La piste des larmes

Sur les traces des Premières Nations d’Amérique du Nord

par Scott Ritter*

Les Etats-Unis tentent d’imposer leur volonté au peuple groenlandais. Cette violation flagrante de la souveraineté suscite l’indignation générale. Mais, notre Histoire le montre, il s’agit là d’une pratique courante.

Sors de là, allez, sors, ça ne sert à rien de te cacher.
Allez, allez, tu ne comprends pas?
Y a pas de place ici, qu’est-ce que tu croyais?
Y a pas de place pour toi et moi, y a juste de la place pour moi
Alors tu déposes les armes
Et oui, je vais m’installer ici, je l’appellerai mon chez-moi.

J’ai parfois l’impression d’être pris au piège d’un cauchemar que j’ai moi-même créé. Je me suis toujours considéré comme un patriote américain, et pour être franc, je le serai toujours.
    Mais parfois, je me demande si l’Amérique que j’aime n’existe que dans mes rêves.
    J’observe, avec une colère à peine contenue, les Inuits du Groenland qui luttent contre une réalité qui les réduit à l’état de simples pions dans une lutte de pouvoir géopolitique alimentée par une version moderne et exacerbée de la «Manifest Destiny» américaine. 52000 personnes, à peu près, s’identifient comme Inuits du Groenland. Elles représentent, à elles toutes, environ 90% de la population du Groenland, qui est une région autonome du Royaume du Danemark. Il existe trois grands groupes d’Inuits du Groenland: les Kalaallit, les Tunumiit et les Inughuit.
    Je soulève cette question parce qu’aujourd’hui, j’ai lu qu’un grand nombre d’Américains avaient pris «fait et cause» pour les Inuits du Groenland, invoquant les fautes passées des Danois dans leur traitement de la population indigène du Groenland.
    Mais en réalité, la plupart des Américains n’ont pas la moindre idée de qui sont les Inuits du Groenland. Nous ne savons rien d’eux et nous ne voulons rien en savoir. Ce que nous voulons, c’est juste leur terre. Et nous sommes prêts à tout pour l’obtenir, même à feindre de nous préoccuper de leur histoire tourmentée avec les colonisateurs européens.

Loin, bien loin, tu as été banni
Ta terre m’a été donnée
Et ici, je déploierai mes ailes
Oui, je ferai de cet endroit mon chez-moi.

Récemment, j’ai roulé au travers des vastes espaces des Etats-Unis, de Palm Springs en Californie, à Albany, Etat de New York. Comme je voyageais pour raisons professionnelles, j’ai pu choisir mon itinéraire et adopter mon propre rythme. En outre, compte tenu de mon âge, j’avais décidé de ne pas reproduire les performances héroïques de ma jeunesse et conduire 15 à 20 heures par jour. J’ai donc divisé le trajet en plusieurs étapes de huit heures de conduite, ce qui m’a permis de profiter des paysages et leurs habitants en cours de route.
    La première étape de mon voyage m’a conduit de Palm Springs à Flagstaff, Arizona. Je voulais admirer le coucher de soleil sur le Grand Canyon, mais le beau temps n’était pas au rendez-vous de sorte que j’ai préféré me lever tôt le lendemain matin pour essayer d’admirer le lever du soleil. Ce matin-là, le temps était clair et le lever du soleil spectaculaire.
    Comme à mon habitude, j’ai pris le temps de me renseigner sur les endroits que j’allais traverser et ceux que je voulais visiter. Les origines du parc national du Grand Canyon recèlent un sombre aspect dont la plupart des Américains ignorent tout. Pendant des siècles, les Indiens Havasupai ont vécu dans le canyon Havasu et sur le plateau environnant, qui font aujourd’hui partie du parc national du Grand Canyon. Au printemps et en été, ils vivaient dans le canyon et cultivaient du maïs, des haricots, des pêches, des melons et du coton. En hiver, les Havasupai se déplaçaient vers le plateau où leur subsistance dépendait de la chasse et la cueillette.
    A mesure qu’augmentait l’intérêt suscité par la région du Grand Canyon (d’abord en raison de la découverte de gisements argentifères et de la nécessité de répondre aux besoins des sociétés minières, puis en raison du tourisme), différents présidents américains, à commencer par Rutherford Hayes en 1880, puis Chester Arthur en 1882, promulguèrent une série de décrets qui privèrent les Indiens Havasupai de leurs terres tribales et les confinèrent dans la plus petite réserve des Etats-Unis, un terrain de 518 acres qui les isolait des plateaux du Grand Canyon dont ils dépendaient vitalement.
    Lors de la création du parc national du Grand Canyon en 1919, la réserve indienne Havasupai s’est retrouvée encerclée par le parc. Au cours des décennies qui ont suivi, les Havasupai ont fait pression pour récupérer leurs terres mais ce ne fut qu’en 1975 que le Congrès a adopté la Loi sur l’élargissement du parc national du Grand Canyon, restituant ainsi plus de 180000 acres aux Havasupai, qui forment aujourd’hui leur réserve.
    Mais tout n’est pas rose pour autant. En juillet 2024, on a commencé à extraire du minerai d’uranium à la mine de Pinyon Plain, située dans la forêt nationale de Kaibab, près de Tusayan, à proximité de la rive sud du Grand Canyon. La mine de Pinyon menace les eaux souterraines qui alimentent le fleuve Colorado et les terres des Havasupai. Cependant, ses activités sont protégées par la Mining Act (loi sur les mines) de 1872. La tribu Havasupai s’oppose à l’exploitation de la mine, arguant qu’elle risque de «profaner l’un de nos sites les plus sacrés et de mettre en péril l’existence de la tribu Havasupai».
    A ce jour, les préoccupations des Havasupai sont restées lettre morte.
    En explorant les bases de données consacrées à l’histoire américaine, on tombe sur les références au sergent Yuma Bill Rowdy, un Indien Havasupai qui a servi comme éclaireur dans la cavalerie de l’armée américaine lors des dernières campagnes visant à soumettre les Apaches, en 1890. Lors de la bataille de Cherry Creek, en mars 1890, Rowdy «a suivi les Apaches à travers l’un des terrains les plus accidentés, le Salt River Canyon en Arizona, les a retrouvés et a conduit le reste de la cavalerie jusqu’à leur emplacement», un exploit qui lui a valu la médaille d’honneur du Congrès.

