Loi sur l’énergie: quels en sont les enjeux?

Loi sur l’énergie: quels en sont les enjeux?

Votation fédérale du 21 mai 2017

par Ernst Pauli, ingénieur diplômé

La Loi sur l’énergie, considérée comme un premier volet de mesures au sein de la mise en œuvre de la «Stratégie énergétique 2050», devrait être évaluée en fonction de son aptitude et de sa contribution à une stratégie concentrée sur l’avenir – l’avenir que nous désirions transmettre à la génération suivante. Il ne peut se résumer à des rebuts de déchets radioactifs, à des champs pétrolifères et gaziers dévastés et des comptes bancaires remplis. Il faut mettre en place une utilisation durable de l’environnement et des ressources de ce monde et ménager les énergies fossiles dont la nature nous a fait don, en évitant autant que possible le recours aux technologies à risque. Tout cela contribue à un univers plus pacifique. Car si tous les pays réussissaient à produire dans la mesure du possible leur propre énergie et régulaient, dans le cadre d’une coopération équitable, leur approvisionnement en matières premières et en énergie, on pourrait éviter les conflits pétroliers. Cet article tente de clarifier certains aspects prometteurs de la stratégie énergétique et de fournir des informations pertinentes.

Les ressources fossiles sont limitées

C’est un fait incontesté parmi les géologues que les réserves en pétrole, en gaz, en charbon et en uranium sont limitées. En 1956 déjà, le géologue Marion King Hubbert avait prédit, dans une publication scientifique de l’American Petroleum Institute, qu’en 1972 le rendement du pétrole conventionnel atteindrait son niveau maximum pour ensuite décliner de façon inexorable.1 La réalité donna, par plus d’un exemple, raison à Hubbert et sa thèse du Peak Oil. Les extractions du pétrole aux Etats-Unis ont réellement atteint leur maximum en 1972 et n’ont fait depuis lors que se réduire. Aussi la parenthèse des gisements, souvent mentionnés, de schistes bitumineux qui ont ramené la production pétrolifère des Etats-Unis à un haut niveau, n’est que momentanée et ne change pas fondamentalement ce tableau. La production pétrolière en mer du Nord, en Alaska, et dans 33 des 48 champs pétrolifères les plus importants du monde a déjà dépassé son niveau maximum au tournant du millénaire. Dans le monde entier, le taux d’extraction du pétrole brut n’a plus connu de variations essentielles depuis 2005.2 Depuis des décennies, on n’a pas mis au jour de gisements véritablement abondants, pouvant contribuer à constituer des extractions et des réserves significatives.3 Tout cela est un avertissement clair à réagir à temps à la limitation des ressources et à chercher des alternatives rationnelles pour l’ensemble de notre approvisionnement en énergie, pour l’électricité, le chauffage, la mobilité et l’économie. La loi sur l’énergie, considérée comme un premier volet de mesures au sein de la mise en œuvre de la stratégie énergétique 2050, sur laquelle le peuple se prononcera le 21 mai apporte une contribution rationnelle, avec l’interdiction de la construction de nouvelles centrales nucléaires, l’exploitation de ressources énergétiques renouvelables et des mesures de réduction de la consommation d’énergie.

Le marché ne résout pas le problème énergétique

L’approvisionnement en énergie doit être garanti à long terme. C’est l’une des tâches classiques de la politique que d’élaborer une solution au problème adaptée à l’homme. Malheureusement, on a abandonné ce soin au «marché libre». Mais le marché a d’autres règles que celles de la politique.4 Si écologiques et ménagères des ressources soient-elles, les technologies ne seront pas utilisées, si elles ne sont pas immédiatement disponibles et ne génèrent pas de bénéfices. Or, le développement de nouvelles technologies pilotes se fait sur le long terme et il est cher. Au nom de la recherche du profit, l’économie ne veut pas, en dépit des risques connus, arrêter l’exploitation des vieilles centrales nucléaires. Oui, elle essaie même de se décharger sur les pouvoirs publics des tâches non profitables, par exemple, le démantèlement et la démolition des centrales nucléaires.5 Les impulsions prospectives ne laissant présager d’aucun bénéfice à court terme, ne proviennent jamais du marché. Une stratégie énergétique du secteur public est donc nécessaire. Seul un développement stratégique planifié à long terme peut aider à sortir de la dépendance décrite plus haut. Dans ce contexte, il est rationnel d’encourager avant tout les nouvelles formes d’énergie non-profitables.

