par Karl-Jürgen Müller
Le texte suivant établit un lien large, pourtant non arbitraire, entre les élections du Land de Saxe-Anhalt, les réactions officielles allemandes aux événements survenus à l’aéroport de Leipzig, la 25e réunion annuelle de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à Bichkek ainsi que les principes de la Charte des Nations unies – autant de circonstances qui, dans le fond, sont liées entre elles, voire de manière décisive.
Le 6 septembre, lors des élections en Saxe-Anhalt, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) a plus que doublé son score et recueille désormais près de 44 % des voix. La CDU, le SPD et les Verts totalisent ensemble un pourcentage de voix inférieur au celui de l’AFD, soit 35 % environ. Au sein du nouveau Landtag, le parti Die Linke, avec 8,6 %, et l’Alliance Sarah Wagenknecht (BSW), avec 5,3 %, seront également représentés. La formation d’un gouvernement s’annonce difficile, car ni l’AfD ni les autres partis ne disposent d’une majorité au Landtag sans le soutien de la BSW. La position de la BSW n’est pas encore clairement définie. Jusqu’à présent, l’Alliance a refusé l’élection d’un membre de l’AfD ou de la CDU au poste de ministre-président, mais s’est déclarée prête à collaborer avec l’AfD sur des questions de fond, à condition que cela lui permette de mettre en œuvre des revendications politiques du BSW.
Le résultat des élections confirme que les électeurs de Saxe-Anhalt – et nombreux d’autres également – sont profondément déçus de la politique menée jusqu’à présent par la coalition formant les gouvernements fédéral et régionaux allemands. C’est ce que confirment les résultats d’un sondage réalisé parallèlement aux élections régionales: près de 90 % des personnes interrogées se déclarent être insatisfaites de la politique du gouvernement fédéral, au point que le chancelier Merz n’atteint qu’un taux d’approbation de 9 %. Le résultat de ces élections montre également qu’un nombre croissant de citoyens ne se laisse plus influencer par le «Wahrheitskomplex («Le complexe de la vérité», titre du livre de Norbert Häring analysant le grand nombre d’ONGs impliqués dans la propagande dissimulée en faveur du gouvernement allemand, réd.). Bien sûr, on peut également critiquer les positions politiques de l’AfD. Mais la prétendue assimilation entre l’AfD et les nazis ne convainc plus. De moins en moins de gens consentent à la formule de propagande présentant l’AfD comme parti d’extrême droite et donc une menace massive de la démocratie, tandis par contre, la CDU, le SPD comme les garants des droits fondamentaux et des droits de l’homme. Les dérapages de ces partis et leur abandon d’une politique de raison et d’humanité envers les faibles sont trop évidents. La majorité ne souhaite pas la diabolisation de ceux qui pensent différemment mais un débat libre sur le fond et une résolution réelle des problèmes. Or, les premières réactions des adversaires de l’AfD, le soir des élections, n’ont pourtant pas témoigné d’une réflexion sérieuse, mais d’un recours presque réflexif et agressif à des vérités toutes faites. Ce scénario permet plutôt d’en déduire que, face à la menace d’une perte de pouvoir ou en raison d’un aveuglement idéologique, ces partis en défense mobilisent tous les moyens, honnêtes ou pas.
