par Eva-Maria Föllmer-Müller
Il y a deux semaines, une délégation de 20 citoyens suisses s’est rendue à Bruxelles pour plaider en faveur de la libération de Jacques Baud, emprisonné sous sanctions, et ainsi affirmer son soutien à la liberté d’expression. Leur programme comprenait également une visite à l’ambassade de Suisse à Bruxelles et la remise d’une lettre à l’ambassadeur, Jacques Pitteloud (voir encadré). Plus d’une dizaine de membres des Trychler de l’Amitié (un groupe traditionnel suisse de sonneurs de cloches à vaches) accompagnaient la délégation, faisant entendre leur voix au son de leurs cloches. Cette visite à Bruxelles était une initiative de Vital Burger, du mouvement suisse Nous sommes Jacques. Le documentaire «Pour un citoyen suisse, Jacques Baud: Protestation contre les sanctions de l’UE devant l’ambassade à Bruxelles» est rechargeable sur l’adresse suivante: https://www.youtube.com/watch?v=RU_9RUXtMUM .
Burger résume l’objectif de l’action en ces termes: «Nous nous sommes réunis aujourd’hui à Bruxelles pour témoigner que le sort d’un concitoyen, sanctionné de l’UE pour avoir exprimé son opinion, ne nous laisse pas tranquille. La liberté d’expression est un droit fondamental inscrit dans notre Constitution, et nous voulons donc montrer que cette situation est inacceptable. L’ambassade de Suisse à Bruxelles est tenue de suivre les directives de Berne, et le Dirigeant compétent des Affaires étrangères suisses ne se montre pas particulièrement actif à cet égard. Nous ignorons qui tire les ficelles dans cette affaire, mais ceux qui les tirent en tant que Suisses doivent se poser la question s’ils représentent réellement les intérêts des Suisses à l’extérieur.»
La délégation de solidarité suisse avait également apporté de la nourriture à Jacques Baud, chacun à sa manière. Le journaliste berlinois Patrik Baab, qui accompagnait le groupe, a filmé la remise des présents de provenance suisse (https://www.youtube.com/watch?v=11hNvX4mBm0 ): fromage, pain, saucisse, beurre, miel, confiture, thé, biscuits, et bien d’autres choses encore. Visiblement ému, Baud a remercié la délégation avec ces paroles: «Chers compatriotes, votre présence me touche beaucoup. Avec vous, un morceau de Suisse arrive en Belgique. Je tiens à vous remercier tous, avant tout pour votre présence, mais aussi pour tout ce que vous avez apporté. […] C’est formidable d’avoir des personnes comme vous en Suisse et de pouvoir compter sur vous comme amis – car je vous considère comme tels. Merci infiniment d’être venus. »
A l’ambassade de Suisse, la délégation a été reçue par M. Léonard Graf, Délégué et chef de mission adjoint, au son des cloches, pour lui remettre leur lettre adressée à l’Ambassadeur suisse en Belgique (voir encadré).
Après la visite à l’ambassade, une participante commente: «Je suis inquiète de la situation en Suisse, notamment en ce qui concerne la liberté d’expression. […] C’est pourquoi j’ai dit que je viendrais, je voulais faire quelque chose, car ce qui arrive à Jacques Baud, ces sanctions, est tout simplement inacceptable. Je pense que la représentation suisse n’en fait pas assez. Je trouve très positif que Monsieur le Délégué suisse nous ait reçus, mais ses paroles ne m’ont pas satisfait. […] Ils n’ont pas fait assez pour lui. Quelles en sont les raisons? Ont-ils peur? De quoi, de qui? Subissent-ils des pressions? Je le soupçonne. Mais je ne sais pas si c’est le cas ni d’où la pression vient.»
Et en réponse à la remarque de l’intervieweur, elle ajoute: «En tant que citoyenne suisse, il faut maintenant prendre la défense d’un compatriote suisse», poursuivant ainsi: «C’est exactement ça. Sinon, nous serions tous des moutons et nous ne pourrions plus dire ce que nous pensons. J’ai une connaissance allemande qui est très angoissée ces temps-ci. Elle ne nous a pas accompagné car elle a encore de la famille en Allemagne. Elle est maintenant citoyenne suisse. Elle n’est pas venue car elle craint d’être perçue négativement, en Allemagne aussi. Et je trouve cela absolument terrible.»
* * *
Le 28 février, le journaliste berlinois Hüseyin Dogru a lancé un appel à l’aide, sur X. Dogru fait, lui aussi, l’objet de sanctions extrajudiciaires de l’UE, ce depuis le mois de mai de l’année passée. Ses comptes sont gelés, toute personne qui lui vient en aide risque d’être poursuivi de délit. Dogru vit avec sa femme et leurs trois jeunes enfants, avec 506 € par mois, une allocation destinée à ses «besoins essentiels». Un tribunal de district a rejeté sa demande d’urgence visant à alléger les restrictions sur son compte. Quelques jours plus tard, la situation de la famille Dogru s’est aggravée, comme en témoigne son appel urgent à l’aide internationale.
«APPEL À L’AIDE HUMANITAIRE URGENT!!! Depuis hier, les autorités allemandes ont gelé les comptes bancaires de ma femme. Elle ne figure pas sur la liste des personnes sanctionnées et n’a commis aucun délit. Il ne nous reste actuellement que 104 € environ, alors que nous avons deux nouveau-nés et un enfant de sept ans.»
Une forte mobilisation de citoyens disposant de droiture est donc urgente. •
«Monsieur l’Ambassadeur suisse,
Monsieur Pitteloud
Devant vous se tiennent des citoyens suisses, vêtus de leurs habits traditionnels de bergers et portant des cloches alpines. Ils symbolisent notre attachement aux valeurs de nos ancêtres.
La Suisse, pays aux ressources limitées, se distingue particulièrement par son respect de la diversité des opinions. C’est seulement lorsque chacun peut contribuer à un dialogue constructif que peut émerger une véritable créativité.
Il y a un peu plus de 90 ans, une culture du «un seul avis compte» s’est imposée chez notre voisin du Nord. L’esprit critique a été étouffé. Les voix dissidentes ont été réduites au silence. Les conséquences de cette situation sont représentées dans les livres d’histoire.
Apparemment, l’Union européenne, qui prétend représenter les peuples d’Europe, n’a tiré aucune leçon de l’histoire, sous la direction d’une fille de ce pays, notre voisin du Nord. Monsieur l’Ambassadeur, je vous prie d’aider cette dame à combler ses lacunes en histoire et de plaider en faveur de Jacques Baud afin qu’il puisse à nouveau exprimer librement son opinion. Si l’Union européenne continue dans cette voie, nous serons tous des «Jacques Baud» nous aussi, et des conditions régneront à nouveau en Europe comme nous les avons connus dans le passé.
Adressez un message clair à l’Union européenne: qu’un citoyen suisse ne peut être traité de la sorte. Contribuez à mettre fin aux sanctions injustifiées, autant sur le plan juridique que sur le plan moral, infligées à Jacques Baud et veillez à ce que, lui concernant, justice soit faite.
Bruxelles, le 20 mars 2026
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