Sur le long terme, les énergies renouvelables sont meilleur marché

A long terme, les prix du pétrole et du gaz ne baisseront guère, ils augmenteront plutôt, en conséquence de la pénurie et des coûts d’exploitation, renchérissant ainsi l’énergie produite.6 Par contre «le soleil et le vent ne présentent pas de facture.»7  Si l’on produit de l’électricité et même des combustibles et des carburants à partir d’énergies renouvelables, alors les coûts des importations pétrolières et gazières s’écrouleront. C’est ainsi qu’à long terme les coûts des énergies renouvelables se trouveront inférieurs à ceux des énergies fossiles. Les coûts de production des énergies renouvelables et les investissements consentis seront plus que compensés par les économies réalisées sur l’importation des combustibles fossiles dans les prochaines décennies de pénurie.8 Si l’on dresse le tableau exact de l’exploitation des énergies renouvelables, alors on doit voir en elles un investissement du futur.

Il y a des solutions aux problèmes de stockage

Un argument fréquemment avancé contre les énergies renouvelables est qu’elles ne sont accessibles que si le vent souffle et si le soleil brille, et dans ce cas, éventuellement, à l’excès. C’est sans doute vrai. Cependant, il faudrait, au lieu de toujours ressasser les mêmes doutes sur la faisabilité d’une politique énergétique, plutôt se poser la question des solutions techniques adaptées à ce problème. Aujourd’hui déjà, on trouve en Suisse des centrales de pompage-turbinage qui pompent l’eau des bassins de stockage d’altitude et produisent ainsi à nouveau de l’électricité à partir de l’énergie stockée. L’objectif stratégique doit être le renforcement de ces installations. La centrale électrique d‘Oberhasli poursuit, par exemple, l’idée innovatrice d’utiliser l’espace apparaissant suite à la diminution du glacier du Trift pour le creusement d’un nouveau lac artificiel. Dans le projet pour l’agrandissement du lac du Grimsel, le Tribunal fédéral a estimé le bénéfice d’énergie réalisé suite au rehaussement du barrage en béton du Grimsel plus important que les objections des écologistes.9 Ce ne sont là que quelques exemples des possibilités d’un élargissement substantiel et rapide de l’énergie hydraulique renouvelable. En Suisse, les exemples de lacs artificiels ou d’unités d’énergie hydraulique provisoirement ajournés pour des raisons budgétaires sont les projets «Lago Bianco» et «Chlus».10
Il faudrait repenser de nouveaux modèles pour l’alimentation en courant.11 Si le profit n’est pas placé au centre du projet, le modèle du stockage secondaire peut avoir du succès. Si la production d’énergie par le soleil et le vent est suffisante ou même excédentaire, toutes les centrales hydroélectriques seraient mises en sommeil ou les stations de pompage à accumulation par pompage-turbinage seraient mises en service pour que les lacs artificiels soient toujours remplis au maximum. Un tel modèle nécessite donc un concept économique orienté vers le bien public. Un marché libre ne serait pas à la hauteur de l’enjeu. Le financement de grandes centrales hydrauliques est donc sûrement rationnel dans ce cas afin de permettre un fonctionnement rentable.12

