Horizons et débats, dans son édition du 25 août, s’est référée au livre de Hauke Ritz intitulé «Warum der Weltfrieden von Deutschland abhängt» (Pourquoi la paix mondiale dépend de l’Allemagne). Le titre du livre formulé sous forme de thèse m’a incité à quelques réflexions.
Depuis la fin de la Première guerre mondiale et de ses continuations innées, en forme de la Deuxième guerre mondiale ainsi que ce qui en découlait jusqu’à aujourd’hui, des «élites» anglo-américaines ont transformé les Etats européens en vassaux, surtout l’Allemagne. Comme les Romains à l’époque, les Américains ont récupéré de «leurs provinces» des citoyens allemands en USA pour les éduquer dans le sens de l’hégémonie américaine, pour ensuite les présenter et imposer aux citoyens allemands en tant que leur nouvelle élite. Cela me fait rappeler la manière dont les Romains traitèrent le guide des Germaniques, Arminius le Chérusque, sans se rendre compte du fait qu’ils avaient ainsi entrepris un pas vers leur propre déconfiture historique.
Dans une situation où la base US-américaine de Ramstein constitue la véritable capitale de l’Allemagme1, où le centre de commande OTAN opère depuis Wiesbaden et d’autres bases US-américaines, où c’est en fait BlackRock qui désigne le Chancelier, et que beaucoup de fonctionnaires des partis du Bundestag ont été enroulés dans les séminaires du WEF sous l’étiquette du «Young Global Leadership» – si l’Allemagne n’est donc guère maître dans sa propre maison (ne disposant même pas le pouvoir de régler l’intégralité de son territoire, à cause de ses quantités exorbitantes de kilomètres carrés en tant que «régions exterritoriales»): que pouvons-nous donc attendre, dites-le-moi, d’un tel gouvernement résidant Berlin n’existant plus que formellement?
N’oublions pas: des politiciens animés dans leur action par la paix, comme John F. Kennedy, Olaf Palme, le Général Bastian et Petra Kelly – ils furent carrément «liquidés». Face à des inventions juridiques de «délégitimation de l’Etat», avec le transfert des soi-disant «fake news» et «hate speach» au rang de «crimes» permettant des punitions graves, avec l’introduction de dénonciations, assistées par IA, pour «insulte de politiciens», le climat en Allemagne concernant la libre expression de l’opinion, garantie par la Loi fondamentale, a radicalement dégénéré – qui s’en étonnera? Nous autres citoyennes et citoyen allemands vivons dorénavant en forme de dictature d’opinion. Tout cela devra nous réorienter envers notre devoir civique de prendre nos responsabilités, devoir civique auquel nous sommes tous soumis – dans le sens d’insister sur le bien commun, à tout moment, aussi bien au dernier siècle qu’actuellement. L’obligation éthique de promouvoir la paix, la liberté et la justice, restera valable pour chacun parmi nous. La manière dont nous le réaliserons dépendra certes de nos habiletés civiques et notre richesse de fantaisie. Elles ne se heurtent pas réellement aux limites.
En poursuivant cette voie, il va de soi que nous nous réclamons de l’Art 5 de la Loi fondamentale allemande qui nous garantit la liberté d’opinion et d’expression. Cela dit, n’oublions pas qu’une opinion complètement divergeant de la nôtre se base sur le même droit fondamental. En se le rappelant, nous facilitons nos facultés de nous écouter et ainsi nos débats sur ce qui est utile à tous. Cela fut précisément l’intention de l’Article 5 de la Loi fondamentale.
Ewald Wetekamp, Stockach (DE)
1 Le fait que l’Allemagne ne dispose pas de souveraineté sur des régions juridiquement importantes à l’intérieur des frontières de son propre Etat peut être lu même chez Wikipédia et le Tribunal fédéral administratif. https://de.wikipedia.org/wiki/Ramstein_Air_Base , consulté le 09.09.2025; https://www.bverwg./de/de/pm/2020/68
(Traduction Horizons et débats)
A propos de l’article «Rester informé à une époque de mensonges» d’Eliane Perret
(Horizons et débats N°19/20 du 23/09/25).
Dans l’interview mentionnée avec le chercheur de paix norvégien Glenn Diesen, l’ancien chef du Service suisse de renseignements stratégiques Jacques Baud s’arrête aussi sur la «Structure de désinformation, instaurée avec la Grande-Bretagne, les USA, l’OTAN et l’Ukraine». Celles-ci seraient les uniques sources à disposition de la presse.
Mais les constructeurs de cette «structure de désinformation» d’où puisent-ils leur savoir en effet? Celui qui compare les prises de position d’anciens généraux comme Harald
Kujat et Erich Vad concernant la Russie, avec celle, par exemple, du général actuellement en charge Carsten Breuer, tombera en fait sur une contradiction diamétrale.
Pour cela je peux trouver deux explications:
Ou les deux premiers généraux ont pris avec eux, en quittant leurs bureaux, toute compétence professionnelle – ce qui m’apparaît possible – ou ceux en service actuellement ne se sentent plus responsable du degré de leurs compétences professionnelles mais plutôt de la «correctitude» des doctrines politiques leur imposées – ce qui devrait en principe se heurter contre leur honneur de soldat.
Urs Graf, Sirnach
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