«Aide humanitaire – le cœur de nos valeurs suisses»

«Aide humanitaire – le cœur de nos valeurs suisses»

Journée annuelle de l’Aide humanitaire et du Corps suisse d’aide humanitaire

par Thomas Kaiser

Quiconque a participé à la Journée annuelle de l’Aide humanitaire et du Corps suisse d’aide humanitaire du 27 mars a ressenti en un après-midi l’esprit vivant de cet organisme, de son engagement et apprécié les succès de cette mission si nécessaire dans notre monde. Ces dernières années, le nombre de victimes de catastrophes a augmenté dans le monde entier. En raison de ce développement, la question suivante se pose de plus en plus: y a-t-il des possibilités de reconnaître à temps les risques et de pouvoir les contrer de manière efficaces et avec succès? Le thème de la Journée annuelle de l’Aide humanitaire était donc: «Connaître les risques, limiter les catastrophes».
Manuel Bessler, chef du Corps suisse d’aide humanitaire, a introduit le sujet. Il a expliqué l’importance de la prévention des risques dans un monde, régulièrement affligé par des catastrophes en tout genre. Au vu des crises politico-militaires qui ont dominé l’année dernière, les catastrophes naturelles tels les tremblements de terre ou les graves inondations ont joué un rôle secondaire. La misère des réfugiés en Syrie et dans les pays limitrophes représente actuellement un défi particulier. Tels sont les propos du conseiller fédéral Didier Burkhalter, formulés lors de son discours. Pour lui «l’aide humanitaire est une affaire de cœur: elle est au cœur des valeurs de notre pays; elle est au cœur de votre engagement, de votre travail, elle est en plein cœur de cette journée qui nous rassemble.» Et Didier Burkhalter de se montrer particulièrement concerné par la situation en Syrie: le nombre des personnes souffrantes, notamment les femmes et les enfants, est immense et la misère est inimaginable. Elles sont les victimes d’intérêts divergeants des grandes puissances. Burkhalter compte sur le Conseil de sécurité de l’ONU qui doit initier les étapes nécessaires pour une solution pacifique. Le conflit ne peut pas être résolu par l’aide humanitaire mais seulement par la voie politique. D’autres conflits concernent la communauté internationale. Y font partie les confrontations violentes en Afrique centrale, au Soudan du Sud, en Ukraine et tout récemment également au Yémen où environ 16 millions de personnes dépendent du soutien à cause de la crise économique et d’un approvisionnement en eau manquant.
Mais outre les catastrophes politico-militaires, les effets négatifs (inondations, tornades, sécheresse etc.) du changement de climat engendrent des conséquences provoquant environ 20 millions des réfugiés dans le monde entier. Au total, 55 millions de personnes sont en fuite, il leur manque tout: cela représente sept fois la population de la Suisse. Depuis la Seconde Guerre mondiale, jamais autant de personnes n’étaient en fuite comme aujourd’hui. Et Didier Burkhalter de demander: «Que fait la Suisse dans tout cela?» La Suisse dispose d’une énorme expérience et d’instruments pour aider avec succès: avec le «cœur et la raison». La Suisse a initié un «changement de paradigme face aux catastrophes naturelles: agir plutôt que seulement réagir; prévenir plutôt que seulement guérir». Selon les estimations de l’ONU le total des dégâts annuels provoqués par des catastrophes naturelles s’élève à 300 milliards de dollars. Lors de la conférence de l’ONU à Sendai/Japon, une ville gravement détruite lors du tremblement de terre et du tsunami de 2011, on a discuté sur la réduction des risques de catastrophe. Là, la Suisse a un rôle prépondérant à jouer, car les experts suisses sont reconnus dans le monde entier et «jouissent d’une excellente réputation». Les expériences dans leur propre pays avec sa topographie difficile ont permis aux habitants de la Suisse à rassembler des expériences précieuses dans le contact avec les forces naturelles. C’est ainsi que la Suisse créa déjà en 1876 une loi fédérale sur les forêts, ce qui était unique en Europe. Burkhalter a également loué «le système de protection de la population hautement développé», dans lequel «la prévention des catastrophes a une grande importance». Ces expériences faites en Suisse ont joué un rôle central lors des conférences préparatrices pour Sendai, qui ont eu lieu à Genève et lors de la conférence principale à Sendai même. Ainsi la Suisse a érigé par exemple des constructions protectrices contre les cyclones parcourant le pays à des vitesses de 300?km/h dans les régions concernées.
