Quand l’idéologie domine au lieu du respect de la vie

La raison pour laquelle certains sujets n’ont pas leur place dans un livre pour enfants

par Nicole Duprat, France

Lors du Salon du Livre de Genève 2019, a été présenté un album pour enfants «Paulette» lors d’une conférence (sans débat contradictoire) intitulée «Pourquoi l’euthanasie est-elle un tabou dans les albums de jeunesse?».
    Sous ce titre quelque peu vindicatif, une histoire en apparence «innocente» aux illustrations fort bien réalisées, écrite par les auteurs prend la forme d’un conte pour permettre à l’enfant de s’identifier aux personnages. Une poule, atteinte d’une maladie grave souhaite ne plus souffrir. Elle décide donc du contrôle de son existence en ayant recours à l’euthanasie comme solution finale. Une euthanasie pratiquée sous le regard d’une famille de volatiles de la basse-cour, sensée nous «attendrire» et préparer l’enfant au départ d’un être cher.
    Les protagonistes ont essayé de nous convaincre (l’euthanasie est légale en Belgique) du bien -fondé de leur démarche mais on peut se demander quel est le vrai tabou? Est-ce l’euthanasie ou le refus d’aimer la vie jusqu’au bout ou le fait d’accepter qu’il y a même une joie dans le fait de mourir pour celui qui a bien vécu son existence?
    En outre il est peu probable dans la réalité que des médecins puissent pratiquer l’abrogation de l’existence de quelqu’un par une piqure fatale devant l’enfant et sa famille. Il n’est pas nécessaire de faire vivre à l’enfant et sa famille une pratique empreinte de morbidité. Le climat anxiogène d’une telle situation n’est pas évoqué dans le livre.
    Qu’il est rude de prendre l’enfant comme un adulte en miniature et le conditionner à adopter des attitudes pour lesquelles il n’a pas la maturité psychologique ni les éléments de compréhension de la vie et de la mort! Imposer à l’enfant le sens de l’euthanasie comme solution finale de l’existence n’est ni respecter l’univers de l’enfant ni faire preuve de sens psychologique quant à sa sensibilité personnelle!
    Qu’il est malhonnête de béatifier l’euthanasie sans parler de l’accompagnement de fin de vie qui peut s’accomplir avec sérénité! La maladie n’est pas un scandale et la vieillesse n’est pas une déchéance. La maladie et la souffrance, l’enfant peut les comprendre en le mettant en contact avec des enfants handicapés ou en ayant vécu même une maladie moins grave. 
    Qu’il est inhumain de manipuler le cerveau vierge de l’enfant pour lui imprimer une «image» d’une mort auto-décidée plutôt que de lui parler de la tendresse, du lien d’Amour dont l’être cher a tant besoin quant à son départ naturel! Aimer la Vie jusqu’au bout malgré les maux du corps vieillissant et la diminution physique qui s’instaure peu à peu est le plus bel exemple que nous puissions donner aux enfants en accompagnant nos proches dans leur dernier au revoir.
    ’Amour est plus fort que la mort. Le souvenir d’un être aimé est une fleur qui ne se fane pas.
    «Tu n’es plus là où tu étais mais tu es partout là où je suis». (Victor Hugo)

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