Les munitions à l’uranium contaminent le monde

Les munitions à l’uranium contaminent le monde

Un nouveau livre sur une arme taboue pendant de nombreuses années

par le Dr Gabriella Hunziker

Le livre vient d’être publié, ce n’est pas un sujet facile, c’est lourd à digérer. Il traite de graves crimes contre l’humanité et contre la nature au point où nous devrions tous nous en préoccuper. Le documentaliste et auteur Frieder Wagner, s’intéresse aux armes à l’uranium depuis de nombreuses années. Entre autres, il a réalisé les films «Deadly Dust» [Poussière mortelle] et «The doctor and the Radiated Children of Basra» [Le médecin et les enfants irradiés de Bassora]. Son souci, écrit-il, est de contrecarrer la stratégie de camouflage des militaires, de l’industrie, des gouvernements, mais aussi des médias et d’aider à diffuser la vérité sur l’emploi des armes à l’uranium comme des armes de destruction massive et donc celles-ci devraient être proscrites et interdites dans le monde entier.
Wagner a découvert les armes à l’uranium et leurs effets pour la première fois en 2002, lorsqu’il a rencontré le médecin et scientifique Siegwart-Horst Günther. Après la Guerre du Golfe de 1991, il a été le premier à attirer l’attention sur les conséquences désastreuses des munitions à l’uranium. Au péril de sa vie, il a apporté la preuve des causes des maladies mortelles engendrées parmi la population et les soldats ainsi que de graves malformations chez les nouveau-nés (maladie de Günther) suite à l’utilisation d’armes à l’uranium par les Etats-Unis et leurs alliés.
Qu’est-ce que l’uranium appauvri, pourquoi des projectiles sont-ils fabriqués avec cette matière et pourquoi ces armes sont-elles si dangereuses?
L’isotope U238 est l’uranium appauvri, connu sous le sigle UA en français ou DU pour «Depleted Uranium» en anglais. Sa densité est environ 70% supérieure à celle du plomb. Comme le plomb, c’est aussi un métal lourd et donc hautement toxique. De plus, il s’agit d’un émetteur de rayons alpha avec une demi-vie radioactive de 4,5 milliards d’années! L’uranium appauvri est un sous-produit de la production de barres de combustible nucléaire pour les centrales nucléaires. Selon Frieder Wagner, la vente à l’industrie de l’armement est une alternative rentable à l’élimination coûteuse et complexe pour l’industrie nucléaire.
«Pour son utilisation à des fins militaires, l’uranium appauvri possède deux excellentes propriétés très importantes: si le métal est formé en une tige pointue et accéléré en conséquence, il pénètre facilement dans l’acier et le béton armé en raison de son énorme poids. L’abrasion de cette tige d’uranium s’enflamme dans l’énorme chaleur de frottement à des températures situées entre 1000 et 5000 degrés Celsius.» Après l’explosion, des millions de nanoparticules d’uranium volent dans l’air et peuvent gravement endommager ou même tuer quiconque inhale cette fine poussière. Ces particules d’oxyde d’uranium sont respirables et traversent les poumons parce qu’elles sont 100 fois plus petites qu’un globule rouge et qu’elles contaminent le sol, l’air et l’eau partout où ces armes ont été utilisées jusqu’ici. Lorsqu’elles sont inhalées, les particules d’oxyde d’uranium de taille nanométrique peuvent causer des cancers et des leucémies. Comme dans le cas du sida, le système immunitaire s’effondre et les reins et le foie sont endommagés. Avec le sang, les particules migrent également vers le cerveau, les ovocytes femelles et le sperme mâle. Cela conduit à des ruptures chromosomiques et donc à des modifications du code génétique. Cela signifie que les enfants de ces personnes ont souvent des malformations, tout comme leurs enfants et petits-enfants. Des générations entières seront ainsi endommagées pendant des décennies et des siècles parce que leur code génétique a changé de façon incurable, écrit Wagner.
En quoi cela nous concerne-t-il tous?
