lacs africains en général et de la République démocratique du Congo en particulier.
En effet, depuis mai 1999 jusqu’à quelques semaines avant sa mort, nous avons été en contact avec Mme Annemarie Buchholz-Kaiser. Le premier contact eut lieu lorsque Mme Buchholz-Kaiser a fait connaissance des défenseurs des Droits humains et membres de la Société civile de l’Afrique des Grands Lacs à la Commission des droits de l’homme de l’ONU à Genève. Par la suite, a eu lieu une série de conférences à Parme, en Suisse, en Allemagne, en Belgique et ailleurs pour informer non seulement la Suisse et les pays occidentaux, mais également les sociétés civiles suisse et occidentales sur la situation pressante des populations civiles congolaises suite aux conséquences humanitaires des actes du génocide rwandais (1994) à l’Est de la République démocratique du Congo: sur mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies, l’opération onusienne dite «turquoise» a entraîné des millions de citoyens rwandais à fuir vers l’Est de notre pays, où ils ont été accueillis comme réfugiés dans la région du Kivu.
Grâce à la presse indépendante tels Zeit-Fragen, Horizons et débats, Current Concerns et autres, les événements dramatiques et humanitaires des populations civiles à l’Est de notre pays ont été correctement présentés aux populations occidentales et ailleurs dans le monde.
Cependant, il y a à confirmer l’adage que «nul n’est prophète dans son propre pays». Un certain nombre de médias et même quelques agents publics n’ont pas voulu prendre en compte ces contributions, bien qu’elles représentaient un enrichissement pour toute personne défendant les valeurs de la démocratie directe de notre temps.
La disparition de Mme Buchholz-Kaiser est une grande perte. Ses prises de positions et ses conseils s’adressaient non seulement aux couples, aux hautes personnalités et aux jeunes, mais aussi aux générations futures et à toute personne éprise de paix et de justice. Annemarie Buchholz-Kaiser est décédée comme elle a vécu et ses obsèques en ont témoigné: lors du service funèbre, elle était entourée d’un grand nombre de personnes qui lui étaient proches, venues des allentours ou de régions plus éloignées, voire mêmes d’autres pays et d’autres continents.

Joseph Kyalangilwa Muyengo, président honoraire de la Société civile du Sud-Kivu

(République démocratique du Congo)

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Une grande personnalité vient de rejoindre l’Eternel

Depuis 1999, quand je fus pour la première fois associé aux travaux du Groupe de travail européen «Mut zur Ethik», j’ai fait connaissance d’un grand nombre de personnes engagées, les unes dans un cadre formel, les autres dans un cadre informel, et d’autres encore dans un cadre à la fois formel et informel. Je situe Mme Annemarie Buchholz-Kaiser dans cette troisième catégorie. Je n’oublierai jamais, à quel point elle s’engagea pour mes préoccupations présentées lors des diverses réunions et séminaires dans le cadre de «Mut zur Ethik».
Chaque fois que je l’ai entendue parler en privé ou en public au cours de nombreuses réunions, j’ai été fasciné par sa personnalité. J’ai vite compris que j’avais à faire à une forte personnalité dont l’engagement marquant était visible pour tout participant attentif à «Mut zur Ethik».
Curieuse, comme tout intellectuel digne de ce nom, elle avait toujours envie d’apprendre davantage, malgré son savoir encyclopédique. Chaque fois que je l’ai vue, elle avait un livre de dernière parution entre les mains: livres d’économie, de philosophie, de religion, de culture, de politique, de géopolitique, de psychologie, de pédagogie, d’anthropologie, de sociologie etc., bref de toutes les disciplines regroupées sous le terme «sciences humaines». Elle était très sensible aux erreurs d’analyse, aux contre-vérités et à l’excès de langage. Chaque fois qu’elle comprenait les travers dans lesquels on tombait ou risquait de tomber, elle n’hésitait pas à réagir énergiquement pour apporter les correctifs jugés nécessaires. Ses arguments étaient toujours solides et convaincants et très peu de gens pouvaient, dans ce cas, y résister.
Contrairement aux experts dont les connaissances sont souvent limitées à leurs domaines d’expertise, elle avait une vision globale des événements et me donnait, pour cela, l’impression d’avoir une formation pluridisciplinaire. Celle-ci expliquait sans nul doute sa capacité de comprendre des situations complexes et d’anticiper leurs suites. Il me semble qu’elle cumulait «l’intelligence contextuelle» qui faisait d’elle un vrai leader1 et l’esprit de synthèse, effet des «compétences transversales».2 Dans ce sens, elle mettait à contribution l’intuition et la raison.
Révolutionnaire dans le sang, elle était l’une des plus critiques, concernant la nocivité de la mondialisation, notamment les violations délibérées des droits humains et du droit des peuples à la démocratie, notamment la démocratie directe par opposition à la démocratie imposée au bout du canon. J’ai à l’esprit la furie qu’elle manifestait lorsque l’on évoquait les manœuvres des leaders européens pour torpiller la démocratie à la Suisse ou la politique des Etats-Unis qui, sous l’emprise des néoconservateurs, privilégiaient la politique du gros bâton («hard power») au détriment du «soft power» pour faire asseoir leurs intérêts dans le monde3 ou, mieux, s’assurer une domination globale. Ainsi, était-elle partisane de la mobilisation des citoyens du Nord et du Sud pour conjurer les manifestations de ce mal nommé la «gouvernance mondiale».4
L’homme était toujours au centre de ses préoccupations. Elle n’hésitait pas à mettre le doigt là où il fallait protéger, défendre, faire avancer ses droits. D’où sa disponibilité permanente à l’écoute et sa compassion avec les couches sociales les plus défavorisées. Son appui aux projets en faveur des déshérités, des Sans Voix, surtout dans les pays du Sud en proie à des guerres imposées par les grands de ce monde (unipolaire) a toujours été sans faille. Le «Great Lakes Forum International» [association de personnes du Congo oriental et de personnes émanant des pays de la région africaine des Grands Lacs, s’engageant pour une paix durable dans cette région] dont je fus membre ne faisait pas exception à cette sollicitude.
Je revois encore l’image d’Annemarie Buchholz lors du 20e congrès de «Mut zur Ethik» en septembre 2013. Elle était déjà physiquement affaiblie. Mais, j’avais eu la chance de lui glisser un mot d’encouragement. Elle l’avait accueilli avec le clin d’œil qui lui était familier et, bien sûr, son sourire habituel. Je ne savais pas, hélas, que c’était notre dernière rencontre.
Qu’elle repose en paix auprès du Seigneur!

