Au lieu de grexit, une union de transfert

Au lieu de grexit, une union de transfert

par Eberhard Hamer

Depuis longtemps, des tensions se manifestent en Europe entre les pays et gouvernements qui ne considèrent la centrale de l’euro que comme une auxiliaire des Etats et n’entendent donc pas abandonner à l’Europe leur souveraineté, et les centralisateurs de la souveraineté de l’Europe à Bruxelles, que sont la bande à Jean-Claude Juncker et ses fonctionnaires de l’UE.
La foire d’empoigne à laquelle se sont livrés la Grèce et les autres Etats de la zone euro pendant des semaines était non seulement un charivari à propos d’argent, mais surtout une lutte d’influence. Si les Etats européens veulent et peuvent dépenser souverainement leur argent avec l’aval de leurs Parlements nationaux, ils devraient assumer leur responsabilité budgétaire et leurs conséquences. L’interdiction de sauvetage financier prévue par le Traité de Lisbonne dispose donc à juste titre que les autres pays européens ne répondent pas des dépenses effectuées à la légère par un pays. L’Europe a donc besoin d’une procédure d’insolvabilité aux termes de laquelle certains pays de la zone euro doivent assumer seuls les conséquences de leur légèreté et ne peuvent les socialiser dans la zone euro.
Par contre, la bande à Juncker veut instaurer, face aux Etats membres, une union politique à souveraineté financière centrale (union budgétaire). Par conséquent, la Commission de l’UE entend résoudre elle-même les difficultés financières de divers Etats membres, telle la Grèce, pour offrir des solutions collectives, en fait pour les placer sous sa tutelle financière et leur imposer sa puissance financière centrale.
Durant cinq ans, des solutions de sauvetage et des fonds d’assainissement de la dette n’améliorant rien, mais faisant passer la dette grecque de 80 à 320 milliards d’euros, ont été offerts. Et maintenant se prépare un troisième soutien financier qui dégage plus de 100 milliards d’euros afin de renforcer la tutelle du «politbureau» de l’UE sur la Grèce.
Cette mesure confirme l’appétit de puissance du «politbureau» et les pressions des Etats-Unis tendant, en raison de l’OTAN, à garder à tout prix la Grèce dans la zone euro. Désormais, nous continuerons à verser de l’argent dans un tonneau sans fond, non dans notre intérêt, mais dans celui de la puissance centrale de l’UE et de la puissance d’occupation atlantique.

Quelles conséquences a le sauvetage de la Grèce?

Après que les Parlements eurent accepté la décision de l’Eurogroupe du 12 juillet 2015 relative à la Grèce,
•    le pays a perdu une grande partie de sa souveraineté financière et s’est mis sous la tutelle financière de la centrale de l’UE,
•    celle-ci s’est imposée comme instance budgétaire centrale, elle sera considérée non seulement en Grèce, mais aussi en d’autres cas, comme le décideur de contrôle et de financement par rapport aux Etats de la zone euro,
•    les Etats-Unis ont imposé, au détriment de l’Europe, leur exigence de solidarité de l’OTAN à tout prix et,
•    surtout, une union de transfert a été adoptée entre les pays de la zone euro, malgré l’interdiction de sauvetage fixée par le Traité de Lisbonne.
L’Italie et la France surtout ont marqué leur intérêt au soutien de la Grèce, car elles font face au même problème et auront bientôt besoin de l’aide de la zone euro.
Toutes deux ne sont pas assez fortes sur le plan politique pour adopter des réformes économiques et continuent de glisser automatiquement dans l’endettement et, partant, dans la zone de soutien.
Il est aisé de prévoir que d’autres pays suivront, puisqu’il est plus facile d’organiser une action de soutien que d’effectuer des réformes intérieures – jusqu’à ce que tout le club de l’euro s’effondre et nécessite un changement général (réforme monétaire).

