Oui au «Gripen» – pas de suppression de l'Armée par étapes

Sans forces aériennes, la Suisse neutre sera dépendante de l'OTAN

par Franz Betschon et Judith Barben*

I. Introduction

En automne 2013, le peuple suisse a accepté à une majorité écrasante de maintenir l’obligation de servir.1 Personne n’aurait attendu une profession de foi aussi claire. L’adhésion du citoyen envers l’armée a nettement augmenté ces dernières années, ce qui est remarquable.2
La majorité est consciente du fait que la sécurité de notre pays revêt une importance décisive. Sans sécurité, il n’y a pas de liberté, pas de paix, pas de stabilité et pas de bien-être!
Le 18 mai 2014, nous devrons de nouveau nous prononcer sur une question de sécurité fondamentale: l’acquisition de 22 avions de combat du type «Saab Gripen E». L’achat de ces avions est nécessaire et pressant, car nos 54 «F-5 Tiger» vieux de près de 40 ans, sont techniquement dépassés et ne répondent plus aux exigences opérationnelles requises actuellement. Ils doivent être remplacés.3 Le Conseil fédéral et le Parlement ont approuvé ce projet («Loi sur le fonds Gripen») et recommandent au peuple de l’accepter.

II. Le Gripen pour un espace aérien sûr

 

L’importance des forces aériennes

L’importance des forces aériennes ne pourra jamais être surestimée. Les avions constituent le seul moyen de combat en mesure de défendre le pays dans les airs contre des opérations étrangères inattendues. Par ailleurs, les forces aériennes sont le toit sur l’armée et sur la Suisse. L’armée ne peut remplir sa mission au sol et assurer notre sécurité que si cette toiture est imperméable.
En tant que pays souverain et neutre, la Suisse a le devoir de défendre son territoire et son espace aérien.4 Elle ne peut déléguer cette tâche à des tiers. Des forces aériennes performantes sont donc indispensables.

Pourquoi nous avons un besoin urgent du Gripen

Actuellement, nos forces aériennes disposent de 32 avions de combat «F/A-18»5 entièrement opérationnels et de 54 «F-5 Tiger» qui doivent être remplacés. Avec les seuls 32 «F/A-18», notre flotte d’avions de combat est trop petite et doit être complétée le plus rapidement possible. A défaut, nos forces aériennes perdront leur capacité de combat et leur savoir-faire. C’est la raison pour laquelle l’acquisition des 22 avions de combat «Gripen E» est une nécessité.

Pilotes d’essai en faveur du Gripen

Lors du choix d’un nouvel avion de combat, la Suisse a examiné trois offres: le «Saab Gripen» suédois, le «Dassault Rafale» français et l’«Eurofighter», d’un consortium international. Les trois avions ont subi une évaluation complète avec de nombreux tests individuels. A la fin, les pilotes d’essai et les experts sont parvenus à la conclusion que les trois avions étaient à peu près équivalents. Ce sont donc avant tout des raisons économiques et politiques qui ont fait choisir le «Gripen».
Le «Gripen» est le moins cher et présente le meilleur rapport prix/utilisation. Le fait que Saab soit l’un des constructeurs d’avions de combat les plus expérimentés en Europe et que l’Etat suédois sera notre partenaire contractuel pour cette acquisition, ce qui nous garantit un degré élevé de sécurité, parle en faveur de l’avion de combat suédois. Du point de vue politique, la Suède est, elle aussi, un Etat neutre et nous a toujours traité avec respect.6 La Suisse et la Suède entretiennent traditionnellement de bonnes relations. Il est donc compréhensible que nous nous soyons finalement décidés en faveur du «Gripen».