Ce qui nous amène à un scénario aussi inquiétant – les réactions allemandes face aux événements survenus à l’aéroport de Leipzig. La volonté et les actions en faveur de la paix semblent plus énergiques à l’est de l’Allemagne qu’ailleurs dans le pays. A l’est, on constate en plus davantage de critiques fondées à l’égard de l’«image de l’ennemi russe». Beaucoup de gens ressentent que l’hystérie guerrière de l’Allemagne officielle est un cercle vicieux qui n’aboutit à aucune solution tenable. L’AfD et le BSW en Saxe-Anhalt ont plaidé, pendant la campagne électorale, en faveur d’un changement de cap énergique avec la Russie qui consiste à rétablir des relations de bon voisinage – dans le but d’arriver enfin à la paix, mais aussi dans l’intérêt de remédier à une Allemagne dont la situation économique ne cesse de se détériorer. Pour ces concitoyens, les réactions officielles allemandes aux événements survenus à l’aéroport de Leipzig manquent de force de conviction, aucune preuve d’une implication russe ne leur ayant été présentée jusqu’à présent. Au contraire, ces réactions s’inscrivent dans une politique d’escalade haineuse, à long terme, dirigée contre la Russie – avec un réarmement massif et une escalade sur le «front intérieur» contre toute voix critique. Mais les Allemands doivent-ils vraiment accepter que plus d’un billion d’euros (à base de dettes) soient dépensés pour le réarmement, alors que la désindustrialisation du pays se poursuit et, avec elle, le démantèlement du système social allemand sous prétexte de sa «réforme»?
Face aux chantiers clés, la politique allemande s’est engagé sur une mauvaises voie risquant de dérailler. Ce n’est pas sans raison que l’ancienne République fédérale a été considérée, pendant des décennies, comme un fief de stabilité et de capacité d’auto-rémission. Tout cela a été gâché au cours des dernières décennies – la succession de gouvernements fédéraux fallacieux suivant le trajet du mauvais au pire.
En regardant l’Occident global, l’Allemagne n’est toutefois pas un cas isolé. On observe des situations similaires dans tous les pays occidentaux. Des ouvrages comme celui d’Emmanuel Todd, «La défaite de l’Occident. Economie, culture et religion en libre chute», n’est qu’une des nombreuses voix sérieuses qui s’expriment à ce sujet. Le fait que Donald Trump se fasse représenter, l’air sombre, sur une édition limitée de passeports américains, à l’occasion du 250e anniversaire de la Déclaration d’indépendance des Etats-Unis, montre à quel point le déclin est avancé: il sombre dans une mégalomanie plus que grotesque.
Ce qui nous amène au troisième sujet: la récente conférence de l’Organisation de la coopération de l’Asie centrale de Shanghai (OCS), qui célèbre cette année le 25e anniversaire de sa création. L’OCS compte entre-temps, parmi ses Etats membres, la Biélorussie, la République populaire de Chine, l’Inde, l’Iran, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Pakistan, la Russie, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan. A ceux-ci s’ajoutent des Etats dotés du statut d’observateur, des partenaires de dialogue et des participants invités permanents. Cette année, les chefs d’Etat et de gouvernement de 21 pays étaient représentés à Bichkek, au Kirghizistan, les 31 août et le 1er septembre 2026. Les Etats membres de l’OCS ne représentent guère le paradis sur terre. Certains projets de l’OCS ne progressent que lentement. Bien entendu, ces pays membres, très variants entre eux, connaissent des problèmes tant au sein de leurs frontières qu’au-delà. Mais il existe pourtant une différence fondamentale par rapport aux pays occidentaux: les Etats de l’OCS reconnaissent la réalité d’un monde multipolaire et l’équité en droits et respect entre les différentes civilisations, dans le but d’œuvrer ensemble pour faire avancer de nombreux chantiers politiques importants – ce qui inclut notamment l’élaboration de concepts pour une architecture de sécurité commune en Asie centrale. C’est ce que montrent le déroulement de la conférence, les nombreux entretiens bilatéraux qui y ont eu lieu, ainsi que la déclaration finale détaillée (voir encadré, page 6).¹ En désignant illégale la guerre d’agression menée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran, contraire au droit international, ainsi que les sanctions unilatérales imposées par les Etats-Unis et l’UE, l’OCS s’aligne sur le droit international. Elle cherche, en collaboration avec d’autres, une voie vers un ordre mondial qui concrétise ce qui a été promis, il y a plus de 80 ans, dans les principes fondamentaux de la Charte des Nations unies, figés dans le préambule ainsi que dans les articles 1 et 2 de la Charte (voir encadré, p.7).
