Non-extension de l’équivalence boursière – un autogoal pour l’UE

par René Zeyer

Si le coq chante sur le fumier, la Bourse change ou reste inchangée. Parlons d’une ancienne règle d’équivalence boursière réinterprétée.
Cette règle vient d’être mise à jour par le commissaire européen Johannes Hahn souhaitant donner une leçon à la désobéissante Suisse. Eurocrate responsable des négociations avec la Suisse, celui-ci a, certes, agi par frustration, car il y a peu de probabilité qu’un accord soit conclu au cours du reste de son mandat.
Etant donné que ni l’UE ni l’Autriche n’ont les moyens militaires nécessaires pour y arriver, l’UE, suite à sa proposition, s’est décidée à une démarche puérile.
Pour réaliser la négociation d’actions à la fois aux Bourses de l’UE et aux Bourses suisses, par des négociants sis en UE ou en Suisse, il existe la dite équivalence boursière. Cette reconnaissance mutuelle est à peu près aussi importante que l’acceptation mutuelle des panneaux autoroutiers verts en Confédération suisse et bleus en République fédérale allemande.
En fait, cela s’apparente à une futilité destinée à ne pas chuter au niveau du comportement d’un voyou pour lequel tout prétexte est bon pour déclencher une bagarre. A la fin de 2018, l’UE n’a donc prolongé cette équivalence que de six mois. Certainement dans l’espoir de fournir une motivation à la Suisse à se dépêcher de signer l’accord-cadre.
La Commission européenne a maintenant laissé passer la date limite pour proposer le renouvellement de la reconnaissance de la SIX Swiss Exchange. Cela signifie que cette équivalence des bourses va expirer le 1er juillet. Concrètement, les banques et autres opérateurs financiers de l’UE ne seront plus autorisés de négocier à la Bourse suisse. Est-ce un désavantage? Oui, mais avant tout pour l’UE.
L’année dernière, SIX Group a réalisé à elle seule un volume de transactions de 1361,3 milliards de francs. En termes de capitalisation boursière, la Bourse suisse est le numéro quatre en Europe après la Bourse allemande. Que se passera-t-il donc si cette reconnaissance mutuelle est unilatéralement annulée par l’UE? C’est tout simple: SIX Group pourrait perdre une belle part de son activité commerciale. Est-ce grave? Pas vraiment – car pour une fois, le Conseil fédéral aura un bâton prêt à l’emploi pour se défendre du voyou UE.
Par mesure de précaution, il a déjà décidé de rendre la pareille, c’est-à-dire d’interdire aux Bourses de l’UE tout commerce avec des actions suisses. Cela impliquerait un renflouement pour la Bourse suisse, comparé à la situation précédente. Et comme le négoce ou l’achat y est généralement moins cher qu’en UE, le voyou se serait, pour ainsi dire, infligé lui-même un dommage. Paris, Francfort et Londres perdraient en volume.
Voilà les conséquences techniques. Mais bien pire pour l’UE, sont les dommages causés au sein de la population suisse. Les Confédérés supportent très mal de tels constats hargneux expliquant que la Suisse a besoin d’un «coup de semonce» suite au manque de «volonté politique» de conclure l’accord-cadre avant la fin du mandat du Seigneur Hahn.
En outre, la menace s’adresse bien sûr aussi à Londres pour faire comprendre aux Britanniques que l’UE n’envisage aucunement de réagir de manière sensée au Brexit, mais plutôt comme un amant rejeté. Ce tableau lamentable est complété par l’état de délabrement persistant de l’euro, des sources de crises de tous côtés, de l’état pitoyable de la Banque centrale européenne, ayant racheté la quasi-totalité du marché des titres de créance avec un minimum de valeur et cela dans sa propre monnaie.
Dans ce contexte, il est particulièrement important que la Suisse prenne soin de sa propre banque centrale. Elle s’est également gonflée, mais pas suite à l’achat de bons de dettes en francs suisses, mais en détenant des actifs en euros, en dollars et en or. Et n’oublions pas ses fonds propres d’environ 150 milliards d’euros.
Compte tenu d’un acte aussi hostile et puéril, le gouvernement suisse a également décidé de geler le versement du deuxième milliard destiné au Fonds de cohésion de l’UE. Car bien que parfois on en ait véritablement l’impression, le Conseil fédéral n’est apparemment pas une assemblée de masochistes prêts à débourser de grosses sommes pour être torturés. Et c’est tant mieux!    •

Source: In$ide Paradeplatz. Finanznews aus Zürich, 26/6/19. Reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.

(Traduction Horizons et débats)

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