III. Attaque contre notre souveraineté

 

Le véritable objectif de nos adversaires

Il ressort de ce qui vient d’être dit qu’un Oui pour le «Gripen» est un Oui pour l’armée et pour la protection du pays et de sa population.
Les cercles hostiles à l’armée ne veulent pas d’armée, donc pas de nouveaux avions de combat. Ils ont lancé le référendum contre l’achat des «Gripen». En première ligne, le «Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA)», suivi d’une partie des Socialistes, des Verts et des Vert’libéraux.
Le nom de «Groupe pour une Suisse sans armée» dit bien ce qu’il veut dire. Le parti socialiste a défini dans son programme l’objectif suivant: «Le parti socialiste s’engage pour la suppression de l’armée».7 Le parti écologiste va dans le même sens: «Les Verts veulent que la Suisse renonce […] à l’armée.»8 Seuls les Vert’libéraux se tiennent à couvert dans la question de l’armée. Ils ne se prononcent pas sur ce thème fondamental dans les lignes directrices de leur parti.9 En revanche, ils prennent d’autant plus violemment parti contre le «Gripen». Quelles sont les raisons de cette contradiction? Les Vert’libéraux se taisent-ils à propos de l’«armée» pour éviter les discussions désagréables et ne pas mettre en danger leur image bourgeoise?

Attaque contre notre souveraineté

Outre les adversaires précités de l’armée, on trouve, de manière inattendue, dans le camp des anti-«Gripen» certains représentants de l’armée. Leur opposition au «Gripen» repose soit sur de l’ignorance soit sur le fait qu’ils jugent encore judicieux d’abandonner la défense aérienne de la Suisse aux mains de l’UE et de l’OTAN:
«La défense autonome du pays n’a pas de sens et n’est pas finançable.»10 Elle doit faire place à une «spécialisation des rôles et à une concentration des ressources militaires nationales dans l’alliance européenne». Cela implique un «abandon conscient de capacités militaires en faveur d’autres pays».11
Vu cette analyse, l’opposition au «Gripen» de ces «partisans» de l’armée devient un peu plus compréhensible. La renonciation à la souveraineté nationale et l’intégration de l’armée suisse à des forces armées étrangères ont réellement été soutenues dans certains cercles de l’armée et circulent encore dans certains esprits. Elles sont plus proches des buts des adversaires roses-verts de l’armée que de la volonté populaire et de la Constitution fédérale: «La Suisse a une armée. […] Elle assure la défense du pays et de sa population».12

La suppression de l’armée par étapes

Le référendum contre le «Gripen» n’est pas la première tentative des opposants à l’armée d’affaiblir nos forces aériennes en tentant de leur retirer les moyens financiers. En 1992 déjà, le «Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA)» a combattu l’achat des 34 «F/A-18» par une initiative populaire: les «F/A-18» étaient, disait-il, trop coûteux et inutiles. Mais la majorité des citoyens ont senti que l’initiative du GSsA n’était qu’un premier pas dans la «suppression de l’armée par étapes». L’initiative fut rejetée par la majorité des votants et les 34 «F/A-18» furent achetés conformément à la volonté du peuple. Cette attaque contre la capacité de défense et la souveraineté de la Suisse avait fait long feu.
La situation actuelle est très comparable. En réalité, les adversaires roses-verts du «Gripen» utilisent cet avion pour atteindre leur but de toujours, la disparition pure et simple de l’armée suisse. Bien entendu, ils ne le disent pas ouvertement, préférant camoufler leurs objectifs. Ainsi, lors d’une des émissions de télévision «Arena», la conseillère nationale socialiste Evi Allemann a rejeté le reproche d’être hostile à l’armée en jouant les indignées – comme si elle n’avait pas lu le programme de son parti politique.13

Manipulation au lieu d’arguments objectifs

Le fait que les citoyens aient des opinions diverses ne pose aucun problème en démocratie. Mais en Suisse, il est de coutume de les présenter de manière correcte et argumentée. Ce n’est malheureusement pas le cas dans la campagne anti-«Gripen». Les adversaires du «Gripen» opèrent à l’aide de manipulation et de propagande.14 Ils tentent par exemple de faire croire qu’il existe un «consensus» contre le «Gripen». A cette fin, ils ont fait «monter au front» certains Vert’libéraux (anciennement membres des Verts15) qui, grâce à leur image bourgeoise, devaient faire monter des parlementaires bourgeois à bord du camp anti-«Gripen».16 Raté! «Les Vert’libéraux n’ont guère trouvé de personnalités pour leur lutte contre le «Gripen», dixit «Der Bund».17 Les parlementaires bourgeois ont voté presque sans exception en faveur du «Gripen».18

