par Helmut Scheben*
Les personnes se prononçant, en public, en faveur du «oui» à l’initiative sur la neutralité sont mises au pilori par le «Tages-Anzeiger» de Zurich: une sorte de fichier de l’«axe du mal» suisse, établi par une rédaction qui, selon ses propres principes, «défend un journalisme de qualité, indépendant, critique et compétent».
Le titre donne d’emblée le ton: «Les partisans de gauche de Poutine et les rebelles du coronavirus: l’alliance impie derrière l’initiative de Blocher». Et pour qu’il n’y ait pas le moindre doute quant au danger qui menace la Suisse, l’introduction enchaîne aussitôt la question: «Qui sont-ils, ces complices énigmatiques?»
De quoi s’agit-il? Le 27 septembre 2026, le peuple se prononcera sur l’Initiative sur la neutralité. Son objectif est clair: la Suisse doit revenir à une neutralité armée et perpétuelle, qu’elle a abandonnée lorsqu’elle s’est alliée à l’Ukraine aux côtés de l’Union européenne et a pris des mesures économiques coercitives contre la Russie. La Suisse ne doit adhérer à aucune alliance militaire, sauf lorsque le pays se trouve menacé réellement d’attaque militaire, condition que l’initiative veut figer dans la Constitution suisse.
L’initiative sur la neutralité
trouve de l’approbation dans l’ensemble du spectre politique
Le fait que des personnalités de renom issues de différents camps politiques se rangent désormais derrière cette initiative sur la neutralité devrait amener une rédaction dotée d’un esprit objectif et rationnel reconnaîssant qu’il s’agisse de respecter un processus appelé démocratie suisse. Le message dont fait état le Tages-Anzeiger se résumerait, dans un style dépourvu de polémique, dans le constat: des personnalités issues de tout l’éventail politique suisse soutiennent l’Initiative sur la neutralité. Mais ce qui ne doit pas être ne peut pas être – à savoir qu’une idée raisonnable soutenue par l’UDC se trouve hors de la capacité de convaincre –, l’auteur recourt aux effets de fumée et à des tours de passe-passe linguistiques1quand il écrit: «Le front des partisans a considérablement évolué et s’est détaché du spectre national-conservateur.» Non, cher collègue. Aucun front ne s’est échappé, nulle part. Et aucun front ne s’est transformé non plus. «J’appelle un chat un chat», écrivait Nicolas Boileau. Le satiriste, qui se moquait, il y a trois siècles déjà, des grands discours rhétoriques de son temps, serait étonné en lisant les acrobaties linguistiques auxquelles se livre, aujourd’hui, une certaine presse bien connue s’arrogeant la licence d’occulter les faits et de les remplacer par ses récits à elle.
A défaut d’arguments,
on invoque Belzébuth
Au sein du «Juste milieu» socio-démocrate et vert, on n’a longtemps entendu qu’un seul argument contre l’Initiative sur la neutralité: «Pas d’initiative Blocher, encore!» Pour eux, la lutte contre Blocher est de principe, en guise de substitut à la politique. Or, le problème qui se leur pose ces derniers temps, c’est que, même au sein de la gauche, de nombreux partisans du «oui» à l’initiative prennent la parole tandis que la rédaction du Tages-Anzeiger se retrouve irritée du fait qu’elle soit privée d’une image claire et cohérente «de l’ennemi» qui, lors d’autres débats en public, constituait sa seule raison pour rejeter l’initiative. Faute d’arguments, l’auteur se consacre désormais à la tâche minutieuse de présenter une sorte de fichier médiatique sur les personnes s’engageant en faveur de cette «alliance contre nature», de cette masse qu’il dénoncent être politiquement toxique. Mais à leur étonnement, le rassemblement est vaste: il va de l’organisation dite de droite Pro Suisse et du Groupe Giardino jusqu’au Mouvement suisse pour la paix, en passant par les communistes et les «citoyen en colère» comme ils désignent les prétendus «instigateurs des manifestations contre les mesures anti-Covid». Un personnage éminent d’entre eux, Christoph Pfluger, ne pouvait manquer à cette liste de malfaiteurs – même si son association Friedenskraft milite pour la non-violence en politique. Ce qui les unit et qui semble scandaleux à l’auteur de la diatribe médiatique, ce seraient leur «positions critiques» à l’égard de l’OTAN et des Etats-Unis. Des recherches menées par le Tages-Anzeiger auraient révélé que Pfluger ait organisé, entre autres, des rassemblements avec l’historien Daniele Ganser, qui est inévitablement désigné, quel péché dans une démocratie, être «controversé». Dans les coulisses de ces «fondamentalistes de la neutralité» – le Tages-Anzeiger ne rigole pas là-dessus – une odeur de soufre diabolique empesterait donc le vrai débat…
Ils sont rares, ceux qui s’en sortent indemnes de ce verdict zurichois, comme c’est le cas avec le chercheur spécialiste de la neutralité, Pascal Lottaz, maître de conférences à l’université japonaise de Kyoto, ainsi que le juriste de renom, spécialiste en droit internationale, le professeur régulière à l’université de Berne, Wolf Linder. Les concernant (tous les deux sont membres du PS suisse), l’auteur n’a pu rescaper ni de photos de vacances au Kremlin ni d’autres taches compromettant leur moralité. A quel point la peur des arguments doit-elle être grande au sein de ce «journalisme indépendant, compétent et de qualité» – selon l’autopromotion du Tages-Anzeiger – pour que le journal ne parvienne pas à publier, ne serait-ce que sur une seule page, des arguments qui font que ces deux experts renommés défendent résolument le Oui à l’initiative?
