Des erreurs d’appréciation presque catastrophiques

par Ralph Bosshard

Ces derniers temps, lorsqu’il est question de la Russie dans les congrès de l’OTAN, on entend souvent: «L’ours rugit à nouveau». Cette formule exprime parfaitement la flagrante erreur de jugement à l’égard de  la Russie. Lorsque l’image du prédateur agressif est accompagnée d’une référence à ses griffes comme autant de systèmes d’armes et de troupes, les camarades plus âgés se remémorent la propagande de la guerre froide. Mais la comparaison n’est pas plus vraie aujourd’hui qu’elle ne l’était alors. 

Propagande et évaluation 
lucide de la situation

Dans les années qui ont suivi la mort de Staline en 1953, le nouveau chef d’Etat soviétique et chef du parti, Nikita Khrouchtchev, a lancé l’idée de «coexistence pacifique». Ce faisant, il reprenait une idée de l’ancien ministre soviétique des affaires étrangères Gueorgui Tchitcherine, qui avait, dans les années 1920, initié sous cette maxime le rapprochement de l’Union soviétique avec les Etats d’Europe occidentale, et préparé l’entrée de l’Union soviétique dans la Société des Nations.1 Cependant, Khrouchtchev n’avait pas l’intention de proclamer une paix éternelle, mais annonçait la décision de mener la lutte des classes avec les Etats de l’OTAN, inévitable d’un point de vue idéologique, avec des moyens autres que militaires. Pendant ce temps, la guerre des services secrets et les guerres par procuration en dehors de l’Europe ne cessèrent de faire rage. Rejeter la «coexistence pacifique» comme une simple rhétorique de propagande est donc tout aussi erroné que de la relier directement avec la planification militaire opérationnelle en Europe centrale, comme un rapport du service scientifique du Bundestag allemand a tenté de le faire en 2015.2 Il est révélateur que cette même étude de la doctrine militaire de l’Union soviétique et de la Fédération de Russie depuis les années 1970 ne s’appuie sur aucune source en langue russe mais orthographie systématiquement de manière fausse le nom de l’ancien chef d’état-major général soviétique Nikolaï Ogarkov,et parle de l’Armée rouge qui, tout de même, s’appelle Armée soviétique depuis déjà 1946.
    Entre la doctrine militaire et la planification opérationnelle il y a, entre autres, l’évaluation de la situation militaire. Sur la base de son évaluation de la situation, l’état-major soviétique est arrivé à la conclusion, après 1955, que compte tenu de la puissance militaire du Pacte de Varsovie nouvellement créé, la guerre entre l’Occident et le bloc socialiste n’était plus inévitable.3 Ensemble, les alliés étaient assez forts pour tenir tête à l’OTAN. Cela distingue la situation de l’époque de celle d’aujourd’hui, où, en termes conventionnels, l’OTAN est massivement supérieure à la Russie et à ses alliés de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) (voir encadré).4
    La planification opérationnelle du Pacte de Varsovie en cas de guerre en Europe centrale se référait au pire cas imaginable, où l’OTAN, pour une raison quelconque, aurait souhaité mettre fin à la coexistence pacifique. Les membres du Pacte de Varsovie ont toujours considéré que l’Ouest, en infériorité numérique dans le domaine conventionnel, ouvrirait l’agression avec des armes nucléaires. Après avoir examiné les plans opérationnels et les scénarios d’exercices dans les archives des anciens Etats du Pacte de Varsovie, l’historien militaire suisse Rudolf Fuhrer a déclaré que la situation initiale avait toujours été formulée en supposant une large attaque nucléaire de l’OTAN contre la RDA et la Tchécoslovaquie, avec la nécessité de lancer le plus rapidement possible une contre-attaque.5 L’expérience de la phase finale de la Seconde Guerre mondiale, et globalement de cette «Grande Guerre patriotique» a donné naissance à la doctrine soviétique selon laquelle, après avoir repoussé une agression, les hostilités doivent être poursuivies jusqu’à ce que l’ennemi ait perdu la capacité et la motivation de poursuivre la guerre. 
    Contrairement à Staline, Nikita Khrouchtchev était convaincu de l’utilité des armes nucléaires, et a donc donné des instructions aux chefs d’état-major de l’Armée soviétique, les maréchaux Matvéï Sakharov et Sergueï Biriouzov,6 pour moderniser et réduire les effectifs de l’armée. Khrouchtchev a pu se sentir conforté dans son opinion par l’issue de la crise des missiles de Cuba, dont il se considérait comme le vainqueur. A l’avenir, l’élément décisif d’une guerre contre l’Occident devait être la contre-attaque avec des armes nucléaires, menée immédiatement après la première frappe nucléaire de l’OTAN. Dans cette phase, les troupes de l’armée mèneraient une bataille frontalière.7 L’objectif de la contre-attaque sur le terrain devait alors être d’éliminer l’Allemagne de l’Ouest en tant que zone de déploiement des forces nucléaires et conventionnelles de l’OTAN. En d’autres termes, si l’OTAN avait attaqué les Etats du Pacte de Varsovie, l’armée soviétique aurait dévasté l’Allemagne de l’Ouest. 