Stanislas Bucyalimwe Mararo, professeur et collaborateur à l’«Institute of Development Policy and

Management» de l’Université d’Anvers, Belgique et République démocratique du Congo

1    «An effective leader must have contextual intelligence. […] Contextual intelligence is an intuitive diagnostic skill that helps a leader to align tactics with objectives to create smart strategies in varying situations. […] It implies both a capability to discern trends in the face of complexity and adaptability while trying to shape events.» (Joseph S. Nye Jr, The Powers to Lead. Oxford, Oxford University Press, 2008, pp. 84, 87–88)
2    Sève, M. M., «Management–Efficacité personnelle» (http://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/efficacite-personnelle/developper-son-esprit-de-synthese-en-six-lecons_1526434.html).
3    Je me rappelle aussi des échanges houleux qu’elle engageait parfois avec certains membres du Congrès américain qui avaient du mal à s’émanciper de discours officiels de leurs gouvernements.
4    Hillard, P., La marche irrésistible du nouvel ordre mondial (2e édition revue et augmentée). François-Xavier de Guibert, 2013.

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«Aider la RDC à sortir de sa crise endémique marquée par de nombreux crimes contre l’humanité»

Venant de la région des Grands Lacs, en République démocratique du Congo (RDC), où des massacres, des actes de torture et des viols massifs des femmes sont perpétrés au nom de la supériorité ethnique, clanique ou nationale, la thérapie des groupes est nécessaire. C’est ce que le peuple des Lega de la République démocratique du Congo appellent «Mubiko» qui intervient au terme d’une palabre de guérison «Mukako».
Lors de mes rencontres avec Mme Annemarie Buchholz-Kaiser, nous avons souvent examiné comment utiliser la thérapie des groupes pour aider la RDC à sortir de sa crise endémique marquée par de nombreux crimes contre l’humanité. J’y ai consacré ma thèse de doctorat sous le thème de «La répression du négationnisme en droit congolais à la lumière du droit suisse».
Pendant que nous devrions transmettre en RDC notre expérience commune de 17 ans de rencontre et de dialogue interculturels et contribuer à la non-répétition des crimes, à la guérison de certains groupes et individus et à la paix sociale en RDC, Mme Annemarie Buchholz-Kaiser nous a subitement quittés. Est-ce la fin de notre rêve? La réponse est Non. En effet, en Afrique, nous croyons que les morts ne meurent jamais. En outre, la thérapie des groupes est une valeur congolaise. Mme Annemarie Buchholz-Kaiser, que j’appelais affectueusement «Madame Surprise», nous lègue un grand nombre d’héritiers scientifiques qui vont m’aider à réaliser ce projet de thérapie des groupes, ne fut-ce qu’en province congolaise du Sud-Kivu.

Ambroise Bulambo Katambu, docteur en droit,«Archbishop E. Kataliko actions for Africa, KAF», Suisse et

République démocratique du Congo

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«… son attachement fervent aux valeurs et son respect de l’être humain»

Je suis très triste de la mort de Mme Annemarie Buchholz-Kaiser. Je considère que c’est un privilège, de l’avoir connue personnellement, lorsque j’étais l’hôte de mes amis de Zeit-Fragen/Horizons et débats. Ses idées m’ont enrichi tout comme son attachement fervent aux valeurs et son respect de l’être humain.
Puisse-t-elle reposer en paix.

Father Bernard Alphonsus, Canada et Sri Lanka

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«… lutte dans beaucoup de régions du monde pour la justice et la paix»

La disparition de Mme Annemarie Buchholz-Kaiser est une perte, pas seulement pour les étudiants et amis de longue date de la communauté de travail «Mut zur Ethik», c’est aussi la grande perte d’une personnalité féminine, qui a lutté dans de nombreuses régions du monde pour la justice et la paix. Dès ma première rencontre avec elle et suite à ses prises de position lors de nos rencontres, j’ai vu en elle une femme qui comprenait très rapidement les problèmes de personnes vivant au loin, en Afrique, en Asie ou au Proche-Orient. Elle avait aussi le courage de motiver les personnes avec lesquelles elle était en contact, à agir selon ses propres convictions. Elle savait identifier rapidement les origines fondamentales des problèmes et exprimait courageusement ses convictions chrétiennes.
Bien que mes rencontres avec elle furent peu nombreuses – comparées à celles de nombreuses personnes des pays de langue allemande l’estimant hautement –, mes expériences, lors de la recherche de soutien de la part d’autres région du monde pour ma petite île de Sri Lanka, m’ont montré les difficultés qu’avaient beaucoup de dirigeants du monde occidental à comprendre et à soutenir la juste cause des Tamouls harcelés. Je me rappelle très bien sa prise de position très claire à la suite du massacre des Tamouls de mai 2009: elle insista sans hésiter sur le fait que nous devions absolument nous efforcer à trouver une solution fédéraliste à notre problème.
Elle était capable de motiver et de convaincre rapidement les gens à passer de la parole à la planification de l’action. Une grande partie des personnes soutenant activement les efforts de «Mut zur Ethik» ont beaucoup profité de son charisme et de son courage pour s’engager en faveur de la justice et des victimes de la pauvreté et de la guerre. Puisse son esprit continuer à vivre et à nous inspirer et nous renforcer à poursuivre le bénéfique travail de «Mut zur Ethik».

