Dialogue au lieu de confrontation – la Suisse donne l’example

Dialogue au lieu de confrontation – la Suisse donne l’example

Une délégation de conseillers nationaux a mené des entretiens politiques à Moscou et à Saint-Pétersbourg

par Eva-Maria Föllmer-Müller

Du 15 au 19 mai, une délégation de Conseil national suisse, formée de représentants de tous les groupes parlementaires, a fait une visite d’une semaine en Russie. Accompagné de sept de ses collègues, le président du Conseil national Jürg Stahl s’est rendu à Moscou et à Saint-Pétersbourg pendant son voyage. C’était la première visite d’officiels suisses depuis le début de la crise ukrainienne au printemps 2014. A Moscou, les conseillers nationaux ont rencontré Gennadi Titov, vice-ministre des Affaires étrangères, Vitali Moutko, vice-Premier ministre responsable du sport, ainsi que des représentants de la société civile, des politologues et des représentants de l’opposition. Au «VII. St. Petersburg International Legal Forum», Jürg Stahl a tenu un discours. Ce Forum est une conférence organisée annuellement depuis 2011 par le Ministère de Justice de la Fédération de Russie afin d’échanger sur des problèmes juridiques complexes et difficiles. Jürg Stahl y a déjeuné avec le Premier ministre Dmitri Medvedev.
L’invitation à cette conférence a été prononcée il y a environ un an. La délégation suisse a été reçue par le porte-parole de la Douma Viatscheslav Volodin et la présidente du Conseil de la Fédération Valentina Matvienko. Elle avait été invitée en Suisse en 2016.
Au préalable du voyage, il y eut des critiques émises concernant la liste des sanctions de l’UE, car les deux hôtes russes y sont mentionnés. On avança également le risque que la Russie pourrait tenter d’instrumentaliser ce voyage. Cependant. avant de partir, Jürg Stahl a déclaré: «La Russie est et demeure un important partenaire pour la Suisse. Nous avons tous besoin du dialogue.» A Moscou, il ajouta qu’en Suisse, le dialogue faisait partie d’une longue tradition.
La délégation suisse et ses interlocuteurs russes ont discuté de questions politiques concernant l’Ukraine, la Crimée, la Syrie et ont échangé au sujet de la coopération dans les domaines de l’économie et de la médecine ainsi que sur la candidature de Sion pour les Jeux olympiques.
La délégation du Conseil national s’est montrée très contente du résultat de leur voyage, même si concernant certaines questions il y a eu des divergences de points de vue. Les interlocuteurs russes ont clairement mentionné que la Suisse était un partenaire bienvenu. Face à l’agence de presse suisse sda, M. Stahl a souligné que les rencontres s’étaient déroulées dans une ambiance chaleureuse.

Les sanctions nuisent tant à la Russie qu’à la Suisse

Face à l’agence de presse russe Tass (17/5/17), le vice-président de la Commission de l’industrie de la Douma Vladimir Gutenev a précisé que malgré les sanctions de l’UE, les députés russes espèrent coopérer plus étroitement avec la Suisse dans le domaine de l’économie: «Les sanctions nuisent aux deux pays, à la Russie et à la Suisse.» Après s’être entretenu avec des représentants d’entreprises suisses dans une exposition internationale, Adrian Am­stutz, conseiller national et chef du groupe UDC de l’Assemblée fédérale, a ajouté: «Il est dans l’intérêt des deux pays d’éliminer les ob­stacles. Nous sommes intéressés à approfondir nos relations commerciales et économiques.»
La Suisse n’a jamais participé aux sanctions que l’UE avait prises contre la Russie en 2014 et prolongées par la suite. Cependant, elle avait pris des mesures afin d’éviter un contournement des sanctions. Selon une information de l’agence Tass du 12/5/17, Jürg Stahl a expliqué, avant le début de son voyage en Russie, au sujet des sanctions: «Ne faisant pas partie de l’UE, la Suisse n’a pas pris de sanctions contre la Russie. […] Mais elle a pris des mesures pour éviter que son territoire serve à contourner les sanctions internationales. […] Se référant au statut de neutralité du pays, le gouvernement suisse a en plus décidé d’élargir l’interdiction d’exporter de l’équipement militaire en Russie ou en Ukraine en y ajoutant du matériel industriel de défense.» Et M. Stahl d’ajouter: «Les parlements jouent un rôle essentiel dans les relations bilatérales. […] Par leurs contacts directs, les députés, en tant que représentants du peuple, contribuent à la compréhension et la confiance mutuelles. Je suis convaincu que les deux parties profiteront de l’intensification de la coopération parlementaire.»

Maintenir le dialogue malgré les pressions massives de Washington et Bruxelles

En Russie, on éprouve de la compréhension pour la position de la Suisse. Dans la «Luzerner Zeitung» du 18 mai, on a pu lire au sujet de la position russe: «On comprend que la Suisse, vu sa position en Europe occidentale et face à l’UE, est forcée de reprendre certaines limitations face à la Russie.» Puis, le journal cite le conseiller national Amstutz: «Un représentant russe a dit: ‹Vous n’avez vous-mêmes pas pris de sanctions. Mais vous faites en sorte que personne ne puisse les contourner.› Voilà une solution pragmatique pour un Etat neutre.» Le ministère russe des Affaires étrangères a confirmé que «les relations entre la Russie et la Suisse n’ont pas été mises en question suite à l’environnement géopolitique défavorable, parce que Berne a maintenu le dialogue avec Moscou, malgré les pressions massives de Washington et Bruxelles.»
On ne peut que féliciter la Suisse de défendre son point de vue propre, également dans ces questions. C’est une contribution importante au maintien de la paix – et digne d’être imitée!    •

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