Ils veulent notre argent, pas la démocratie!

par Zoltán Kiszelly*

C’est désormais officiel. Ce que tout le monde savait jusqu’à présent, le ministre fédéral des finances du SPD l’a dit: l’endettement de l’UE est «une si bonne idée» que l’UE devrait s’endetter encore plus. Son camarade, Michael Roth, ministre d’Etat au ministère des affaires étrangères, a immédiatement attaqué la Pologne et la Hongrie pour s’assurer qu’elles n’empêcheraient pas la grande orgie de dettes qui s’annonçait.

A l’est de l’Elbe, nous étions et sommes toujours sceptiques à l’égard de toute forme d’union. Celles-ci vont et viennent, mais les nations restent. Actuellement, la Hongrie est membre de l’Union européenne, dont les centres kafkaïens de Berlin et de Bruxelles tentent de s’échapper et, en sauvant l’euro, d’accroître la puissance économique internationale de l’Europe.

Et pourquoi tout cela ? Après le Brexit et en cas de réélection du président Donald Trump, la Grande-Bretagne rejoindra très probablement l’accord commercial entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique – le successeur de l’accord Aléna – qui deviendra indéniablement le plus grand des trois pôles de l’économie mondiale. Au moins, les Néerlandais et les Polonais seront intéressés de voir si les Britanniques ont fait un bon choix.

Berlin veut à tout prix garder le reste de l’UE ensemble, Bruxelles veut étendre son pouvoir bureaucratique. Ces deux créances se rejoignent dans le sauvetage de l’euro et de la zone euro. La Banque centrale européenne a déjà tiré dans la poudre, le total de son bilan approche les 50 % du PIB de la zone euro. C’est pourquoi l’UE tout entière doit maintenant s’endetter, afin que les Etats membres qui ne font pas partie de la zone euro puissent légalement être transformés en serviteurs d’intérêts. Les Britanniques n’ont pas voulu attendre.

Le plan d’aide de 750 milliards d’euros était justifié par les conséquences économiques négatives de la pandémie et présenté comme un emprunt unique. Selon Olaf Scholz, c’est cependant «une bonne idée» pour le financement de l’UE. Les idées sont plus que suffisantes: le gouvernement socialiste espagnol veut introduire le revenu de base; les Italiens veulent construire un tunnel entre Messine et le continent; Berlin veut que l’UE passe du nucléaire aux énergies renouvelables et du diesel aux voitures électriques, etc.

Et pourquoi tout cela? Berlin et Bruxelles veulent émettre plus, voire plus d’euro-obligations sur les marchés financiers internationaux, ce qui devrait avoir plusieurs avantages politiques et économiques. La dette combinée atteindrait des niveaux qui rendraient le retrait de leurs pays inabordable ou du moins très coûteux, même si Marine Le Pen(mai 2022) ou Matteo Salvini (2023 au plus tard) étaient élus.

Les euro-obligations renforceraient le rôle mondial de l’euro et amélioreraient les marchés boursiers européens. Cette fuite en avant est une bonne occasion et un prétexte pour «l’achèvement de l’euro», c’est-à-dire l’harmonisation des procédures de protection des dépôts et de faillite, et par la suite l’unification des politiques fiscales et sociales au sein de la zone euro. Des taxes communes et des recettes directes de l’UE peuvent alors être introduites pour le remboursement des dettes communes, qui serait de préférence voté à la majorité.

Comment comptez-vous y parvenir? Michael Roth a raison. Le temps presse. Surtout pour les Etats du sud de la zone euro. S’il n’y avait pas de nouveau budget de l’UE, l’ancien serait maintenu proportionnellement.

La Commission européenne a trouvé les moyens appropriés avec le contrôle de la démocratie qui va débuter en automne. Tous les Etats membres seront passés au crible, mais il est déjà maintenant clair que les pays de l’Est seront les pays de préoccupation. Surtout si le bloc néo-libérale, l’ONG, dirige. C’est faire entrer le loup dans la bergerie. George Sorosvous salue!

Il est grotesque que le ministère allemand des Affaires étrangères, d’une part très sensible, ait gardé le silence sur Emmanuel Macron et Marc Rutte lorsqu’ils ont envoyé leurs forces de police avec des balles en caoutchouc sur leurs gilets jaunes ou avec des unités montées contre des retraités néerlandais manifestant pacifiquement. Ils sont déjà dans le sac. Ce sont tous des mondialistes. Pas comme nous, les Européens d’Europe centrale et orientale, qui savons que la monnaie nationale et une dette nationale gérable sont autant une garantie de notre liberté et de notre souveraineté nationale que l’unanimité des votations concernant l’UE.

(Traduction Horizons et débats)


* Zoltán Kiszelly (*1971) est politologue diplômé habitant Budapest. Enseignant à l'Université János Kodolányi à Budapest, il fut observateur OSCE des élections au Kosovo (2001), en Russie (2004) et observateur des élections mid-term sur invitation du US-State-Department américain (2006). Il est membre de la Société hongroise des sciences politiques et de l'Association pour la protection de monuments de Budapest.

 

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