Un truc de propagande

Un autre truc de propagande des Verts a consisté à lancer le slogan «Krippen statt Gripen» [«Des crèches plutôt que des Gripen»].19 Les rimes ont toujours un effet hypnotisant [en l’occurrence, ça ne joue qu’en allemand, ndt.]. Ce slogan pleurnichard est censé apporter un caractère «émotionnel» à la discussion et la faire dévier du vrai sujet. Le mot «Krippen» provoque une représentation de bienveillance à l’encontre des enfants et des familles tandis que le nom «Gripen», par son opposition artificielle au nom «Krippen» place automatiquement l’avion militaire sous une lumière négative. Cette opposition est évidemment un non-sens. Des forces aériennes aptes à défendre le pays servent au bien commun, tout comme une offre suffisante en places de crèches. Le fait que les adversaires de l’armée doivent recourir à des trucs émotionnels bon marché montre qu’ils ne disposent pas d’arguments objectifs.

Ridiculiser – une technique psychologique

Le fait de ridiculiser une chose (ou une personne) est une autre technique de manipulation visant à dissimuler les faits.20 Les adversaires de l’armée ridiculisent le «Gripen» en parlant d’«avion en papier».21
En réalité, l’avion de combat suédois a été présenté en automne 2012 lors d’une démonstration remarquable et satisfaisante à tous égards.22 A cette occasion, le «Gripen» s’est révélé être le résultat d’un travail d’ingénierie convaincant, offrant une relation prix/prestation excellente. Il s’agit d’un avion polyvalent de haut niveau et contenant déjà dans son ordinateur de bord les logiciels nécessaires à assurer des missions diverses (observation, chasse, soutien de combats au sol).
Déjà lors de l’achat des «F/A-18», la version testée n’était pas celle qui fut livrée ultérieurement. Pour autant, on n’a jamais parlé d’«avion en papier». Un tel processus est habituel pour des avions de ce genre, car, durant leur utilisation – comme durant la période d’acquisition – ils subissent continuellement des améliorations. Si ce n’était pas le cas, le GSsA aurait dénoncé l’acquisition de vieux clous! C’est pourquoi, au moment de leur livraison, les «Gripen» disposeront de la technologie la plus récente.

Connaissances spécialisées simulées

Un autre truc que les adversaires de l’armée utilisent pour tromper le public consiste à utiliser des termes spécialisés et des détails techniques même s’ils n’ont pas la moindre connaissances en la matière: ils peuvent compter sur le fait que la plupart des gens ont tout aussi peu de connaissances qu’eux-mêmes. La politicienne socialiste Evi Allemann objecta lors de l’émission «Arena» dans une tirade donnant l’impression qu’elle était connaisseuse en la matière: «Et il n’a qu’un seul réacteur!». Elle considéra le public d’un air triomphant.23 En réalité, le fait que le «Gripen» n’ait qu’un seul réacteur ne pose aucun problème à la Suisse. Seuls les avions de la marine doivent posséder deux réacteurs, pour répondre à certains scénarii d’urgence propres à de tels avions. En règle générale, les avions des forces aériennes n’ont qu’un réacteur. Le fait que le «Gripen» n’ait qu’un seul réacteur constitue un avantage pour la Suisse, en ce que cela contribue au prix relativement avantageux de cet avion.
Un autre point fort du réacteur du «Gripen» est le fait que son réacteur soit pratiquement identique à celui des «F/A-18» que nous utilisons déjà, ce qui est un avantage important pour la logistique.
Lui reprocher d’être monoplace est tout aussi absurde. Ce n’est pas un problème pour un avion de combat. Ce type d’avion n’a besoin de deux sièges que pour l’instruction. Avec le «Pilatus PC-21», nous disposons déjà d’un système d’instruction révolutionnaire sur lequel les pilotes d’avions à réacteur peuvent être formés. Il suffit d’adapter le logiciel à un avion de combat monoplace. Le «Gripen» monoplace correspond parfaitement aux besoins de la Suisse et réduit de surcroît son prix.

