Politique mondiale 2015: l’espoir des voix de la raison!

par Yvette Estermann, conseillère nationale UDC

En tant que membre de longue date de la Commission des Affaires étrangères du Conseil national, je m’inquiète sérieusement de la paix mondiale. Pourquoi? Tout ce qui se passe quelque part en Europe ou dans le monde concerne finalement aussi notre pays. Alors je me demande: la politique peut-elle et veut-elle résoudre les conflits existants de manière pacifique ou bien va-t-elle répéter les erreurs du passé, suite à quoi nous nous dirigerions vers une troisième guerre mondiale?
Lorsque jadis le président américain Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev ont terminé la guerre froide et se sont rapprochés l’un de l’autre, le monde a réellement cru qu’une nouvelle ère de paix avait commencé. Un certain temps, cela fut le cas. Il y eut la chute du mur de Berlin et donc l’ouverture vers l’Est. Le «Pacte de Varsovie» appartenait au passé et n’existait plus. Mais, l’alliance militaire occidentale de l’OTAN a survécu. Malheureusement, on n’en est pas resté là: un pays après l’autre de l’ancien bloc de l’Est a adhéré à l’OTAN et cette institution s’est énormément renforcée! Bientôt, la Russie s’est sentie entourée d’«ennemis», avec des équipements militaires étrangers et des missiles stationnés à ses frontières. Des nuages sombres ont réapparu à l’horizon de l’Europe. Des bruits de bottes retentirent et une nouvelle rhétorique belliciste réapparut, qui a atteint son apogée dans le conflit ukrainien.
Les Etats-Unis, sous leur président et lauréat du prix Nobel de la Paix (!) Barack Hussein Obama, jouent les gendarmes tout autour du globe avec le soutien actif de leurs services secrets CIA. Tout pays ne poursuivant pas les intérêts des Etats-Unis, c’est-à-dire n’«obéissant» pas, est discrédité, maltraité, dénigré et soumis à des sanctions (Syrie, Ukraine, etc.). Dans ces pays, on fomente des manifestations et crée, gère et soutient une résistance. On appelle à l’agitation, le pays est déstabilisé afin de pouvoir remplacer le gouvernement existant par un gouvernement américanophile. Dans la dernière phase, on fait entrer, au nom de la démocratie, des troupes de combat dans le pays, des prétendus «conseillers militaires» prennent les affaires en main et le gouvernement est renversé. Ce qui c’est passé sur le Maïdan à Kiev en 2014 est un modèle typique de ce type d’action ciblée!
Aujourd’hui, le peuple américain en a assez de la politique d’agression de leur président, assez des guerres à l’étranger, et il lui a infligé une défaite mémorable aux dernières élections sénatoriales et législatives. Cependant, l’UE soutient cette machine de guerre et reprend sa rhétorique menaçante, accompagnée d’insinuations et de sanctions. Dans ce domaine, l’OTAN est également un bien mauvais modèle. Il suffit de se rappeler la situation en Serbie en 1999, lorsque, suite à des bombardements continuels durant trois mois, on «libéra» et «créa» le nouvel Etat du Kosovo sur le territoire de la Serbie. Avec quelle légitimation? Plusieurs milliers de personnes furent tuées – dont de nombreux enfants!
Dans la «grande politique», il n’y a manifestement pas assez de têtes sages et clairvoyantes et il manque trop souvent le bon sens! Les questions actuelles ne portent pas sur les efforts en faveur de la paix, le dialogue et la diplomatie, mais sur la force militaire (OTAN) et les sanctions. Mais celles-ci témoignent d’un sentiment d’impuissance flagrante et de faiblesse. Les méthodes de l’Occident utilisant la violence, les menaces, les sanctions et finalement la guerre montrent clairement que l’homme n’a rien appris du passé!
Que nous ont-ils apporté au juste tous ces «efforts de démocratisation» des Etats-Unis et de l’OTAN? Les résultats sont visibles en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Egypte, en Syrie et ailleurs. Des centaines de milliards de dollars ont été brûlés dans des guerres, des centaines de milliers de personnes ont été tuées, d’indicibles souffrances et des flux massifs de réfugiés en sont les conséquences. La situation dans les pays concernés suite aux «interventions militaires humanitaires» des Etats-Unis et de l’OTAN est pire que jamais: destruction, terre brûlée et le chaos politique!
Mes questions: pourquoi est-ce que ce sont toujours des hommes assoiffés de pouvoir, des égoïstes et des ignorants qui accèdent au sommet du pouvoir? Où sont-ils, dans la «grande politique mondiale», les hommes prévoyants, raisonnables et responsables auxquels les citoyens pourraient faire confiance? Ou bien est-ce le peuple qui élit les mauvaises personnes pour les fonctions suprêmes? Nous aimerions bien y voir des femmes et des hommes forts n’agissant pas pour leur propre intérêt, mais ayant le bien commun à l’esprit. Les efforts pour une coexistence pacifique et prospère ne sont pas une illusion. Mais pour l’instant, il s’agit de la lutte contre l’ignorance et la soif du pouvoir des grands et des puissants!
Actuellement, nous vivons encore ici en Suisse sur un «îlot de prospérité» et beaucoup de problèmes nous sont inconnus. Cependant, c’est notre devoir de transmettre à nos enfants et petits-enfants un pays libre, indépendant, neutre et progressiste. Nous n’avons pas à nous assujettir à une grande puissance quelconque, à un dictateur ou une communauté d’Etats. Grâce à la démocratie directe, nous avons la possibilité de déterminer nous-mêmes notre avenir.    •
(Traduction Horizons et débats)