La pré-défense de l’OTAN 
et les armes nucléaires

La croyance en l’utilité de frappes nucléaires a également prévalu à l’Ouest. Dans la dernière phase de son mandat, le président américain Eisenhower a ordonné la révision des plans opérationnels des forces armées américaines et leur consolidation en un seul plan opérationnel, le Single Integrated Operational PlanSIOP.8
    Le successeur d’Eisenhower, John F. Kennedy, n’était pas satisfait de la seule option que lui laissait le SIOP-62, à savoir le lancement d’une guerre nucléaire mondiale. Il a réclamé toute une série d’autres options, qui ont finalement abouti au concept de «réponse flexible».9 Si, en raison de la faiblesse conventionnelle de l’OTAN, un président américain avait été contraint d’ordonner l’utilisation d’armes nucléaires quelques jours seulement après le déclenchement de la guerre, ce concept aurait été contourné dans les faits. Car la question de savoir si l’on serait capable de limiter une guerre menée avec des armes nucléaires tactiques et opérationnelles, et d’éviter une escalade vers une guerre nucléaire mondiale restait très controversée (voir encadré).
    Alors que les membres du Pacte de Varsovie s’attendaient à une première frappe nucléaire de l’OTAN et à une offensive en Allemagne de l’Est et en Tchécoslovaquie, l’OTAN se sentait uniquement assez forte pour assurer sa défense au niveau du rideau de fer, c’est-à-dire à la frontière germano-allemande. La principale ligne de défense fut définie sur la ligne Weser-Lech. Il n’était pas question d’une offensive en RDA ou en Tchécoslovaquie. Cependant, l’OTAN envisageait de déplacer son artillerie nucléaire si loin à l’est qu’elle aurait été capable de frapper des cibles en Allemagne de l’Est et en Tchécoslovaquie.10 Le point culminant de la croyance en l’utilité des armes nucléaires a été l’introduction par l’armée américaine du canon léger «Davy Crockett», qui permettait à un groupe de cinq soldats de tirer une arme nucléaire sur une distance de 2 à 4 km.11 D’autre part, les mines nucléaires jouaient à l’époque un rôle important dans la planification de la défense sur sol ouest-allemand.
    Du côté du Pacte de Varsovie, les armes nucléaires conservaient également leur importance dans les plans opérationnels. Selon les procédures d’intervention prévues, les forces conventionnelles devaient profiter du chaos qui aurait suivi une frappe nucléaire pour avancer aussi vite que possible. Les hypothèses extrêmement optimistes concernant la vitesse de progression des forces terrestres, que l’on retrouve dans les plans opérationnels et les scénarios d’exercices, ne s’expliquent que par des frappes nucléaires. A 100 km par jour, cette progression est trois à quatre fois supérieure aux hypothèses actuelles.12 Dans son étude du plan opérationnel de l’Armée populaire tchécoslovaque de 1964, l’historien tchèque Peter Luňáka démontré que les militaires du Pacte de Varsovie étaient eux-mêmes sceptiques face à des scénarios aussi optimistes. C’est précisément ce plan opérationnel que l’historien militaire suisse Rudolf Fuhrer considère non pas comme un scénario d’exercice mais comme faisant partie d’un «plan directeur», jusqu’alors non découvert de l’état-major soviétique. Il  témoigne aussi de la croyance en l’exploitabilité des armes nucléaires dans une guerre en Europe centrale. 