S. J. Emmanuel, Münster (D) et Sri Lanka

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«… son remarquable engagement pour tous les êtres humains dans le combat contre l’oppression, l’injustice et la violence»

«La récente nouvelle de la mort de Mme Annemarie Buchholz-Kaiser est difficile à accepter. Son activité, son charisme et sa forte présence restent vivant dans ma mémoire. Lors des réunions et des rencontres qu’elle organisait, Annemarie Buchholz-Kaiser était une personnalité passionnée qui s’engageait à fond dans les discussions. Sa persévérance et sa force dans son engagement constant en faveur des Droits humains demeureront toujours en notre mémoire. Lorsque nous pensons à elle aujourd’hui, nous ne devons pas mettre l’accent sur sa mort mais sur son remarquable engagement pour tous les êtres humains dans le combat contre l’oppression, l’injustice et la violence. Ce qu’elle a accompli doit nous rappeler la grande influence que peut avoir un seul individu dans ce monde. Merci, Mme Buchholz-Kaiser, pour tout ce que vous avez fait. Votre influence a inspiré un grand nombre de personnes autour de vous, à faire avancer ce qui vous tenait à cœur afin que, suite à nos efforts, cela devienne un jour une réalité.

Naji Haraj, défenseur des Droits humains en Irak, Genève et Irak

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«… son courage civique était probablement le plus grand cadeau qu’elle nous a offert en ces temps difficiles»

A l’époque où très peu de personnes soutenaient nos activités contre les Traités de Nice et de Lisbonne en Irlande, Annemarie Buchholz-Kaiser et son groupe de travail européen «Mut zur Ethik» ont représenté un énorme encouragement et soutien pour nous. En réalité, nous avions gagné notre lutte contre Nice, mais la classe politique dominante et les médias nous forcèrent à approuver la contradiction au niveau constitutionnel que représentait ce traité, bien que nous l’eussions rejeté. Annemarie Buchholz-Kaiser n’était pas opposée à coopérer avec l’Europe, notamment au niveau commercial (qui s’y opposait en réalité?), mais elle partageait notre grand souci concernant l’apparition de directives profondément antidémocratiques, créées par des élites non élues dans les législations et juridictions européennes concernant divers problèmes moraux, allant de l’avortement aux expérimentations sur des embryons humains.
Alexander Solschenyzin mettait en garde en disant que si les élites dirigeantes dans les domaines de la politique, du droit, des médias, de l’économie, de la religion et de la culture manquaient de courage pour défendre la relation de l’être humain avec son environnement spirituel et humain formant la base de leurs sociétés, leur lâcheté minera la volonté des gens qu’ils représentent. Cette lâcheté conduira à ce que l’engagement de ces derniers pour la défense de cette liberté péniblement acquise, reposant dans le cœur de la civilisation occidentale, revive. Annemarie Buchholz-Kaiser avait de nombreuses qualités, mais son courage civique était probablement le plus grand cadeau qu’elle nous a offert en ces temps difficiles.

Père Brendan Purcell, chargé de cours à l’Université Notre Dame (Australie), membre du Collège St. John, Université de Sydney 

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«… son immense engagement pour nous Irlandais»

Je vous adresse mes très sincères condoléances pour le décès de notre grande amie Annemarie Buchholz-Kaiser. Quelle magnifique femme elle fut et elle l’est toujours, dans sa nouvelle vie avec Dieu. Je n’ai pas trouvé de mots précis pour décrire sa vie, son immense engagement pour nous Irlandais ainsi que pour la paix et la justice dans le monde. Je me suis donc décidé, à emprunter quelques vers du poème «Ulysse» d’Alfred Lord Tennyson (1809–1892) dans lesquels, Annemarie pourrait, à mon avis, se reconnaître. Elle n’était très certainement pas une personne qui «rouillait non polie», c’était une personne qui «rayonnait dans l’action».

Je fais partie
de tout ce que j’ai rencontré;
Mais chaque expérience
est source de dépassement,
Lueurs d’un monde inexploré s’évanouissant dans ses limites
Pour toujours et à jamais
quand je vais de l’avant.
Qu’il est triste de s’arrêter,
de faire une fin,
De rouiller non poli,
de ne pas rayonner dans l’action!
Comme si respirer était toute la vie!
Qu’elle repose en paix, avec la grâce de Dieu.

Nora Bennis, Limmerick, Irlande

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«Un aperçu des bénédictions pacifiques que procure une véritable démocratie en fonction»

Je désire résumer mes souvenirs d’Annemarie Buchholz-Kaiser par ce qu’est la Suisse: un pays dont l’unicité consiste à rayonner dans le reste du monde en lui permettant d’obtenir un aperçu des bénédictions pacifiques que procure une véritable démocratie en fonction. Mme Buchholz avait un grand cœur, un grand esprit et un grand chien gentil qui lui correspondait très bien. Je suis fier de l’avoir connue et d’avoir pu participer plusieurs fois aux rencontres de «Mut zur Ethik», où elle était également présente. Elle me rappelle quelques vers d’un poème d’Alfred Lord Tennyson (1809–1892):

Résonne, clairon, résonne
La splendeur se répand
sur les murs du château
Et les anciens
sommets enneigés historiques:
La lumière dans toute son étendue
recouvre les lacs
Et la cataracte sauvage bondit de joie.
Résonne, clairon, résonne, s’élèvent
les échos sauvages voletants,
Résonne, clairon; échos mourant, mourant, mourant en réponse.

