Confinement COVID-19: la Nature reprend son espace

par Nicole Duprat*, France

Jamais la terre n’aura connu de printemps aussi paisible depuis des décennies. La Nature retrouve un retrouve son espace et les animaux tirent profit du confinement. Souvent ébahis, nous avons pu constater un retour et une proximité de la faune à divers points du globe.

  • Les dauphins nagent près des côtes à Cagliari en Sardaigne et dans les calanques de Marseille.
  • A Venise, la Sérénissime, les eaux sont redevenues transparentes grâce à la disparition des bateaux du tourisme de masse. Les habitants de la Cité des Doges ont pu se réjouir de la présence de nombreux bancs de poissons.
  • Des biches se sont promenées en ville en Pologne.
  • Un puma s’aventure dans la rue au Chili.
  • Des canards col-vert marchent en compagnie des joggers sur les trottoirs de la ville de Paris.
  • Un troupeau de chèvres magnifiques déambule à Lhanduno au sud du Pays de Galles.
  • A Londres, pour la plus grande joie des enfants, des cerfs qui ne tiraient pas le traineau du Père Noel, n’hésitaient pas à faire du gazon des quartiers résidentiels leur déjeuner.
  • A Milan, un cygne blanc s’est même aventuré jusqu’au centre-ville.

Avec le confinement, animaux et plantes profitent du calme retrouvé tandis que les humains prennent plus de temps à observer la Nature. Les habitants des grandes villes ont redécouvert le gazouillis des oiseaux. Les oiseaux des grandes villes ne sont pas plus nombreux, c’est plutôt qu’on les entend mieux. Oublié le brouhaha intempestif des klaxons! Profitant du silence qui s’installe dans nos rues, la grive musicienne et le rouge-gorge nous délectent chaque matin de leurs vocalises.

La baisse du trafic routier et aérien a provoqué une diminution de la pollution sonore. Dans les grandes capitales, le niveau sonore a diminué de 90 % sur certains axes routiers.

Les animaux sont dépollués du bruit humain. Idem pour les plantes. Les pelouses non tondues fleurissent et permettent aux bourdons, aux abeilles et aux papillons de butiner allégrement.

Les personnes confinées qui n’ont pas la chance d’habiter à la campagne réalisent à quel point la Nature leur manque.

Inspirer un grand bol d’air pur est redevenu un plaisir depuis que l’odeur âcre de la pollution s’est évaporée. Et depuis ce temps, nous n’avons pas eu un ciel si limpide. La pollution a considérablement chuté.

S’il y a un enseignement à tirer de cette situation de confinement concernant les problèmes écologiques, c’est que quelques jours suffisent pour que la Nature reprenne ses droits, pour peu qu’on lui en laisse la possibilité.

Cette parenthèse oxygénante pour la faune, la flore, nos poumons et le climat doit nous ramener à des conduites plus raisonnables.

Cela signifie aussi que le rêve d’un partage des espaces plus respectueux avec le reste du vivant ne se réduit pas à la seule équation moins d’humains égale plus d’animaux: il impose un renouveau radical de notre façon de cohabiter avec eux.

Ce qui comptera vraiment après cette crise, c’est de comprendre qu’il ne s’agit pas de purifier l’air sur le court terme mais bien d’assainir notre économie sur le long terme. 


* Après avoir terminé ses études à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence (Droit et Relations internationales) et à l’Institut Pédagogique Saint-Cassien à Marseille, Nicole Duprat a travaillé comme enseignante pendant de nombreuses années. Elle est aujourd’hui à la retraite et vit à Vallabrègues, un petit village (où autrefois résidaient 400 vanniers très actifs), connu pour son festival européen annuel de la Vannerie et de l’Artisanat, près d’Avignon. Elle est collaboratrice au journal Horizons et débats, l’édition française de Zeit-Fragen.

Hymne à la vie

Et les humains demeurèrent chez eux
Ils se mirent à lire, à jardiner, à réfléchir
Dans l’incertitude de demain
Ils comprirent enfin ce que signifie
Apprécier l’instant présent
Peu à peu les publicités vantant
Des produits dont ils n’avaient guère besoin
Leur semblèrent bien vides
Ils commencèrent  à distinguer
L’essentiel de l’accessoire
A relativiser leur condition
Ils prirent conscience de leur besoin des autres
Du sens du mot Humanité
Et à voir combien ils étaient fragiles
Ils n’étaient pas en train
De survivre mais bien de vivre
Ils venaient de recevoir un présent merveilleux
Et précieux : on leur avait donné du temps
Et la Terre les trouva digne d’elle
Et elle commença à respirer

Nicole Duprat

 

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