Stop à l’huile de palme!

Référendum contre un accord de libre-échange avec l’Indonésie

par Claudia Meier, agricultrice et institutrice de maternelle

En tant que membre de l’AELE, la Suisse a fait un nouveau pas en direction d’un libre-échange agricole mondialisé. Le 20 décembre 2019, le Parlement a approuvé un accord de partenariat économique global entre la Suisse et l’Indonésie. Le 31 décembre, cet accord a été publié au Journal officiel fédéral. De nombreux groupes ont réclamé un référendum, qui sera en cours jusqu’au 9 avril.

Willy Cretegny, vigneron bio à Satigny GE, a immédiatement instauré une résistance en initiant le référendum «Stop à l’huile de palme». Lors d’une conférence de presse le 27 janvier à Berne, Cretegny a réitéré les arguments suivants : «Un accord de libre-échange [avec l’Indonésie], cela signifie l’extension de la monoculture de l’huile de palme et la destruction de la forêt tropicale, cela induit le travail des enfants et le travail forcé, l’utilisation de pesticides hautement toxiques et l’expulsion des petits agriculteurs indonésiens et des populations indigènes.»

La politique de libre-échange expose la production locale à une concurrence déloyale, en Indonésie comme en Suisse. Par ailleurs, souligne Cretegny, le réchauffement climatique requiert l’abandon du libre-échange au profit d’une politique commerciale favorisant les produits locaux.

Michelle Reichelt, du mouvement «Klimastreik Schweiz» (Grève du climat – Suisse) ajoute qu’en signant un accord de libre-échange, la Suisse serait en partie responsable de la souffrance de la population indonésienne et de la surexploitation de la nature résultant de la culture de l’huile de palme.

Il ne faut pas mettre la production nationale de graines oléagineuses en danger!

L’importation d’importants tonnages d’huile de palme à bas prix  exercerait encore un peu plus une inutile pression sur les prix des agriculteurs suisses. Rudi Berli, secrétaire syndical d’Uniterre, est convaincu que l’accord de libre-échange avec l’Indonésie serait un facteur de danger plus grand pour la production nationale d’oléagineux. Selon Berli, la Suisse a un taux d’autosuffisance  de 35% en ce qui concerne les oléagineux. Sur le plan écologique et économique, il serait logique de maintenir ce niveau de production, a déclaré M. Berli. L’accord contient une clause de sauvegarde qui pourrait être activée en cas de déséquilibre du marché: «Malheureusement, l’expérience tirée des importations de céréales panifiables et de vin nous a démontré que ces clauses de sauvegarde ne sont jamais appliquées».

De plus, Berli a également souligné que l’objectif de l’industrie alimentaire tendrait vers une libre disponibilité de toutes les matières premières, et ce aux prix les plus bas possible. «Cela aurait des conséquences graves pour les gens et pour l’environnement», déclare le maraîcher genevois. L’huile de palme serait la deuxième huile la plus importée en Suisse et, ces dernières années, elle a de progressivement supplanté la production oléagineuse nationale. «L’huile de palme est un désastre écologique et social absolu», déclare Berli. En outre, la Suisse entretient déjà des relations commerciales avec l’Indonésie et n’a donc pas besoin de l’accord planifié. Dans le cadre de ces relations, nous pouvons, ou plutôt nous devons, exiger de toute urgence que l’Indonésie remplisse les critères de durabilité nécessaires pour l’importation d’huile de palme en Suisse si la demande ne peut être satisfaite par l’huile végétale nationale.

L’accord profite surtout aux actionnaires des sociétés multinationales

Amanda Ioset, secrétaire générale de l’organisation Solidarité sans frontières, a déclaré au journal Schweizer Bauer: «En Indonésie pas plus qu’en Suisse, le libre-échange n’augmentera la prospérité ni la qualité de vie. Il ne fait que servir les intérêts des actionnaires des sociétés multinationales»1

Willy Cretegny a conclu la conférence de presse en déclarant: «Nous ne sommes pas contre le commerce, mais nous voulons que les deux partenaires commerciaux, les deux parties d’un échange commercial, soient gagnants». Ce qui n’est pas le cas avec cet accord. Il a ajouté que le référendum doit envoyer un signal aussi clair que possible en ce qui concerne les discussions à venir sur l’accord de libre-échange avec le Mercosur.

A ce jour, le référendum est soutenu par: Uniterre, Multiwatch, Incomindios, Agrisodu, Grassrooted, Agrarinfo, Parti du travail, SolidaritéS, Nouveau Radical, Bioforum, Longo Maï, Solidarité sans frontières, Juso, Tier-im-Fokus, Kleinbauern-Vereinigung/Association des petits paysans.

Nous avons jusqu’au 9 avril 2020 pour soumettre les 50 000 signatures certifiées requises.

Les formulaires de signature peuvent être téléchargés et imprimés à partir du lien suivant: https://uniterre.ch/fr/thematiques/referendum-contre-laccord-de-libre-echange-avec-lindonesie

1 Tschannen, Anja. «L’huile de palme est une catastrophe. Lancement d’un référendum contre le libre-échange de l’huile de palme», dans le journal Schweizer Bauer du 29.1.2020

 

Les Verts CH sympathisent avec le référendum

Maya Graf, conseillère d’Etat, membre du parti des Verts et agricultrice bio se prononce sur ses positions

Horizons et Débats : J’ai lu avec beaucoup d’intérêt ce qui concerne le référendum contre un accord de libre-échange avec l’Indonésie qui a été lancé en janvier par le viticulteur bio Willy Cretegny ainsi que par un certain nombre d’associations. Le parti des Verts fait-il également campagne en faveur de ce référendum? Après tout, le libre-échange mondial pratiqué sans normes efficaces de durabilité et plus encore, le libre-échange dans le domaine de l’agriculture sont diamétralement opposés aux préoccupations des Verts en matière de politique agricole et climatique.

Maya Graf: Uniterre s’est approprié le référendum et a interrogé les représentants du parti des Verts au niveau cantonal. Certaines sections cantonales des Verts de Suisse romande s’y sont jointes et collectent les signatures. Et il est certain que les Verts recueillent également des signatures dans tous les cantons.
Si le référendum a lieu, l‘Assemblée des délégués des Verts Suisse le soutiendra certainement, c‘est-à-dire qu‘elle s’opposera à cet accord de libre-échange avec l‘Indonésie. Ces accords de libre-échange expriment une volonté d’introduire sur le marché suisse de l’huile de palme indonésienne en franchise de droits et selon des critères de durabilité difficilement contrôlables. La protection de la forêt tropicale humide et des terres des petits agriculteurs n‘est pas pleinement garantie. C’est avec ces arguments qu’au Parlement nous nous sommes opposés à cet accord de libre-échange.

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