Tensions aux abords du rideau de fer

L’une des mesures par lesquelles les dirigeants de l’Armée soviétique ont tenté de convaincre l’OTAN qu’une attaque n’offrait aucune perspective, était le haut niveau de préparation permanent des troupes: à tout moment, 85 % des troupes de la RDA et de la Tchécoslovaquie devaient être disponibles dans les garnisons.13 Il semble que pendant longtemps, les dirigeants de l’Armée soviétique n’aient pas compris que cette haute disponibilité permanente était perçue comme une menace à l’Ouest, ou ont ignoré les craintes occidentales à ce sujet. L’OTAN, pour sa part, a soupçonné pendant toute la durée de la guerre froide l’Union soviétique de vouloir, au moyen d’une guerre nucléaire, étendre sa sphère d’influence à tous les pays européens.

Aujourd’hui, il y a des erreurs 
d’appréciation dangereuses

Avec la présence avancée renforcéede l’OTAN décidée en 2016, une situation s’est créée à la frontière occidentale de la République de Biélorussie qui ressemble de plus en plus à celle de la frontière intérieure allemande pendant la guerre froide.14 Après la construction, il y a quelques semaines, d’un nouveau camp dans la zone d’entraînement militaire lituanienne de Pabradė, à seulement 8 km de la frontière biélorusse, permettant le stationnement permanent d’un bataillon de chars américain, un autre bataillon de chars de l’OTAN le rejoindra dans les prochaines semaines.15 En effet, l’exercice de certification «IRON WOLF II-2021» du bataillon de chars mixte germano-néerlandais 414 ne se déroulera pas sur le site actuel du bataillon à Rukla, mais de mi-octobre à fin octobre sur la zone d’entraînement de Pabradė.16 Le but de l’exercice est la «préparation au combat». Un tel stationnement à proximité de la frontière exige toutefois la présence d’éléments de reconnaissance et de sécurité jusqu’à la frontière nationale. Leur absence serait une négligence d’un point de vue militaire. Cela obligera la République de Biélorussie à poster un bataillon de combat permettant de surveiller la zone frontalière, et capable de livrer une certaine riposte militaire. L’époque des chars américains sur le qui-vive à la «Trouée de Fulda», en pleine guerre froide, semble être de retour en Lituanie.17 Toutefois, un phénomène est nouveau: ces dernières semaines et mois, on constate aussi un grand nombre de réfugiés, attirés de Biélorussie vers la capitale lituanienne Vilnius, dont la périphérie se trouve à seulement 30 km de Pabradė.18 Cela ne s’était pas produit à la frontière germano-allemande.
    En plus de ses propres quatre divisions blindées, la Pologne souhaite stationner une division américaine sur son territoire.19 La capitale Varsovie est située à l’est et sur l’un des obstacles topographiques les plus importants du pays, à savoir le fleuve Vistule. En cas d’intensification des tensions, cette localisation rendra nécessaire le déplacement de toutes ces troupes vers l’est, et donc vers la zone frontalière avec la Biélorussie. En cas de crise, une escalade est ainsi assurée dès le départ.

Conclusion

Même si la croyance en l’utilité des armes nucléaires dans les opérations terrestres n’est plus aussi inébranlable aujourd’hui qu’elle ne l’était pendant la guerre froide, et même si les armes conventionnelles peuvent aujourd’hui remplacer dans une certaine mesure les armes nucléaires tactico-opérationnelles, les développements de ces dernières années sont néanmoins préoccupants. Ces dernières années, les instruments de supervision des activités militaires, dont certains remontent à l’époque de la guerre froide, ont été supprimés ou affaiblis. Les Etats-Unis ont joué un rôle décisif à cet égard, mais l’Allemagne n’est pas totalement innocente non plus, ayant joué un rôle de premier plan dans l’utilisation abusive du Document de Viennedans le cadre du conflit en Ukraine (voir encadré ci-dessous). Il est difficile de comprendre pourquoi l’OTAN a d’une part tenu des consultations sur la Présence avancée renforcée, tout en affaiblissant le régime de vérification existant. 
    Pendant la guerre froide, la mauvaise appréciation des intentions respectives de l’adversaire a fait naître le danger d’une dévastation nucléaire en Europe centrale. Ce danger va réapparaître en Biélorussie, en Pologne et dans les Pays baltes si la propagande et l’alarmisme prennent le pas sur une vision sobre de la situation réelle. Reste à espérer que les avis raisonnables prévaudront. Mais l’espoir n’est pas un outil d’évaluation d’une situation militaire; en revanche, un système efficace de vérification des activités militaires au-delà des frontières nationales et des alliances constitue bel et bien un tel outil.  



