Le risque de guerre est moins élevé qu’on ne le prétend

Evaluation de la situation par deux anciens diplomates suisses de haut niveau

ef. Selon les évaluations de Thomas Greminger et d’Yves Rossier, le risque de guerre actuel en Ukraine est bien moins probable, contrairement à ce qui a été et est encore affirmé dans de nombreux médias occidentaux au cours des dernières semaines et jusqu’à aujourd’hui. C’est ce qui ressort d’un article paru le 1er et le 2 février 2022 dans différents journaux suisses.
    Thomas Greminger, lieutenant-colonel à l’état-major général de l’armée suisse, a été secrétaire général de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) de 2017 à 2020 et dirige aujourd’hui le Geneva Center for Security Policy. Yves Rossier a été secrétaire d’Etat au Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) et ambassadeur de Suisse à Moscou de 2017 à 2020.
    Yves Rossier est cité en ces termes: «Je ne m’attends pas à une invasion militaire de l’Ukraine par la Russie.» Même si des troupes russes ont été rassemblées en grand nombre, les préparatifs technico-militaires à la frontière «n’indiquent pas une invasion». En outre, une invasion devrait également être préparée sur le plan de la propagande. «Je ne vois aucun signe de cela dans les médias russes», a déclaré l’ancien ambassadeur suisse à Moscou.
    Thomas Greminger est cité en ces termes: «Actuellement, je ne vois d’intérêt stratégique pour aucune des parties à aller jusqu’à un conflit armé.» Les nombreuses communications agressives que l’on entend depuis des semaines sont pour M. Greminger la partie de la diplomatie rendue perceptible. Mais il y a «beaucoup de démonstrations de force rhétoriques». Certes, les provocations ou les actions considérées comme telles pourraient tout à fait déclencher une escalade. Mais aucune des parties n’a «actuellement l’intention stratégique de provoque un conflit armé».
    M. Greminger a fait référence à un dilemme fondamental de la politique de sécurité européenne. D’une part, le principe du droit à l’autodétermination des Etats s’applique, donc également le droit de décider une alliance militaire de son propre choix. D’autre part, le principe de «l’indivisibilité de la sécurité» s’applique. Celui-ci stipule que l’augmentation de sa propre sécurité ne doit pas diminuer la sécurité d’un autre Etat (voir également l’encadré en page 3). Pourtant, selon M. Greminger, c’est précisément ce qui pourrait se produire en cas d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.
    Avec leurs évaluations, Yves Rossier et Thomas Greminger confirment les analyses de Ralph Bosshard dans ce journal (Horizons et débats n° 28/29 du 21 décembre 2021 et n° 2 du 1er février 2022).

 

 

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