Lorsque la logique se mord la queue –
on recourt aux émotions
Parmi ces «complices haut en couleur» figure également le Parti du travail. Selon le Tages-Anzeiger, celui-ci entend par neutralité une «Suisse non alignée, qui ne cautionne pas la politique impérialiste de l’Occident et ne soutient pas la nouvelle guerre froide contre la Chine et la Russie». Cela semble être une déclaration d’une telle effronterie que le journaliste du Tages-Anzeiger n’a manifestement rien d’autre à faire que de citer l’historien chevronné et ancien conseiller national vert, Jo Lang. Selon Lang, les apôtres de la neutralité constitueraient un «amalgame réactionnaire des résistants contre les mesures-Covid et des zélotes de Poutine». On s’en doutait déjà…
Le sociologue Kurt Imhof s’est prononcé, à propos des images ennemies figées: «Etrangement, l’être humain est capable de recourir à un mode de traitement mental fonctionnant au-delà des relations cause à effet; pour cela, j’utilise le terme – péjoratif, il est vrai – de ‹stalinisme viscéral›. Les fortes émotions remplacent la raison. Il va de soi que les émotions sont plus faciles à atteindre.»
La Suisse face au déclin et à la guerre –
doit-elle vraiment «être de la partie»?
Le bon sens ne permet pas de comprendre pourquoi ces mêmes sociaux-démocrates et Verts, dont beaucoup voulaient encore récemment supprimer l’armée, se mettent désormais au service d’une Union européenne qui, depuis plus de dix ans, arme l’Ukraine et déclare officiellement qu’elle s’attend à une guerre contre la Russie en 2029 ou 2030. Les pèlerins suisses fréquentant le sanctuaire bruxellois font les yeux doux à une Union européenne qui accumule des montagnes de dettes pour un réarmement insensé, comme s’il n’y avait pas de lendemain. La Russie restera «toujours un ennemi et une menace pour notre sécurité européenne», a déclaré, en 2025 un homme politique (CDU)2, aujourd’hui ministre des Affaires étrangères. Un Allemand âgé de plus de soixante ans n’aurait-t-il vraiment pas pris conscience une fois, tout le long de sa vie, qu’il n’a pas abouti à bonne chose lorsque, la dernière fois déjà, l’Allemagne avait déclaré son inimitié éternelle aux Russes – il est tout de même censé de poser cette question à un homme politique allemand de ce poids. Suivant le leitmotiv politique «tous contre l’UDC», le PLR (libéraux), le PS, le Centre et les Verts misent sur un «non» à la neutralité stricte et donc sur le cheval boiteux qu’est l’Union européenne. On se plie au quartier général bruxellois qui, avec les sanctions contre la Russie, mène sa propre industrie dans le mur. Au lieu du gaz russe bon marché, l’UE achète du gaz naturel liquéfié américain à un prix trois à quatre fois plus élevé. Et la guerre contre l’Iran n’arrange en rien les problèmes énergétiques. Des rumeurs circulent déjà selon lesquelles le groupe Volkswagen, en pleine déconfiture, devrait être sauvé par les Chinois. En menant une guerre économique contre la Russie, l’Union européenne a choisi la voie de son propre déclin économique. Le fait que cette voie puisse mener, accessoirement, à une guerre nucléaire ne semble pas préoccuper les stratèges de Bruxelles, qui doivent pourtant répondre de la vie de 452 millions de personnes. C’est à ce Titanic en laquelle l’Union européenne s’est transformée que les partisans suisses de l’UE et les adeptes de l’OTAN veulent s’arrimer. Ils veulent manifestement être de la partie lorsque Bruxelles s’empresse de préparer «la grande guerre». Le DDPS se dirige vers l’OTAN. «Nous devons nous préparer à une guerre imminente», déclare le ministre de la Défense, Martin Pfister, fin mai 2025 au Tages-Anzeiger, et sa prédécesseure Viola Amherd avait abondé dans le même sens, un an plus tôt, en disant: «La Suisse souhaite intensifier la coopération internationale avec l’OTAN, l’UE et au niveau bilatéral, dans le respect des obligations découlant du droit de la neutralité.» 3 Mais on ne peut pas, en même temps, intensifier la coopération militaire avec l’OTAN tout en garantissant les «obligations découlant du droit de la neutralité». La neutralité n’est pas une paire de baskets que l’on porte uniquement par beau temps et que l’on laisse à la maison en cas de pluie – pour enfiler les bottes de combat de l’OTAN.
