Courrier des lecteurs

«Une fois de plus, la démocratie a triomphé: le Brexit est inéluctable»

L’intéressant article de Nicola Ferronato (Horizons et débats no 29 du 6/1/20) analyse en détail la décision électorale des citoyens britanniques lors de l’élection à la Chambre des communes du 12 décembre 2019. Comme complément et en référence à cette analyse, je désire soulever quelques questions. Tout d’abord, il convient de noter que la majorité des citoyens de Grande-Bretagne n’ont pas voté pour le parti de Boris Johnson mais pour l’alliance quadripartite qui a perdu lors de cette élection, soit 50,4%.1 Il est donc courageux de qualifier la majorité à la Chambre des communes, ne pouvant s’expliquer que par la démocratie des collèges électoraux, d’expression claire de la volonté du peuple. Néanmoins, la victoire de Johnson est incontestable. L’article mentionne comment les indicateurs économiques ont évolué positivement depuis la victoire de Boris Johnson et suggère que cela est dû au Brexit. C’est peut-être le cas, mais cela n’est pas certain, car ce Brexit n’est pas un vrai Brexit en raison de l’annonce d’un accord de libre-échange avec l’UE négociable très prochainement. Quiconque a étudié les divers accords de libre-échange transatlantiques discutés et, dans certains cas, déjà mis en œuvre conviendra qu’ils impliquent toujours l’abandon d’une grande partie de la souveraineté nationale. C’est précisément l’annonce de l’accord de libre-échange avec l’UE qui explique pourquoi l’UE a accepté le Backstop qui, dans ces circonstances, ne constitue plus un obstacle à la libre circulation des marchandises. Cependant, le Royaume-Uni est gagnant sur un point, il peut maintenant décider de manière autonome qui entre dans le pays ou peut s’y installer. L’auteur de l’article se félicite presque de la chute de Jeremy Corbyn, social-démocrate intègre et politicien pacifique et du fait que la recommunalisation des biens communs souhaitée par Corbyn et qualifiée par l’auteur de dévastatrice ne soit plus d’actualité avec Johnson. Il convient de rappeler que la politique de privatisation de Margaret Thatcher, poursuivie par Anthony Blair, a été une action véritablement dévastatrice pour la Grande-Bretagne, comme le montre clairement, pour ne mentionner qu’un seul exemple, la série de terribles accidents ferroviaires survenus après la privatisation entre 1996 et 19972. Il ne faut pas oublier que, si l’on considère le Brexit dans son ensemble, un renoncement à l’«alliance de défense» transatlantique n’a jamais été envisagé et qu’avec M. Johnson, un défenseur convaincu d’une ligne dure de la politique de l’OTAN est confirmé en poste.

Peter Erhard, Brême

1    www.nachdenkseiten.de/?p=57074
2    https://de.m.wikipedia.org/wiki/Schienenverkehr_in_Grossbritannien#Historischer_Überblick

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