Anmerkungen zur Schweizer Neutralität

Dr René Roca, Institut de recherche pour la démocratie directe

Dans le débat actuel sur la neutralité suisse et l’initiative populaire Présever la neutralité suissse lancée, on discerne des experts émérites en droit international et d’anciens ambassadeurs empressés de démanteler la neutralité suisse. Ils s’alignent ainsi sur les rangs de ceux qui cèdent à l’esprit du temps en se livrant à une rhétorique belliqueuse qui entraînera l’Europe inévitablement dans l’abîme. Au-delà de la russophobie autant que de l’antiaméricanisme, la position neutre est la seule moralement juste. Elle exige de nous autres citoyennes et citoyens suisses une réflexion plus approfondie. L’initiative vise à éviter les conflits armés et à promouvoir la paix. Les experts en droit international et les ambassadeurs suisses du genre cités semblent avoir oublié que le droit international déjà nous empêche de simplement rejeter notre statut d’Etat neutre comme «obsolète» et de tout miser sur la Charte des Nations Unies. Les adeptes d’une neutralité «flexible» invoquent à maintes reprises que cette Charte a établi «l’interdiction absolue de l’agression et du recours à la force». Ce n’est pas toute la vérité. Ils omettent généreusement deux exceptions: la première est le droit garanti par cette même Charte «à la légitime défense individuelle et collective» (art. 51). Aujourd’hui, tous les bellicistes revendiquent ce droit l’intégrant à leur logique guerrière. La deuxième concerne le droit du Conseil de sécurité d’utiliser de la force comme ultime raison (art.39 et suivants). Le Conseil de sécurité s’érige ainsi en «juge du monde», réduisant les autres pays – notamment l’Assemblée générale des Nations Unies – à de simples vassaux. Cela n’offre aucunement le fondement légal suffisant aux Etats neutres. Le droit à la neutralité peut, au mieux, être complété par consultation des Etats signataires, mais persiste pour les pays neutres, de manière contraignante.
    L’Initiative sur la neutralité vise à renforcer cette position morale et à dénoncer la logique guerrière intenable. Par conséquent, cette initiative populaire doit être adoptée lors de la votation qui s’annonce, même lorsque la Suisse s’exposera à des critiques de maintes parts. Un Etat honnêtement neutre par principe saura les affronter et y riposter, à condition qu’il agisse visiblement en faveur de la paix.

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