Courrier des lecteurs

La grande responsabilité de la Suisse neutre

Dans l’émission «Samstagsrundschau», RTS du 26 février 2022, le conseiller national Franz Grüter a expliqué le poids de la neutralité suisse concernant la tragédie en Ukraine. Un autre aspect importe. Notre pays a une grande responsabilité envers le Comité international de la Croix-Rouge, CICR , et donc envers toutes les êtres humains qui dépendent de l’aide du CICR.
    Or l’action du CICR est ancrée sur la neutralité suisse qui est, elle, reconnue par le droit international public depuis 1815. Cette neutralité suisse doit être et rester crédible pour toutes les parties. Elle n’est crédible que si elle repose sur la souveraineté suisse.

Hanspeter Tschannen, Dozwil (Suisse)

(Traduction Horizins et débats)

L’élargissement de l’OTAN à l’Est enfreint certes une promesse donnée

Quiconque a suivi, même avec un intérêt moyen, les négociations sur l’unification allemande sait que le futur périmètre de l’OTAN y était un sujet primordial.
    La réunification allemande constituait en effet la première extension de l’OTAN vers l’Est. Déjà à l’époque, cette forme d’expansion a suscité de vives réserves de la part de la Russie. Mikhaïl Gorbatchev, par exemple, a exigé une Allemagne non alignée. Finalement, les négociations appelées «Deux plus quatre» ont abouti à un compromis. L’Allemagne restait membre de l’OTAN, mais aucun soldat occidental ne devait être présent sur le territoire de l’ancienne RDA, du moins pendant un certain temps.
    Pas de nouvelle avancée vers l’Est, tel était le consensus parmi les élites politiques occidentales de l’époque – qu’une telle garantie ait été clairement exprimée ou fixée par écrit ou pas. C’est ce que prouve aujourd’hui une note documentée aux archives nationales britanniques qui vient d’être redécouverte par le politologue américain Joshua Shifrinson. Elle se réfère à la réunion des directeurs politiques des Ministères des affaires étrangères des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France et de l’Allemagne qui s’est tenue à Bonn, le 6 mars 1991.
    Le document prouve que les Britanniques, les Américains, les Allemands et les Français étaient d’accord pour dire que l’adhésion des Européens de l’Est à l’OTAN était «inacceptable». Selon cette source, le représentant allemand Jürgen Chrobog a déclaré à cette occasion: «Lors des négociations Deux plus quatre, nous avons clairement indiqué que nous n’étendrions pas l’OTAN au-delà de l’Elbe. C’est pourquoi nous ne pouvons pas proposer à la Pologne et aux autres d’adhérer à l’OTAN.»
    Depuis la fin de la guerre froide, l’OTAN a subi de nombreuses transformations. Elle a changé d’orientation et s’est agrandi par de nombreux nouveaux Etats membres dont la plupart faisaient auparavant partie du Pacte de Varsovie. La Russie se sent menacée par ces transformations et affirme que l’élargissement de l’OTAN vers l’Est constitue une enfreinte des accords.

Werner Ritter, Schaffhouse (Suisse)

(Traduction Horizins et débats)

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