La DDC a également construit au Pakistan, à l’aide de la population locale, des constructions protectrices et des murs sur des versants abrupts, pour éviter l’érosion et les éboulements de terrains. Au début, c’était une tâche bien difficile de convaincre les habitants que des constructions tout en haut du versant protégeraient le village tout en bas dans la vallée. Mais grâce à l’étroite collaboration entre la DDC et les aides locales, ce projet a pu aboutir avec succès.
Dans le cadre de la réduction des risques, la DDC a lancé un projet de prévention aux catastrophes avec le gouvernement marocain dans une zone de tremblements de terre. La Suisse est déjà entrée en action au Maroc à plusieurs reprises lors de catastrophes. Il était donc tout naturel que le gouvernement marocain ait demandé en 2008 à la Suisse de le soutenir pour la formation d’une équipe nationale de sauvetage. La DDC a entrepris cette tâche en collaboration avec la chaîne de sauvetage. La Chaîne suisse de sauvetage dispose d’un certificat du «International Search and Rescue Advisory Group» (INSARAG) confirmant qu’une équipe de recherche et de sauvetage est en mesure d’entrer en action lors d’importantes catastrophes, notamment à la suite de grands tremblements de terre. Dans le cadre de la formation, des exercices proches de la réalité ont eu lieu au Maroc et en Suisse pour préparer l’équipe d’une centaine de spécialistes à leur mission exigeante et à la certification. Après une épreuve de 70 heures, le Maroc a obtenu le certificat international comme 40e Etat au monde entier et comme premier Etat africain. Ainsi cette équipe a la permission d’entrer officiellement en action dans d’autres pays lors de catastrophes.
A part cette équipe d’assistants professionnels, formée par la Suisse, la DDC soutient la formation de 800 volontaires marocains civils pour renforcer la sécurité nationale. Ces volontaires peuvent se trouver plus rapidement sur place, par exemple dans les ruelles étroites de villes marocaines telles Fès ou Séfrou, avant que les forces professionnelles soient sur les lieux. Ils sont équipés de matériel important tels un uniforme, des gants, des extincteurs, des pompes hydrauliques, des mallettes de premier soin etc. En partie, ils les ont directement chez eux.
L’ambassadeur marocain, présent à cette réunion à Berne, a exprimé sa reconnaissance pour l’engagement suisse et a souligné le magnifique travail accompli par la Suisse. Son engagement pour la protection civile et l’aide humanitaire, a déclaré l’ambassadeur marocain, n’a pas seulement des répercussions sur son pays mais renforcera la protection civile dans le monde entier. Il s’est aussi montré très heureux des bons résultats soit de l’équipe de sauvetage professionnelle, soit de l’organisation des aides volontaires pouvant tout de suite entrer en action lors d’une catastrophe.
A la fin de cette Journée annuelle, le directeur de la DDC Manuel Sager a souligné que la prévention aux catastrophes est un composant intégral du développement durable. «La prévention aux catastrophes forme le pont entre l’aide humanitaire et la coopération au développement», contribuant non seulement à la protection des bases de vie des êtres humains mais aussi des travaux de construction (puits, écoles, route etc.) destinés au développement du pays. L’aide humanitaire, effectuée par la Suisse sur tous les continents, est immense. Outre l’aide professionnelle à long terme de la DDC, il y a pour les engagements spontanés dans une région de catastrophe le Corps suisse d’aide en cas de catastrophe, composé principalement de volontaires. Ces missions sont limitées dans le temps et doivent, lors d’un tremblement de terre comme il y a quelques années à Haïti, ou lors d’une inondation comme au Pakistan ou dans d’autres pays, atténuer la plus grande détresse par une aide immédiate avant qu’on puisse procéder à une aide de reconstruction à long terme. Sans les aides volontaires on ne pourrait pas venir à bout d’une telle tâche bénéfique. Catherine Leutenegger est une bénévole et dans l’interview ci-dessous, elle nous informe à propos de la motivation de son engagement dans le Corps suisse en cas de catastrophe et des conséquences engendrées dans sa vie personnelle.    •

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