O écoute, O entends! Ce son léger et clair,
Et plus léger, plus clair plus éloigné!
Douceur au loin de la falaise abrupte
Les cors d’Elfland au souffle évanescent!
Résonne, entendons répondre
les vallons pourpres,
Résonne, clairon; échos mourant,
mourant, mourant en réponse.

O amour, ils meurent là-bas
dans le riche ciel
Ils s’évanouissent sur la colline,
les champs ou la rivière:
Nos échos vibrent d’âme à âme
Et grandissent pour toujours et à jamais.
Résonne, clairon, résonne,
s’élèvent les échos sauvages voletants,
Répond, écho, répond,
mourant, mourant, mourant.?

Je la considère comme le fondateur spirituel, où du moins l’un des principaux membres fondateurs de Zeit-Fragen et de «Mut zur Ethik». J’aimerais donc exprimer mon estime de la façon suivante.
En tant que catholique convaincu, j’étais agréablement surpris de constater que ma foi, que beaucoup ne partagent pas, était la bienvenue et sincèrement respectée. En outre, on respectait la totalité de ma foi, pas seulement certaines parties. Même lors de rencontres entre catholiques, on ne fait guère cette expérience. J’ai l’impression que le respect de la foi et des valeurs profondément vécues, tenaient à cœur à Mme Buchholz. Un tel respect me semble être analytiquement et implicitement lié à toute réelle foi en Dieu. Là où ce respect fait défaut, je ne peux pas prendre au sérieux l’expression de la foi religieuse.
Je suis un philosophe profane ayant créé un magasin de meubles artisanaux à la pointe nord-ouest de l’Europe. Cela n’a pas toujours été facile de trouver les moyens financiers et le temps pour participer aux réunions de «Mut zur Ethik». Au début, je me sentais un peu intimidé en arrivant de la petite ville périphérique de Donegal (Irlande) dans la grande ville de Zurich. Mais l’accueil qu’on m’a réservé autant à Zurich qu’à Feldkirch m’a paru extrait d’un conte de Hans Christian Andersen. Aujourd’hui, je regrette beaucoup de ne pas avoir pris plus au sérieux ce que j’ai appris lors de la réunion de 2004 concernant le déficit démocratique de la zone euro et de l’économie américaine. Si j’avais mieux intégré dans mes décisions d’entrepreneur les connaissances qui m’ont été présentées en ce temps-là, je serais actuellement dans une meilleure situation. L’effondrement économique catastrophique de l’Irlande a directement suivi celui des Etats-Unis. Rappelons-nous ce que le Christ a dit jadis de la majorité des personnes qui l’écoutaient:
«Ils ont des oreilles mais ils n’entendent pas, ils ont des yeux mais ils ne voient pas.»
Pour terminer, je désire remercier Mme Buchholz-Kaiser d’avoir «révélé» la démocratie suisse et je vous assure que je vais continuer de la révéler à autrui, à chaque occasion qui se présente.

Brian Flanagan, Donegal, Irlande

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«Son intellect sagace stimulait à ouvrir son esprit et son cœur»

Avec grande tristesse, j’ai appris le décès récent d’Annemarie Buchholz-Kaiser. J’adresse mes pensées cordiales à sa famille et à tous les membres de «Mut zur Ethik».
Sa mort nous laisse tous appauvris. Nous sommes cependant grandement reconnaissants du privilège d’avoir pu faire sa connaissance. C’est avec grande admiration que je repense à la ténacité de son esprit et de son âme ainsi qu’à sa recherche continue et inébranlable de la vérité. Elle avait une compréhension et une vue d’ensemble profonde de l’existence humaine universelle.
Son courage exceptionnel dans la recherche de l’intégrité morale et intellectuelle, m’a profondément marqué. Son intellect sagace stimulait à ouvrir son esprit et son cœur pour aspirer au bien être de tous et de continuer à le chercher.
Je suis convaincue que son honnêteté parfaite, sa brillance et son intégrité morale va continuer à nous inspirer. Je suis également persuadée que sa personnalité charismatique et enrichissante continuera à encourager tous ceux qui se sont inspirés de sa grandeur d’esprit à poursuivre leur recherche de la vérité.

Kathleen o Connor, Annascaul, Irlande

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«Ní bheidh a leithéid ann arís» (We won’t see her likes again)

C’est avec grande consternation que j’ai appris le départ de notre chère amie Annemarie Buchholz-Kaiser. J’adresse mes sincères condoléances à sa famille et à tous les amis de «Mut zur Ethik».
Elle était une véritable amie de l’être humain – aimable, attentionnée, généreuse et compatissante – qui se sentait profondément concernée par le sort des défavorisés de la société et qui s’engageait en faveur de réformes sociales et politiques. Elle avait la clairvoyance de s’opposer aux fâcheux plans gouvernementaux longtemps avant que la grande majorité des gens aient ­réalisé ce qui s’était passé ou ce qui se passe toujours et encore. Elle n’hésitait pas à prendre en main elle-même les choses.
En Irlande, nous nous souvenons avant tout de ses nombreux articles parus dans Current Concerns soutenant notre campagne contre les Traités de Nice et de Lisbonne et nous avons profondément apprécié qu’elle ait encouragé ses amis de Suisse de nous rendre visite pour mieux comprendre la situation sur place. Son aide a été très précieuse pour notre succès. Nous lui en sommes obligés pour toujours.
Ní bheidh a leithéid ann arís (We won’t see her likes again).