Jeu d’embrouille avec les chiffres

Dire que le «Gripen» est trop cher relève aussi de la propagande. Le «Gripen» est non seulement le plus avantageux des trois avions évalués, mais son financement sera alimenté, à l’aide du «fonds Gripen», pendant dix ans par le budget régulier de l’armée. Pas de suppléments pour le contribuable!
Afin d’empêcher le «remplacement partiel des ‹Tiger›», les adversaires du «Gripen» répandent des chiffres inventés. Ils prétendent que l’avion ne coûte pas les 3,126 milliards de francs officiels mais dix milliards.24 Ils parviennent à ce montant vertigineux en intégrant les frais d’exploitation et d’entretien pendant 30 (!) ans. Les adversaires de l’armée savent parfaitement qu’on ne calcule jamais ainsi. Leur jeu d’embrouille avec ces chiffres n’a qu’un but, celui d’insécuriser les électeurs. On doit espérer que la plupart des Suisses ont suffisamment les pieds sur terre pour ne pas tomber dans ces artifices bon marché.

Alliance contre nature

Personne ne sait exactement d’où provient la rumeur que le choix du «Gripen» était entaché de corruption.25 Ce qui est certain, c’est qu’une lettre anonyme a été remise aux médias, il y a quelques mois, lettre qui contenait cette accusation. Elle était rédigée en français et plusieurs noms suisses-alémaniques comportaient des erreurs, ce qui fait penser à des auteurs français. Certains politiciens, spécialistes de la politique de la sécurité, supposent que l’entreprise Dassault, voulant nous vendre le «Rafale», pourrait en être l’instigateur.26 S’agirait-il d’une «complicité objective» entre l’alliance gauche-verte des adversaires de l’armée et certains cercles financiers et économiques internationaux?

Qui tire les ficelles?

Une grande partie des médias ont rapporté avec satisfaction que nos forces aériennes n’étaient pas opérationnelles lors de l’atterrissage à Genève d’un avion de passagers éthiopien détourné. Certains lecteurs en ont rapidement et faussement conclu que l’achat des «Gripen» n’avait donc pas de sens. En réalité, ce dysfonctionnement était connu. Des travaux ont été entrepris pour y remédier. Pourquoi les médias ne s’y intéressent-ils que maintenant, trois mois avant la votation sur les «Gripen»? Qui tire les ficelles et décide de ce qui doit être publié et à quel moment? Pourquoi les médias ne rapportent-ils pas de la même manière détaillée le fait que des propositions de spécialistes ont été émises pour rendre à l’armée, par étapes réalistes, sa pleine capacité de défense?27 L’acquisition des 22 «Gripen» en est un aspect central.28

Le rôle des services secrets  

La «Basler Zeitung» suppose même que certains services de renseignements se mêlent de la campagne anti-«Gripen». Par des «indiscrétions» ciblées, ils essaieraient d’«ébranler la Suède et la Suisse» et d’empêcher l’achat des «Gripen».29 La «Neue Zürcher Zeitung» est également d’avis que les adversaires du «Gripen» ont préparé encore d’autres buzz destinés à influencer la votation dans un sens négatif.30 Vont-ils nous annoncer – ce qui ne serait pas nouveau non plus – qu’en Suède également, des cercles d’opposants contestent sa capacité de défense afin de pouvoir faire entrer ce pays dans l’OTAN? Néanmoins, en Suède aussi, toujours plus nombreux sont ceux qui refusent d’entrer dans ce jeu, d’ailleurs contraire à la volonté populaire.31

