La guerre économique des Etats-Unis contre l’Allemagne

par Eberhard Hamer, Mittelstandsinstitut, Hanovre

Au cours des cinq dernières années, les tribunaux américains ont infligé des amendes de plus de 50 milliards de dollars à des banques et entreprises allemandes pour divers motifs et les ont encaissées. De plus, les Etats-Unis ont éliminé les entreprises allemandes des affaires avec l’Iran et la Russie au travers de sanctions arbitraires, alors qu’ils permettent à leurs propres entreprises d’entrer en affaires avec ces derniers.

Les Etats-Unis veulent toujours arrêter le projet du gazoduc Nord Stream 2 de la Russie vers l’Allemagne par des sanctions et ont à plusieurs reprises étendu ces sanctions, même aux ports et aux entreprises indirectement impliqués dans la construction. Ils veulent utiliser la force pour empêcher l’approvisionnement de l’Allemagne par la Russie, ce qui porterait préjudice non seulement à la Russie mais aussi à l’Allemagne. 

Depuis des décennies, l’ensemble du secteur allemand des télécommunications est également surveillé avec des points nodaux américains et par le contrôle total de la NSA. En particulier, ce sont les innovations techniques des entreprises allemandes qui sont filtrées et transmises à la concurrence américaine; non seulement les télécommunications fixes, mais aussi chaque téléphone mobile et chaque communication numérique. 

Si le gouvernement prenait au sérieux son serment de s’engager «pour le bien du peuple allemand», il aurait réagi depuis longtemps. Cependant, la chancelière n’a réagi aux contrôles des écoutes téléphoniques, même de son propre téléphone portable, qu’en déclarant: «C’est comme ça!» L’UE a déjà évalué à 50 milliards par an les dommages causés par l’espionnage des communications par la NSA américaine, principalement en Allemagne.

Le blocus actuel de notre approvisionnement en énergie en provenance de Russie affecte non seulement notre économie, mais il affectera également nos ménages privés si l’énergie devient rare, chère et incertaine à l’avenir. 

Les mesures américaines contre notre économie et notre approvisionnement contredisent l’affirmation du gouvernement selon laquelle «les Etats-Unis sont nos alliés».

Les Etats-Unis ont donc décidé de sanctions sévères non seulement contre la Chine, la Russie et l’Iran, mais aussi contre l’Allemagne. Bien que l’Allemagne fasse partie d’une alliance militaire avec les Etats-Unis au sein de l’OTAN, elle est en fait en guerre économique. Et notre alliance militaire devient également de plus en plus contestable parce que l’Allemagne n’a pas d’ennemis à ses frontières ou en Europe, mais doit payer des contributions en armement toujours plus élevées. Ursula von der Leyen, en tant que ministre de la Défense, a fait passer le budget prescrit par l’OTAN de 35 à 50 milliards. Les Etats-Unis réclament 70 milliards, sans dire pourquoi. Et notre gouvernement paie et paie et ne réagit pas aux attaques économiques constamment nouvelles des Etats-Unis.

Un gouvernement représentant les intérêts allemands et non ceux des Etats-Unis aurait un certain nombre de possibilités pour contrer les attaques économiques des Etats-Unis:

  • Le gouvernement fédéral aurait dû encourager les Etats-Unis dans leurs plans de réduction du nombre de troupes américaines en Allemagne au lieu de s’en plaindre. Après tout, cela aurait réduit les coûts d’occupation et accru notre indépendance.
  • Du point de vue allemand, il n’y a aucune raison d’augmenter le budget prescrit par l’OTAN. Le gouvernement fédéral n’aurait pas dû augmenter ce budget, mais il aurait dû l’assortir d’une augmentation de conditions, comme l’approbation du gazoduc Nord Stream 2. Même maintenant, le gouvernement allemand aurait toujours la possibilité de retenir les paiements de l’OTAN en référence au précédent blocus du gazoduc. 
  • Le gouvernement allemand aurait dû depuis longtemps s’assurer que les réseaux numériques ne soient plus concentrés via les Etats-Unis mais uniquement en Europe, afin de réduire l’espionnage américain. 
  • Le gouvernement fédéral ne devrait pas empêcher le ministre des finances Scholz de taxer le chiffre d’affaires des entreprises numériques américaines en Allemagne au moyen d’une taxe sur les transactions financières. Celui qui fait peser sur chaque entreprise moyenne les impôts les plus élevés au monde, en taxant même les frais de voyage, ne devrait pas laisser les grandes entreprises américaines en franchise d’impôt!
  • L’attitude agressive de l’Allemagne à l’encontre de la Russie – voulue par les Etats-Unis – est également contre-productive. La guerre économique des Etats-Unis contre nous et l’effondrement imminent de l’empire du dollar nous obligeront un jour à augmenter les affaires avec l’Est. Mme Merkel et ses deux amis, M.Maas et M. Röttgen,ont porté atteinte à nos relations avec l’une des plus importantes économies mondiales à long terme, en formant l’avant-garde de la campagne hargneuse et agressive entreprise par l’UE contre la Russie. Comment Mme Merkel pouvait-elle suivre la poursuite des sanctions américaines contre la Russie en Europe, alors que c’est précisément l’économie allemande qui avait subi le plus de dommages et que nous aurions le plus à gagner du marché russe?

L’Allemagne ne doit pas être un pays belliciste et ne doit pas être parti à la guerre. Nous aurions dû enfin comprendre que ce n’est qu’en paix que nous nous pouvons vivre heureux et forts économiquement. Cependant, si les Etats-Unis nous mènent également une guerre économique, nous ne devons pas rester inactifs: nous devons résister!  •

(Traduction  Horizons et débats)

 

hd. Depuis plusieurs décennies, Eberhard Hamer publie des livres très lus sur divers sujets de politique sociale, mais surtout économique et financière, cela en tant qu’auteur ou éditeur. Les deux livres présentés ici ne sont qu’une petite sélection. Son volume «Visions 2050» (ISBN 978-3-86445-332-8), publié en 2016, présente les résultats des travaux de différents groupes de travail. «Was tun, wenn der Crash kommt?» (Que faire quand le krach arrive), son «classique» dans lequel il a été l’un des rares à prévoir la crise financière de 2007/2008 a été publié dans sa 10e édition en 2008. (ISBN 978-3-7892-8261-4).

 

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