Rien dans ce document n’est dépassé, tout reste aussi souhaitable comme il l’était aux années de sa rédaction, en réponse à la folie de la Deuxième guerre mondiale. Son existence est une bénédiction, pas seulement pour les Etats OCS qui s’y réfèrent et s’y engagent. Si, en Occident, nous avions de gouvernements agissant, pour du vrai, dans ce sens, la plupart des turbulences des dernières décennies auraient pu être évitées – y compris celles déchirant l’Allemagne. •
1 Du côté de la SOZ, la déclaration de Bichkek n’est disponible qu’en russe et en chinois (sur https://www.facebook.com/scobeijing/posts/on-september-1-2026-the-text-of-the-bishkek-declaration-was-published-in-russian/1387880753522881/ ). Un site Internet chinois en anglais a publié une traduction en anglais (https://socialistchina.org/2026/09/03/sco-adopts-bishkek-declaration-more-countries-can-now-be-expected-to-explore-
A l’occasion du 25e anniversaire de la création de l’Organisation de coopération de Shanghai (ci-après OCS ), les chefs d’Etat des Etats membres se sont réunis en séance du Conseil des chefs d’Etat afin de réaffirmer leur engagement à respecter les objectifs et les principes de la Charte de l’OCS, à renforcer les relations de bon voisinage et d’amitié, ainsi qu’à mettre en œuvre une coopération globale et efficace, et ont publié la déclaration suivante: […]
Les Etats membres soulignent que l’OCS est une organisation politico-non militaire qui ne vise aucun pays ni aucune organisation internationale en particulier et qui fonctionne selon les principes d’ouverture, de non-ingérence dans les affaires intérieures, d’équité et de respect mutuel. […]
Les Etats membres soulignent notamment qu’il est essentiel à l’OCS d’intensifier le dialogue avec les Nations unies et leurs agences spécialisées afin de préserver la paix, de promouvoir le développement durable et de renforcer la coopération culturelle. […]
Les Etats membres soulignent notamment qu’il est essentiel que l’OCS puisse préserver la paix, promouvoir le développement durable et renforcer la coopération culturelle, d’intensifier le dialogue avec les Nations unies et leurs agences spécialisées. […]
Les Etats membres réaffirment que la géopolitique mondiale connaît une mutation profonde, qui s’accompagne de changements majeurs dans le développement économique, social et technologique. A l’heure actuelle, la situation internationale reste complexe, marquée par des conflits persistants, des défis majeurs en matière de sécurité énergétique et alimentaire, des fluctuations sur les marchés mondiaux ainsi que des conséquences de plus en plus graves du changement climatique.
Les Etats membres réaffirment leur engagement à respecter en toutes circonstances les principes et normes reconnus du droit international consacrés dans la Charte des Nations Unies, et à renforcer le rôle des Nations Unies dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales, la réalisation du développement durable ainsi que la construction d’un monde multipolaire plus représentatif, plus démocratique et plus juste. Les Etats membres sont déterminés à apporter une contribution plus importante à l’amélioration du système international. […]
Les Etats membres approfondissent leur coopération dans le cadre de l’Organisation des Etats de l’Asie centrale (OCS) afin de jeter les bases d’une sécurité équitable et indivisible dans la région eurasienne. […]
Les Etats membres rejettent toute division en blocs et toute approche conflictuelle pour résoudre les questions internationales et régionales, s’engageant en faveur du règlement pacifique des différends et des conflits entre les nations. […]
Les Etats membres réaffirment que la promotion de l’instauration d’un nouveau type de relations internationales et d’une communauté partageant un avenir commun pour l’humanité, fondée sur le respect mutuel, l’équité, la justice et une coopération gagnant-gagnant, ainsi que la conduite d’un dialogue fondé sur le concept « Une Terre, un foyer, un avenir », revêtent une grande importance pratique. […]
Les Etats membres réaffirment qu’un renforcement unilatéral et inconditionnel du système mondial de défense antimissile par certains pays ou groupes de pays met en péril la sécurité et la stabilité internationales, estimant qu’il est inacceptable de rechercher sa propre sécurité au détriment d’autres pays.