Concernant ce terme, voir: Leonhard, Wolfgang. «Koexistenz, eine Form des Klassenkampfes», in: Die Zeit, 5/02/1960, en ligne à l’adresse https://www.zeit.de/1960/06/koexistenz-eine-form-des-klassenkampfes/komplettansicht. Sur la politique étrangère de l’Union soviétique, voir Blasius, Rainer. «Des Teufels Botschafter». «A Londres de 1932 à 1943, Ivan Maiski a connu cinq premiers ministres et trois rois, a rencontré de grands écrivains tels que George Bernard Shaw et H. G. Wells», in: Frankfurter Allgemeine Zeitung, 20.9.2016, p. 8. Sur Litvinov, voir http://bse.sci-lib.com/article070721.html. Cf. Brenner, Gerd. «Zweifrontenkrieg um Russlands Ressourcen», in: World Economy du 4.5.2020, en ligne à l’adresse https://www.world-economy.eu/nachrichten/detail/zweifrontenkrieg-um-russlands-ressourcen/. 
Voir Services scientifiques du Bundestag allemand: Die Militärdoktrinen der Sowjetunion und der Russischen Föderation seit den 1970er Jahren, Bedrohungsszenarien und Sprache im Vergleich, Ausarbeitung WD 2 – 3000 – 052/15, 26/03/15, en ligne à l’adresse https://www.bundestag.de/resource/blob/412840/2d4ad1e108ccf499692bad325c8c6d48/WD-2-052-15-pdf-data.pdf, surtout p. 7s. 
Désignation «Pacte de Varsovie» utilisée à l’Ouest. Voir Services scientifiques: Die Militärdoktrinen, op. cit., p. 5 
Cela ne fait aucun doute en matière de budgets de défense, où les Etats-Unis devancent de loin tous les autres pays: https://sipri.org/sites/default/files/2021-04/fs_2104_milex_0.pdf. Voir également le Global Power Index, surtout la comparaison entre les Etats-Unis et la Russie: https://www.globalfirepower.com/countries-comparison-detail.php?country1=united-states-of-america&country2=russia. 
Voir Fuhrer, Hans-Rudolf. «Alle Roten Pfeile kamen aus Osten – zu Recht?», in: Military Power Review de l’Armée suisse, n° 2/2012, p. 50, en ligne à l’adresse https://www.files.ethz.ch/isn/155690/MPR_2-12%20web.pdf. 
voir https://warheroes.ru/hero/hero.asp?Hero_id=717  et https://warheroes.ru/hero/hero.asp?Hero_id=684 
Les plans opérationnels de la 5e Armée nationale populaire NVA sont décrits en détail par Lautsch, Siegfried. «Geheime Planungen der Nationalen Volksarmee der Deutschen Demokratischen Republik in den 1980er Jahren», in: ÖMZ, en ligne à l’adressehttps://www.oemz-online.at/display/ZLIintranet/Geheime+Planungen+der+Nationalen+Volksarmee+der+Deutsche+Demokratische+Republik+in+den+1980er-Jahren. Idem.«Zur Planung realer Angriffs- und Verteidigungsoperationen im Warschauer Pakt, dargestellt am Beispiel der operativen Planung der 5. Armee der Nationalen Volksarmee der DDR im Kalten Krieg (1983 bis 1986)», in: MILITARY POWER REVUE de l’Armée suisse - Nr. 2/2011, pp. 20-33, en ligne à l’adresse https://www.files.ethz.ch/isn/134495/Gesamtausgabe%20MPR_2_11.pdf. Idem. «Kämpfen können, um nicht kämpfen zu müssen, operatives Denken im Selbstverständnis der NVA der DDR in den 1980er Jahren am Beispiel der Operativen Planungen des Militärbezirks V, Zeitzeugenbericht und militärwissenschaftlicher Beitrag», en ligne à l’adresse https://www.bmvg.de/resource/blob/5109028/c3b586e64e740fc20dcb7f5f5ebac093/zeitzeugenbericht-lautsch-kurz-data.pdf.Sur ce point également: Sass, Jakob. «Wie die NVA die Bundesrepublik erobern wollte», in: Die Welt du 28/08/13, en ligne à l’adresse https://www.welt.de/geschichte/article119445108/Wie-die-NVA-die-Bundesrepublik-erobern-wollte.html. 