Le problème nous concerne tous parce que les particules radioactives ne sont pas confinées à un seul endroit. La «poussière mortelle» fine et invisible est constamment soulevée par les vents et les tempêtes régnant sur le site et peut donc être transportée dans des zones où aucun combat n’a eu lieu. Wagner l’illustre par l’exemple de la ville kurde d’Erbil, dans le nord de l’Irak, se trouvant à plusieurs centaines de kilomètres d’une zone de guerre. «Il y a eu une augmentation inhabituelle des cas de leucémie chez les enfants et les nourrissons, causée par un type de leucémie qui, autrement, ne survient que chez les personnes âgées. Des échantillons d’urine d’enfants malades, la poussière du filtre à air d’une voiture conduite localement et des échantillons d’organes d’une vache abattue élevée dans les pâturages d’Erbil ont été examinés. Le résultat était épouvantable, car tous les échantillons contenaient de fortes concentrations d’uranium 238 et la poussière du filtre à air de la voiture était même 1000 fois plus contaminée que les échantillons les plus élevés des champs de bataille de Bassora.»
En 2003, Wagner a visité les hôpitaux pédiatriques de Bagdad et de Bassora avec le professeur Günther. Ce qu’il y a vu, il le décrit de façon impressionnante dans son livre. Il a été confronté pour la première fois à la réalité des conséquences des projectiles à l’uranium appauvri. Il a vu des bébés avec des difformités graves et terribles qui n’étaient pas viables. Les pères de ces bébés avaient participé aux guerres en tant que soldats et étaient donc contaminés. Un médecin leur a dit d’une voix feutrée: «Jusqu’en 1991, d’après nos dossiers à Bagdad, avec 1000 naissances, nous avions tout au plus une avec des défauts mineurs et au plus tous les 15 jours. Aujourd’hui, nous avons ici presque tous les jours une ou deux de ces difformités, et elles ressemblent toutes aux difformités que nous avons connues après la catastrophe de Tchernobyl.» A Bassora, on leur a dit qu’aujourd’hui, dix fois plus de patients souffrent d’un cancer qu’avant la guerre en 1991, et que 20 fois plus de bébés naissent avec des malformations – et la tendance est à la hausse. Mais aussi dans les familles des soldats alliés sont nés des bébés avec de graves difformités.
Depuis la guerre du Golfe en 1991, l’armée américaine utilise des armes à l’uranium dans ses guerres sous la tolérance tacite des alliés de l’OTAN: au Kosovo ainsi qu’en Bosnie et en Serbie, au Koweït, en Afghanistan, au Liban, en Somalie, en Irak et en Syrie. Wagner pose également la question de la position de l’Allemagne en ce qui concerne les munitions à l’uranium. Grâce au mouvement pour la paix dans les années 1980, la Bundeswehr allemande avait renoncé à équiper les blindés de munitions à l’uranium. Wagner: «Cette politique a révélé une première faille lorsque le gouvernement allemand s’est, pour la première fois, abstenu de voter la dernière résolution pour interdire les munitions à l’uranium dans le monde lors de l’Assemblée générale de l’ONU en décembre 2014 …» L’interdiction des armes à l’uranium a de nouveau échoué en 2014 en raison du veto de trois membres du Conseil de sécurité, à savoir les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France. Wagner écrit: «Pour l’instant, il n’y aura, ici en Allemagne, pas de vision aussi exemplaire que celle de la petite Belgique. La Belgique a été le premier pays au monde à interdire la production et l’utilisation d’armes à l’uranium. Le commerce avec cette arme controversée est également interdit en Belgique ainsi que son stockage et tout transport de ces armes à travers la Belgique. La loi correspondante adoptée par le Parlement belge en 2007 est entrée en vigueur le 21 juin 2009.»
Le livre de Frieder Wagner contient une riche collection de preuves et de faits qui ouvriront les yeux de tous. Il apporte une contribution extrêmement importante aux éclaircissements sur les dangers des munitions radioactives. Le silence sur le «sujet tabou des munitions à l’uranium» doit enfin prendre fin. Le sujet nous concerne tous, car il concerne l’avenir de nos enfants et de notre terre. Le livre secoue et inquiète, il doit trouver une large diffusion, afin d’exiger des gouvernements du monde une interdiction de l’utilisation des armes à l’uranium. Wagner: «Car aucune puissance dans ce monde n’a le droit de rendre des régions entières inhabitables sur des zones de guerre autocratiquement choisis et d’empoisonner et tuer des gens longtemps après la fin de la guerre. Car c’est ainsi que nous détruisons l’habitat de nos enfants et petits-enfants, et ils nous maudiront un jour à juste titre pour cela.»     •

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