Session extraordinaire pour faire respecter le droit international dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est

Session extraordinaire pour faire respecter le droit international dans le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est

Déclaration de Makarim Wibisono, Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967

thk. Le 23 juillet, le Conseil des droits de l’homme s’est réuni à Genève. C’était une session extraordinaire concernant la situation des droits de l’homme dans les Territoires palestiniens occupés. L’Egypte comme représentant du groupe des Etats arabes, le Pakistan pour l’Organisation des Etats islamiques, le Niger au nom du Groupe des Etats africains, l’Iran comme représentant des Etats non-alignés et la délégation permanente des Palestiniens à l’ONU ont présenté la demande pour cette session extraordinaire. La requête a été soutenue par 17 autres Etats, membres du Conseil des droits de l’homme, tels notamment la Russie, le Venezuela et le Maroc ainsi que plusieurs Etats ayant le statut d’Etat observateur.
C’était une délégation de haut niveau – Navi Pillay, Haute-Commissaire aux droits de l’homme, Kyung-Wha Kang, Sous-Secrétaire générale aux Affaires humanitaires, Lance Bartholomeusz, Directeur ad-intérim des Affaires juridiques auprès de l’UNRWA, et Makarim Wibisono, rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967 – qui a, au Conseil des droits de l’homme de l’ONU, rendu attentif aux graves violations des droits de l’homme dans la troisième guerre de Gaza depuis 2006. Avant le dialogue général des Etats, quatre exposés de base ont décrit la situation actuelle à Gaza – une image très sombre s’est alors présentée. Le bilan des victimes civiles est terrible (jusqu’à dimanche soir, environ 1000 victimes) et le scénario rappelle les deux guerres précédentes dans la bande de Gaza. Le Conseil s’est exprimé sur une résolution après des débats de six heures. Celle-ci demande entre autre la fin immédiate des combats et le détachement d’une commission qui examinera les violations des droits de l’homme commises dans la bande de Gaza. Des 49 Etats représentés au Conseil des droits de l’homme, 29 Etats ont voté en faveur de la résolution, les Etats-Unis étant le seul pays à s’y opposer. 17 Etats se sont abstenus, dont tous les Etats européens excepté la Russie, qui s’est exprimé en faveur de la résolution. Ainsi la résolution a été acceptée. On va donc former une commission d’enquête, qui partira pour la bande de Gaza afin d’analyser les violations des droits de l’homme survenues au cours de la guerre actuelle.
Ci-dessous le discours du Rapporteur spécial de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés, Makarim Wibisono, qu’il a tenu au nom du comité de coordination des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme.