Les Etats membres font part de leurs préoccupations face aux menaces croissantes en matière de sécurité de l’information en opposant fermement à la militarisation des technologies de l’information et de la communication ainsi qu’aux menaces pesant sur la sécurité des infrastructures d’information critiques. […]
Les Etats membres soulignent la nécessité de veiller à ce que les technologies d’intelligence artificielle soient utilisées de manière sécurisée et responsable, et à ce que leur utilisation abusive ne serve ni à mettre délibérément en danger la vie et la santé des personnes, ni à porter atteinte à la souveraineté nationale ni à la sécurité ou à l’intégrité territoriale. […]
En tant que membre de l’Organisation des Nations unies (ONU) et signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), 1er juillet 1968) les Etats membres s’engagent à respecter les dispositions du Traité, s’engagent, de manière globale et équilibrée, à la mise en œuvre de ses objectifs et principes, font avancer le processus mondial de désarmement nucléaire, renforcent le système mondial de non-prolifération nucléaire et soulignent que la recherche, production et l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques constituent un droit inaliénable de tous les pays et qu’une coopération internationale équitable, durable et mutuellement avantageuse doit se réalser sans discrimination. Les Etats membres soulignent qu’aucune mesure restrictive contraire au droit international ne doit être prise dans ce domaine. […]
Les Etats membres expriment leur profonde inquiétude face aux événements au Proche-Orient et autour de la République islamique d’Iran, en réitérant la condamnation de l’OSC concernant les frappes militaires sur le territoire iranien, qui ont entraîné de nombreuses victimes civiles et causé de graves dommages économiques.
Les Etats membres présentent leurs sincères condoléances au gouvernement et au peuple iraniens suite au décès regrettable d’Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique d’Iran, et expriment leur profonde sympathie aux familles des autres victimes.
Les Etats membres réaffirment leur soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la République islamique d’Iran, en se prononçant en faveur d’une résolution du conflit par des moyens politiques et diplomatiques, saluant tous les efforts qui contribuent à la désescalade des tensions régionales.
Les Etats membres indiquent que la paix et la stabilité au Proche-Orient sont à assurer par une solution globale et équitable à la question palestinienne. […]
Ils estiment qu’il convient d’approfondir la coopération entre les ministères de la Défense, de poursuivre les exercices antiterroristes communs et réguliers dans le cadre de la «Peace Mission» et de mettre en œuvre d’autres coopérations pragmatiques dans le domaine de la défense afin de consolider la paix et la sécurité dans la région de l’OCS.
Les Etats membres soutiennent la mise en œuvre de la «Feuille de route visant à renforcer la coopération militaire dans le secteur de la défense des Etats membres de l’OSCE», accordant une grande importance au renforcement de la confiance mutuelle et de la transparence, et poursuivront les consultations relatives à l’«Accord sur les mesures de confiance dans le secteur militaire des Etats membres de l’OSCE».
Les Etats membres s’engageront à respecter le principe de l’Etat de droit, à respecter les systèmes juridiques de chaque pays, à approfondir encore la coopération juridique et judiciaire et à renforcer les échanges et le dialogue entre les cours suprêmes, les parquets généraux et les autorités judiciaires de tous les pays. […]
Les Etats membres soutiennent que la région de l’OCS joue un rôle de premier plan dans l’économie mondiale et dans la garantie d’un développement durable à l’échelle mondiale, qu’elle s’engage en faveur de nouvelles réformes et améliorations du système mondial de gouvernance économique et qu’elle défende et renforce avec détermination un système commercial multilatéral ouvert, transparent, équitable, inclusif et non discriminatoire, fondé sur des principes et des règles internationalement reconnus, afin de promouvoir le développement économique mondial, de garantir un accès équitable aux marchés et d’accorder un traitement spécial et différencié aux pays en développement.
