L’UE surendettée se met à piller ses citoyens

par le Professeur Eberhard Hamer, Institut des PME de Basse-Saxe

Les organisations précédant l’Union européenne (UE) étaient initialement conçues en simples unions commerciales pour l’Europe. Cette vision originaire a radicalement changé. Aujourd’hui, l’UE in-tervient dans presque tous les domaines de la vie, dépourvue de toute légitimité et avec des conséquences désastreuses.

La bureaucratie européenne s’est progressivement arrogée des missions nouvelles et excessives, dépassant son mandat purement économique. Ces missions, tolérées par les Etats membres, impliquent le sacrifice de leur souveraineté.

  • Elle a instauré une monnaie unique, l’euro, dont la Banque centrale européenne (banque d’émission de l’euro) s’est vue accorder la suprématie sur les banques nationales.
  • Elle a créé une Cour de justice de l’Union européenne, qui fait office de juridiction suprême contraignante pour les Etats membres et qui, avec leur accord tacite, a même soumis leurs constitutions à sa juridiction.
  • L’UE est intervenue dans le conflit ukrainien en fournissant de l’argent et des armes «au nom de la communauté» et tente de mobiliser ses Etats membres pour une lutte commune contre la Russie afin d’acquérir une expertise militaire grâce à leurs armées nationales. Elle est ainsi parvenue à transformer la guerre en Ukraine, d’un conflit américain en une guerre européenne contre la Russie, une guerre que l’Europe doit désormais financer. 

L’Union européenne s’est transformée
en «Union  par la dette»

En réalité, l’UE ne dispose d’aucun fonds pour financer de telles missions et, conformément à l’article 310 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE), elle n’est autorisée ni à contracter de dettes ni à créditer de subventions. Lors de la création de l’UE, tous les Etats membres ont souscrit à ne pas émettre d’«euro-obligations», c’est-à-dire de ne pas contracter de dettes aux dépens des Etats membres. Or, depuis l’approbation d’Angela Merkel, l’UE a contourné cet obstacle par le biais de plusieurs amendements. Afin de prévenir les défauts de paiement souverains de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal, et donner voie libre aux prêts exceptionnels au profit des Etats membres en difficulté financière – prêts qui, de fait, constituent leur dette en commun – ce «MES» (Mécanisme européen de stabilité, nom qui cache un véritable monstre de dettes européennes) a été créé en 2012. Doté de pouvoirs exceptionnels, sans possibilité de sortie pour les Etats membres et d’un capital initial de 708,5 milliards d’euros, il a été instauré en dépit de tout obstacle raisonné.
    En continuant cette voie de l’endettement collectif, l’UE se donna à la fondation du «Fonds eurpéen de sauvetage», doté de 188,2 milliards d’euros, au «Dispositif européen de chômage partiel», au programme «Next Generation», un autre dispositif européen de chômage partiel (SURE) à dimension de 98,4 milliards d’euros, et à la «Facilité pour l’Ukraine» dont les 150 milliards d’euros sont destinée à financer la guerre en Ukraine (principalement à l’instigation de la France, mais avec l’approbation de l’Allemagne). Ces montants n’incluent pas les contributions de l’OTAN qui représentent à elles seules 5 % du PIB entraînant, pour l’Allemagne seule, un paiement annuel de 220 milliards d’euros. Bien que les statuts et la législation UE lui interdisent le recours aux crédits, l’Union européenne s’est tout de même dotée d’une dette de plus de 3 000 milliards d’euros, ce avec l’accord de ses Etats membres – un chiffre qui dépasse toute imagination et qui ne cesse d’augmenter. Ainsi, l’UE est donc passée en réalité d’une organisation compétitive et performante à une «Union par la dette», situation illégale au regard de ses statuts, mais instaurée par Angela Merkel et ses collègues. Cette dette n’est plus remboursable par les contributions des Etats membres et représente une menace croissante pour l’existence même de l’UE.
    L’UE en tant qu’organisation de faîte n’est pas la seule à être surendettée: de nombreux Etats membres le sont également, comme la Grèce (150 % du PIB), l’Italie (130 % du PIB) et la plupart des autres pays européens, ainsi que l’Allemagne depuis le gouvernement de Friedrich Merz. Jusqu’à présent, l’UE a toujours dû recourir aux «plans de sauvetage» – en assumant, au début, la responsabilité des pays en difficulté, ensuite leur dette – tout cela pour prétendument sauver l’UE et l’euro. En fait, en apportant une aide financière aux Etats membres au bord de l’effondrement, elle ne fait que retarder l’explosion programmée de la dette. L’UE et ses Etats membres s’enfoncent donc ensemble dans un endettement toujours plus important et insoutenable, évidence à chacun qui reste réaliste.