IV. La jeune génération soutient la Suisse

Les affaires compensatoires créent des places de travail

L’acquisition du «Gripen» devrait profiter à l’économie suisse. La Suisse et la Suède ont négocié des «affaires compensatoires» s’élevant à 2,5 milliards de francs.32 Cela signifie que des entreprises suédoises passeront des commandes à des entreprises suisses pour une valeur de 2,5 milliards de francs. Quelque 518 affaires ont déjà été conclues avec 125 entreprises suisses.
Les affaires compensatoires liées à l’achat des «Gripen» garantiront à la Suisse des emplois correspondants à 10?000 hommes/jours, avec des recettes fiscales, la TVA et les cotisations AVS. Si l’on tient compte de tout, il est juste de lier ces flux d’argent à l’achat des «Gripen».
La Suisse bénéficie d’une grande expérience de tels accords compensatoires. Elle en a réalisés avec succès à plusieurs reprises avec l’aide de «Swissmem».33 Les commandes ont toujours été réparties correctement sur les cantons.

Le Brésil s’est également décidé pour le «Gripen»

Le Brésil, conscient de sa propre valeur, s’est également décidé en faveur du «Saab Gripen E» et s’en procurera prochainement 36 exemplaires. Les spécialistes de l’Armée de l’air brésilienne sont parvenus à la conclusion, après une évaluation interne, que le «Gripen» s’était révélé être le meilleur et le plus avantageux des avions à choix.34 Cette décision parle également en faveur de la qualité du «Gripen». La présidente socialiste de l’Etat brésilien Dilma Rousseff a déclaré: «Le Brésil est un pays pacifique et doit donc pouvoir se défendre de manière adéquate.» Elle a cité explicitement les riches ressources en pétrole de la côte brésilienne qui pourraient éveiller des convoitises étrangères.

Signe des temps

L’argument du Brésil, selon lequel un Etat pacifique doit pouvoir se défendre de manière adéquate et disposer d’une armée de l’air forte, vaut aussi pour la Suisse. La Suisse possède également des richesses qui doivent être défendues, les cols alpins, son château d’eau, ses finances et ses installations industrielles.
La capacité d’un pays à se défendre est particulièrement importante dans une situation mondiale où les tensions augmentent chaque jour, en Ukraine, par exemple, c’est-à-dire à nos portes.
Ecoutons un politicien expérimenté comme Jean-Claude Juncker, ancien président de l’Eurogroupe: «Celui qui croit que la question éternelle de guerre et de paix en Europe ne se posera plus jamais se trompe cruellement. Les démons n’ont pas disparu. Ils ne font que dormir.»35 L’ancien politicien du SPD Egon Bahr est lui aussi convaincu qu’il est tout à fait possible que la guerre réapparaisse bientôt en Europe. A l’adresse de la jeune génération, il précise que lui-même, en 1933, n’avait pas cru son père lorsque celui-ci lui disait: «Hitler signifie la guerre». Aujourd’hui, Egon Bahr estime «que nous vivons dans un temps d’avant-guerre».36 Des économistes prennent des positions dans le même sens. Nouriel Roubini, professeur d’économie américain reconnu et conseiller gouvernemental, affirme: «Je ne prédis pas la troisième guerre mondiale, mais l’instabilité politique et sociale croissante et menaçante en Europe et dans d’autres économies nationales développées, nous causent de grands soucis.»37

Nouvelle prise de conscience en matière de sécurité

Cette situation globale a conduit, en Suisse aussi, à un changement dans la manière de voir les choses. La sécurité du pays et de la population est à nouveau perçue comme un élément important. Preuve en soit le résultat de la votation fédérale sur le maintien de l’obligation de servir. Preuve en soit aussi le fait que le Parlement fédéral a de nouveau fixé le budget de l’armée à cinq milliards de francs, après de longues années de réduction du budget, et qu’il a accepté l’acquisition des 22 «Gripen».
D’une manière générale, l’armée intéresse de plus en plus la population. Les livres consacrés à l’armée se vendent bien. Une nouvelle génération prend le relais. Elle prend congé des modèles un peu trop faciles et souvent incohérents des années 1990. Elle soutient les institutions suisses, notamment l’armée. De ce fait, les chances que les citoyens suisses approuveront l’acquisition du «Gripen» le 18 mai 2014 sont bonnes.    •

