Opportunité d’un retrait des troupes étrangères

par Eberhard Hamer, Allemagne

Les Etats-Unis veulent forcer l’Allemagne à débourser des contributions militaires plus élevées pour l’OTAN-US (ce que les deux ministres de la défense ont immédiatement accepté). Au lieu de 36 milliards d’euros, nous allons donc dépenser 72 milliards d’euros pour l’achat d’équipements militaires aux Etats-Unis. Pour faire pression, le président américain et son ambassadeur à Berlin ont menacé de transférer en Pologne une partie des 50 000 soldats américains et leurs assistants.
Horreur générale des atlantistes allemands! Seuls les deux partis «Die Linke» et «AfD» [«La Gauche» et «l’Alternative pour l’Allemagne»] ont marqué leur accord.
Quel avantage les soldats américains en Allemagne ont-ils pour nous?
Ils ont une double fonction en Allemagne: d’abord, en tant que troupes d’occupation, à l’origine selon le statut d’occupation puis prolongé par le Traité de Moscou (1990) afin d’assurer la suprématie américaine sur l’Allemagne. Par conséquent, elles sont également extraterritoriales et ne sont pas soumises aux lois allemandes ni au commandement allemand.
Puis, le deuxième objectif était la protection militaire de l’Allemagne contre une éventuelle attaque venant du bloc de l’Est. Que cet avantage pour l’Allemagne soit toujours valable est une question controversée. Tous les partis du bloc de l’Ouest continue à affirmer l’agressivité de la Russie et de Poutine en prétendant un danger militaire constant pour l’Allemagne et l’Europe. L’«AfD» et «Die Linke», par contre, ne perçoivent pas Poutine comme un agresseur, mais au contraire les Etats-Unis comme un agresseur contre la Russie suite à l’élargissement vers l’Est de l’OTAN, le réarmement et le déploiement de troupes aux frontières de l’Est.
L’Institut des PME de Basse-Saxe [«Mittelstandsinstitut Niedersachsen»] souligne également que l’Allemagne est entourée de voisins pacifiques mais aussi vers l’Est par un corridor de voisins pacifiques (Pologne, Hongrie), de sorte que même la mauvaise gestion militaire de l’ancienne ministre de la Défense, Mme von der Leyen, ne nous nuit pas vraiment, car notre Bundeswehr ne sera pas du tout utilisée pour des opérations internes ou pour un déploiement à nos frontières, mais uniquement de manière abusive pour des opérations à l’étranger sur ordre américain ou international. En fait, nous n’avons aucun besoin d’une Bundeswehr. Ce qu’il nous faut est une Bundespolizei forte, pour protéger les frontières et garantir la sécurité à l’intérieur du pays. La sécurité extérieure doit être garantie par des accords et une politique de paix.
Ce n’est pas pour rien que les Américains ont concentré leurs troupes européennes avant tout en Allemagne. En vertu du Traité de Moscou (1990), l’Allemagne doit les financer à hauteur d’environ 5 à 6 milliards d’euros par an. L’Allemagne finance même les hôpitaux et les infrastructures ainsi que l’espionnage contre elle-même.
Si une partie des troupes américaines était retirée d’Allemagne, ce serait très certainement un soulagement financier pour nous.
Mais cela aurait encore un autre avantage: comme le comportement des Etats-Unis concernant le gazoduc Nord Stream 2, essentiel pour nous, et comme le montrent les constantes directives de comportement de l’ambassadeur américain, les Etats-Unis nous considèrent toujours et encore comme une colonie, qui est dirigée non seulement selon ses souhaits, mais aussi pour son bien. Une occupation forte, notamment avec des armes nucléaires, est l’épine dorsale de la puissance militaire et économique américaine, comme dans plus de 100 autres pays du monde. Si cette puissance militaire est réduite, le pouvoir de chantage des forces d’occupation diminuera également.
Le fait d’avoir toujours des troupes d’occupation américaines, 70 ans après la guerre, est dû également au refus des Etats-Unis de conclure un traité de paix avec l’Allemagne. En pratique, nous ne sommes pas en guerre, mais toujours en état de guerre, ce dont notre gouvernement doit constamment tenir compte, mais cela est couvert délibérément par le gouvernement et les médias.
Nous devrions donc considérer la menace américaine de retirer ses troupes comme une opportunité et exhorter les Américains à déplacer leurs troupes et de conclure enfin un traité de paix avec nous, afin de nous procurer une pleine souveraineté.     •
(Traduction Horizons et débats)

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