Comme les trois singes bien connus …
A l’instar des trois singes bien connus, nos partisans d’une neutralité «flexible» se bouchent les yeux, la bouche et les oreilles pour ne pas avoir à reconnaître que l’Union européenne est depuis longtemps partie prenante au conflit en Ukraine. Des spécialistes militaires issus des principaux pays de l’OTAN collaborent, ensemble avec l’armée ukrainienne, dans les domaines de la production d’armes, de la formation technologique, du renseignement électronique, de la détection des cibles et des services secrets. Les bases de la CIA en Ukraine ont fait l’objet de nombreux commentaires dans les médias.4 Nul besoin d’être un expert militaire pour savoir qu’un missile de croisière tel que Storm Shadow, avec lequel Kiev bombarde le territoire de l’Est depuis 2023, ne s’emploie pas sans l’aide de personnel spécialisé britannique et français. Les journalistes désireux d’en savoir plus pourraient découvrir d’un simple clic que les Etats-Unis ont commencé, dès 1990, d’armer l’Ukraine et y maintiennent depuis lors des troupes sur le terrain. Lorsque, en 2014, après le renversement du régime à Kiev soutenu par l’Occident de l’OTAN, l’Ukraine s’est divisée politiquement – l’Est ayant toujours été historiquement plus proche de la Russie – le gouvernement de Kiev a tenté de réprimer militairement la résistance. Huit longues années de tirs d’artillerie sur le Donbass et les exactions commises par des unités telles que la brigade d’extrême droite Azov ont conduit à l’invasion russe. Le fait que l’OTAN soit en partie responsable de cette guerre, car elle voulait à tout prix faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN alors qu’il était clair que la puissance nucléaire russe ne permette pas une nouvelle avancée de l’OTAN, reste à ce jour un sujet tabou pour les partisans suisses de l’OTAN et les grands médias qui leur plaisent.