1    73,2% des votants ont approuvé le maintien de l’obligation de servir lors de la votation fédérale du 22/9/13
2    Il y a 25 ans (en 1989), 64% des votants ont refusé l’initiative fédérale visant la suppression de l’armée.
3    C’est pourquoi ce projet est aussi appelé «remplacement partiel de la flotte de ‹Tiger›» (TTE).
4    Convention de La Haye, art. 1 et 5
5    Les «F/A-18» ont déjà 20 ans mais peuvent encore servir pendant au moins 15 ans.
6    On ne peut pas en dire autant de tous les autres pays. Ainsi, nous avons été traités de «verrue» par un député français et rendus de manière absurde responsables de la dette de l’Etat français. Christophe Darbellay, président du PDC, a déclaré justement: «Sarkozy ne rate aucune occasion de s’attaquer à la Suisse […]. Comment pourrait-il croire que la Suisse lui achèterait des avions de combat?» («Tages-Anzeiger» du 5/3/09 et 8/2/12) Des représentants allemands nous traitent de «paradis fiscal», qu’il faut placer sur une «liste noire» et discipliner à l’aide du «fouet» et de la «cavalerie». Nous ne souhaitons pas avoir de tels partenaires contractuels.
7    Programme du PS, accepté à Lausanne en 2010 et à Lugano en 2012
8    www.gruene.ch
9    Lignes directrices des Vert’libéraux  suisses. Décision du comité de fondation en 2007
10    Welti Philippe, cité dans: Zurlinden Urs. Les troupes de l’OTAN d’Adolf Ogi. Facts 25/2000. Welti a dirigé de 1998 à 2004 la Direction pour la politique de sécurité au DDPS et travaille actuellement en qualité de conseiller stratégique.
11    Borchert Heiko, Eggenberger René. Autoblocage ou nouveau départ? La politique de sécurité et de défense commune de l’UE, un défi pour l’Armée suisse. Revue militaire autrichienne, janvier/février 2002, p. 6 et 13s. Borchert était conseiller au DDPS pour Armée XXI. René Eggenberger était colonel à l’Etat-major général et chef de la division Planification prospective au DDPS.
12    Constitution fédérale, art. 58. Notamment la votation précitée du 22/9/13 prouve que ces plans ne sont pas compatibles avec la volonté populaire.
13    Emission «Arena» au sujet du «Gripen» de la Télévision suisse alémanique SRF du 20/12/13
14    Voir aussi à ce sujet: Barben Judith. Les Spin Doctors du Palais fédéral. Comment la manipulation et la propagande compromettent la démocratie directe. Vevey, Xenia 2010
15    Verena Diener et Martin Bäumle, tous deux pendant de longues années membres dirigeants des Verts, ont fondé en 2004 avec d’autres Verts le parti des «Vert’libéraux».
16    «Neue Zürcher Zeitung» du 19/9/13
17    «Der Bund» du 6/11/13
18    «Neue Zürcher Zeitung» du 19/9/13
19    Jeunes Verts Suisses. Conférence de presse à Berne au sujet du «référendum sur les Gripen» du 8/10/13
20    Une présentation systématique des techniques psychologiques de manipulation se trouve dans: Barben Judith. Les Spin Doctors du Palais fédéral. Comment la manipulation et la propagande compromettent la démocratie directe. Vevey, Xenia 2010 p. 57sqq.
21    Le Vert Joe Lang a fait usage de cette manipulation lors de l’émission «Arena» de la Télévision suisse alémanique SRF du 20/12/13. Lang est membre fondateur du «Groupe pour une Suisse sans armée/GSsA» et en même temps vice-président des Verts suisses.