Au nom du Comité de coordination des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme, j’ai accepté de faire cette déclaration en qualité de Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967.
Les experts des droits de l’homme de l’ONU sont consternés face aux nombre de personnes tuées, blessées et déplacées, ainsi qu’à la destruction résultant de la reprise des hostilités entre Israël et le Hamas et autres groupes armés palestiniens dans la bande de Gaza occupée.
Depuis le 22 juillet, le nombre de pertes humaines recueilli par l’ONU témoigne de l’échelle de la souffrance humaine: 599 Palestiniens tués (parmi lesquels figurent au moins 443 civils, dont 147 enfants et 74 femmes). On estime qu’il y a eu 3504 blessés, dont deux tiers de femmes et d’enfants. Pendant la même période, des milliers de tirs de roquettes et de mortiers lancés sur les villes et villages israéliens ont tué deux civils, blessé au moins 15 autres, et semé la panique à la population de ces lieux. Les confrontations armées qui s’en suivirent dans la région de Gaza ont causé la mort de 27 soldats israéliens.
Depuis le début des hostilités, de courageux défenseurs et organisations des droits de l’homme qui travaillent souvent au péril de leur sécurité ont documenté et exposé certaines de ces violations. Pour rappel, parmi ces nombreux rapports, la vidéo montrant les quatre enfants Bakr tués par une missile israélienne pendant qu’ils jouaient sur la plage; ou bien le massacre dans la soirée du 21 juillet à Khan Yunis de 25 personnes provenant de trois familles, dont 18 enfants et cinq femmes, parmi lesquelles deux étaient enceintes, tués dans leur maison frappée par un missile.
En plus des morts et des blessés, la destruction de nombreuses maisons ont laissé des milliers de familles sans abri. Environ 470 maisons ont été détruites et plusieurs milliers d’entre elles ont été endommagées. Plus de 135 000 personnes ont dû quitter leurs maisons pour se réfugier dans les écoles transformées en abris temporaires par l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA), ou dans d’autres bâtiments publiques, ou encore dans l’enceinte des hôpitaux ou chez leurs parents. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) estime que 116 000 enfants – qui ont été traumatisés par les bombardements, les morts, les blessures ou la perte de leur foyer – ont besoin d’un suivi psychologique. De même, en Israël, le tir incessant de roquettes a causé le déplacement des habitants et des chocs psychologiques graves pour beaucoup d’enfants.
En plus, les bombardements israéliens ont détruit des infrastructures essentielles aux besoins vitaux. On estime que 50% des réseaux d’égouts et de traitements des eaux essentiels ont été soit endommagés, soit détruits, et ne fonctionnent plus, privant d’eau et de services sanitaires de base au moins 900 000 personnes, soit plus de la moitié de la population de Gaza. Environ 80% de la population n’a accès à l’électricité que pendant quatre heures par jour. UNRWA rapporte aussi que plusieurs écoles, cliniques et dépôts ont été endommagés par des frappes aériennes et par d’autres incendies. Les rapports ont aussi fait état d’un hôpital à Deir El Balah, touché par une frappe aérienne qui a tué au moins quatre personnes et en a blessé 16.
Parallèlement, des discours de haine et d’incitation à la violence ont atteint des niveaux sans précédent, émanant d’une part des personnalités officielles et d’autre part, dans les médias sociaux de tous les côtés. Cette attitude ne peut pas être tolérée, elle doit être condamnée sans réserve et traitée comme des infractions criminelles passibles de sanctions pénales.
Par ailleurs, le droit du peuple palestinien à résister à l’occupation ne peut justifier le lancement de milliers de roquettes et de mortiers contre des civils israéliens. A leur tour, les tirs de roquettes ne peuvent pas justifier l’usage disproportionné par Israël de moyens aériens, maritimes et terrestres, contre des cibles, y compris des tunnels et des lanceurs de missiles, situées au milieu d’une population de 1,7 millions de personnes, piégées dans l’une des zones les plus densément peuplées du monde.
Selon les experts, il y a encore beaucoup à faire pour protéger les civils et faire respecter le droit international humanitaire et les droits de l’homme, dont, en particulier les principes de nécessité, de distinction, de proportionnalité et de précaution qui y figurent concernant l’exercice de telles attaques.
La récente confrontation militaire s’additionne au blocus illégitime imposé à Gaza, résultant à des niveaux de pauvreté extrêmes, et privant aux Palestiniens vivant à Gaza de leurs droits légitimes à la vie économique et sociale. Les experts des droits de l’homme de l’ONU sont très concernés que cette situation va continuer à détériorer les conditions de survie, déjà précaires, que les habitants de Gaza ont dû endurer depuis le blocus. Ce renouvellement de violence s’est fait dans le contexte d’une occupation à long terme, et met en danger le processus d’un règlement équitable et pacifique du conflit, permettant aux personnes concernées de pouvoir exercer leurs droits de l’homme à l’échelle individuel.
Les experts des droits de l’homme à l’ONU font appel à toutes les parties au conflit à mettre fin à ce cycle destructeur de violence, et de reprendre les négociations visant à trouver une solution équitable et pacifique. Ils les invitent à respecter les principes fondamentaux du droit international humanitaire et des droits de l’homme. Ils rappellent que l’attaque aveugle et disproportionnée contre des centres peuplés constitue un crime de guerre. Les auteurs de tels actes, ainsi que ceux d’autres violations des droits de l’homme, doivent être tenus responsables. Ils demandent des enquêtes rapides, indépendantes et efficaces sur toutes les allégations de violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme et félicitent les premiers pas qui ont été mis en place à cet égard.
Les experts des droits de l’homme de l’ONU offrent leurs compétences dans le domaine des droits de l’homme pour aider à la conduite de ces enquêtes qui devraient être guidées par les principes d’indépendance, d’objectivité, d’impartialité et de crédibilité. Toutes les victimes de cette violence insensée ont le droit à un traitement équitable et à une vie libérée de la peur et du manque des nécessités de base.
Les experts des droits de l’homme à l’ONU se félicitent de l’invitation permanente qui leur est adressée par l’Etat de Palestine et sont disposés à offrir leur expertise sur l’ensemble des questions relatives aux droits de l’homme pour aider les autorités palestiniennes et israéliennes dans ce domaine. A cette fin, ils demandent aux gouvernements d’Israël et de l’Etat de Palestine, à leur accorder un accès rapide et sans entrave à toutes les zones touchées dans le territoire palestinien occupé et en Israël, et appellent les autorités compétentes en la matière à coopérer avec le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés depuis 1967.
Les experts des droits de l’homme à l’ONU demandent en outre instamment à Israël de leur accorder le libre accès et sans entrave afin de permettre à l’aide alimentaire, médicale et autres besoins vitaux, y compris l’eau, à atteindre à tous les civils et les zones touchées, et à mettre fin au blocus illégal. Ils demandent aussi à l’Egypte de lever les restrictions sur le passage à Rafah afin de permettre le transfert de l’aide humanitaire des besoins essentiels aux personnes affectées.
En dernier point, les experts des droits de l’homme à l’ONU font appel à la communauté internationale et au Conseil de sécurité de prendre toutes les mesures nécessaires pour entamer un processus de paix efficace, s’adressant aux causes de ce conflit qui a duré beaucoup trop longtemps, afin d’aboutir à une solution de paix équitable de longueur durable et dans la dignité.
Au nom du Comité, je vous adresse mes remerciements.    •

Source: www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=14894&LangID=E 
(Traduction Horizons et débats)

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