Qu’est-ce que tu dis?
Tu crois que tu as le droit de rester?
Alors reste, et je t’enterrerai.
Qu’est-ce que tu dis?
L’esprit de ton père vit toujours ici?
Eh bien, je vais vous faire taire tous les deux.

Après avoir admiré le lever du soleil sur le Grand Canyon, j’ai pris la direction de l’est sur Interstate 40, destination Albuquerque, Nouveau-Mexique. En chemin, je me suis arrêté au Petrified Forrest National Park, avant de traverser la réserve Navajo. Le nord-est de l’Arizona est connu pour ses panoramas magnifiques, caractérisés par un labyrinthe grandiose de canyons, dont le Canyon de Chelly et le Canyon del Muerto, façonnés par l’eau qui a creusé, au fil des millénaires, des couloirs dans les couches de grès et de roche ignée jusqu’à former des parois spectaculaires s’élevant à plus de 300 mètres au-dessus du fond verdoyant du canyon. Pendant plus de 5000 ans, le Canyon de Chelly a été l’habitat des peuples autochtones de la région, notamment les Diné, ou Navajo. Alors que les Etats-Unis cherchaient à réaliser la vision de John O’Sullivan sur leur «destinée manifeste» (Manifest Destiny), selon laquelle Dieu avait ordonné l’expansion américaine vers l’ouest afin de répandre la démocratie, le capitalisme et le mode de vie américain à travers tout le continent nord-américain, les pionniers, animés par cette idée, entrèrent en conflit avec les peuples autochtones qui peuplaient les terres qu’ils convoitaient. Au nord-est de l’Arizona, cela signifiait que les Américains se sont rapidement retrouvés en conflit avec le peuple Diné.
    En 1863, le célèbre pionnier américain Kit Carson conduisit ainsi, contre les Diné, une expédition militaire qui culmina lors de la bataille du Canyon de Chelly. Le canyon signifia la dernière forteresse des Diné où ils avaient prévu de livrer leur dernier combat.
    Mais plutôt que d’affronter directement les guerriers Diné, Kit Carson entreprit une campagne de terre brûlée, détruisant les récoltes et massacrant les troupeaux de moutons dont le peuple Diné dépendait pour sa survie.
    En janvier 1864, les Diné, mourant de faim et dépourvus de tout moyen de subsistance, furent contraints à la reddition. Plus de 8500 d’entre eux furent alors contraints à entreprendre ce qui est désormais connu sous le nom de la «Longue Marche», un périple de près de 480 kilomètres depuis le nord-est de l’Arizona et le nord-ouest du Nouveau-Mexique jusqu’à Bosque Redondo, le long de la rivière Pecos. Au cours de ces deux mois que durait leur périple vers leur nouvelle terre, soumis aux rigueurs de l’hiver, plus de 200 Diné moururent de froid et de faim. Des centaines d’autres périrent après leur arrivée dans la réserve de Bosque Redondo.
    En 1868, confronté à la réalité de l’échec cuisant de la déportation forcée des Navajos, le gouvernement américain autorisa les Dinés survivants à retourner sur leurs terres natales, y compris dans le Canyon de Chelly, qui fut alors rattaché à une réserve navajo élargie.
    Les hauts faits des Navajos au service de la défense des Etats-Unis sont légendaires. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des centaines de Navajos se sont enrôlés dans le Corps des Marines des Etats-Unis, où ils ont servi comme «code talkers», c’est-à-dire des opérateurs radio qui communiquaient en langue navajo, barrière linguistique que les Japonais étaient incapables de passer.