Les Etats membres rejettent les mesures coercitives unilatérales faisant enfreinte à la Charte des Nations unies, d’autres normes du droit international ainsi que les principes et règles de l’OMC. Ce considérant que de telles pratiques compromettent la sécurité internationale dans des domaines tels que l’alimentation, l’énergie et les questions humanitaires, ayant des répercussions sur l’économie mondiale. […]
La République de Biélorussie, la République islamique d’Iran, la République du Kazakhstan, la République kirghize, la République islamique du Pakistan, la Fédération de Russie, la République du Tadjikistan et la République d’Ouzbékistan réaffirmant leur soutien à la mise en œuvre conjointe de l’ initiative «Belt and Road» par la République populaire de Chine en exprimant leur attachement aux efforts déployés, par toutes les parties, dans ce but, y compris la promotion de la coordination entre l’initiative «Belt and Road» et la construction de l’Union économique eurasienne. […]
Les Etats membres soutiennent la réforme des institutions financières internationales afin de renforcer la représentation et le droit de cogestion des pays en développement au sein des instances dirigeantes de ces institutions, telles que la Banque internationale pour la reconstruction et le développement et le Fonds monétaire international.
Les Etats membres poursuivront le dialogue pragmatique sur le renforcement de la coopération financière dans le cadre du consortium interbancaire OCS. Les Etats membres s’engagent à trouver rapidement une solution à la question de l’adhésion des banques iraniennes agréées au consortium interbancaire OCS. […]
Les Etats membres réaffirment l’universalité, l’indivisibilité, l’interdépendance et l’interconnexion des droits de l’homme, respectent les droits de l’homme et les libertés fondamentales, rejettent la pratique dite deux poids – deux mesures en matière de droits de l’homme et s’opposent à toute ingérence dans les affaires intérieures d’autres pays sous prétexte de protéger les droits de l’homme. […]
Les Etats membres insistent sur ce que la région de l’Asie du Sud-Est est le berceau de civilisations anciennes, de réalisations historiques mondiales et de croyances religieuses traditionnelles – un véritable trésor de réalisations culturelles et scientifiques exceptionnelles ainsi que du riche patrimoine spirituel des peuples des Etats membres, de sorte que ces acquis deviennent une partie indissociable de la richesse historique commune à l’humanité. […]
Les Etats membres réaffirment la nécessité d’instaurer un dialogue interculturel et entre les civilisations, de promouvoir le respect mutuel et la cohésion entre les peuples de tous les pays, ainsi que de protéger et de valoriser le riche patrimoine culturel matériel et immatériel. […]
Les Etats membres continueront à développer les échanges culturels, à renforcer la compréhension mutuelle par le biais de la diplomatie entre les peuples et à entretenir une coopération fructueuse.
Bichkek, le 1er septembre 2026
(Traduction de l’anglais Horizons et débats)
Nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui, deux fois en l’espace d’une vie humaine, a infligé à l’humanité d‘indicibles souffrances, à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites; à créer les conditions nécessaires au maintien de la justice et du respect des obligations nées des traités et autres sources du droit international; à favoriser le progrès social et instaurer de meilleures conditions de vie dans une liberté plus grande – et à ces fins à pratiquer la tolérance, à vivre en paix l’un avec l’autre dans un esprit de bon voisinage; à unir nos forces pour maintenir la paix et la sécurité internationales; à accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu’il ne sera pas fait usage de la force des armes, sauf dans l’intérêt commun; à recourir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social de tous les peuples – avons décidé d›associer nos efforts pour réaliser ces desseins. En conséquence, nos gouvernements respectifs, par l’intermédiaire de leurs représentants, réunis en la ville de San Francisco, et munis de pleins pouvoirs reconnus en bonne et due forme, ont adopté la présente Charte des Nations Unies et établissent, par les présents, une organisation internationale qui prendra le nom de Nations Unies.
Article 1
Les buts des Nations Unies sont les suivants:
Article 2
L’Organisation des Nations Unies et ses Membres, dans la poursuite des buts énoncés à l’Article 1, doivent agir conformément aux principes suivants:
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