Rencontre au sommet de Donald Trump et Vladimir Poutine

km. Récemment, on a appris que des représentants de l’Administration américaine et russe organisent une rencontre au sommet entre les présidents Vladimir Poutine et Donald Trump. John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale des Etats-Unis s’est donc rendu à Moscou. La rencontre est prévue pour le 16 juillet et devrait avoir lieu dans la capitale finlandaise d’Helsinki: un lieu historique (CSCE) pour le dialogue entre l’Est et l’Ouest.
Aux Etats-Unis, depuis l’élection de Donald Trump, on a tenté d’empêcher un tel sommet. Les reproches émis contre le président des Etats-Unis («russiagate») poursuivaient, entre autres, cet objectif. On voulait lier les mains à Donald Trump pour ainsi éviter tout succès d’un sommet avec le président russe. Car, pendant la campagne électorale, Donald Trump avait exprimé à maintes reprises qu’il aimerait réduire les tensions extrêmes entre les deux pays. Cette préoccupation rencontra une forte opposition aux Etats-Unis et auprès des responsables politiques européens se sentant liés au précédent gouvernement et à Hillary Clinton, candidate à la présidence.
Il est intéressant d’observer que l’actuelle tentative des deux présidents d’entamer le dialogue est accompagnée par des polémiques tranchantes, et cela non seulement dans la «New York Times» et la «Washington Post» aux Etats-Unis. En Allemagne, presque tous les médias suprarégionaux se sont alignés aux directives des quotidiens américains. On n’a qu’à lire les commentaires de la «Frankfurter Allgemeine Zeitung», de la «Süddeutsche Zeitung», de la «Welt», de Spiegel online mais aussi dans du Deutschlandfunk et de la Tagesschau.de. L’orientation préconisée est intéressante. Ainsi la «Frankfurter Allgemeine Zeitung» du 29 juin 2018 écrit-elle «que de bonnes relations entre les Etats-Unis et la Russie relèvent intérêt même de l’Europe», en ajoutant également que «la rivalité globale entre Washington et Moscou […] est menée avant tout sur notre continent». Mais dans la même phrase, il est dit que cela était valable pour «les temps passés». A l’heure actuelle, tout cela n’a plus d’importance parce que Donald Trump et Vladimir Poutine sont des «nationalistes pratiquants» qui «ne se préoccupent guère» des intérêts européens.
Que dire de ces formulations, si l’on considère que tous les gouvernements américains, depuis la Seconde Guerre mondiale, ont déployé de grands efforts pour maintenir les Etats européens dans une condition de vassaux? «America first» était également en vogue au cours des décennies avant Donald Trump, mais dans un autre sens: l’intégration et l’instrumentalisation de l’Europe en faveur des intérêts américains. Les intérêts de nombreux peuples européens restaient secondaires mêmes chez les gouvernements européens. Donald Trump défend une autre vision. Il définit «America first» non seulement dans le sens d’une concentration des Etats-Unis sur leurs propres intérêts nationaux mais aussi, il ne voit plus les autres Etats comme des vassaux serviables, mais plutôt comme des «concurrents». L’interprétation des conséquences que cela aura pour les Etats européens diverge. Un «deal» est généralement un accord profitant aux deux parties concernées. Mais il y a aussi des signes important qui vont dans une autre direction.
Si le président américain est véritablement en mesure d’améliorer les relations américano-russes et de conjurer le danger d’une grande guerre, ce sera déjà une bonne chose. La porte-parole de la Maison Blanche, Lindsay Walters, a déclaré au sujet du sommet prévu avec son homologue russe Vladimir Poutine que le président américain espérait détendre la situation et entamer une coopération constructive. Textuellement, elle a déclaré: «Monsieur le Président attache une grande importance à cet entretien pour savoir si la Russie est intéressée de développer les relations avec les Etats-Unis.» Les Etats européens, ne feraient-ils pas bien de penser eux aussi à leurs propres intérêts et d’améliorer leurs relations avec la Russie?     •