La stratégie énergétique 2050

Le point de départ de la nouvelle stratégie de l’énergie en Suisse s’est matérialisé avec la prise de position du Conseil fédéral pour une sortie du nucléaire, immédiatement après la catastrophe de Fukushima. Avec la suppression de la production d’électricité provenant de l’énergie nucléaire au regard d’une consommation d’électricité n’ayant pratiquement pas varié, apparaît alors aux alentours de 2020 une sensible différence entre l’offre et la demande, également nommée «pénurie d’électricité».13 Pour combler cette lacune au moyen des énergies renouvelables provenant de Suisse, il faudra accomplir d’énormes efforts. La production d’électricité venant des nouvelles énergies renouvelables ainsi que de l’énergie hydraulique devra donc également être fortement élargie, tout comme la technologie de stockage. La stratégie énergétique prévoit des réductions de consommation comme contre-mesures certes louables. En même temps qu’une utilisation renforcée des énergies solaire, éolienne et hydraulique, l’alimentation en électricité de la Suisse peut être garantie, par l’acceptation par le peuple, lors de la votation fédérale du 21 mai 2017, de la stratégie énergétique 2050 et en s’attaquant résolument au développement des nouvelles énergies renouvelables.
Dans un amalgame malheureux, la conseillère fédérale Doris Leuthard a laissé ouverte une porte de sortie lorsqu’elle a précédemment affirmé catégoriquement que des importations d’électricité seraient à l’avenir également nécessaires. Plutôt surprenant en termes de proposition «stratégique»: le Conseil fédéral a d’avance déjà constaté qu’avec les mesures proposées, les objectifs14 prévus dans la nouvelle loi sur l’énergie ne seraient pas atteints. De nouvelles mesures doivent suivre concernant la période post-2020. Une Suisse suffisamment approvisionnée, autarcique en énergie dans un cas de nécessité et pouvant être un partenaire égal et indépendant au sein de la coopération internationale, n’est pas le but recherché de cette stratégie. Pour atteindre cet objectif, il faudrait opérer la substitution de la production d’électricité d’origine nucléaire lors de la fermeture de la dernière centrale nucléaire suisse de Leibstadt en 2034. L’hésitation n’est pas de mise. La subvention limitée à 5 ans des grandes centrales d’énergie hydraulique amènera un soutien momentané, mais ni de nouveaux investissements à long terme ni de nouveaux projets.
La forte limitation des financements ou la rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC) empêche exactement la dynamique du tournant de l’énergie nécessaire dans ce cas. Les installations RPC actuellement subventionnées n’apportent qu’un concours modeste à l’alimentation en énergie électrique. Plus de 35 000 projets traitant de la production d’électricité par les énergies renouvelables se trouvent en liste d’attente. Ils pourraient fournir un bon sixième de la consommation d’électricité suisse. Pour une restructuration couronnée de succès de l’alimentation en électricité, il faut dans chaque cas développer les énergies renouvelables jusqu’à l’extrême limite des potentiels utilisables d’une manière réaliste.15 Malheureusement, cette dynamique n’apparait pas dans la loi sur l’énergie présentée.