22    La présentation a été organisée par «AVIA-Forces aériennes/Société des officiers des Forces aériennes» les 8 septembre et 12 octobre 2012 à Zurich et Emmen.
23    Emission «Arena» au sujet du «Gripen» de la Télévision suisse alémanique SRF du 20/12/13
24    Emission «Arena» au sujet du «Gripen» de la Télévision suisse alémanique SRF du 20/12/13
25    En Suisse, la corruption est plutôt l’exception et, dans le cas de l’acquisition des «Gripen», particulièrement invraisemblable du fait qu’en l’occurrence l’Etat suédois est notre partenaire contractuel. Dans d’autres pays, par exemple en France, la corruption est en revanche notoire jusque dans les cercles gouvernementaux les plus élevés. On se souvient entre autre de l’«affaire de corruption Bettencourt» de l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy, cf. «Spiegel online» du 22/3/13. La juge d’instruction française Eva Joly a également informé sur des cas de corruption massive dans lesquels trempaient des cercles gouvernementaux très élevés. Cf. Joly Eva. «Im Auge des Zyklons. Mein Kampf gegen internationalen Finanzbetrug». Munich 2006
26    Feuz Patrick. Politiker durchleuchten den Gripen-Deal. «Basler Zeitung» du 25/1/12
27    Gruppe Giardino. Mut zur Kursänderung. Schweizerische Sicherheitspolitik am Wendepunkt. Baden, Eikos 2013, p. 143–155
28    Gruppe Giardino. A.a.O. p. 80/149
29    Schwierige Kampagne für den Gripen. «Basler Zeitung» du 25/2/14
30    Vakuum über der Schweiz verhindern. «Neue Zürcher Zeitung» du 1/3/14
31    En Suède, ce sont avant tout les socialistes qui s’opposent à l’OTAN et qui exigent le plein rétablissement de la capacité de défense autonome du pays. Cf. Armee-Debatte in Schweden. Forderung nach Nato-Beitritt. «Neue Zürcher Zeitung» du 6/3/14
32    Egalement «Offset-Agreement»
33    «Swissmem» associe l’industrie des machines, des équipements électriques et des métaux à des secteurs analogues orientés vers la technologie. Avec environ 338 000 employés, c’est le plus grand employeur industriel de la Suisse.
34    Brasilien entscheidet sich für den Gripen. «Neue Zürcher Zeitung» du 20/12/13
35    «Der Spiegel» du 10/3/13
36    Egon Bahr schockt die Schüler. «Rhein-Neckar-Zeitung» du 27/12/13
37    Roubini Nouriel. Interview dans: Emerging Markets, 23/9/11 (trad. J.B.)

Source: © 2014 Eikos Verlag, CH 5401 Baden

Cette brochure est disponible au: verlag@eikos.ch, www.eikos.ch; ISBN 978-3-9524324-1-9

*    Franz Felix Betschon: Dr. sc. techn., dipl. ing. EPFZ. Etudes à la Harvard Business School de Cambridge (USA). Ancien colonel EMG, en dernier lieu dans les forces aériennes et au service de renseignements, membre de l’International Institute for Strategic Studies de Londres de 1985 à 2005. Carrière dans l’industrie et en tant que membre de divers conseils d’administration. Auteur de plusieurs livres sur la politique de sécurité.
    Judith Barben-Christoffel: Dr. phil., psychologue et psychothérapeute FSP. Auteure d’articles scientifiques et éditrice. Ancienne institutrice d’école primaire et d’écoles spéciales. Etudes en psychologie à l’Université de Zurich. Cabinet de psychothérapie. Conférences et publications dans les domaines de la psychologie, de la psychothérapie, de la pédagogie et de l’éthique ainsi que sur la mise en danger de la démocratie directe par la manipulation et la propagande.