John Scanlan, Irlande

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«… la capacité et la personnalité de savoir diriger et inspirer les gens»

L’engagement de Mme Buchholz-Kaiser au sein de «Mut zur Ethik» et de Current Concerns est une excellente illustration pour la commémorer. Cela a toujours fait du bien de savoir qu’il existe de telles personnalités qui ne sont pas seulement disposée à défendre ce qui est d’importance fondamentale pour la vie humaine mais qui sont également disposée à investir le temps et l’immense énergie nécessaires pour le faire de manière efficace. Pas tout le monde a la capacité et la personnalité de savoir diriger et inspirer les gens. Nous avons cependant eu la chance de la connaître pour nous montrer la voie. Elle nous manquera beaucoup.

Gerard Casey, professeur à l’UCD School of Philosophy, University College Dublin, Irlande

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Un sincère mot d’adieu

Ce message est un sincère «mot d’adieu» pour Annemarie Buchholz-Kaiser que j’ai connue pendant deux décennies suite à son courageux travail auprès du journal Zeit-Fragen/Current Concerns et pour lequel mon collègue, feu John Marks, et moi-même ont toujours été très reconnaissants.
Nous avons toujours hautement estimé les contributions d’Annemarie Buchholz-Kaiser.

The Baroness Cox, House of Lords, fondatrice et directrice générale du Humanitarian Aid Relief Trust, Angleterre

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«Renforcer les liens sociaux?…»

La disparition d’Annemarie Buchholz laisse un grand vide auprès de toutes les personnes qui furent proches d’elle ou qui ont travaillé à ses côtés. Juste retour que de rendre hommage à une femme qui toute sa vie s’est dévouée pour les autres.
Renforcer les liens sociaux, améliorer l’enseignement des enfants défavorisés, les ouvrir sur le monde, telles sont quelques-unes des grandes tâches auxquelles Anne­marie Buchholz avait choisi de se consacrer. Tout au long de son existence, elle fut une femme de conviction, proche de ceux qui étaient dans le besoin. Elle laisse chez toutes les personnes qui l’ont connue, l’image du don de soi et de la vertu.

Alain Bournazel, président du «Rassemblement pour l’indépendance de la France (RIF), France

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«… ses paroles et ses gestes humains sont encore présents en moi, comme si c’était hier»

Avec grande consternation, j’ai appris le décès de Mme Annemarie Buchholz.

Bien que de nombreuses années se soient écoulées depuis notre dernière rencontre – je l’ai rencontrée la dernière fois en 1988 dans le cadre de mes études de médecine –, ses paroles et ses gestes humains sont encore présents en moi, comme si c’était hier.
J’aimerais le dire avec les paroles d’Albert Schweitzer: «Le plus beau monument qu’un homme peut obtenir, se trouve dans les cœurs de ses semblables.»
Ses compétences psychologiques et professionnelles à saisir très rapidement les mauvais comportements et les styles de vie et de les décrire avec exactitude m’ont accompagné avec succès au cours de ma vie privée et professionnelle.
D’éventuelles discrédits exprimés au sujet des qualifications professionnelles de Mme Buchholz font à mon avis partie d’une campagne de dénigrement ciblée – comme cela est malheureusement souvent le cas pour des personnalités importantes de l’histoire.
Toute ma sympathie, à sa famille et à tous ses compagnons de route.

Dr méd. Ralf Wiertelarz, médecin généraliste et psychothérapeute, Cologne et Casa Solentiname, Ayampe, Equateur 

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«… poursuivre résolument la voie privilégiant le bien commun pour tous»

                       Ce ne sont que des feuilles

                       (24 décembre 1896)

Une simple feuille est facilement
pâlie par le soleil et déplacée par le vent;
Sans parfum ni couleur elle risque de ne pas
être remarquée par l’œil fugitif d’autrui.
Mais qu’avec nostalgie silencieuse,
une main fidèle dépose
la feuille sur une tombe,
en gage d’amour et signe de remerciement,
sans cesse nourrissant
les profondeurs du cœur,
elle a – bien que décolorée et non aperçue,
tôt emportée au loin –
quand-même rempli sa mission.

                       Friedrich Spiess (1842–1917)

 

Nous nous inclinons avec grand respect devant la carrière professionnelle et le parcours de vie d’Annemarie Buchholz-Kaiser. Hier, nous avons reçu Zeit-Fragen contenant les contributions émouvantes et l’héritage de la défunte nous exhortant à poursuivre résolument la voie privilégiant le bien commun pour tous. Nous remercions Annemarie Buchholz-Kaiser également en tant que parents pour avoir encouragé nos fils de manière déterminante au cours de leur vie. Son influence positive et compétente les a aidés dans maintes situations. C’est ce que nous pouvons constater avec reconnaissance depuis de longues années.

Hans-Hermann et Helga Kaiser, Fribourg-en-Brisgau, Allemagne

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«… un monde dans lequel chaque nation peut vivre en paix et en liberté»

Le départ de Mme Annemarie Buchholz-Kaiser laisse un grand vide et nous permet en même temps de réaliser l’importance du travail accompli par les journaux Zeit-Fragen/Horizons et débats/Current Concerns dans leur lutte en faveur de l’indépendance et d’un monde dans lequel chaque nation peut vivre en paix et en liberté.

Bruno Bandulet, éditeur et journaliste, Bad Kissingen, Allemagne

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«… travailla avec grande com­pétence en faveur de la prévention et de l’aide aux victimes du marché de la drogue.»

