La résolution du Conseil de sécurité sur la guerre au Yémen ne mène pas à la paix

La résolution du Conseil de sécurité sur la guerre au Yémen ne mène pas à la paix

Hans Köchler, président de l’«International Progress Organization», à l’occasion de la rencontre d’experts à l’Université russe de l’Amitié des Peuples

Moscou/Vienne. Lors d’une prise de position transmise le 17 avril dernier par la télévision, le professeur Hans Köchler, président de l’«International Progress Organization» (I.P.O), se prononça, lors d’un séminaire sur la théorie de conflits internationaux à Moscou, sur la résolution 2216 du Conseil de sécurité, adoptée le 14 avril 2015. Selon lui celle-ci a davantage aggravé le conflit au Yémen. Au lieu d’imposer une interdiction d’armes couvrant l’ensemble des parties en présence dans le conflit, le Conseil de sécurité décida d’interdire la vente et le commerce des armes qu’à une partie: à savoir aux rebelles houthistes. Comme dans tout conflit national armé, une telle prise de parti rend le règlement pacifique de ce conflit beaucoup plus difficile. En demandant aux pays voisins de contrôler chaque chargement en route pour le Yémen (selon le paragraphe 15 de la résolution1), le Conseil de sécurité fournit, involontairement, un prétexte supplémentaire à ceux qui sont, de facto, la cause d’un blocus de l’aide humanitaire et accroît la souffrance et la mort dans la population civile.
Au sujet de «la guerre et la géopolitique sur la péninsule arabique», le Professeur Köchler expliqua encore que l’intervention armée d’une coalition des pays arabes sunnites menée par les Saoudiens pourrait aggraver le conflit interne au pays et social puis l’entraîner dans une guerre de confession le long du clivage entre sunnites et chiites. Cela pourrait avoir des conséquences pour l’ensemble du monde islamique, y compris des répercussions sur l’Arabie saoudite comprenant une proportion importante de la population chiite. La guerre unilatérale du royaume et ses alliés, qui est inadmissible pour le droit international, contribua de surcroît à ce que le conflit devienne une guerre par procuration entre les puissances régionales, rendant ce différent local et initial encore plus insoluble. La coopération logistique des renseignements entre les forces armées saoudiennes et les Etats-Unis pour exécuter les raids aériens donna à ce conflit une dimension géopolitique qui laisse déceler le projet du «Greater Middle East» monté par une ancienne administration américaine. Il est navrant que le Conseil de sécurité, après la fameuse résolution 1973 concernant la Libye, ait créé les conditions générales pour un prochain scénario d’un «Etat défaillant».
A un niveau plus général, mondial et régional, on doit se poser la question: Cui bono? L’ancienne maxime coloniale «divide et impera» (diviser pour mieux régner) semble de nouveau être utilisée sur la scène de la politique d’intervention du XXIe siècle.
Répondant à une question du présentateur, le professeur Köchler attira l’attention sur le fait que l’ancien ordre régional, fixé après la Première Guerre mondiale, s’effrite et que l’effondrement politique aura des répercussions sur la carte politique modifiée de la région. Dans un environnement Sykes-Picot [cf. les accords Sykes-Picot] où l’état antérieur des choses est vraiment insoutenable, le Proche-Orient pourrait s’attendre à une longue période d’instabilité avec de graves implications pour la sécurité dans les régions voisines, y compris pour l’Europe.
Si l’on considère l’expérience faite dans différents Etats comme en Afghanistan, en Irak, en Syrie et en Libye, les puissances intervenantes – à l’intérieur et à l’extérieur du Proche-Orient – pourraient regretter les «unintended consequences» [conséquences involontaires] de leurs opérations.     •

Source: www.i-p-o.org du 17/4/15
(Traduction Horizons et débats)

1     Le paragraphe 15 «demande à tous les Etats membres, en particulier aux Etats voisins du Yémen, en accord avec leurs autorités nationales et conformément à leur législation nationale, dans le respect du droit international, en particulier le droit de la mer et les accords pertinents sur l’aviation civile internationale, de faire inspecter sur leur territoire, y compris dans leurs ports maritimes et aéroports, tous les chargements à destination du Yémen, si l’Etat concerné dispose d’informations donnant des motifs raisonnables de penser que tel chargement contient des articles dont la fourniture, la vente et le transfert sont interdits par le paragraphe 14 de la présente résolution, afin de garantir une stricte application de ces dispositions;» Source: Security Council Resolution du 14 avril 2015 (extrait); www.un.org/en/ga/search/view_doc.asp?symbol=S/RES/2216 %20%282015%29

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