Conseil national: refus de l’achat d’un avion de transport

Conseil national: refus de l’achat d’un avion de transport

thk. Le 22 septembre, le Conseil national a dû se prononcer, entre autre, sur deux motions demandant l’achat d’un avion de transport pour l’armée suisse. L’affaire n’était pas nouvelle, car il y a une dizaine d’années déjà, le Parlement dut se prononcer sur la même question et s’opposa là aussi à l’achat d’avions de transport, car trop coûteux et inutiles. A cette époque, c’était le chef du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports (DDPS) Samuel Schmid qui s’engagea pour ce dossier – mais il dut accepter un rejet clair de ses exigences. Suite aux motions déposées ce printemps par deux membres du Conseil des Etats, cette question a été à nouveau à l’ordre du jour du Conseil national de la session d’automne.
L’argument selon lequel la Suisse aurait besoin d’un tel avion pour rapatrier le personnel diplomatique des zones de crise semble être plutôt une tentative de justification que l’expression d’un besoin réel. A la question du conseiller national Erich von Siebenthal qui voulut savoir si une situation de non rapatriement de citoyens suisses avait eu lieu auparavant «à cause de l’absence d’un avion de transport suisse», le conseiller fédéral Ueli Maurer, actuel chef du DDPS, a répondu qu’à sa connaissance cela «ne s’était encore jamais produit» et que «jusqu’à présent, cela n’a jamais été un problème».
Comme déjà il y a 10 ans, il est assez probable que les auteurs de ces deux motions, espéraient que la Suisse pourrait avec ces avions participer à des opérations militaires, par exemple en tant qu’alliée de l’OTAN – ce que la conseillère nationale du parti socialiste Evi Allemann ayant voté en faveur de l’achat d’un avion de transport avait demandé à une autre occasion. Les deux cas de «péchés originaux» de la Suisse, la mission au Kosovo et les quatre officiers suisses présents en Afghanistan dans le cadre du Partenariat pour la paix (PPP), une sous-organisation de l’OTAN (cf. interview de Luzi Stamm, p.?1), ne sont pas oubliés. Sous couvert d’«interventions humanitaires», l’OTAN avait, dans le cadre d’une guerre d’agression contre la Serbie, recouvert ce pays de bombes «afin de le réduire à l’âge de la pierre» comme elle le formula elle-même. Jusqu’à ce jour, le pays ne s’est pas encore entièrement remis de ce choc. «La guerre est de retour en Europe, mais nous n’en mesurons plus les conséquences», voilà ce qu’a déclaré, à cette époque, le divisionnaire suisse Bachofner en réponse à cette agression.
Dans de telles situations, c’est une bénédiction qu’il y ait des Etats neutres pouvant offrir leurs services de médiation sans être perçus comme partie belligérante. La Suisse doit à tout moment être consciente de ce fait. Le Conseil national n’a pas manqué cette occasion et a rejeté ces deux motions Cela est d’autant plus étonnant que non seulement le parti de l’UDC – connu en tant que parti opposé aux missions militaires à l’étranger – mais également les Verts et une partie des représentants du parti socialiste se sont opposés à cet avion de transport.    •

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