Après la rencontre avec des membres du VPM lors d’un séminaire pédagogique à Stuttgart Hohenheim (je crois que c’était en 1991), Mme Buchholz m’avait invité à venir à Zurich. Je pus voir de mes propres yeux comment elle fut la cible d’attaques violentes en raison de sa lutte contre la drogue et comment elle travailla avec grande compétence en faveur de la prévention et de l’aide aux victimes du marché de la drogue. Ses connaissances professionnelles et sa foi en le bien – et probablement aussi en l’aide de Dieu dans cette lutte – ne m’ont pas seulement impressionné, mais ont encouragé de nombreuses autres personnes. J’espère que son «héritage» ne se perdra pas, mais qu’il sera toujours à disposition afin d’encourager beaucoup d’autres personnes à travailler dans son sens pour la «connaissance psychologique de l’homme» et pour son application! On devrait faire revivre le VPM sous le nom d’«Académie Annemarie-Buchholz» même si ce n’est au début qu’une «entreprise à boîte aux lettres». La création d’un site Internet est chose facile! Actuellement, où des «formeurs d’hommes» irresponsables déconcertent (et séduisent) beaucoup de gens, la «connaissance psychologique de l’homme» est importante! Je désire encourager Zeit-Fragen/Horizons et débats à publier à l’avenir toujours et encore des extraits de son œuvre. Il y a là un «trésor» qu’on a pas le droit d’enterrer! Salutations cordiales et meilleurs vœux.

Hans Schieser, professeur émérite de l’Université DePaul, Chicago, Etats-Unis

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«Toujours reconnaissants pour cette initiative culturelle et politique importante de notre époque»

C’est en 1993 que Mme Annemarie Buchholz-Kaiser a fondé le Groupe de travail européen «Mut zur Ethik». Lors de ces rencontres, on développa et discuta les fondements intellectuels de la politique et de la société, l’importance de la conception personnaliste de l’homme, le bien commun, la dignité humaine et les Droits de l’homme. Ces congrès, qu’elle avait initiés et dirigés, menaient la lutte contre le nihilisme de la société moderne, tel qu’il avait commencé à se répandre, notamment dès les années 60. Ces idées ont trouvé un nombre grandissant d’adeptes, non seulement dans les pays germanophones, mais également, bien au-delà à l’Ouest et en Europe de l’Est, qui fut de plus en plus impliquée dans les discussions. Un grand nombre d’esprits critiques importants ont participé à ces congrès et ont pu publier leurs articles dans les hebdomadaires Zeit-Fragen/Horizons et débats/Current Concerns. Pour cette initiative culturelle et politique importante de notre époque, nous serons à toujours reconnaissants à Annemarie Buchholz-Kaiser.

Peter Bachmaier, spécialiste des pays de l’Europe de l’Est, «Oesterreichisch-Weissrussische Gesellschaft», Vienne

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«Un phare dans la tempête»

Ce n’est qu’il y a trois ans que j’ai eu l’occasion de faire mieux connaissance de Mme Buchholz-Kaiser, ce qui m’a permis de me départir des préjugés et des condamnations prématurées que certains médias alignés diffusent toujours et encore contre elle.
Ma collègue Buchholz-Kaiser a évolué, depuis les débuts de l’Ecole zurichoise de Friedrich Liebling, de manière indépendante et a développé un profil intellectuel orienté sur les valeurs chrétiennes – notamment la dignité humaine, la démocratie et l’Etat de droit. Etant donné qu’elle luttait contre l’air du temps actuel destructif et antisocial et contre ses méthodes de la manipulation psychologique, elle a été exposée à une quantité d’insinuations et de persécutions. Elle ressemblait à un phare dans la tempête du déclin sociétal vers la permissivité sans entraves, l’utilitarisme débridé, la destruction de la famille, la dissolution de la solidarité au sein de la société et la violence interétatique.
Que Dieu, en qui elle avait confiance et qui lui a donné la force de persévérer et de résister dans son engagement pour le bien, la prenne auprès de lui dans le bonheur et le réconfort de son amour infini, auquel elle aspirait. Qu’un reflet de cette aspiration qu’elle portait en elle puisse continuer à agir et à donner orientation et soutien à d’autres.

Heinrich Wohlmeyer, docteur en droit et ingénieur agronome, Autriche

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«… l’union vécue de la théorie et de la pratique»

J’ai fait la connaissance d’Annemarie Buchholz dans le cadre des congrès de «Mut zur Ethik» et des séminaires organisés par «Zeit-Fragen», auxquels je participais en tant qu’intervenant. Elle incarne pour moi l’idéal philosophique d’une cohérence vécue de la théorie et de la pratique. En tant que psychologue, elle comprenait le comportement humain dans toute sa complexité en incluant ses interdépendances avec la société en général. Son implication dans les questions fatidiques du bien commun – non comme un thème isolé, mais en relation avec l’ensemble de la communauté des peuples et des Etats – n’était pas seulement admirable, mais mérite une pérennité dans le monde entier. Je me souviendrai toujours d’Annemarie Buchholz comme d’une personnalité souveraine d’une grande clarté intellectuelle et exprimant une paix intérieure.

