Le discours politique ne peut et ne doit pas formuler de «oui mais», dans les situations de violence envers la police et ses employés

Lettre ouverte du syndicat de la police au ministre de l’Intérieur de Hesse, M. Peter Beuth, et de son secrétaire d’Etat, M. Stefan Heck

Le 16 juin 2020, le syndicat de la police de Hesse (GdP) a porté plainte contre le chroniqueur Hegameh Yaghoobifarahet la «taz» (quotidien berlinois de mouvance gauche) suite à sa provocation au sujet de la police, publiée dans un article de la «taz» sous le titre «Tous les flics sont des incapables (à exercer correctement leur profession)». Jens Mohrherr, vice-président du syndicat de la police de Hesse (GdP) et président du conseil principal du personnel, vient d’écrire une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur Peter Beuthet son secrétaire d’Etat Sefan Heck.

Monsieur le Ministre Beuth, 
Monsieur le Secrétaire d’Etat Heck, 

C’est avec horreur que des milliers de policiers hessois, leurs familles et leurs proches ont dû, une fois de plus, constater la manipulation de l’opinion qui se fait en public à l’encontre de ceux qui protègent l’Etat et ses citoyens. 

Que cela nous plaise ou non, la «taz» et les médias qui promeuvent le même message (au niveau mondial), en insultant tout un groupe professionnel, portent atteinte non seulement à la réputation de notre profession, mais aussi à celle de l’Etat! 

Indépendamment de cela, le débat public sur le racisme se poursuit dans les forces de police! 

Malgré le fait que les syndicats (GdP et DPolG) ont déposé des plaintes pénales auprès du ministère public et les réprimandes correspondantes auprès du conseil de presse, beaucoup d’entre nous peuvent deviner ce qui va maintenant suivre: un débat public sans fin sur la police et ses employés! 

Les avocats parleront des faits, et déclineront à l’infini les infractions pénales commises, à peine commises ou pas commises du tout. 

Nous avons déjà vu, il y a quelques mois, que même l’emploi du terme «ACAB»* est interprétée généreusement en faveur de la liberté d’expression. 

Il reste à voir dans quelle mesure les comparaisons insultantes et dégradantes de l’article «taz» feront ensuite l’objet de sanctions étatiques ou si les poursuites pénales engagées seront traitées de non-lieux. 

A l’échelle nationale, les policiers ne sont pas seulement couverts d’attaques et de ridiculisations, les comparaisons inhumaines et les dégradations vont probablement devenir un passe-temps numérique sur les réseaux sociaux. 

Depuis que la République fédérale d’Allemagne existe, la police et ses employés ont appris que le respect d’antan pour leur profession est un souvenir du siècle dernier, effacé depuis longtemps. 

Les policiers subissent des violences physiques et psychologiques – menaces (également dans la sphère privée), insultes, injures et bien davantage encore. 

Dans notre société, la violence contre les policiers est généralement considérée comme un fait marginal. Et si les médias s’emparent de l’histoire, on publiera – au mieux – une note marginale. Mais ce qui reste à notre charge, nous les victimes, ce sont des blessures visibles, des cicatrices sur de nombreuses âmes et souvent le ressenti qui ronge: «l’Etat m’a abandonné avec ça!» Le mot «proie facile» est également de plus en plus courant chez nous. 

Il ne peut et ne doit pas y avoir de «oui – mais» dans le discours politique lorsqu’il s’agit de violence contre la police et ses employés! 

La loi anti-discrimination (LADG), adoptée à Berlin, représentant le zénith de la bienfaisance publique et dont les conséquences (unilatérales) sont perceptibles pour nous, est maintenant une réalité! 

Même une discussion sur la LADG lors de la prochaine conférence des ministres de l’intérieur ne persuadera pas les représentants du peuple à Berlin de modifier cette loi. 

Enfin, je voudrais prendre la liberté de diriger votre attention sur les enquêtes menées par des instituts de recherche de renom au sujet de l’opinion publique. Les employés de la police jouissent d’un grand respect et d’une grande intégrité au sein de la population. Nous les avons gagnés seuls pendant de nombreuses années, par la qualité de notre travail. 

Afin que cela reste ainsi, il dépend des personnes aux postes de responsabilité dans les assemblées plénières de soutenir la police! 

Bien cordialement 

Jens Mohrherr 

Source: le syndicat de la police de Hesse; 17/06/2: https://www.gdp.de/gdp/gdphe.nsf/id/DE_GdP-Berlin_Strafanzeig?open 


* ACAB, acronyme de l’anglais «All cops are bastards» («Tous les flics sont des salauds»), est un slogan anti-police utilisé par de nombreuses sous-cultures de jeunes, surtout parmi les personnes autonomes, les skinheads, les hooligans, les ultras et les punks. L’auteur de l’insulte propagée joue de cet acronyme en le variant en «All cops are enabled to exercice their profession/Tous les flics sont des incapables» 

 

 

 

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