La Grèce et l’Ukraine appellent à la solidarité allemande

par Eberhard Hamer

L’aide allemande était prétendument «sans alternative» lorsque la Grèce était incapable de payer sa dette de 120 milliards d’euros aux banques internationales et que non seulement la Grèce, mais aussi tous les bailleurs de fonds imprudents étaient menacés de faillite. Comme il s’agissait principalement de banques américaines et françaises, Obama, l’UE et Draghi ont mis sous pression les pays européens pour qu’ils reprennent les dettes d’Athènes directement par le biais des «mécanismes européens de sauvetage» ou indirectement en accordant des garanties financières. Ainsi Athènes pouvait continuer à s’endetter, actuellement à hauteur de 320 milliards d’euros, et les pays de l’UE en portent la responsabilité. En cas de faillite, les contribuables allemands devront prendre en charge 100 milliards d’euros (prise en charge par «le mécanisme de sauvetage»). Les bénéficiaires du sauvetage «sans alternative» n’est donc que l’industrie financière internationale et les capitalistes grecs exonérés d’impôts, tels les riches armateurs; les victimes par contre sont les simples Grecs, mais aussi les citoyens allemands qui devront tôt ou tard compenser la dette grecque.
La solidarité avec la Grèce n’était en fait que le renflouement des banques aux frais des contribuables. Elle n’a que cultivé et prolongé les problèmes financiers et rien résolu du tout.
L’Ukraine semble être vouée au même sort, elle aussi risque la faillite. Le spéculateur George Soros a acquis pour pas cher une partie importante de la dette publique ukrainienne. Les marchés ont déprécié le pays (80% de probabilité de faillite).
Autrefois, l’Ukraine vivait principalement du commerce avec la Russie et
de l’aide russe. Le citoyen américain et Premier ministre ukrainien Iatseniouk a livré le trésor d’Etat de 33 tonnes d’or aux Etats-Unis pour rémunérer les coûts occasionnés par le soulèvement du Maïdan (500 millions). Maintenant, il n’y a ni réserves ni bailleurs de fonds. Par conséquent, Soros et Iatseniouk appellent à la «solidarité» de l’Occident. Le FMI a déjà promis 17 milliards de dollars tout en exigeant de vastes réformes (notamment la «privatisation» des tchernozioms [«terres noires» ou riches en humus] dont le groupe américain Dreyfus s’est déjà emparé) que Kiev ne veut pas encore mettre en pratique. Le pays a urgemment besoin d’autres 15 milliards de dollars que Iatseniouk exige de la chancelière. Celle-ci l’a éconduit gentiment en lui accordant 500 millions d’euros de garanties de crédits. Pourquoi ceci tout en sachant que le président ukrainien avait déjà annoncé qu’il dépenserait l’argent supplémentaire pour l’achat d’armes contre la république populaire de Donetsk pour y mener une guerre de conquête? Par cet engagement financier la chancelière a fourni à Iatseniouk de l’«assistance militaire dans les zones de conflit» (Américains) ce qui est pourtant interdit.
Maintenant Juncker s’y mêle également en conjurant la «solidarité européenne». Comme l’expérience le prouve, à cause de la pression d’immenses intérêts internationaux, les citoyens européens finiront par être victimes de cette «solidarité». Fidèle à la devise des Etats-Unis: «L’Ukraine doit devenir partie de l’empire américain, mais les Européens devront prendre les frais à leur charge.»     •
(Traduction Horizons et débats)