Seule issue pour réduire l’endettement de l’UE:
toucher au patrimoine des citoyens

Entre-temps, la dette de l’UE et de ses Etats membres a atteint un niveau où elle dépasse toute résolution basée sur les méthodes traditionnelles d’acquittement, telles les réductions de dépenses, les hausses d’impôts ou les emprunts. Cette explosion de la dette menace le système basé sur l’euro et ainsi les fondements de l’UE. Dans cette situation cruciale, l’effondrement (le krach) n’est à éviter que par deux interventions radicales, toutes deux ciblées sur le patrimoine privé des particuliers, celui des citoyens: la dévaluation des actifs monétaires (1) et l’expropriation, y compris les biens corporels (2).
    Ad (1): L’UE accélère la dévaluation des actifs monétaires. La Banque centrale européenne prévoit de passer à l’«euro numérique» en 2029, ce qui signifie concrètement la suppression des espèces et l’introduction d’une nouvelle monnaie numérique, dont le choix est abandonné à la discrétion de la banque centrale. Une telle transition s’accompagne généralement face à la dévaluation de la monnaie courante. Lors de précédentes réformes monétaires, la monnaie a été dévaluée de 10 % en France et jusqu’à 90 % dans Allemagne de l’an 1948. Concrètement, cela signifie que les avoirs monétaires des citoyens perdent de la valeur selon ces pourcentages, tandis que l’Etat, en tant que débiteur, est allégé de cette part de sa dette. Toute réforme monétaire s’accompagne généralement d’une accélération de l’inflation, soit parce que la population perd confiance dans la valeur de la monnaie, soit parce que la masse monétaire augmente si drastiquement que sa valeur diminue en conséquence. Il est significatif pour tous les citoyens de l’UE que la bureaucratie de la zone euro, avec la transition vers l’euro numérique, ait ouvertement déclaré son intention de mettre en œuvre une réforme monétaire et, de ce fait, de détruire les actifs financiers des citoyens par le biais de la dévaluation, à son propre profit. Nos actifs financiers sont donc directement menacés par l’UE. Cela concerne non seulement les moyens liquides, mais aussi les actifs liés aux rentes, les actions, les obligations, les prêts hypothécaires et tous les autres actifs nominaux. Il faut donc s’attendre au démantèlement radical de tous les actifs monétaires afin de rembourser les dettes, essentiellement illégales, de l’UE – et de ses Etats membres – attaquant ainsi directement le patrimoine privé de chaque citoyen.

La monnaie numérique – un autre piège

Concernant le point (2): l’UE souhaite également toucher à nos biens matériels. Lorsque l’Allemagne a réduit sa dette de guerre grâce à une réforme monétaire en 1948, un mécanisme de «péréquation des charges» a été instauré pour grever les biens immobiliers «par souci d’équité»: ce système imposait l’hypothèque de l’Etat sur tous les biens immobiliers. L’UE prévoit d’aller encore plus loin dans son pillage: elle souhaite également grever ou exproprier partiellement les biens mobiliers de ses citoyens. A cette fin, elle a créé une nouvelle agence, l’Autorité de lutte contre le blanchiment d’argent (AMLA), à Francfort en 2024. Officiellement, cette agence a pour mission de lutter contre le blanchiment d’argent. En réalité, elle vise à établir un registre des avoirs de chaque citoyen de l’UE. Sa proximité avec la banque centrale de la zone euro vise à faciliter l’identification, le suivi et la déclaration des actifs financiers de chaque citoyen à l’autorité européenne – aptes à tous les concepts de pillage.
    Lorsque la monnaie numérique sera généralisée, la banque centrale disposera d’un moyen régal pour contrôler la totalité des actifs financiers de chaque citoyen de l’UE. Cela signifie que l’UE, grâce à son dispositif AMLA (Accrual and Monetary Asset Relief – allègement de la dette), dispose d’énormes capacités à réduire globalement les actifs financiers de tous les citoyens européens, mais aussi sanctionner spécifiquement les dissidences politiques, l’opposition ou les «opinions dissidentes» par la confiscation d’actifs, voire le gel des comptes. Afin de garantir que les propriétaires d’actifs corporels contribuent également à l’allègement de la dette de l’UE, le dispositif AMLA prévoit la création d’un registre des actifs qui concerne en principe chaque actif de chaque citoyen européen.
    La Commission européenne a commandé une étude de faisabilité en 2021, qui a naturellement confirmé la faisabilité fondamentale d’un tel registre des avoirs, rendant ainsi les actifs des citoyens transparents et accessibles, au-delà mêmes des frontières. Rien ne devrait plus échapper aux autorités. Officiellement, selon la directive européenne 2024/1260, ce registre vise uniquement à faciliter la confiscation des avoirs et de leurs produits auprès des criminels. En réalité, cependant, il pourrait servir de nouveau mécanisme de partage des charges, utilisant les actifs corporels pour compenser la dette nationale, à l’instar de l’inflation et des réformes monétaires qui ont dévalué la monnaie. Concrètement, le dispositif AMLA vise à créer un registre centralisé des avoirs recensant les citoyens, de sorte qu’en cas de programme d’allègement de la dette européenne, un simple clic suffirait pour appauvrir et piller les biens de chaque citoyen.
    Les informations nécessaires à l’établissement du registre des actifs seront compilées numériquement, à partir de toutes les données gouvernementales et complétées par un questionnaire destiné à chaque citoyen, sous peine de lourdes amendes en cas de fausse déclaration. Ce registre obligatoire des actifs s’applique non seulement aux particuliers, mais aussi aux fondations et aux personnes morales – autrement dit, aux biens matériels de chaque personne résidant dans l’UE. La Banque centrale européenne, en tant que banque centrale de la monnaie numérique, et l’AMLA, en tant que dépositaire central de tous les actifs matériels, pourraient ainsi conjointement (d’ici 2029?) procéder au pillage total des actifs financiers et matériels de tous les citoyens européens. Du moins, ces plans existent bel et bien. Comment s’y prendre? Le point faible du pillage de l’euro par l’UE ne réside pas tant dans le système financier, qui dispose en effet de moyens entièrement centralisé par l’UE; les problèmes se poseront du côté de l’AMLA lorsqu’il s’agira de déterminer les actifs matériels. Or, de nombreuses failles et échappatoires juridiques permettent de réduire artificiellement la valeur perçue des actifs. Toujours est-il que l’UE s’endette de manière inconsidérée et illégale, sans disposer de recettes fiscales propres pour compenser cette dette, au point qu’elle est donc contrainte de la répartir sur le dos des citoyens européens en pillant leurs ressources financières et matérielles.

