Renforcer la souveraineté!

Actuellement, de nombreuses personnes se demandent si nous voulons avoir davantage d’or dans le trésor de notre Banque nationale, si nous avons besoin davantage d’agriculture productive dans notre pays, dans quelle mesure nous voulons ouvrir notre pays à l’immigration, quel poids donner à notre droit national, jusqu’à quel point notre armée doit être forte et opérationnelle, ce que nos enfants doivent apprendre à l’école et pendant leurs études. Toutes ces interrogations soulèvent la question centrale, celle de l’indépendance nationale, donc de la souveraineté étatique, de la volonté – en tant que petit Etat libre et neutre avec toutes ses particularités tels sa démocratie directe, son fédéralisme et son système de milice – de faire face à un monde régi par des intérêts de pouvoir plus ou moins évidents.
Alors que certains voient le salut de l’humanité dans la mondialisation et la grande communauté internationale, ou du moins affirment verbalement qu’ils perçoivent une réelle chance dans cette perspective, la réalité politique se présente, depuis un certain temps déjà, totalement différente. Le nombre de conflits militaires actuels est élevé et un monde fondamentalement pacifique ne semble pas être à portée de main. Il est bien sûr tout à fait permis de croire à la vision d’un monde de plus en plus pacifique, mais de là à livrer son propre pays aux Etats les plus puissants de ce monde – alors qu’en ces temps actuels, on a jamais autant parlé de guerre – est soit naïf, soit cela sert un agenda politique non déclaré.
Si nous nous rappelons les débats qui ont eu lieu au cours de ces dernières années concernant l’importance de l’agriculture et de la défense nationale, de l’approvisionnement énergétique et de la politique financière, de la politique en matière de formation et de santé, on ne peut pas s’empêcher de penser qu’il y a là des membres d’une classe politique au travail niant formellement que la base de tout Etat est son indépendance et son autonomie. Ils préfèrent s’aligner sur des organisations internationales telles que l’UE, l’OTAN ou d’autres, en provoquant ainsi de massives restrictions de la souveraineté étatique. Mais heureusement, il est évident que les forces adverses sont également très présentes.
Les citoyennes et citoyens suisses, réalisant cette fausse direction, élèvent de plus en plus souvent leur voix. Les uns s’opposent à une politique scolaire ratée, illustrée par exemple par la version révisée du Plan d’études 21. Dans divers cantons, des comités d’initiative se sont déjà formés pour exiger que toutes les réformes scolaires soient soumises à l’approbation par le peuple. D’autres s’engagent pour corriger la politique agricole erronée de la Confédération qui tend de plus en plus à nous rendre dépendants de l’étranger. Cela va être corrigé grâce à l’initiative pour la sécurité alimentaire qui a déjà rencontré un large soutien et a de bonnes chances d’être acceptée en votation par le peuple et les cantons. Le comité d’initiative ne doit surtout pas se laisser aveugler par le contre-projet du Conseil fédéral et ne pas retirer son initiative. Le fait que le Conseil fédéral tente constamment à réduire l’armée et son financement a suscité une résistance acharnée au sein du Parlement et du peuple. Il y a deux ans environ, les citoyens suisses se sont exprimés en faveur de l’armée de milice et ont donc renforcé la défense nationale indépendante. Il est vrai que les opposants à l’armée n’ont pas abandonné leur combat, mais cela est dans la nature de leur stratégie. Cependant, le peuple suisse a la possibilité de s’engager pour le maintien et la formation d’une armée puissante afin de garantir au mieux la souveraineté de l’Etat.
Indépendamment de la question qui se pose à notre Etat: nous, les citoyennes et citoyens, avons l’occasion unique en son genre de participer activement à toutes les questions politiques et sociétales qui se posent. Nous pouvons décider si nous voulons garder notre Etat de démocratie directe et donc la souveraineté du peuple. Toutes les questions politiques et sociétales doivent être discutées ouvertement et sans manipulations. C’est à nous de décider si nous voulons continuer d’exister en tant qu’Etat souverain et libre ou renoncer petit à petit à notre liberté et notre indépendance. Pour tout citoyen responsable, ce dernier point est fondamental.

Rédaction d’Horizons et débats