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Le dialogue russo-allemand lors de la 25ème rencontre de Potsdam

par Eva-Maria Föllmer-Müller

Le 18 mai 2021, les rencontres de Potsdam ont eu lieu pour la 25ème fois. Le sujet de la conférence actuelle est le suivant: changement des temps – de nouvelles perspectives de la coopération européenne entre la pandémie et le renouvellement. En ce qui concerne le but et l’importance de la conférence, Matthias Platzeck, président du conseil du Forum russo-allemand déclare: «C’est cette situation actuelle difficile qui exige une coopération plus étroite entre l’Allemagne et la Russie ainsi qu’entre l’UE et l’Union économique eurasienne (UEE), voilà ce qu’il faut promouvoir. Il s’agit de trouver des idées concrètes afin de définir des actions communes et de faire les premiers pas. C’est ce que nous faisons dans le cadre des rencontres de Potsdam.


En 1999, Roman Herzog, le Président Fédéral actuel, avait initié ces rencontres. Il voulait que, lors de débats de sujets actuels, une compréhension plus profonde des deux côtés crée d’autres formes de coopérations. Depuis, les représentants principaux du monde de la politique, de l’économie et de la culture ainsi que d’autres représentants de la vie publique de la Russie et de l’Allemagne  se rassemblent tous les ans pendant deux jours. Les organisateurs sont le Forum russo-allemand en coopération avec la Fondation Gorbatchev pour une diplomatie opaque. Depuis 2019, la rencontre se fait sous le patronat du ministre des affaires étrangères, Heiko Maas, et du ministre des affaires étrangère russe Sergueï Lavrov qui tenait un discours réconciliant.
    Des sujets politiques se trouvaient au centre des discussions pendant la matinée, tandis que l’après-midi était vouée aux questions de coopération économique.
    Les conférenciers inscrits au programme modéré par Alexandre Rahr étaient Konstantin Kossatschew, vice-président duConseil de fédération des assemblées fédérales, Dr. Thomas Kunze, chef du bureau international de la Fondation Konrad Adenauer et représentant de la Fédération Russe, Wolfgang Ischinger, ambassadeur non actifs et président de la conférence de la sécurité à Munich (qui remplaçait Dr. Johan Wadephul du Bundestag arrivé en retard), le Prof. Dr. Alexandre Dynkin, président de l’Institut Primakov pour l’éconmiemondiale et les relations internationales de l’Académie des sciences de Russie, Dr. Pawel Sawalnyi, président du groupe parlementaire russo-allemand et président de la commission sur l’énergie de la Duma de l’Assemblée fédérale de la Fédération de Russie. L’après-midi vouée aux relations économiques des deux pays était dominée par Peter Altmaier, ministre fédéral de l’économie et de l’énergie.
    Vue la situation tendue des relations russo-allemandes, les rencontres offraient une des rares opportunités pour un échange ouvert d’égal à égal. La plupart des prises de positions et des contributions au débat étaient dirigées vers le futur et motivées par la pensée de la paix, de la réconciliation, d’une compréhension commune, de l’intérêt de bonnes relations et de la volonté de continuer la coopération qui dure depuis des années.
    Matthias Platzek a souhaité la bienvenue à tous les participants, tout en appréciant l’effort des participants russes qui n’avaient ménagé aucun effort pour assister à la conférence à Berlin.

Repenser à ce qui nous lie

«Les relations entre l’Ouest et la Russie, l’Union Européenne et l’Allemagne et la Russie se trouvent […] dans la pire crise depuis 1990, la fin de la Guerre Froide. Nous nous trouvons dans une nouvelle ère de confrontation et de courses aux armements depuis longtemps», a déclaré Matthias Platzeck en souhaitant la bienvenue et en attirant l’attention sur l’anéantissement de la Russie par l’Allemagne le 22 juin il y a 80 ans, tout en rappelant les victimes soviétiques: 12 millions de soldats et 15 millions de civils. «J’ai le faible espoir que cette date nous feraréfléchir. […] Et que nous penserons plus à ce qui nous lie qu’à ce qui nous sépare.»

Créer la confiance 
par le biais du souvenir

M. Platzeck a rappelé la politique de l’Est de Willy Brandt et d’Egon Bahr, qui aurait démontré que «dans les relations entre l’Est et l’Ouest, même de grandes différences peuvent être surmontées.» Il a mis l’accent sur le potentiel et le grand intérêt de la coopération économique et sociale entre l’Allemagne et la Russie. «Ce sont surtout les citoyens et les citoyennes qui continuent à vivre les idées de la politique de l’Est – réconciliation, responsabilité et compréhension mutuelle. Par des jumelages, des échanges entre jeunes, des jumelages entre les écoles et les universités, les Allemands et les Russes coopèrent avec confiance. Dans de nombreux projets communs, ils échangent leurs idées qu’il s’agisse de la nouvelle mobilité, de la participation sociale ou d’une coopération entre les musées.

La Russie ne veut pas de confrontation

Au début de son discours, le ministre des affaires étrangères russe Sergueï Lavrov a regretté que la pandémie n’ait pas mené à une coopération plus étroite de la communauté internationale et a dit: «L’orientation antirusse de quelques média allemands est très forte.» Le manque de confiance ne cesse de croître et «l’érosion dangereuse du fondement de nos relations» continue. Il a répété que la Russie ne voulait pas de confrontation. En ce qui concerne les relations russo-allemandes il s’est prononcé pour «un ordre de jour positif concernant différents aspects». Aussi trouva-t-il «positif que ‹les capitaines› de l’économie allemande se montrent prêts à continuer la coopération prospère avec leur partenaires russes». Et à continuer: «Pour Moscou, Berlin reste toujours un acteur international important. Nous sommes toujours prêts à toute sorte de dialogue pourvu qu’il soit cohérent et respectueux. Nous savons qu’en Allemagne aussi, beaucoup de gens veulent des relations russo-allemandes basées sur des principes d’attention et de l’égalité en respectant les intérêts communs. […] Je compte sur le fait que la raison l’emportera et que les intérêts nationaux vaincront les schémas idéologiques de la Guerre Froides.»

Construire des ponts en temps difficiles

D’après Sergueï Lavrov, pour vaincre les difficultés économiques dues à la pandémie, on devrait combiner les potentiels. Par rapport à cela, il a fait référence à l’initiative du Président russe Vladimir Poutine qui projette un «grand partenariat eurasiatique» ouvert à tous les pays asiatiques et européens. Il a rendu hommage aux rencontres de Potsdam en tant qu’initiative positive dans le cadre du dialogue russo-allemand qui ont joué un rôle particulier de nos jours: «A l’époque, on projetait ces initiatives afin de survivre à toute sorte de tempêtes politiques.»
    Voici donc deux discours représentatifs de toute la panoplie de conférences ayant pour but de bâtir des ponts en ces temps difficiles.

 

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