Pour une vue d’ensemble, voir: HQ Strategic Air Command, History and Research Division: History of the Joint Strategic Target Planning Staff, Background and Preparation of SIOP-62, en ligne à l’adresse https://nsarchive2.gwu.edu/nukevault/ebb236/SIOP-62%20history.pdf. Cf. Burr, William. «The Creation of SIOP-62, more Evidence on the Origins of Overkill», in National Security Archive Electronic Briefing BookNo. 130, en ligne à l’adresse https://nsarchive2.gwu.edu/NSAEBB/NSAEBB130/index.htm. Sagan, Scott D. «SIOP-62: The Nuclear War Plan Briefing to President Kennedy», in: International Security,Vol. 12, No. 1 (Summer, 1987), pp. 22-51, en ligne à l’adresse https://www.belfercenter.org/sites/default/files/legacy/files/CMC50/ScottSaganSIOP62TheNuclearWarPlanBriefingtoPresidentKennedyInternationalSecurity.pdf. 
A cela s’ajouta la doctrine des «2½ guerres» (Two-and-a-half-wars), qui signifiait que les Etats-Unis devaient être capables de mener deux guerres régionales en même temps, et encore une petite guerre. Cf. Kaplan, Fred. «The Doctrine Gap, Reality vs. the Pentagon’s new strategy», in: Slate,6/07/05, en ligne à l’adresse https://slate.com/news-and-politics/2005/07/reality-vs-the-pentagon-s-new-strategy.html. 
10 Voir Hammerich, Helmut R. «Süddeutschland als Eckpfeiler der Verteidigung Europas, zu den Nato-Operationsplanungen während des Kalten Krieges», in: MILITARY POWER REVUE de l’Armée suisse, n° 2 /2011, en ligne à l’adresse http://www.vorharz.net/media/historie/helmut_hammerich.pdf et https://www.files.ethz.ch/isn/134495/Gesamtausgabe%20MPR_2_11.pdf. 
11 Pour un aperçu, voir http://nuclearweaponarchive.org/Usa/Weapons/Allbombs.html. Concernant spécifiquement «Davy Crockett», voir https://web.archive.org/web/20061027175600/;  http://www.guntruck.com/DavyCrockett.html; les pendants britanniques s’appelaient «Wee Gwen» et «Low-Yield Tony», http://www.nuclear-weapons.info/vw.htm#Wee%20Gwen.
12 Voir Parallel History Project on Nato and the Warsaw Pact (PHP), Taking Lyon on the Ninth Day? The 1964 Warsaw Pact Plan for a Nuclear War in Europe and Related Documents, PHP Publications Series, Washington D. C., Zurich, 2000, en ligne à l’adresse https://www.files.ethz.ch/isn/108642/warplan_dossier.pdf, notamment les essais de Mastny, Vojtech. Planning for the Unplannable, ibid. pp. 2-8 et Lunák, Petr. The Warsaw Pact War Plan of 1964, ibid. pp. 9-23.
13 Voir les informations officielles de l’OTAN à ce sujet: https://shape.Nato.int/efp et https://www.Nato.int/cps/en/Natohq/topics_136388.htm
14 Voir «Ständige Gefechtsbereitschaft» dans l’Armée nationale populaire NVA: http://www.flak11.de/ALARM.htm; cf. Services scientifiques: Die Militärdoktrinen, op. cit., p.10 
15 Actuellement, le 3ebataillon du 66e régiment de chars de Fort Riley, au Kansas, est stationné à Pabrade. Voir https://de.euronews.com/2021/09/01/camp-herkus-eingeweiht-us-soldaten-direkt-an-grenze-zu-belarus et https://pt-br.facebook.com/366AR/posts/1380723828656981/ 
16 Voir «Ein Stück Bergen in Litauen», in: Celle heute du 30/08/21, en ligne à l’adresse https://celleheute.de/ein-stueck-bergen-litauen
17 L’auteur a lui-même vu des éléments d’alarme d’un régiment de cavalerie blindée en RFA dans les années 1980.
18 Voir Rehman, Cedric. «Im Herrgottswinkel», in: Der Freitag, die Wochenzeitung, 36/2021, en ligne à l’adresse https://www.freitag.de/autoren/der-freitag/im-herrgottswinkel:«Le gouvernement est déjà dépassé et essaie désespérément de se débarrasser de migrants.»
19 Voir https://augengeradeaus.net/2018/05/polen-will-us-panzerdivision-und-bietet-zwei-milliarden-dollar/