L’interprétation flexible de notre ministre des Affaires étrangères
est un comportement à hauts risques
Récemment, notre ministre des Affaires étrangères, Ignazio Cassis, a justifié, dans le journal télévisé Tagesschau de la Télévision suisse (RTS), son rejet de l’initiative sur la neutralité par cette phrase: «La neutralité ne se confond pas avec l’indifférence. Si quelqu’un ne respecte pas les règles, nous devons agir.» Ce qui fait peut supposer que Cassis fait notamment référence à la Charte des Nations unies de 1945 qui interdit, par principe, les guerres d’agression. Des exceptions ne s’appliquent que lorsqu’un Etat est directement attaqué ou lorsque le Conseil de sécurité de l’ONU autorise une intervention militaire (avec comme mot-clé les casques bleus). Lors de la conférence de presse, aucun des journalistes présents semble avoir posé la question suivante à Cassis: pourquoi donc il n’avait pas «agi» lorsque le président Trump a fait enlever, en janvier dernier, Nicolás Maduro, le président du Venezuela, lors d’une opération commando au cours de laquelle au moins 80 personnes ont été tuées,5 parmi eux les gardes du corps de Maduro. Il n’y a certainement aucun expert juridique au Département des affaires étrangères qui qualifierait l’attaque contre le Venezuela de conforme au droit international. «Les règles» dont parle M. Cassis ont donc été carrément bafouées. Son problème est que les grandes puissances respectent rarement les «règles» d’un Ignazio Cassis lorsqu’elles se trouvent en guerre. Le Congressional Research Service (CRS) du Parlement américain a recensé 250 interventions militaires des Etats-Unis depuis 19916 dont une grande partie se déroulaient être «contestable au regard du droit international» – formulation grotesquement enjolivée pour désigner la politique de puissance brutale qui caractérise l’action des grandes puissances lorsqu’il s’agit de ce qu’ils appellent leurs intérêts vitaux. Dans de nombreux cas, il s’agit d’opérations secrètes dont le grand public est exclu de prendre connaissance – par exemple le coup d’Etat militaire en Indonésie de 1965, soutenu par Washington, qui a porté le général Suharto au pouvoir. Souharto a ensuite fait assassiner un demi-million d’opposants ou de personnes considérées comme telles. Le «New York Times» l’a caractérisé comme «massacre effroyable». Pendant des décennies, les Etats-Unis ont prétendu devoir jouer le rôle de gendarme du monde, à l’aide d’un levier appelé l’OTAN, dans le but central d’imposer le dollar comme monnaie dominante. «Si nous devons recourir à la force, c’est parce que nous sommes les Etats-Unis. Nous sommes la nation indispensable.» Telle la formule devenue légendaire, prononcée par la ministre américaine des Affaires étrangères, Madeleine Albright,en 1998. Mais il se peut qu’Ignazio Cassis n’ait pas bien saisi tout cela.
Des bulles de savon – morales
L’affirmation selon laquelle il faudrait assouplir quelque peu la neutralité pour «punir l’agresseur» dans les conflits internationaux est une bulle de savon morale qui éclate dès le premier regard. Le gouvernement suisse a-t-il, au cours des vingt années de la guerre du Vietnam – la plus génocidaire des guerres après 1945, insisté à définir l’agresseur et le punir? Avec quelle légitimité concernant le droit internationale les Etats-Unis sont-ils intervenus au Vietnam?
Au cours des 20 années de guerre en Afghanistan, le Conseil fédéral suisse a-t-il recherché et sanctionné «l’agresseur»? Que venait faire l’OTAN en Afghanistan? Immédiatement après le 11 septembre, le président George W. Bush a accusé les talibans, affirmant qu’ils devaient répondre de cet attentat. Les Etats-Unis n’ont jamais pu présenter de preuves, mais le prétexte fallacieux de la «légitime défense» a servi de carte blanche à la «guerre contre le terrorisme» dans toutes les régions du monde.
Dans quel manège fantôme montent ceux qui croient que la Suisse doit «faire preuve de souplesse» dans sa neutralité pour donner des leçons de morale à des grandes puissances comme la Russie ou la Chine? L’autoglorification morale va régulièrement de pair avec l’hypocrisie. On n’a en tout cas pas entendu M. Cassis plaider en faveur du gel des comptes détenus dans des banques suisses par des hommes d’affaires israéliens et américains «proches du gouvernement», au motif que Trump et Netanyahu avaient attaqué l’Iran en février «à titre de frappe préventive», sans fondement en droit international.
La neutralité a garanti à la Suisse deux siècles d’absence de guerre. Elle a apporté à la Suisse une grande prospérité, car de nombreuses fortunes provenant de régions en proie à la guerre et instables ont afflué vers la Suisse neutre. Elle a fait d’une ville comme Genève le centre des institutions du droit international et de la diplomatie internationale. Comment peut-on être assez aveugle pour ne pas voir que tout cela était le fruit de la neutralité? Comment peut-on faire preuve d’une telle absence d’instinct politique au point de croire qu’on peut adapter la neutralité au cas par cas, de manière à s’attirer les applaudissements de Washington, Berlin ou Bruxelles, sans que la Suisse n’en subisse de préjudice?
