Le maire de New York voudrait y reproduire le «Needle Park» de Zurich

par Bob Barr, Géorgie

Zurich, en Suisse, est un important centre financier international situé à l’extrémité nord du lac du même nom. De 1987 à 1992, cependant, cette superbe ville suisse a abrité le «Needle Park», un projet expérimental de consommation de drogues dures illicites qui a mal tourné et dont les conséquences désastreuses ont pesé sur la ville pendant des années.
    Trois décennies après ce fiasco de la consommation d’héroïne en Suisse, la nouvelle génération «woke» des maires, des procureurs et des gouverneurs des Etats-Unis souhaiterait recréer une version américanisée du Needle Park zurichois.
    Les partisans des «Safe Injection Facilities» (salles d’injection sécurisées) ou «SIF» semblent considérer qu’en leur fournissant seringues et autres accessoires nécessaires à la consommation de drogues tout en mettant à leur disposition un lieu sécurisé pour «se piquer» on aide réellement les toxicomanes. Dans ce monde bizarroïde, le fait d’en faciliter la consommation conduirait donc à une réduction de la toxicomanie.
    L’histoire est moins reluisante et nous a appris qu’encourager la consommation publique de substances illicites réglementées et hautement addictives telles que l’héroïne et la méthamphétamine (Crystal meth) n’est pas une si bonne idée, surtout lorsque, comme c’est actuellement le cas dans un grand nombre de grandes villes américaines, les taux de criminalité violente sont en hausse, la présence des forces de l’ordre en baisse et la population des sans-abri en augmentation.
    Nullement découragé par la réalité, le futur ex-maire de New York, Bill de Blasio, a proposé de créer au moins deux zones similaires dans Big Apple, dont l’une à Harlem, dans l’Upper West Side de Manhattan, dans laquelle les toxicomanes seraient autorisés à s’injecter ouvertement les drogues de leur choix sans craindre d’être arrêtés ou harcelés par les autorités locales. Cette initiative fait suite à la promulgation, le mois dernier, d’une loi adoptée par la gouverneure Kathy Hochul, laquelle loi dépénalise la possession ou la vente de seringues hypodermiques jetables utilisées par les dealers et les consommateurs de drogues dures.
    Les partisans de la légalisation de la réglementation de substances telles l’héroïne et la méthamphétamine, soutiennent également les mesures gouvernementales visant à faciliter la consommation de ces substances et prônent depuis les années 1970 des initiatives telles que celle que New York est sur le point de réaliser. C’est cette philosophie dite de «réduction des risques» qui a conduit à la mise en place du célèbre Needle Park de Zurich (lequel a en fait entraîné une escalade des overdoses et l’explosion des contaminations par le VIH).
    Les villes américaines dirigées par des démocrates, dont San Francisco, Seattle, Portland, Philadelphie et, bien sûr, New York, ont caressé le concept de FIS pendant des années, mais jusqu’à présent, les procureurs et les tribunaux fédéraux se sont rarement montrés compréhensifs envers ces tentatives.
    Alors que – par exemple – un juge fédéral de district à Philadelphie avait émis fin 2019 un arrêté qui aurait permis à un LSI dénommé «Safehouse» d’opérer dans la «Ville de l’amitié fraternelle», un jury de la cour d’appel a annulé cet arrêté au début de cette année. Dans sa décision, la Cour d’appel du troisième district a estimé que le LSI envisagé enfreindrait la loi fédérale sur les fumeries de crack, une loi de 1986 rendant illégale l’exploitation d’une installation qui permet ou facilite l’utilisation ou la distribution de toute substance réglementée.
    Bien que la «législation sur les salles de crack» de 1986 ait été adoptée avec le ferme soutien de Joe Biden, alors encore sénateur, les partisans actuels d’un changement radical de la politique publique en matière de drogues considèrent le procureur général Merrick Garland, membre de l’administration Biden comme une potentielle bouée de secours.
    Lorsque M. de Blasio a dévoilé le mois dernier sa toute nouvelle proposition de zone de libre consommation de drogues, il a constaté avec satisfaction que «nous avons une nouvelle administration à Washington» qui «propose le type de coopération potentielle dont nous avons besoin».
    L’affectation de fonds publics à la création et l’entretien de zones ou d’installations où les toxicomanes disposeraient d’un abri sécurisé afin de s’injecter des substances telles que l’héroïne demeure un rêve activement caressé par M. de Blasio et ses collègues gauchistes dans d’autres villes «deep blue».
    Nombre de défenseurs de ces zones de consommation réglementée de la drogue considèrent leur création comme la suite logique de la politique de l’administration Obama consistant à ne pas intenter de poursuites pour la grande majorité des délits liés à la marijuana. Or, ce n’est pas le cas et cela ne devrait pas le devenir.

(Traduction Horizons et débats)

 


Bob Barr a siégé à la Chambre des représentants des Etats-Unis de 1995 à 2003 où il représentait le septième district de Géorgie. De 1986 à 1990, il a été procureur des Etats-Unis à Atlanta et a travaillé pour la CIA dans les années 1970. Il travaille aujourd’hui comme avocat à Atlanta, en Géorgie. Il est à la tête de l’organisation Liberty Guard.

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