Conséquences en Allemagne

Le troisième paquet de soutien destiné à la Grèce ne se limitera pas à 86 milliards d’euros (plus 35 milliards de soutien de restructuration et 15 milliards de subventions régulières), mais continuera d’augmenter constamment, comme la péréquation financière le fait en Allemagne où Brême, par exemple, refuse avec obstination de réduire ses déficits durables, considérant que la péréquation lui permet d’être subventionné confortablement par les Länder plus économes. Par la péréquation effectuée en Allemagne, deux tiers des Länder à faible potentiel de ressources profitent du soutien de trois Länder à fort potentiel. Il en ira de même dans la répartition européenne érigée en union de transfert, à vrai dire avec un endettement beaucoup plus dramatique.
Ainsi s’impose la voie de l’assouplissement monétaire en Europe, soit l’accroissement effréné de l’émission d’euros, tout comme celle de dollars aux Etats-Unis. Il n’est plus épargné dans aucune des deux zones, qui créent les deux une pléthore de monnaie.
Aux Etats-Unis, on se demande sérieusement si l’on ne veut pas «noyer le surendettement dans les dollars». De même, Draghi et le «politbureau» de l’euro veulent maintenir l’endettement grâce à la croissance de la masse monétaire.
L’Allemagne connaîtra ainsi la fin de l’euro fort, l’assouplissement et la dévalorisation de sa monnaie ainsi que le passage de l’accroissement accéléré de la masse monétaire à l’inflation galopante et à la réforme monétaire – comme cela a toujours été le cas dans l’histoire lorsque la masse monétaire s’est accrue.
Notre pays s’appauvrira alors. Plus il doit effectuer de transferts vers les pays faibles de la zone euro, plus il faut les prélever sur les contribuables allemands pour procéder à une nouvelle répartition. En ce sens, le soutien destiné prétendument à la Grèce reflète l’appauvrissement non seulement de ce pays, mais aussi de toute l’Europe, notamment de l’Allemagne.

Que faire?

Après avoir décidé d’inonder la planète de dollars, l’oligarchie financière anglo-saxonne a commencé à s’en servir pour acheter des objets et des entreprises du monde entier. Constatant que leurs dollars perdent toujours davantage de leur valeur, des maisons des Etats-Unis achètent, sur une large échelle, des entreprises allemandes et du reste de l’Europe.
Quant à la Chine, elle utilise des avoirs s’inscrivant à USD 3 billions pour convertir à temps, dans le monde entier et à tout
prix, ses valeurs monétaires en valeurs réelles.
Le particulier devrait aussi remarquer que l’euro, dans une union de transfert caractérisée par une BCE inondant le marché d’euros ne peut rester solide et que l’épargnant accumulant les valeurs monétaires et ne les convertissant pas à temps en valeurs réelles sera le grand perdant. Celui qui y procède le plus vite sera gagnant. Si tous s’y livrent, l’inflation s’accélérera en conséquence.
C’est pourquoi l’accord de juillet 2015
•    ne libère pas la Grèce de son endettement ni ne la réforme, mais lui donne passagèrement un peu d’oxygène,
•    accroît l’endettement des créanciers européens en raison de subventions durables,
•    octroie à la Commission de Bruxelles des compétences financières et une souveraineté de transfert croissantes – transforme l’Europe en union de transfert
•    maintient fermée, à un prix élevé, l’OTAN contre la Russie.
La pléthore de dettes en Grèce et en Europe se poursuivra, mais une surabondance d’euros plutôt qu’une épargne en sera la conséquence. Au lieu d’admettre enfin la faillite de l’Etat grec, l’Europe ne veut que gagner du temps et consent à une banqueroute ultérieure totale.    •
(Traduction Horizons et débats)

Grèce – le projet Patoinos, faire revivre l‘agriculture paysanne locale

Souvenez-vous, en 2011, des vignerons vaudois partaient en Grèce sous l’impulsion de l’ancien conseiller national Josef Zisyadis. Le but de l’opération: lancer un projet agro-écologique. Quatre ans plus tard, deux hectares de vignes ont été plantés et le temps de la vinification est arrivé. Un magnifique travail coopératif encourageant également pour la population locale.

cf. Horizons et débats no 51 du 10/12/2012

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