Les sanctions perturbent gravement les soins de santé

Des pays comme la Syrie et l’Iran luttent contre le coronavirus sur deux fronts

par Karin Leukefeld

Les organisations d’aide internationales et privées promettent d’aider les plus faibles et sont concurrentielles sur le marché international des dons. Au vu des défis majeurs, le Secrétaire général des Nations Unies appelle à un cessez-le-feu mondial. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme appelle à un assouplissement des sanctions contre les pays luttant contre la maladie infectieuse Covid-19. 

Dans une lettre commune adressée au secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, les ambassadeurs de Russie, de Chine, de Corée du Nord, d’Iran, de Syrie, du Venezuela et du Nicaragua ont demandé la levée immédiate des sanctions économiques contre leurs pays, rappelant comment le monde entier est touché par la maladie, et la nécessité pour tous les pays de disposer d'égales possibilités pour lutter contre la maladie et de coopérer entre eux. 

L’Iran, souffrant des sanctions américaines depuis 1979, est particulièrement touché. Avec le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire commun au début de 2018, le président américain Donald Trump a aggravé la situation. L’assouplissement convenu des sanctions n’est pas entré en vigueur. Tout au contraire, M. Trump a annoncé que les exportations de pétrole de l’Iran seraient «réduites à zéro». Selon l’administration américaine, des sanctions financières de grande envergure, entrées en vigueur à la fin de 2019, servent à isoler l’Iran également sur le plan économique. 

Selon les informations du ministère de la Santé à Téhéran du 25 mars 2020, 2077 personnes sont mortes de la maladie infectieuse, dont 50 médecins. Plus de 27 000 personnes sont infectées par la maladie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a envoyé 7,5 tonnes de fournitures médicales, y compris des tests et des vêtements de protection pour les médecins et le personnel médical.

La Syrie et le Liban souffrent également des sanctions américaines. Les économies des deux pays sont étroitement liées, et les pressions économiques et financières des sanctions américaines et européennes contre la Syrie – concernant particulièrement le dollar américain et d’autres réserves de devises étrangères – affectent également le Liban. 

Au Liban, les premiers cas de maladie ont été enregistrés début mars, et le 15 mars, l’état d’urgence et un couvre-feu ont été imposés. Les écoles et les universités, les restaurants et les cafés, les ports, les frontières et le seul aéroport du pays ont été fermés. Le 25 mars 2020, le nombre de maladies a été rapporté par le ministère de la santé à 333; six personnes sont mortes jusqu’à présent. Jeudi, le Conseil de la défense libanaise, présidé par le président Michel Aoun, a prolongé le couvre-feu de 15 jours supplémentaires jusqu’au 12 avril 2020. 

Depuis 2011, la Syrie est soumise à une longue liste de sanctions économiques punitives imposées par le Conseil de l’Europe, en plus des sanctions américaines. En raison de neuf années de guerre et du déplacement de millions de personnes, les conditions de vie sont précaires. Le système de santé atteint ses limites depuis des années et le pays manque de personnel médical bien formé. Environ 70 000 médecins et autres spécialistes médicaux ont quitté le pays.

Depuis la mi-mars, les écoles et les universités, les jardins d’enfants, les restaurants et les cafés sont fermés. Pour la population de toutes les provinces du pays, un couvre-feu de nuit de 18 à 6 heures a été imposé. Les frontières avec la Jordanie et le Liban, voisins de la Syrie, ont été fermées, et les transports privés et publics – à l’exception des biens essentiels – ont été suspendus. Selon le ministère de la santé, il y a cinq infections confirmées par le coronavirus. A Zabadani, un hôpital spécial a été ouvert pour les urgences, et un centre de mise en quarantaine est en place à Al Dweir, près de Damas. 

Dans les régions du nord et de l’est du pays, non contrôlées par le gouvernement syrien, les «Casques blancs» ou les «Forces démocratiques syriennes» dirigées par les Kurdes s’occupent de la situation sanitaire. Ils reçoivent le soutien de l’Organisation mondiale de la santé.

Première publication dans https://www.neues-deutschland.de/artikel/1134788.corona-im-mittleren-osten-corona-achtet-nicht-auf-sanktionen.html du 27 mars 2020. Reproduit avec l’aimable autorisation de l’auteur.

(Traduction: Horizons et débats

 

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