«La Suisse par son statut de pays neutre, est perçue comme une médiatrice crédible»

«La Suisse par son statut de pays neutre, est perçue comme une médiatrice crédible»

Interview de l’ambassadeur Thomas Gremiger

Horizons et débats: Quelle importance a la neutralité de la Suisse dans ce processus concernant l’Ukraine devant, si possible, mener à la pacification de la situation actuelle?

Thomas Gremiger: La présidence de l’OSCE doit jouer un rôle impartial. C’est d’autant plus important que l’organisation est confrontée à une situation de crise. Dans le cadre de cette crise en Ukraine et dans les régions limitrophes, il a naturellement été très utile que la Suisse ait eu la présidence, car par son statut de pays neutre, elle est perçue comme une médiatrice crédible. Elle peut s’entretenir aussi bien avec la Fédération de Russie qu’avec les Etats-Unis et l’Union européenne.

Est-ce que cela veut dire que la Suisse doit à tout prix préserver son indépendance et sa neutralité pour qu’elle puisse agir en tant que pacificateur au niveau diplomatique?

Oui, au cours de la décennie passée, la Suisse a développé son rôle de médiatrice et de facilitatrice dans les conflits. Elle a également développé des instruments correspondants. Travailler en commun est une des recettes du succès. Il ne suffit pas d’être neutre et impartial. Il faut également avoir les instruments adaptés. Je pense que le Conseil fédéral et le Parlement ont reconnu cela et ont mis à disposition les moyens nécessaires. Ainsi nous pouvons jouer notre rôle de manière compétente et nous devrions le faire également à l’avenir.

De quels instruments s’agit-il?

Il s’agit des instruments de la promotion civile de la paix, nous permettant de faire de la médiation lors de conflits armés ou de fournir les expertises demandées, par exemple dans les domaines de processus juridiques, d’expertises constitutionnelles ou de décentralisation.

Comment peut-on garantir que le travail pacificateur de la Suisse puisse continuer également après sa présidence de l’OSCE?

En 2015, la Suisse soutiendra activement la présidence serbe dans le cadre de la troïka avec l’Allemagne. L’année prochaine, il y aura également divers diplomates suisses dans des positions clés au sein de la présidence serbe, tels l’ambassadrice Heidi Tagliavini en Ukraine, l’ambassadeur Gérard Stoudmann dans les Balkans occidentaux ou l’ambassadeur Gnädinger dans le Caucase méridional. En outre, les priorités de la présidence serbe s’appuient sur un plan développé en collaboration avec la Suisse.

Monsieur l’Ambassadeur, je vous remercie pour cette interview.

(Interview réalisée par Thomas Kaiser)

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