Technologies de stockage en Suisse

Les pointes de courant produites par les nouvelles énergies renouvelables peuvent être stockées afin d’être utilisées pour la production d’hydrogène ou de méthane. Le principe est connu depuis longtemps: c’est l’électrolyse ou la «réaction de Sabatier». L’hydrogène ou le méthane excédentaires, produits en cas de vents violents ou de fort ensoleillement, peuvent être stockés efficacement dans les systèmes et les cavernes de gazoduc déjà en activité en Europe centrale. C’est un fait peu connu du public, que le gaz ainsi stocké pourrait aujourd’hui suffire en tant qu’«accumulateur saisonnier» pour plusieurs mois. Les possibilités de stockage étant déjà à disposition, il ne reste qu’à construire les installations à l’échelle industrielle pour la production d’hydrogène ou de méthane à partir de courant de pointe. Chose curieuse, le soutien pour ces développements vient de l’industrie automobile; ils prévoient ainsi la possibilité fascinante de pouvoir continuer à assurer les transports privés et la circulation automobile au moyen des ressources des énergies renouvelables, notamment en alimentant les automobiles avec de l’hydrogène ou du méthane, produit des ressources énergétiques renouvelables. De cette manière, des possibilités totalement nouvelles en résulteraient pour une économie énergétique complètement basée sur des ressources énergétiques renouvelables, même dans le secteur des transports. Avec environ une douzaine de projets de démonstration et de recherche de moindre importance, de ce type de stockage de courant ou de production d’énergie, la Suisse se place en première ligne du développement de ce genre de technologie. Certains projets sont particulièrement représentatifs. A la Haute Ecole de Rapperswil on a, avec un électrolyseur d’une puissance de 25 kW et à partir d’une éventuelle énergie de pointe et d’eau, produit de l’hydrogène qui, combiné au CO2 de l’air se transforme en méthane. Ce gaz obtenu synthétiquement peut alors être injecté dans le réseau de gaz naturel disponible et remplace les matières énergétiques fossiles.16 Les fournisseurs suisses d’électricité, les associations des fournisseurs suisses de gaz, les Hautes Ecoles et les sociétés automobiles ont participé à ce projet.17 La station d’épuration zurichoise de Werdhölzli s’occupe d’un projet semblable visant à la transformation du biogaz en CH4 riche en énergie, pouvant être réintroduit dans le système de gazoduc et offert à la consommation. Depuis le début de l’année, un test d’endurance de 1000 heures est exécuté dans des conditions réelles.18 L’Hybridwerk Aarmatt, inauguré solennellement le 30 juin 2015, est également un fait encourageant dans le domaine de l’utilisation des nouvelles énergies renouvelables. Une collaboration étendue entre les Hautes Ecoles, les institutions cantonales et municipales ainsi que les associations de l’industrie du gaz, comme cela se pratique justement en Suisse fédérale, a généré et mis au point une installation combinée pouvant transformer dans l’électrolyseur l’énergie de pointe issue de l’énergie solaire (350 kW) en hydrogène , lequel peut être stocké localement ou réintroduit dans le réseau de gaz naturel. Elle comprend un accumulateur thermique (11 MWh), une chaudière à gaz (6 MW) et une centrale thermique (système de cogénération) d’une puissance électrique de 1,2 MW et d’une puissance thermique additionnelle (1,2 MW), le tout produit à partir d’énergie renouvelable. On voit ici de façon exemplaire ce que produit la collaboration lorsqu’elle met à disposition une solution globale aux problèmes de pointe et de stockage dans les nouvelles énergies renouvelables. De tels projets devraient être encore plus nombreux.19 L’ensemble de ces projets et recherches est largement soutenu dès leur conception. Ils trouvent encouragement et soutien au niveau cantonal (KTI), auprès des associations des fournisseurs d’énergie (électricité et gaz) et du domaine de la recherche. Ce qui manque encore actuellement, mais qui devrait très bientôt être mis en route, ce sont les projets de haute technologie, au besoin également soutenus, pouvant apporter des contributions significatives à la redéfinition de l’approvisionnement énergétique de la Suisse sur la base de recherches effectuées à petite échelle pour pouvoir se rapprocher, au moins en principe, de l’objectif d’une énergie autarcique de la Suisse.

Production d’énergie à partir des déchets

En Suisse, la valorisation énergétique des déchets s’est également établie très tôt de manière pragmatique. Depuis plus de 30 ans, avec des taux annuels permanents de croissance de près de 2–3%, ce type de production supporte environ 5% de la consommation d’énergie totale suisse, soit en production d’électricité, de chauffage ainsi que de mobilité. La société Kompogas, une filiale d’Axpo, dispose en Suisse de plus de 20 sites et installations de tailles diverses. Le procédé «Kompogas» a été développé en Suisse par un inventeur indépendant et a été rendu opérationnel grâce au soutien de la Confédération. La société a entretemps été rachetée par Axpo. La technologie a également déjà été reprise à l’étranger et représente un bon exemple du génie inventif suisse et du mouvement économique des idées dans le domaine des nouvelles énergies renouvelables.