Tous ces défenseurs édulcorés de la neutralité se réclamant, aujourd’hui, des «valeurs occidentales» et «l’ordre fondé sur des règles» en se réfugiant sous le prétendu «bouclier de l’OTAN» face aux méchants Russes, sont restés intellectuellement figés de l’an 1990. Ils croient toujours que la superpuissance hégémonique des Etats-Unis détermine le cours du monde grâce à son Pacte de l’Atlantique Nord. C’est définitivement du passé. Aujourd’hui, l’administration Trump n’est plus en mesure de maintenir la liberté de navigation sur la principale voie maritime du commerce pétrolier ni de mettre un frein à la machine de guerre israélienne. Les dix pays du BRICS, dont la Russie, la Chine et l’Inde, ont leur mot à dire en matière de géopolitique. S’ils estiment que la neutralité de la Suisse n’est plus garantie, cela va aboutir à donner le coup de grâce aux «bons services», allant ensemble avec nos belles années.
La complaisance envers l’OTAN: quelques bombes atomiques, ça vous dit?
Le cas de l’Allemagne montre suffisamment ce que signifie s’aligner sur l’OTAN. A Büchel, dans l’Eifel, se trouvent deux douzaines de bombes atomiques américaines. Les pilotes de chasse allemands s’entraînent régulièrement à en faire usage. Nul besoin donc d’être au courant de secrets militaires pour savoir qu’en cas d’urgence, ce sera la Russie aux collimateurs. Ceci en dépit du fait que ni MmeMeier ni M. Müller, deux citoyens «ordinaires», ne veulent d’armes nucléaires sur le terrain allemand. C’est le Parlement allemand lui-même qui s’est clairement prononcé contre ce plan – en vain. En République fédérale allemande, la démocratie directe permettant au peuple de se prononcer sur de telles questions fait absence. Ce sont les Américains et l’OTAN qui décident si l’Allemagne dispose ou non d’armes nucléaires. Et ce sont eux qui décident que leurs guerres et leurs attaques de drones au Proche-Orient, en Asie occidentale et en Afrique – ces «exécutions volantes» – soient dirigés vers leurs victimes via la base aérienne américaine de Ramstein7 qui leur sert de relais. Le peuple n’a pas son mot à dire à ce sujet supême.
Le sens de l’initiative sur la neutralité: Oser la paix, c’est en effet le courage des braves
250 guerres depuis 1991! Nos «chirurgiens» suisses de la neutralité sont pourtant arrivés à la conviction que la Suisse y doive enfin prendre part, ne serait-ce qu’un peu, à ces guerres partout dans le monde, ne serait-ce qu’en imposant des sanctions contre les méchants et en applaudissant les gentils. «Pour le bien de notre sécurité». Or, les connaissances en histoire d’une lycéenne moyenne suffisent pour comprendre qu’il vaudra mieux, pour notre sécurité, rester à distance des magouillages d’une von der Leyen, Kallas et d’un Pistorius préparant savamment la guerre contre la Russie ou contre la Chine. Le spécialiste de la neutralité Pascal Lottaz résume l’attitiude opposé à cette folie, aussi simple que pertinent: «La neutralité signifie: je ne participe tout simplement pas à cela – ni aux livraisons d’armes, ni aux sanctions, ni à préparer la prochanine guerre mondiale». – «Oser la paix, c’est le courage des braves», dit un ancien adage taoïste. •
1https://www.tagesanzeiger.ch/neutralitaetsinitiative-linke-allianz-verbuendet-sich-mit-svp-965741584176
2https://www.spiegel.de/politik/deutschland/johan-wadephul-cdu-politiker-wird-opfer-von-russischem-fake-anruf-a-821aed70-85a8-4ece-b2fa-0f9012fbab88
3https://www.tagesanzeiger.ch/viola-amherd-wir-muessen-jetzt-in-die-verteidigung-investieren-192326706997
4https://www.nytimes.com/2024/02/25/world/europe/cia-ukraine-intelligence-russia-war.html
5https://taz.de/Trumps-Angriff-in-Venezuela/!6143137/
6https://geopoliticaleconomy.com/2022/09/13/us-251-military-interventions-1991/
7https://www.infosperber.ch/politik/welt/air-base-in-ramstein-ein-abzug-der-usa-waere-eine-katastrophe/
Première publication sur https://globalbridge.ch/ein-reaktionaeres-amalgam-von-putin-verstehern/ le 14 août 2026
(Traduction Horizons et débats)
* Helmut Scheben, né en 1947 à Coblence (Allemagne), a été, de 1980 à 1985, reporter pour une agence de presse et correspondant pour la presse écrite au Mexique et en Amérique centrale. A partir de 1986, il a été rédacteur au Wochenzeitung (WoZ) à Zurich, puis, de 1993 à 2012, rédacteur et reporter à la télévision suisse SRF, dont 16 ans au Tagesschau.

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