Ralph Bosshard, études universitaires en Histoire, Histoire européenne de l’Est, Histoire militaire; diplômé en formation militaire supérieure à l’ETH Zurich ainsi que de la formation d’Etat général de l’Armée suisse; formation en langue russe à l’Université d’Etat de Moscou ensemble avec une formation 3edegré au sein de l’Académie militaire de l’Etat général de l’Armée russe. L’auteur est particulièrement familier avec la situation prévalant au Caucase du Sud par ses activités de six ans passés au sein de la mission OSCE comme conseiller intermédiaire du Représentant permanent de la Suisse. 


rb. Le Document de Vienne permet l’inspection à court terme d’activités militaires dans l’espace de l’OSCE. La version actuellement en vigueur peut être consultée à l’adresse https://www.osce.org/fr/fsc/86598. Les mesures de confiance et de sécurité comprenaient aussi le Traité Ciel ouvert (Treaty on Open Skies), que les Etats-Unis ont quitté. L’organisation d’une présence permanente de l’OTAN en Ukraine constitue un abus du Document de Vienne, tout comme les activités de renseignement des officiers de l’OTAN dans le cadre de l’OSCE, dont l’auteur a lui-même été témoin.

rb. La coopération militaire, en particulier avec la Chine dans le cadre de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), est un partenariat stratégique et non une alliance militaire, et il est peu probable qu’elle le devienne dans un avenir prévisible. Il ne faut pas s’attendre à des effets concrets de ce partenariat stratégique, car il est difficilement imaginable que la Chine fournirait un soutien militaire à la Russie dans une guerre en Europe de l’Est.


rb. Sous les successeurs de Kennedy Lyndon B. Johnson, Richard Nixon et Gerald Ford, divers scénarios ont été élaborés pour le déploiement de l’arsenal nucléaire stratégique américain. Il reste controversé de savoir si les scénarios différenciés, avec différentes catégories de cibles et la constitution de réserves auraient été reconnues comme tels par l’Union soviétique, ou simplement interprétés comme des représailles massives. Toutefois, le président américain Jimmy Carter,en particulier, a exigé que les armes nucléaires fassent partie intégrante de la planification générale de la défense. Cela suggère qu’il avait lui aussi des doutes sur la capacité à limiter une guerre en Europe centrale. 



cf. Gavin, Francis J. «The Myth of Flexible Response: United States Strategy in Europe during the 1960s», dans: The International History Review Vol. 23, No. 4 (déc., 2001), pp. 847-875, en ligne à l’adresse https://www.belfercenter.org/sites/default/files/legacy/files/CMC50/FrancisGavinTheMythOfFlexibleResponseUnitedStatesStrategyInEuropeDuringThe1960sInternationalHistoryReview.pdf.  Pour un bref aperçu, voir Meyer, Tobias. Flexible Response, en ligne à l’adresse https://www.grin.com/document/100675.  

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