Courrier des lecteurs

Remarques concernant les billets de banque suisses

Les Etats de l’UE partent de l’idée préconçue que toute personne payant comptant avec un billet de 500 euros doit être soupçonnée de fraude fiscale: donc, il faut éliminer le billet de 500 euros! Heureusement, le Conseil fédéral suisse se range derrière les citoyens honnêtes, pouvant payer avec un billet de 1000 francs, sans être automatiquement soupçonnés de fraude fiscale. C’est un fait qui a été confirmé par le gouvernement dans sa réponse à l’interpellation de la conseillère nationale socialiste Margret Kiener-Nellen. Cependant, lorsque notre Conseil fédéral accepte d’éliminer les têtes de la nouvelle série de billets de banque, il fait preuve d’un manque de courage significatif. Sans vouloir mettre en doute l’importance d’empêcher les contrefaçons, l’argument avec lequel la Banque nationale suisse promeut ses nouveaux billets m’interpelle et je me demande pourquoi la Suisse renonce – tout comme les pays de la zone euro – à représenter sur ses billets de banque des personnalités portées sur l’avenir pour les remplacer, dans le cas du billets de 50 francs, par une fleur de pissenlit prête à être soufflée?
En tant qu’artiste et enseignant à la retraite pour les arts visuels, je me demande en quoi ce symbole visuel pourrait représenter les valeurs liées à la Suisse que sont l’autonomie, la stabilité, la neutralité et l’indépendance? Des personnalités artistiques de renommée internationale, telle que Sophie Thaeuber Arp, représentaient avec leur art dadaïste au moins une claire position anti-guerre et pour Alberto Giacometti, l’être humain était au centre de son art – voilà des valeurs représentants bien la neutralité et l’humanité de la Suisse! Je n’arrive pas à comprendre que la Banque nationale suisse se décide volontairement à «abandonner les têtes» pour s’adapter aux billets d’euros «sans têtes» – au contraire des monnaies dominantes, dont notamment les billets de dollars, où les têtes ont encore leur importance! Faut-il vraiment «faire tomber les têtes» sur toute la série des nouveaux billets suisses pour faire partie du «main­stream» au niveau économique et sociétal ainsi que politique et culturel?

Matthias Elmiger, Ebnat-Kappel (SG)

Non à la réduction de l’armée – pour que la Suisse reste la Suisse

En juillet 2014, le conseiller fédéral Ueli Maurer a fait, dans un article intitulé «Le développement de l’armée crée davantage de sécurité», la déclaration suivante: «L’armée a la mission de garantir la sécurité du pays. Nous ne sommes pas en état de le faire.» Malgré cela, le Parlement a, en soutenant le «développement» de l’armée (DEVA), accepté de réduire les troupes de 220?000 à 100?000 hommes dont seulement 24?000 membres font partie des troupes de combats. Comment une telle armée réduite peut-elle remplir sa mission constitutionnelle qui est la sécurité du pays? C’est impossible, même pour la «meilleure armée du monde».
Le peuple suisse est attaché à la neutralité armée et à l’obligation de servir. Il sait que la sécurité est une condition indispensable pour la liberté, l’indépendance et la prospérité. Une armée de milice forte et crédible garantit la sécurité aussi en temps de crises. C’est pourquoi nous devons mettre à disposition de l’armée les moyens personnels et financiers nécessaires pour que chacune et chacun puisse vivre en sécurité et en liberté. L’UDC s’engage pour une excellente armée de milice possédant des armes modernes, capable de garantir une Suisse indépendante, libre et neutre. Il ne reste plus que 10 jours pour signer et faire signer le référendum populaire fédéral «NON à la réduction de moitié de l’armée!».
Les feuilles de signatures peuvent être téléchargées ou commandées sur le site www.armee-reduite-de-moitie-non.ch

Peter Aebersold, Zurich

«Qui joue avec le feu et pourquoi?»

Le monde s’est habitué à la crise permanente. On aspire aux bonnes nouvelles, mais au lieu d’un retour au calme, les choses s’aggravent en Europe occidentale. La crise des réfugiés devrait nous ouvrir les yeux et nous faire comprendre que les manipulateurs agissant ici ne connaissent de pitié pour personne.
Le ministre russe des Affaires étrangères Lavrov a récemment dénoncé les intentions néo-ottomanes du gouvernement Erdogan. Lavrov aurait-il raison? Le conflit avec la Turquie pourrait également se développer vers une guerre régionale ou suprarégionale. En ce qui concerne la Syrie, le gouvernement turc s’est présenté comme un partisan plutôt généreux avec la milice terroriste de l’Etat islamique. La Russie exige de la Turquie une fermeture de la frontière avec la Syrie – apparemment sans succès. Pas loin, à l’Est, s’enflamme à nouveau le conflit «gelé» du Haut-Karabakh. Geler et dégeler, en cas de besoin, comme de la bonne nourriture. L’Arménie est un pays chrétien, l’Azerbaïdjan est musulman pratiquant l’islam plutôt modérément. Qui joue ici avec le feu et pourquoi? Déjà en 2013, Xi Ping a annoncé que la Chine aspirait à la construction de la Route de la Soie, via Bakou en Arménie,  mais aussi dans le sud vers l’Iran, créant ainsi la liaison avec le Caucase du Sud. Faut-il voir ici une des raisons pour jouer avec le feu? Un peu plus à l’est se trouve le Turkménistan. Le Turkménistan est une partie de l’ancien Turkestan et Erdogan veut à nouveau regrouper tous les peuples turcs de la région sous sa domination. La Chine ne veut pas en entendre parler.
Lors de notre récent séjour au Monténégro, nous avons vu avec étonnement que la CRBC, une entreprise d’Etat chinoise, construit une fantastique autoroute de la ville côtière de Bar, avec plusieurs tunnels traversant les Alpes dinariques, jusqu’à la ville de Boljare à la frontière de la Serbie. Nous apprenons également que les nouvelles «agitations» en Macédoine, contre le gouvernement, ont les mêmes origines que celles du Maïdan en Ukraine. Là encore, on suppose que ces deux projets, route de la soie et développement de l’énergie, doivent être bloqués. Bien que le gouvernement du Monténégro soit fermement aux mains de l’Occident, l’opposition a le droit d’afficher sur les artères principales des pancartes: «Non à l’OTAN». Source d’espoir?

Barbara Hug, Tobel TG