D’une bienfaisance à un fléau

Si les partis au pouvoir n’avaient pas étouffé toute critique de l’UE, refusé d’accepter sa dette illégale et de prendre en charge les aides annuelles aux Etats membres surendettés, l’UE ne serait pas dans une telle situation, au bord de la faillite, ses citoyens seraient restés à l’abri de son emprise. Nos responsables politiques sont eux-mêmes à blâmer si l’UE s’empare désormais de nos ressources, avec l’aval de nos dirigeants nationaux. Ainsi, l’UE est passée de sa bienfaisance au début (le commerce) à un fléau, d’un avantage économique dû aux excès de sa bureaucratie à un danger et un préjudice pour chaque citoyen fortuné. Car, en cas de surendettement privé, le problème reste un conflit entre débiteurs et créanciers. En revanche, lorsqu’un pays est surendetté, la communauté financière internationale veille toujours à ce que, en tant que créancier, elle ne subisse aucune perte, mais que ce soient les citoyens eux-mêmes qui s’en trouvent chargés, autrement dit: spoliés. L’UE prépare actuellement ce pillage pour le compte de cette même communauté financière. L’échéance de 2029 n’est pas un hasard, car l’UE vient de contracter 90 milliards d’euros de dettes supplémentaires liées à l’Ukraine.

Votez «oui» à l’Initiative «L’argent liquide, c’est la liberté»! Votation populaire suisse du 8 mars 2026 en faveur du maintien de l’argent liquide

mw. Partout dans le monde, l’argent inquiète. Le Professeur Hamer décrit la situation financière alarmante de l’UE, tant au niveau des Etats membres qu’à celui de l’organisation dans son ensemble. Il analyse les projets inquiétants de Bruxelles visant à réduire à la hâte l’endettement abyssal de l’Union européenne et à solliciter la contribution des citoyens. «La situation au sein de l’UE est véritablement préoccupante», écrit Hamer, et il n’est pas le seul à s’en inquiéter, et pour cause. Face à ces évolutions, comment réagir? En tant que pays toujours non-adhérant à l’UE, faut-il en effet honorer par notre confiance ceux qui nous poussent inébranlablement à abandonner notre système politique éprouvé? Dans peu de jours, le 8 mars, nous autres citoyens suisses seront convoqués de nous prononcer, aux urnes de la votation populaire, face à l’Initiative «Pour de l’argent liquide».
   Cette initiative populaire vise – à l’épreuve des crises et décidée démocratiquement – à «préserver la monnaie authentique, indépendante de l’électricité, du réseau électrique et des intérêts des entreprises dominantes». Elle oblige le gouvernement fédéral à garantir l’ approvisionnement permanent en billets et en pièces d’argent, de la monnaie qui fait partie intégrante de notre quotidien et de notre identité. La contre-proposition du Parlement affirme que «le franc suisse est et restera la monnaie de la Suisse». Mais cela laisse des questions en suspens, notamment concernant la monnaie numérique.
    Cette votation est le fruit des nombreux référendums sur la politique monétaire, sollicités par nos citoyens depuis 1848. Il fait partie des 700 référendums fédéraux tenus au cours de cette longue période. La démocratie directe a largement contribué à la prospérité suisse (voir cette édition, page 6). – A quoi bon accepter que des intérêts partisans compromettent cet héritage qui fait ses épreuves pendant plusieurs générations?

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