La Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac

Convention-cadre de l’OMS pour la lutte antitabac (CCLAT)

WHO Framework Convention on Tobacco Control (WHO FCTC)

(www.who.int/fctc)

  • Elle confirme le droit de toute personne à la santé et se base sur des preuves scientifiques.3
  • Elle intègre la demande et l’offre de la substance dans la stratégie et réalise ainsi un changement de paradigme.
  • Elle retient que les produits du tabac sont développés pour créer une dépendance et que la libéralisation du commerce mondial, le financement international, la commercialisation mondiale et le sponsoring/parrainage sont à l’origine de l’épidémie du tabagisme.
  • Elle oblige les Etats membres à protéger leurs lois contre leur contournement par des intérêts commerciaux et les conflits d’intérêts. (Art. 5.3)
  • Elle oblige les pays à coopérer avec la «société civile» (institutions universitaires, ONG, etc.), à l’exception de l’industrie du tabac et de ses alliés.

Réduire la demande:

  • Les hausses de prix par paliers de plus de 10% et les taxes sur le tabac, représentant plus de 75% du prix de vente, réduisent les taux de tabagisme et empêchent les jeunes de commencer à fumer.
  • L’interdiction de fumer dans les lieux publics et sur le lieu de travail restreint les occasions de fumer.
  • Interdiction globale de la publicité, de la promotion et du parrainage du tabac et des produits à base de nicotine.
  • Réglementation des ingrédients et des additifs rendant les produits du tabac attrayants pour les jeunes.
  • Instructions pour les emballages et avertissements à y apporter. Information du public.
  • Pour les fumeurs: programmes de sortie de la dépendance à la nicotine.

Réduction de l’offre:

  • Empêcher le commerce illégal.
  • Interdiction d’achat et de vente à et par des mineurs.
  • Soutien aux agriculteurs abandonnant la culture du tabac. (contenus résumés par l’auteur)

Les adolescents utilisant des cigarettes électroniques consomment plus tard du cannabis avec une probabilité trois fois plus élevée

jpv. Ces dernières semaines, les médias suisses ont rapporté que la start-up américaine Juul veut s’attaquer au marché suisse. Juul est un nouveau type de cigarette électronique (e-cigarette) qui connaît déjà un succès commercial aux Etats-Unis. La société est actuellement évaluée à 15 milliards de dollars et a augmenté sa part de marché aux Etats-Unis de 30 à 70% en 8 mois.
L’e-cigarette est promue par la société Pax Labs comme une alternative à la cigarette à tabac et comme un moyen d’abandonner le tabagisme. Contrairement aux e-cigarettes avec des liquides, Juul fonctionne avec du sel de nicotine. Aux Etats-Unis, Pax Labs vend des cartouches contenant 5% de nicotine. Dans l’UE et en Suisse, le dosage devrait être réduit d’environ la moitié pour que les ventes soient autorisées.
Markus Wildermuth de la Croix-Bleue de Berne-Soleure-Fribourg est alarmé. «Juul ne doit pas être vendu en Suisse tant qu’on ne sait pas ce que les sels de nicotine font à l’organisme.» En effet, selon une nouvelle étude publiée dans la revue spécialisée «Tobacco Control», les vapoteurs utilisant Juul inhalent non seulement la même quantité de nicotine qu’une cigarette de tabac, mais il se trouve également davantage de Cotinine – un métabolite de la nicotine – dans l’urine. En outre, la vapeur de Juul irrite moins la gorge que les liquides ordinaires, déclare Wildermuth. «Au lieu d’être une alternative, Juul est un produit encourageant la consommation de davantage de nicotine.»
Selon une étude publiée le 17 septembre 2018 dans la revue spécialisée JAMA Pediatrics impliquant plus de 20’000 étudiants aux Etats-Unis, 12,4% des lycéens et 4,5% des plus jeunes ont vapoté du cannabis par une e-cigarette au moins une fois dans leur vie.
L’étude a utilisé les données de l’«Enquête nationale sur le tabagisme chez les jeunes 2016». Ces dernières années, le vapotage de tabac a gagné en popularité parmi les adolescents. Comme certaines cigarettes électroniques sont assez petites pour tenir dans la paume de la main et que d’autres sont inodores, elles peuvent être utilisées discrètement – parfois même dans l’enceinte scolaire. D’autres études ont établi un lien entre le vapotage de tabac et une consommation ultérieure plus élevée de cannabis.
Selon une étude publiée récemment dans la revue médicale Pediatrics, les jeunes utilisateurs d’e-cigarettes ou de narguilés sont trois fois plus susceptibles de consommer plus tard du cannabis. Les chercheurs ont demandé à environ 2600 étudiants s’ils avaient déjà utilisé des e-cigarettes, des vaporisateurs ou des narguilés. Trois ans plus tard, on leur a demandé s’ils consommaient des produits cannabiques. On a constaté que les étudiants ayant déjà utilisés des cigarettes électroniques lors de la première enquête étaient plus susceptibles de consommer du cannabis lors de la seconde que ceux qui n’avaient pas déclaré avoir vapoté.

Sources: «20 minutes» du 21/09/18; www.getsmartaboutdrugs.gov/new-statistics/2018/08/06,
https://jamanetwork.com/journals/jamapediatrics/fullarticle/2593707
http://pediatrics.aappublications.org/content/pediatrics/early/2018/08/02/peds.2017-3616.full.pdf

Les investisseurs voient dans la légalisation du cannabis des affaires à hauteur de milliards de dollars

ds. L’article «Coca-Cola mise sur le cannabis», paru dans la section économie de la «Neue Zürcher Zeitung» du 19 septembre, confirme que la légalisation du cannabis promet de grosses, voire d’énormes affaires. Sous «D’énormes perspectives de croissance», on lit: «Nombreux investisseurs considèrent la légalisation du commerce des produits cannabiques comme une opportunité valant des milliards. Les dépenses mondiales pour le cannabis légal est prévu d’augmenter de 230% en cinq ans seulement, passant de 9,5 milliards de dollars fin 2017 à 32 milliards en 2022. Le dernier rapport de BDS Analytics estime que le marché mondial du cannabis légal pourrait atteindre 57 milliards de dollars d’ici 2027. Aux Etats-Unis, les dépenses pour les médicaments à base de cannabis devraient augmenter de 50% par an jusqu’en 2030.»