Le problème, c’est que ton cheval s’est enfui,
Ne rate pas ton bateau, c’est maintenant qu’il part
Et quand tu seras parti, je déploierai mes ailes
Oui, je vais appeler cet endroit mon chez-moi
Je n’ai pas le temps de te donner des explications
T’es aveugle, pauvre idiot, dégage de mon chemin
Tout ce que je peux te dire, mon nouveau voisin
C’est que tu ferais mieux de partir, sinon je t’enterrerai.

En quittant Albuquerque, je me suis dirigé vers l’est, à destination d’Oklahoma City, mon port d’arrivée pour la journée. Mon voyage m’a conduit à travers la région du Panhandle au Texas où, après avoir atteint Amarillo, j’ai quitté l’autoroute et pris la direction du sud, vers le Palo Duro Canyon.
    Palo Duro est le deuxième plus grand canyon des Etats-Unis, après le Grand Canyon. Façonné par des millénaires d’érosion créée par le ruisseau du même nom, le Palo Duro Canyon se jette dans la partie sud des Hautes Plaines d’Amérique du Nord, connues sous le nom de Llano Estacado, ou «la plaine jalonnée».
    Le Llano Estacado était le territoire des Quahadis, ou tribu des Antilopes, du peuple Nermernuh, plus connu sous le nom de Comanches, un nom dérivé du mot Ute Komántcia, qui signifie littéralement «ceux qui veulent se battre contre moi tout le temps». Les Quahadis, comme tous les membres du peuple Nermernuh, étaient des cavaliers hors pair dont le mode de vie reposait sur la chasse au bison et à l’antilope qui paissaient dans le Llano Estacado. Ils étaient farouchement indépendants et particulièrement agressifs. Pendant des décennies, ils résistèrent aux incursions des pionniers américains animés par la «Destinée manifeste», refusant de signer les traités proposés par le gouvernement américain et rejetant toute perspective de vivre dans des réserves.
    En 1874, les Quahadis étaient dirigés par Quanah Parker, le légendaire Chef de guerre comanche. Parker s’allia aux Indiens Kiowa et aux Cheyennes de l’Ouest qui s’étaient enfuis de leurs réserves, et ensemble, ils se réfugièrent dans le canyon de Palo Duro, où ils rassemblèrent des provisions pour survivre à l’hiver qui approchait. En septembre 1874, l’armée américaine envoya des troupes sous le commandement du Colonel Ranald Mackenzie, qui y encerclèrent les Quahadis, les Kiowas et les Cheyennes de l’Ouest barricadés dans ses gorges. Quanah Parker et les autres chefs tribaux réussirent à mettre leurs peuples à l’abri des troupes de Mackenzie, mais ils durent abandonner le ravitaillement qu’ils avaient en réserve, ainsi que des milliers de leurs meilleurs chevaux.
    Mackenzie ordonna de brûler les provisions et d’abattre les chevaux. Affamé et sans autre moyen de transport, Quanah Parker fut contraint de se rendre et se résigna à vivre dans une réserve. Il fut le dernier des chefs comanches libres.
    Les archives de l’armée américaine montrent que de ces Comanches, 14 indigènes américains s’enrôlèrent pendant la Seconde Guerre mondiale, où ils formèrent une unité spéciale de code talkers comanches affectée à la 4e division d’infanterie. Ces Comanches débarquèrent à Utah Beach le jour J, le 6 juin 1944, et combattirent tout au long de leur traversée de la France, où ils se retrouvèrent au cœur de la bataille des Ardennes. Charles Chibitty, le dernier code talker comanche survivant, est décédé en juin 2005, après avoir reçu, entre autres distinctions, deux médailles Bronze Star pour son héroïsme et ainsi qu’un Purple Heart.

Maintenant, alors que je repose mes pieds au coin du feu
Ceux qui autrefois y réchauffaient leurs mains,
Je les ai contraints à se retirer
Je peux désormais respirer à mon aise
Et dormir plus profondément
Je bâtirai mon paradis sur ces pauvres âmes déchues
Et c’est là que je bâtirai mon foyer
Car à présent, vous tous, vous êtes morts.

