Où sont les voix de la conscience humanitaire du genre humain?

Dans son article paru dans Horizons et débats (no 14 du 1er juin 2015), Thierry Meyssan démontre que les conflits actuels au Proche et au Moyen-Orient sont planifiés et voulus. Grâce aux documents publiés par l’organisation américaine Judicial Watch, les faits sont avérés, noir sur blanc: les puissances occidentales, la Turquie et les Etats du Golfe qui aiment à se qualifié d’«amis de la Syrie» ont soutenu l’installation d’un régime islamiste dans l’Est de la Syrie – soi-disant pour renverser le gouvernement officiel de Bachar El-Assad élu par le peuple syrien – de concert avec le groupe terroriste Al-Qaïda:
«The West, Gulf countries and Turkey support the opposition […]. Al Qaeda Iraq (AQI) supported the Syrian opposition from the beginning, both ideologically and through the media […]. If the situation unravels there is the possibility of establishing a declared or undeclared salafist principality in eastern Syria (Hasaka and Deir Zor), and this is exactly what the supporting powers to the oppostion want, in order to isolate the Syrian regime.»
(«L’Occident, les Etats du Golfe et la Turquie soutiennent l’opposition […]. Al-Qaïda Irak a soutenu l’opposition syrienne dès le début, tant au niveau idéologique que médiatique […]. Si la situation se débloque, il y aura la possibilité de créer une principauté salafiste déclarée ou non-déclarée dans l’Est de la Syrie – Hassaké, Deir-Zor – et c’est précisément ce à quoi les puissances soutenant l’opposition aspirent pour isoler le régime syrien.»)1, 2
Ainsi, il est clair que dans le conflit actuel en Syrie et aussi en Irak, nous avons affaire à un procédé soutenu de l’extérieur.
La volonté de nous faire croire qu’en Syrie et en Irak, il s’agit d’un conflit religieux entre chiites et sunnites, un conflit couvant depuis plusieurs siècles déjà, méconnaît les faits historiques et est insoutenable. En réalité, les deux groupes ont, la plupart du temps, vécu en paix et dans le respect mutuel, malgré leurs différences religieuses.
Après leurs méfaits en Afghanistan, en Irak et en Libye, ayant provoqués la mort de plusieurs centaines de milliers de personnes, les puissances citées ci-dessus ont déstabilisé une fois de plus un pays, en créant des conditions chaotiques et en abandonnant la population à une terreur sans précédent. Ils se sont ainsi rendus coupables de violations massives des droits humains. Si suite aux résultats de cette politique, les milices terroristes au Levant gagnent du terrain, cela ne doit pas servir de prétexte pour continuer la même politique interventionniste ratée, comme cela nous est suggéré par manipulation dans de nombreux articles de presse. Il faut absolument arrêter de considérer les habitants des pays du Levant comme de simples pions dans une manœuvre géopolitique, où l’on peut intervenir à sa guise quand cela profite à ses propres intérêts politiques et économiques. Non, l’ingérence de l’extérieur doit arrêter.
Il faut tout entreprendre pour faciliter le dialogue entre les parties au conflit, comme cela est prévu depuis la Conférence de Genève. Il faut résoudre la crise à la table de négociation, c’est le seul moyen de préparer le terrain pour une paix durable.
Les élites responsables des Etats soutenant ce terrorisme doivent être déférées devant la Cour internationale de Justice de La Haye pour répondre de leurs actes.
Les médias des pays occidentaux qui auraient le devoir d’informer ouvertement et honnêtement, doivent prendre le temps de réfléchir à la façon dont ils se font manipuler et pourquoi ils ne suivent pas le principe «audiatur et altera pars» – entendre la version de l’autre partie – dans un tel conflit interne très opaque dès le début. Le principe «audiatur et altera pars» serait également à recommander pour les comptes rendus d’autres régions en crise, par exemple en Ukraine.3 Ce serait une réelle contribution à la paix dans le monde.
Nous autres citoyens de ces pays occidentaux, qui contribuent à cofinancer et soutenir le terrorisme dans les pays du Levant, nous devons continuellement protester contre ces procédés, par tous les moyens que nous avons à notre disposition. Il faut exiger que ce soutien au terrorisme se termine, afin que nos frères et sœurs au Proche et Moyen-Orient – le berceau de notre civilisation – ne soient pas continuellement tués, torturés, violés, soumis à l’épuration ethnique, recouverts de bombes et dépouillés de tout leur patrimoine culturel.
Toute voix s’élevant contre cette barbarie et ses soutiens dans le monde occidental est une voix de la conscience humanitaire du genre humain. La dernière désinformation selon laquelle le gouvernement Assad serait le profiteur de l’Etat islamique et que ce serait lui qui le soutient est insoutenable. La tactique d’introduire le loup dans la bergerie ne prend plus.

Courrier de lecteur

Carola et Johannes Irsiegler, Gräslikon ZH

1    www.globalresearch.ca/defense-intelligence-agency-create-a-salafist-principality-in-syria-facilitate-rise-of-islamic-state-in-order-to-isolate-the-syrian-regime/5451216; 22/5/15
2    www.judicialwatch.org/press-room/press-release/judicial-watch-defense-state-department-documents-reveal-obama-administration-knew-that-al-qaeda-terrorists-had-planned-benghazi-attack-10-days-in-advance/; 18/5/15
3    Cf. Krone-Schmalz, Gabriele: «Russland verstehen» [Comprendre la Russie], Munich 201