L’Iran réclame aux Etats-Unis une compensation pour «dommages spirituels et matériels»

L’Iran réclame aux Etats-Unis une compensation pour «dommages spirituels et matériels»

jpv. Au cours de sa session du 17 mai 2016, le Parlement iranien a accepté, avec 181 voix sur 216, une proposition de loi invitant le gouvernement à intenter une action en justice contre les Etats-Unis.
Pour justifier ce procédé, plusieurs évènements imputables aux USA ont été présentés aux cours des débats parlementaires. Il s’agit notamment de la participation des Américains au coup d’Etat contre le Premier ministre Mohammad Mossadegh en 1953 et à la mort de centaines d’Iraniens pendant la Révolution iranienne de 1979 en relation avec la destitution du shah Mohammad Reza Pahlavi, le soutien américain à Saddam Hussein lors de la guerre entre l’Irak et l’Iran de 1980 à 1988, la destruction d’un avion de ligne au-dessus du golf Persique en 1988 ainsi que la destruction de deux plateformes pétrolières en avril de la même année.
Le journal «Teheran Times» a rapporté les propos du vice-président des Affaires parlementaires Majid Ansari, affirmant que les Cours iraniennes avaient évalué à 50 milliards de dollars les «dommages spirituels et matériels» causés par les «actions hostiles» américaines. Depuis 66 ans, les relations entre les Etats-Unis et l’Iran sont en effet constamment tendues.

Réactions aux revendications des USA

Cette demande de compensation vient en réponse à deux revendications américaines récentes à l’encontre de l’Iran.
Mi-mars 2016, une Cour américaine avait exigé de l’Iran le paiement de 10,5 milliards de dollars de dédommagement pour les attaques du 11 septembre 2001. Téhéran a rejeté cette condamnation comme étant «infondée» et «dérisoire».
La raison avancée par la Cour américaine, était que l’Iran n’avait pas suffisamment prouvé sa non-implication dans les attaques perpétrées par le réseau terroriste Al-Qaïda. Les Etats-Unis avaient, à la suite des attentats contre les tours jumelles de New York, reproché à maintes reprises à l’Iran d’avoir des liens avec Al-Qaïda. Ces reproches n’ont jamais été prouvés. En outre, les spécialistes soulignent le fait que l’Iran shiite est un ennemi déclaré du réseau Al-Qaïda sunnite.
Le secrétaire général du Conseil iranien des droits de l’homme Mohammed Dschawad Laridschani a déclaré, en faisant allusion à l’Arabie saoudite: «S’il faut condamner quelqu’un pour ces attentats, ce sont tout d’abord les alliés des Etats-Unis dans la région qui ont créé et financé Al-Qaïda.»
En outre, la Cour suprême des Etats-Unis a condamné l’Iran, le 20 avril 2016, au paiement de 2 milliards de dollars. Cet argent doit être remis aux familles des 241 victimes décédées lors d’un attentat à la bombe contre une base américaine à Beyrouth en 1983. Cette compensation serait prise sur des fonds actuellement gelés à New York et correspondant à des obligations dans lesquelles avait investi la Banque centrale d’Iran.
Le président Hassan Rohani a qualifié cette décision de «vol manifeste» et de «grand déshonneur» pour la justice américaine.    •

Sources: lematin.ch, francais.rt.com, deutsche-wirtschafts-nachrichten.de

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