Hans Köchler, ancien professeur de philosophie à l’Université d’Innsbruck, président de l’«International Progress Organisation», Vienne, Autriche

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«… le courage d’exprimer ses convictions chrétiennes»

En tant que rédacteur du bimensuel «Schweizerisches Katholisches Sonntagsblatt», j’ai eu à plusieurs reprises l’occasion de rencontrer Mme Annemarie Buchholz. Il est toujours intéressant d’aller à Zurich pour écouter des présentations de personnalités connues, entre autre de la vie intellectuelle américaine. A de telles occasions, j’ai appris à mieux connaître Mme Buchholz et son mari. Dans les questions actuelles de la vie politique, elle défendait la doctrine de l’église catholique. Elle a eu, en toutes situations, le courage d’exprimer ses convictions chrétiennes. Le fait que des médias principalement de gauche aient participé à une campagne de dénigrement inouïe est aujourd’hui encore un scandale. Avec son engagement courageux, Mme Buchholz a pu retarder, voire même en partie stopper, la dégradation générale de notre société. Cela mérite de la reconnaissance et une commémoration qui l’honore.

Gerd J. Weisensee, docteur en sciences politiques,fondateur de Pro Life, actuellement délégué du comité central, Berne, Suisse

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«… lié à elle par ses articles»

Bien que je n’aie pas eu l’occasion de rencontrer personnellement Mme Annemarie Buchholz-Kaiser, je me sens lié à elle par ses articles publiés dans Zeit-Fragen/Horizons et débats. Elle était partie intégrante de ce journal, qui reste un des seuls journaux sérieux encourageant la réflexion à propos des grandes questions de la vie et du monde. Elle y a énormément contribué.

Gotthard Frick, Bottmingen

«… que Dieu bénisse la Suisse …»

Fin août 2002, j’ai eu l’occasion de participer au congrès «Mut zur Ethik». C’est à cette occasion que mes rêves de jeune homme se réalisèrent: je souhaitais depuis toujours apprendre à connaître la Suisse, le plus beau pays d’Europe, où est décédé le plus célèbre écrivain polonais Henryk Sienkiewicz, dont le conte «Quo vadis?» lui valut l’attribution du prix Nobel de la littérature en 1905.
Pendant toute ma vie, je lirai les contes et romans d’Henryk Sienkiewicz. Certains d’entre eux, notamment «Par le fer et par le feu» que j’ai lu trente-cinq fois. A chaque fois que je le reprend en main, j’éprouve une grande joie intérieure renforçant ma conviction que dans la lutte entre le bon et mal, le mal subit la défaite. Le bon l’emporte. Cette croyance à la victoire du bon s’est consolidée avec chaque visite dans la belle Suisse et avec les visites des congrès «Mut zur Ethik». Le mal doit subir une défaite parce qu’il y a sur terre encore tant de magnifiques êtres humains. Je n’oublierai jamais Annemarie Buchholz-Kaiser et ses collaborateurs.
Ici, sur terre, nous serons toujours soumis à la loi de la vie qui passe, mais notre Dieu vivant est descendu sur terre il y a 2000 ans, notre Sauveur Jésus Christ a bâti le chemin de la rédemption, de l’immortalité pour la vie éternelle dans la maison de Dieu, notre Père céleste. Je suis convaincu que Jésus Christ a accompagné Annemarie Buchholz sur son chemin, après sa belle vie sur terre.
Je suis prêtre, donc je joins chaque jour, lors de la Sainte messe, des prières pour tous mes amis que Dieu m’a offert pendant ma vie. Je prie pour Annemarie Buchholz: que Dieu bénisse la Suisse et toute la communauté de «Mut zur Ethik». Ne permettez pas que la lumière de votre congrès s’éteigne.

Père Jan Jakub Kurdybelski Wroclaw, Pologne

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«… la faculté de discerner les choses importantes, la fidélité absolue envers la vérité et l’éthique, ainsi que la mesure et le bon sens»

Annemarie Buchholz-Kaiser nous a quitté. Nous avons pris connaissance de son décès avec grand bouleversement, sa mort nous remplit de deuil et de tristesse.
Que Dieu lui donne la rédemption!
C’était il y a presque deux décennies que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Elle nous a honoré de son amitié. C’est un grand cadeau de Dieu qu’une personne d’un intellect aussi exceptionnel, d’un savoir intellectuel et d’une sagesse pratique aussi étendue, nous ait fait le don de son amitié. Nous avons énormément appris d’elle: la faculté de discerner les choses importantes, la fidélité absolue envers la vérité et l’éthique (la morale), ainsi que la mesure et le bon sens.
Pour nous c’était un grand honneur qu’elle puisse connaître l’histoire de la Hongrie et suivre régulièrement ce qui se passait en politique dans notre pays. Nous en avons souvent discuté.
Suite à son incitation, l’«Atelier pédagogique hongrois» a également organisé des conférences annuelles à Budapest sous le nom de «Bàtorsàg az etikàhoz» (Mut zur Ethik), selon le modèle des conférences suisses «Mut zur Ethik».
Nous voulons prendre congé d’une femme extraordinaire avec les lignes d’un grand poète hongrois, Arany Jànos (1817–1882):

Quand dans le corps sans vie
ton âme resta triomphant;
regardant la mort avec courage,
Dans la foi et riche d’espoir,
Marchant sur des chemins éternels,
la seule consolation commune et sainte était
l’âme vit: nous allons nous revoir!
(Sur la pierre tombale de Juliska,
fille d’Arany Jànos)

Kàroly Baranyi et Dr Edit Laboda ainsi que l’«Atelier pédagogique hongrois», Budapest, Hongrie

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«… améliorer la relation entre la Slovaquie et la Hongrie»

C’est avec grande tristesse que j’ai appris le départ totalement inattendu de Mme Annemarie Buchholz-Kaiser. Lors de difficultés, elle s’est toujours engagée personnellement pour améliorer la relation entre la Slovaquie et la Hongrie. Dès l’année 2000, pendant 14 ans, elle nous a conseillés et donné de bonnes réponses. Elle était toujours à la recherche de solutions négociées et démocratiques. Outre sa compréhension pour la situation historique de ces deux pays, elle a fait preuve de grande patience, même lors de débats très durs. C’est inoubliable. Elle nous manquera beaucoup. Nous sommes très reconnaissants pour tout ce qu’elle a fait pour nous.