De quelle stratégie énergétique a-t-on besoin?

L’industrie suisse de l’électricité, déjà fortement engagée (et encouragée) dans les nouvelles énergies renouvelables dans les pays européens, devrait utiliser ses possibilités pour devenir également plus active à l’intérieur du pays lui-même. Sous cet aspect, la stratégie énergétique 2050 prend la bonne direction. Il faudrait reconsidérer la situation, en partant du principe qu’avec les moyens dont dispose la Suisse, une solution à la pénurie d’aujourd’hui – qui va s’accroître après la sortie planifiée du nucléaire – doit être trouvée. Cela ne peut être résolu que par de nouvelles installations techniques à l’échelle industrielle et de nouvelles technologies qui conviendraient bien à la Suisse, pays de haute technologie. La loi sur l’énergie apparait comme un départ dans la bonne direction. On souhaiterait que le développement en soit accéléré également grâce à l’engagement des citoyens.    •

(Traduction Horizons et débats)

1    Wicks, Frank. Hubbert’s Peak. Mechanical Engineering. March 2014
2    World Oil Yearly Production Charts. Peak Oil Barrel, peakoilbarrel.com/world-oil-yearly-production-charts/, Zugriff 24.3.2017
3    Robelius, Frank. Giant Oil Fields – The Highway to Oil-Giant Oil Fields and their Importance for Future Oil Production, Uppsala 2007 (Dissertation Universität Upsalla)
4    Guggenbühl, Hans-Peter. Die Energiewende und wie sie gelingen kann, Zurich 2013
5    Lösungen für die letzten Betriebsjahre der AKW, «Neue Zürcher Zeitung» du 29/11/16
6    Die Erdölmultis in der Zwickmühle. Fracking verändert die Kostenstruktur der Energiebranche. «Neue Zürcher Zeitung» du 27/5/14
7    Alt, Franz. Auf der Sonnenseite. Warum die Energiewende uns zu Gewinnern macht. Munich 2013
8    Umweltbundesamt Berlin. Hintergrundpapier, Stromerzeugung aus erneuerbaren Energien – umweltfreundlich und ökonomisch sinnvoll. ZSW Zentrum für Sonnenenergie- und Wasserstoff-Forschung 2011
9    Geplanter Ausbau des Grimselsees rückt näher. «Neue Zürcher Zeitung» du 6/4/17; Bundesgerichtsurteil 1C_79/2016 du 5/4/17
10    RePower schreibt Projekte ab. «Neue Zürcher Zeitung» du 3/4/14. Gunzinger, Anton. Kraftwerk Schweiz, Plädoyer für eine Energiewende mit Zukunft, Bâle 2015
12    UREK, Kommission für Umwelt, Raumplanung und Energie des Nationalrates, Beratung des ersten Massnahmenpaketes der Energiestrategie 2050 (13.074), Beschluss über die Förderung der Gross-Wasserkraft, 25/8/14
13    Prognos AG. Basel, Energieszenarien für die Schweiz bis 2050, im Auftrag des BFE, Zwischenbericht II, 18/5/11
14    Energiestrategie 2050, erläuternder Bericht zur Vernehmlassungs-Vorlage du 28/9/12
15    Energiespiegel no 21, novembre 2012, Paul Scherrer Institut
16    Power-to-Gas in der Energiestrategie, Vortrag von Stefan Oberholzer an der Empa Dübendorf, Bundesamt für Energie, 25/2/14
17    Annual Report 2016 Swiss Competence Center for Energy Research Heat and Electricity Storage (SCCER HaE-Storage) am PSI
18    «Power to Gas»: Direkte Methanisierung von Biogas im Werdhölzli, HSR Expertengespräche, 12/1/17
19    Regio Energie Solothurn Faktenblatt: Hybridwerk Aarmatt am Schnittpunkt von Wasser-, Strom-, Gas- und Fernwärmenetz, www.hybridwerk.ch

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