«Un signe encourageant»

«Un signe encourageant»

Le conflit sur le territoire de l’Ukraine orientale ne peut être résolu qu’au niveau politique: sur la base (a) de la reconnaissance du droit à l’autonomie, (b) du fédéralisme et (c) d’un statut international de neutralité de la République de l’Ukraine.
Un accord de cessez-le-feu, de retrait des armes lourdes et de création d’une ligne de démarcation entre les parties en conflit n’est qu’une première étape en vue d’une solution politique globale.
Pour parvenir à une paix durable, toutes les parties vont devoir s’entendre sur le droit à l’autonomie des habitants de la zone de conflit. Dans le droit international moderne, le droit à l’autonomie est le noyau formant la base de la démocratie et de la légitimité de tout système politique. La souveraineté nationale (de l’Etat) est nécessairement basée sur le droit des êtres humains à pouvoir décider, en tant que citoyens, de l’identité politique du territoire sur lequel ils vivent.
Suite au fait que le conflit qui se poursuit en Ukraine orientale est aussi le résultat du changement anticonstitutionnel et violent de gouvernement dans la République de l’Ukraine, la confiance entre les groupes ethniques sur le territoire ukrainien ne peut être rétablie que sur la base d’un système fédéral prévoyant une véritable autonomie pour les territoires de l’Ukraine orientale.
Compte tenu de la dimension internationale que le conflit a atteint, il faut prendre en compte les intérêts sécuritaires des pays voisins, dont la Russie. Cela implique que l’OTAN doit s’abstenir de jouer quelque rôle que ce soit dans le conflit en cours et que la République de l’Ukraine devrait se prononcer en faveur d’un statut de neutralité perpétuelle (similaire au statut que la République d’Autriche a défini en 1955, lors de la rivalité entre les deux superpuissances). L’Ukraine ne doit pas être partie d’un plan géostratégique visant à l’endiguement («containment») de la Russie. Cela mettrait en danger la paix et la stabilité non seulement en Europe mais également dans le monde entier. Une solution durable exigera également que les Etats membres de l’Union européenne renoncent à l’instrument des sanctions économiques, car de telles mesures font partie d’une stratégie de force et non pas d’une stratégie politique visant la résolution du conflit par la voie de la négociation.
Il nous reste à espérer que l’Union européenne sera finalement en mesure d’agir indépendamment de l’influence des Etats-Unis et que ses Etats membres cherchent un consensus avec la Fédération de Russie dans le Cadre européen commun de référence.
A cet égard, les négociations lors du Sommet au format Normandie à Minsk (avec la participation des chefs d’Etats ou de gouvernements de la France, de l’Allemagne, de la Russie et de l’Ukraine), qui ont abouti ce matin [12 février 2015] à un accord de cessez-le-feu, sont un signe encourageant.

Professeur Hans Köchler, président de l’«International Progress Organization», au sujet de l’Accord de Minsk, Vienne, le 12 février 2015

(Traduction Horizons et débats)

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