Zoltan Adorjan, Bratislava, Slovaquie

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«… ses profondes connaissances au sujet des véritables causes des conflits en ex-Yougoslavie»

La nouvelle du départ de Mme Annemarie Buchholz-Kaiser a suscité une profonde tristesse parmi ses amis en Serbie et ailleurs. Entre Annemarie et les philosophes et les scientifiques serbes et yougoslaves, il y a une riche histoire de coopération et d’amitié. Depuis les années 60 du siècle dernier, elle a partagé avec eux la conviction que le premier devoir de tout intellectuel est de défendre la vérité, la justice et les valeurs morales comme fondements de l’humanité.
Parmi d’autres, elle avait fait la connaissance du philosophe serbe Mihajlo Markovic, l’un des fondateurs du «Belgrade Forum for a World of Equals». Ils se rencontraient régulièrement avec le groupe de philosophes européens (école de Korcula), s’engageant à élaborer des concepts pour un nouveau modèle de société garantissant le progrès de la civilisation, une économie efficace et l’absence de toute sorte de totalitarisme.
Lors du congrès «Mut zur Ethik» de l’année dernière, nous avions, avec quelques amis, le privilège de rencontrer Annemarie Buchholz-Kaiser à son domicile. Nous avons été reçus chaleureusement, avec une grande hospitalité. Nous avons discuté de sujets divers, dont les problèmes des Balkans et j’ai été surpris de constater ses profondes connaissances des véritables causes des conflits en ex-Yougoslavie. Elle a exprimé sa conviction que l’agression de la Serbie par l’OTAN en 1999 était une grave erreur avec de lourdes conséquences et que c’était un précédent pour l’atteinte aux droits fondamentaux et aux principes moraux concernant également le rôle de l’ONU.
Annemarie défendait fermement le respect du droit international et la solution pacifique de tous les problèmes. Elle joua un rôle important dans le rassemblement de ses amis et de ses sympathisants pour organiser l’aide humanitaire nécessaire pour les réfugiés et les personnes déplacées en Serbie. Nous lui serons toujours reconnaissants de sa solidarité avec les personnes ayant eu besoin d’aide. Annemarie avait proposé que l’analyse concernant la question des provinces du Kosovo et de la Métochie, rédigée par Mihajlo Markovic, soit traduite et rédigée en allemand.
Nous garderons en mémoire Annemarie Buchholz-Kaiser comme étant une grande personnalité indépendante possédant un large horizon et un grand cœur, une humaniste dévouée et amie de la Serbie et du «Belgrade Forum for a World of Equals».

Zivadin Jovanovic, président du «Belgrade Forum for a World of Equals», Belgrade, Serbie

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«Nous Serbes, nous nous souviendrons pendant longtemps de vous»

Après avoir lu les articles de Mme Anne­marie Buchholz-Kaiser et ceux concernant sa personne dans la dernière édition d’Horizons et débats et de Current Concerns, je voudrais encore une fois exprimer toute ma sympathie suite à sa mort survenue beaucoup trop tôt. Mme Buchholz-Kaiser était une combattante inoubliable. Je me souviens avec émotion de la manière chaleureuse dont elle m’a accueillie comme hôte à son domicile. Je ne cesserai pas de la regretter, car elle était une femme merveilleuse et un être humain unique.
Chère Mme Buchholz, vous nous manquerez beaucoup dans la lutte pour les droits humains et le maintien du droit international. Nous Serbes, nous nous souviendrons pendant longtemps de vous, parce que vous nous avez bien compris et vous étiez toujours à notre côté, comme peu d’autres personnes – avant tout à une époque, où nous vivions les plus difficiles moments de notre histoire, lors des bombardements de l’année 1999.
Chère et douce amie, reposez en paix.

Velimir Nedeljkovic, professeur émérite de la Faculté de sécurité du travail de l’Université de Niš, Niš, Serbie

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«Le respect pour tous les êtres humains et leurs cultures»

Chère Annemarie,
Subitement et de manière tout à fait inattendue, tu nous as quittés. Dans un grand nombre de pays et de continents, des gens déplorent ton départ.
Nous nous sommes rencontrés la première fois il y a dix ans. A ce moment, la Serbie, notre patrie, devait faire face aux pires conséquences d’une guerre d’agression et avait besoin d’aide humanitaire importante.
Toi-même et un grand nombre de personnes ralliées à ton action, nous ont écouté, calmes et concentrées. Puis, vous avez spontanément organisé de l’aide. C’est toi qui as réussi ce tour de force, car tu as le respect pour tous les êtres humains et leurs cultures et tu nous as donné le courage pour continuer.
Pas seulement Dušan et moi, mais des milliers de personnes en Serbie te sauront gré pour toujours et n’oublieront jamais cette aide humaine et humanitaire.
Tu nous as appris à combattre l’injustice et à garder l’espoir que l’humanisme vaincra.
Tu nous as également toujours rappelé que les êtres humains n’ont pas besoin de pitié mais de respect et de compréhension les uns pour les autres.
Pour nous tous, c’est un devoir de continuer avec le même courage ton action et ta compréhension pour les êtres humains dans toutes les parties du monde.
Ainsi tu continues à vivre pour toujours dans nos cœurs.

Ljubica Bogdanovic et Dušan Radakovic, Munich et Montenegro

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