Le dernier jour de mon périple à travers ce que nous, Américains, appelons familièrement le «Far West», m’a conduit vers l’est, loin d’Oklahoma City, jusqu’à Little Rock, dans l’Arkansas. A l’approche de la frontière avec l’Arkansas, j’ai quitté l’autoroute Interstate 40 pour me diriger vers le nord, vers la ville de Muskogee. Au nord-est de Muskogee se trouve la ville de Tahlequah où, dans l’ancien bâtiment du Capitole national cherokee, se trouve le Musée national d’histoire cherokee.
    Les Cherokees se désignent eux-mêmes sous le nom d’Aniyvwiya et ont vécu pendant des siècles comme un peuple uni dans le sud-est de ce qui est aujourd’hui les Etats-Unis. Le 28 mai 1830, le Président Andrew Jackson a promulgué la Loi sur la déportation des Amérindiens. Cette loi prévoyait «un échange de terres avec les Amérindiens résidant dans l’un des Etats ou territoires, et leur déportation à l’ouest du fleuve Mississippi». Entre 1838 et 1840, cette loi a servi de justification à l’expulsion forcée du peuple Aniyvwiya de ses terres ancestrales vers ce qui était alors connu sous le nom d’Indian Territory, qui constitue aujourd’hui l’Etat de l’Oklahoma.
    En mai 1835, Andrew Jackson contraignit les chefs cherokees à signer le traité de New Echota, qui accordait aux Cherokees deux ans pour quitter leurs terres ancestrales et s’installer en Oklahoma. Cependant, en 1838, seuls 2000 Cherokees l’avaient fait volontairement. En mai 1838, le Président Martin Van Buren donna au Général Winfield Scott l’ordre ultime de déplacer de force les Cherokees restants. Cette opération débuta à l’hiver 1838, les troupes américaines escortant quelque 13000 Cherokees sur un trajet de plus de 1600 kilomètres. Les conditions étaient extrêmement difficiles et plus de 4000 Cherokees périrent en chemin, dans ce qui est désormais connu sous le nom de «Piste des larmes».
    La «Piste des larmes» est largement considérée comme acte génocidaire, un processus qui a permis de s’appropier par la force plus de 25 millions d’acres de terres, destinés à être exploités économiquement par les citoyens des Etats-Unis.
    Billy Walkabout, un Cherokee, a servi dans l’armée américaine au Vietnam, où il a reçu la deuxième plus haute distinction militaire pour son héroïsme, la Distinguished Service Cross, pour avoir sauvé la vie de plusieurs soldats américains. Billy Walkabout a également reçu la Bronze Star pour son héroïsme et le Purple Heart pour les blessures reçues au combat.
    Billy Walkabout est décédé en 2007 des suites de complications liées à son exposition à l’agent orange, un défoliant largement utilisé par les Etats-Unis, comme arme à destruction massive au Vietnam.

Et je vis avec ma justice
Et je vis avec mon avidité
Oh, je vis sans pitié
Et je vis avec ma voracité frénétique
Et je vis avec ma haine
Et je vis avec ma jalousie
Oh, je vis avec cette idée
Que je n’ai besoin de personne d’autre que de moi-même.

Bien que les Etats-Unis aient, au fil des années, tenté de réparer les innombrables injustices commises à l’encontre des peuples autochtones qui occupaient les terres convoitées par les colonisateurs européens et du monde entier, lesquels sont ensuite devenus le peuple américain, le fait est qu’aujourd’hui, les peuples indigènes et leurs descendants sont traités comme des citoyens de seconde zone par une nation qu’ils ont pourtant défendue à maintes reprises en temps de guerre.
    Certains se montrent choquées par l’attitude de l’administration Trump envers le Groenland et sa population autochtone Inuit.
    Quant à moi, elle illustre ce qui est au fond de notre business as usual.

Ne buvez pas l’eau
Ne buvez pas l’eau
Il y a du sang dans l’eau
Ne buvez pas l’eau
Ne buvez pas l’eau
Ne buvez pas l’eau
Il y a du sang dans l’eau
Ne buvez pas l’eau
Il y a du sang dans l’eau
Vous allez tous mourir

(Paroles de la chanson Don’t Drink the Water, du The Dave Matthews Band.)

Source: https://scottritter.substack.com/p/dont-drink-the-water  du 18 janvier 2026

(Traduction Horizons et débats)


* Scott Ritter est un ancien officier du renseignement du Corps des Marines des Etats-Unis qui, au cours de sa carrière de plus de 20 ans, a notamment travaillé dans l’ancienne Union soviétique à la mise en œuvre d’accords de contrôle des armements, dans l’état-major du général américain Norman Schwarzkopf pendant la guerre du Golfe en 1991, puis comme inspecteur en chef des armes de l’ONU en Irak de 1991 à 1998. Ritter a vivement critiqué la décision américaine de repartir en guerre contre l’Irak en 2003. Il est l’auteur de 12 livres. Son dernier ouvrage s’intitule «Highway to Hell: The Armageddon Chronicles 2015–2024» (Clarity Press).

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